Interview Dr. Jean Loup Mouysset : oncologie intégrative

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Jean-Loup Mouysset, bonjour 

Bonjour.

Merci de m’accueillir dans ce magnifique lieu, Château de la Saurine. C’est un lieu que l’association Centre Ressource que tu as fondée vient d’acquérir grâce à pas mal de dons. Est-ce que tu pourrais nous parler d’abord un petit peu de ce lieu avant qu’on parle de toi? Quel est l’objectif? Qu’est-ce que tu voudrais faire ici?

Après 25 ans, Ressource a 25 ans cette année. On fête nos 25 ans. Et là, on sentait qu’il y avait un changement d’échelle à faire, une mutation. On a commencé tout petit, il y a 20 ans, avec des interventions ponctuelles, un local de 70 m², une vingtaine d’intervenants. Puis en 2011, on bascule sur Aix-les-Miles, 900 m². Il y avait un hammam, une piscine, mais que 900 m². Mais ça a été formidable pendant 15 ans. Là, on pourrait dire qu’on a été un laboratoire. On a vraiment œuvré pour aider les patients, les familles, mis en place ce qu’on appelle le fameux programme d’accompagnement thérapeutique. Donc c’est ce fameux programme qui a un impact thérapeutique.

Pour exemple, dans le cancer du sein, alors qu’on est traité de façon conventionnelle, si on ajoute ce programme, on passe de 70 à 85% de taux de guérison, donc 50% d’amélioration des taux de guérison. Et en termes de décès, on tombe de 68%, c’est-à-dire que sur la France, si c’était généralisé, ce type de programme, on passerait de 12 000 décès à 4 000.

Chateau de la Saurine
Château de la Saurine

Très significatif, on peut dire.

Ça, on a montré qu’on savait le faire, c’est-à-dire que depuis 15 ans, on a un millier de personnes qui ont participé à ce programme. Attention, on a soutenu plus de 10 000 personnes au sein de ressources, à travers des soins d’accompagnement. Mais là, je parle du programme qui a vraiment cette vocation thérapeutique, changer, faire de la prévention.

C’est la prévention tertiaire, c’est-à-dire éviter de récidiver, mais en même temps, ces gens-là se retrouvent à être les plus grands ambassadeurs pour leur famille, pour apprendre la prévention tout court. Après, l’objectif, c’est de se dire, mais bon, c’est bien, mais c’est 1300 personnes qui apprennent un cancer tous les jours en France.

On a aidé un millier de personnes, il faut que ça bénéficie à beaucoup plus de gens. Alors on a créé d’autres centres de ressources en France, il y en a dix. On a essayé ce programme, donc on a montré qu’on pouvait transmettre le savoir-faire. On a publié dans une revue scientifique, avec les deux plus grands psycho-oncologues du monde, c’est-à-dire David Spiegel et Barbara Andersen, juste les deux plus grands du monde, ça on peut le dire, et montré que c’était possible. On peut le faire, on peut accompagner les patients, on peut le faire dans la vraie vie, sans aide gouvernementale, on a réussi.

Donc maintenant, l’étape suivante, c’est comment on fait pour toucher le plus grand nombre? Aussi bien les patients, mais aussi l’entourage, et puis les soignants, parce qu’un problème qu’on a identifié, c’est que nos patients deviennent des super patients, ils prennent soin d’eux, ils deviennent maîtres d’oeuvres de leur santé, et quand ils se retrouvent des thérapeutes qui ne sont pas au niveau, c’est eux qui deviennent éduquants, et c’est dommage, ils sont perdus, ils n’ont pas de gens au niveau.

Et c’est là que ça devient indispensable de créer un lieu qui forme les soignants à l’oncologie intégrative, à cette approche qui apporte plus qu’un plus, qui transforme les soins.

On va prendre un petit peu de recul parce qu’on va resituer le contexte. On est dans l’oncologie intégrative, on va reparler un petit peu de qui tu es, de ton histoire. Donc tu es médecin oncologue et cette oncologie intégrative tu la pratiques depuis plusieurs décennies maintenant. comme tu dis, le centre Ressource au travers duquel tu rayonnes, il a 25 ans. Tu as commencé ta carrière dans les années 90 et à ce moment-là, tu racontes que tu as fait une rencontre assez déterminante avec un grand monsieur que tu viens de nommer, David Spiegel, qui est vraiment un des plus grands spécialistes de psycho-oncologie au monde.

J’ai mon opportunité, c’est que je suis interne dans les années 92, je commence. Mais bien sûr, un, je suis tout seul, deux, je suis vu comme un peu curieux par mes collègues. Je propose des aspects complémentaires. Moi, j’ai identifié seulement que le cancer, ce n’est pas qu’une maladie, si je puis dire. C’est de la souffrance, mais c’est la confrontation à la mort, à l’existence. Donc, il y a besoin d’outils bien plus puissants que ce qu’on a l’habitude. Ça touche toutes les dimensions de l’être, il faut quelque chose de structuré pour donner du sens à cette démarche. Quand je suis oncologue, j’utilise la chimio, qui est difficile, il faut qu’elle ait du sens.

Donc ça c’est ma recherche, aller dans tous les sens, sincèrement. Je comprends qu’on me regarde comme un chien bizarre, je teste l’hypnose, l’aromatothérapie, la chromatothérapie. Bon, j’ai la chance de pouvoir avoir un patron qui dit ok, je peux utiliser tout ça, mais c’est pas structuré. Et la rencontre avec David Spiegel en 1995, la possibilité de faire pendant ma formation d’oncologue, je peux partir 6 mois aux Etats-Unis dans le cadre de ma formation officielle, C’est une opportunité, donc j’ai une bourse de la Fondation de France, 6 mois là-bas, pour m’immerger dans ce lieu qui est pionnier au monde, à Stanford, puisqu’ils accompagnent les personnes atteintes de cancer, et ils ont démontré, enfin David a montré qu’avec son programme d’accompagnement, en complément des traitements, ils doublent la chance de survie des patients.

Ils les aident à vivre mieux, ce qui est déjà très bien, moins de dépression, moins d’anxiété, ils font face encore une fois à la mort et ils vivent deux fois plus longtemps, ce qui est inexplicable et sincèrement qu’aucun médicament ne fera avant l’avènement des thérapies ciblées dans les années 2000.

Donc c’est un exploit. Et donc moi ça répond à tout. Tous les critères. Je me dis, j’aide les patients à vivre mieux. Réponse humaine, réponse médicale, j’améliore leur pronostic. Donc tout est réuni. Je vais là-bas, je fonce, j’apprends, je reviens en France pour le développer. Voilà. Et l’histoire commence comme ça.

Après l’histoire, c’est que l’hôpital où je suis considère que ça manque d’ambition. Je n’ai pas la place et les moyens. Je pars de l’hôpital et je crée l’association Ressources en 2001. Et c’est là qu’on construit l’aventure.

Quand on t’entend parler de ces chiffres qui sont vraiment significatifs et déterminants, on se dit c’est où que ça bug, c’est où que ça bloque, c’est à quel endroit que le message n’arrive pas à passer envers nos politiques de santé publique. On va parler de ton livre dans lequel je pense que tu essaies d’utiliser un porte-voix vraiment pour expliquer, pour t’exprimer, et pour que ce message vienne s’essaimer un petit peu partout, y compris peut-être dans les politiques de santé. Quelque part, nous, le grand public, on est un peu choqué de voir qu’on n’en parle pas assez, en fait.

Sincèrement, ça bloque de toute façon sur un plan humain. Humainement, quand tu proposes à quelqu’un, viens, je vais te réunir avec une dizaine de personnes qui ont un cancer, comme toi, et vous allez vous réunir toutes les semaines et cheminer pendant un an ensemble. Quasiment 95% des gens disent au secours, je m’en vais.

Je ne veux pas m’enfermer dans la maladie. Ils ont du mal à comprendre que non, l’objectif n’est pas de parler de la maladie, ça va être de parler de l’expérience que vous allez vivre, quelle opportunité elle ouvre en vous, qu’est-ce que ça réveille en vous de possibilités pour aller au-delà des limites habituelles.

On veut monter l’Everest de la santé et pour y arriver, on a intérêt à être encordé. Le cancer, c’est une maladie qui isole. Votre réflexe, promis à tous, c’est de s’isoler, de s’enfermer dans la carapace. Exactement ce que veut le cancer. C’est un crabe. Il veut que vous soyez seul.

Donc, spontanément, c’est normal de se protéger, de s’isoler. Donc, d’emblée, il y a un écueil. Je ne veux pas. Ensuite, le changement fait peur à tous. Donc on a tendance à vouloir rester conservateur, de ne pas bouger, on fait les traitements, je suis passif, ils vont tout faire tout seuls.

Là, ça amène à un changement, je vais devenir actif, je vais devoir me confronter à mes peurs, ça ne fait pas envie. Et donc c’est ça que finalement la chance, la vie me l’a dit, c’est que ce n’est pas à l’hôpital qu’il faut faire ton truc. Il ne faut surtout pas que ce soit un lieu qui rappelle la maladie, il faut un lieu à l’extérieur qu’on ne confonde pas avec la maladie.

Un lieu, pour ça qu’on a dit un autre regard sur le cancer, Il fallait quand même qu’il y ait le mot cancer en ressource, qu’on comprenne que c’était autour du cancer, mais n’empêche que c’était aussi pour dire que ce n’est pas le cancer le focus, c’est la personne. Dans ce lieu, on ne va pas traiter la maladie, on va s’occuper de rendre la personne plus forte, lui donner les outils, mieux comprendre pour mieux agir, sortir de la peur et aller, comme j’ai dit, au-delà des limites, donner du sens à tout ce qui arrive.

Et donc ça, effectivement, non, c’est pas là-haut, c’est pas les politiques qui vont nous apprendre ça.

Donc c’est cette sortie de la zone de confort et cette grande remise en question que nécessite la maladie parce que c’est ça, on se réinvente finalement au travers de la maladie. C’est ce travail-là qu’il faut encourager, qu’il faut faire, qui est à premier abord très inconfortable. Donc il faut passer ces premières barrières pour rentrer dedans et c’est ce que vous faites au centre ressource avec toute l’équipe.

Il faut une immense humilité pour faire cette démarche. C’est-à-dire qu’il faut reconnaître que je suis vulnérable, que j’ai besoin d’aide. Donc ça, peu de gens sont capables de le faire. Les hommes moins que les femmes. C’est pas pour rien que 80% des gens qui viennent à Rousseau sont des femmes.

Après, c’est une observation mais c’est une réalité. Les personnes qui viennent au centre sont plus de femmes et plus les femmes atteintes de cancer du sein. Il y a une réalité de nombre, d’accord, mais en réalité, il y a encore un autre aspect. C’est que le cancer du sein est un cancer qui touche toutes les dimensions de la femme.

La mère, l’amante. Les hormones vont être mises à mal, donc tout va être perturbé. La fertilité, les cheveux qui vont tomber. Vous avez une chimio pour un cancer du côlon, les cheveux ne tombent pas. Et là, cancer du sein, ça tombe. Toutes les dimensions sont touchées, donc tout est mis en place entre guillemets pour qu’elles soient en vulnérabilité, en demande de soutien.

Et donc c’est bien elles qui vont demander le plus. Alors ça ne veut pas dire que des personnes atteintes d’autres cancers ne viennent pas. Mais encore une fois, il y a ce travail de reconnaître que je suis touché, que je ne suis pas bien. Et quand les choses se voient, c’est plus facile de dire, de reconnaître que j’ai besoin d’aide.

On a dit qu’il est difficile de changer, la peur de l’autre. Mais il y a aussi le fait de reconnaître cette démarche d’humilité. j’ai besoin d’aide et spontanément donc c’est pas le cas donc c’est pour ça qu’il y a des écueils et c’est pour ça qu’on veut ce lieu parce que là c’est un lieu j’ai pas besoin de convaincre longtemps quelqu’un pour lui dire « viens à ressources tu vas trouver du bon tu vas te faire du bien », si je lui dis d’aller à ressources d’aujourd’hui entouré de goudrons

La plupart du temps, il faut presque porter la personne à l’intérieur pour qu’elle dise «ah oui c’est génial là, c’est un cocon ». Mais là, on va avoir un lieu qui parle, qui parle de santé. Et du coup, on va donner beaucoup plus confiance sur le fait que «ça va, j’ai confiance, je vais aller dans un programme qui va me challenger, mais sur je peux compter, ça va aller mieux.

D’accord. Donc toutes ces bases-là, tu nous les expliques d’une manière assez remarquable dans ce livre «Oncologie intégrative », qui m’a l’air unique dans le monde francophone, référencé, bibliographie scientifique, enfin tout est étudié, tout est documenté. Pourquoi faut-il attendre 2023 pour avoir accès à cette information-là?

Heureusement, il y a eu le Covid et j’ai eu le temps pendant le Covid. Je ne l’avais pas avant. Après, il faut vraiment de temps de maturation. C’est vrai que c’est un livre qui fait 600 pages. Et je ne peux pas dire autrement que je n’aurais pas pu le faire avant parce qu’il a fallu le tester.

L’information qui est mise dedans, c’est parce que c’est une dizaine d’années déjà avant de conférences régulières données aux patients, et à des soignants d’ailleurs, qui m’ont fait des retours, je ne comprends pas ça, le langage n’est pas approprié, etc. Donc il y a à la fois beaucoup d’expériences scientifiques, de références scientifiques accumulées, mais il y a aussi trouver les mots, les mots justes, et arriver à avoir le recul.

Et ton expérience de ces 25-30 dernières années, finalement, ce livre solidifie toutes ces années de pratique.

Oui, et puis pareil, la légitimité, elle est dans l’expérience. Donc quand j’ai, ça fait plus de 10 ans, qu’on a publié l’étude montrant qu’on arrivait à accompagner des personnes avec des cancers métastatiques, qu’on les aidait à avoir une survie qui était doublée, non pas deux ans et demi en moyenne, là, sur le groupe qu’on a accompagné, d’espérance de vie, plus de cinq ans, cinq ans et demi. Je suis désolé, oui on se dit mince, que 5 ans. Oui mais 5 ans, en plus, avec une meilleure qualité de vie. Donc avec une intensité de vie supérieure. Ça fait la différence.

Plus toute la remise en question qu’il y a eu au travers de ce processus que tu décris si bien finalement. C’est quelque part une nouvelle vie qui démarre.

C’est nouvelles vies et même des expériences fabuleuses avec des patientes comme Jocelyne qui a pu vivre dix ans avec un cancer du pancréas métastatique, dix ans, qui du coup n’était pas qu’une patiente dans le centre, elle était devenue directrice de la crèche. Bon, c’est des histoires comme Nicolas qui témoigne dans la vidéo qu’on met sur le site, qui a 11 ans après, a un cancer du rein métastatique au cerveau, poumon bilatéral, plus rien. Il n’a plus rien. Plus de traitement. Nicole qui a depuis 15 ans et a tant rémission d’un cancer du sein métastatique alors qu’on lui avait dit vous en avez pour 18 mois. Elle n’a plus aucun traitement. Donc ces chiffres que j’ai donnés tout à l’heure, c’est toutes ces histoires, et on pourrait les accumuler, dont certaines que je cite, qui donnent des résultats qui sont totalement inattendus, voire même des miracles.

On pourrait dire qu’on ne peut pas guérir d’un cancer métastatique. Si.

Quand on vient aux journées ressources, justement, il y a toujours une partie de la journée, alors il y a les conférences, mais il y a la partie où on voit ces personnes-là qui viennent faire des spectacles, qui viennent chanter, qui vraiment se sortent de leur zone de confort. Là encore, c’est peut-être des gens qui étaient très timides à la base. qui viennent pleurer sur scène, et on pleure avec eux quand ils racontent leur histoire. C’est assez bouleversant, je trouve. Donc on a les chiffres, on a les statistiques, et il y a aussi toutes ces histoires humaines que toi tu as connues, que tu documentes dans ce livre. Un livre pour qui? C’est pour le patient, c’est pour la famille, c’est pour le médecin traitant, c’est pour l’oncologue? Il est pour qui ce livre?

J’aime bien la phrase de la personne qui m’a aidé, accompagné, je peux dire un superviseur, un peu comme quelqu’un qui fait une psychanalyse longtemps, mais moi j’avais besoin de quelqu’un qui me supervise sur le plan de l’être professionnel. En lisant le livre, il disait que pratiquement tout le monde devrait le lire.

Bon, c’est pas tout le monde parce que tout le monde ne pourra pas, mais en fait c’est pour les patients, pour leur donner les moyens de mieux comprendre, Alors c’est trop poussé par moment mais c’est pas grave, ils voient que c’est complexe, ils voient qu’il y a de la référence des faits et pas de l’opinion.

Après pour les professionnels, ils ont des réponses à des questions, des fois on va voir après, des questions précises, des aspects qu’on comprend mal, mal connus, où c’est l’inverse qui est vrai, c’est absolument l’inverse. Donc pour le pharmacien à son comptoir, il a une mine d’informations. Pour le médecin qui voudrait s’intéresser à ça, il a plein d’outils pour répondre et se sentir sécurisé dans la prescription.

Pour les naturopathes qui sont les accompagnateurs en santé d’aujourd’hui et de demain, Parce que le médecin, on ne peut pas, on est trop pris, donc on a besoin d’être là pour, ce qu’on sait faire, traiter la maladie. Mais ceux qui vont travailler sur la prévention, l’accompagnement en santé, les naturopathes, les phytothérapeutes, etc., il y a aussi de quoi leur donner.

Vous avez raison, ça vous pouvez le faire, ça soyez prudent. En tout cas, voilà la démarche selon laquelle vous devez le faire.

Il y a toute une partie, une grosse partie même du livre dans laquelle tu nous expliques vraiment tous les traitements conventionnels. Tu le fais d’une manière très imagée, tu le fais d’une manière qui nous aide vraiment à comprendre le but et l’objectif. Alors moi quand j’ai lu ça m’a fait énormément de bien parce que je pensais savoir de quoi je parle. Dans notre monde des thérapies naturelles, on a des méfiances et on a des biais envers ces traitements conventionnels. Tu m’as redonné confiance dans la manière dont tu as exposé tout ça, et de me dire que ça fait vraiment partie intégrale du processus, du cheminement, et parfois c’est vraiment nécessaire. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de choix, c’est qu’aujourd’hui, pourquoi s’en priver? Parce que ça va nous amener à une phase qui ouvre la porte. thérapie complémentaire. Vraiment tu passes beaucoup de temps à nous expliquer, est-ce que c’était un peu ce but là?

Ah oui, l’objectif était de montrer que : 1) dans un chapitre, le cancer ce n’est pas une cellule cancéreuse, c’est un cancer dans une dynamique, dans un système qui va collaborer. Donc c’est intéressant parce que ça veut dire que je peux, c’est une dynamique, ça veut dire que ce n’est pas arrêté, ce n’est pas parce que c’est là que c’est fini, c’est inéluctable. 2) Après la thérapeutique, c’est pareil, ça n’est pas un sauveur, c’est des éléments qui vont se mettre les uns après les autres, qui font la réussite. Et tout est bon qui est à sa place, mais juste trouver la juste place. La chimio ne fait pas tout, mais par contre elle a une place fondamentale.

On est entouré là d’Ifs du Pacifique dont on tire une chimiothérapie. Le Taxol, Taxoterre, c’est des molécules d’Océtaxel qui est issue de l’aiguille et le Paclitaxel qui est issue de l’écorce de l’arbre. Il nous entoure. C’est un cadeau de la nature. Maintenant, il n’a aucun intérêt à certains moments, en termes de prévention pure par exemple.

Aucun intérêt. Quand le feu est là, c’est un bon moyen d’éteindre le feu. Et effectivement, quand on est passé à un stade où il n’y a plus le feu, on peut commencer à se dire je vais mettre de l’engrais pour replanter, mais tant qu’il y a le feu, ce n’est pas le moment.

La chimio, moi je suis toujours désolé de voir même mes confrères parfois ne pas assez bien l’utiliser, pas assez puissamment, à certains moments, parce qu’ils ne croient pas à la démarche d’ensemble, parce qu’ils ne voient que leur dires «moi je vais à la chimio, ça va marcher un peu ».

Oui, mais moi si t’as permis de gagner cette partie-là et que ça me permet d’aller là, là ici j’ai une autre solution possible. Alors que si on pense tout seul, bon allez, à comment vous vous embêtez avec la chimio pour gagner trois mois? Mais ces trois mois, je vais donner un exemple.

J’ai une patiente qui vient, non pardon, sa fille vient me voir. Elle me dit qu’est-ce qu’on peut faire pour maman, on l’a mise en soins palliatifs. Elle a fait de la chimio, ça n’a pas marché, pas supporté. Elle est paraplégique, parce que la maladie comprime la moelle épinière. et elle voudrait quand même se battre.

Alors je dis écoutez, si elle veut se battre alors qu’elle est paraplégique et qu’on lui dit que c’est fini, c’est qu’il y a de l’énergie en elle, il y a une énergie de vie. En tout cas, je n’ai pas le droit de ne pas lui dire qu’on va essayer quelque chose.

Donc on fait de la chimio et ça marche.

Ça a marché quelques temps, et puis on a gagné des mois. Au bout d’un an, elle a remarché. Puis le traitement marchait plus bien, on était mal supportés, et sorti une thérapie ciblée par voie orale, qui a marché formidablement. Cette femme, elle a vécu cinq ans. On était quand même dans les années 2000.

Pas d’immunothérapie, compagnie. Elle a vécu cinq ans avec un cancer du poumon métastatique, alors qu’on l’avait condamnée dès le début. J’y croyais, je l’ai fait, mais je ne croyais pas que la chimio allait tout faire. Je croyais que ça allait permettre d’avancer, d’aller plus loin, puis j’ai associé des compléments qui manifestement n’ont pas empêché que ça marche.

Voilà. Voilà, très bien, donc toi tu as cette vision intégrative qui permet aussi de combiner les différentes approches, les naturelles, les médicamenteuses, et aussi de voir au long terme, c’est-à-dire de pouvoir dire on met un coup chimio là maintenant, on le fait, on le fait vite, on le fait bien, de telle manière à ce qu’on puisse par la suite passer à une phase peut-être un petit peu plus intégrative et naturelle, toi tu peux le faire.

Et puis c’était important d’expliquer, comment ça marche? La chimio, parce qu’on entend, la chimio, ça crée du stress oxydatif. Non, certaines chimio font du stress oxydatif. La chimio, ça détruit tout. Non, ça détruit toutes les cellules qui sont en train de proliférer. Ce sont des lentilles mitotiques.

La mitose, c’est le moment où la cellule se divise. Si la cellule est au repos, la chimio ne fera rien. C’est un serpent qui passe, les grenouilles sont là, si elles ne bougent pas, c’est bon. Si elles bougent, elles sont mortes.

C’est un maître, je dis, rigoureux. Moi j’aime bien comparer, pardon, mais l’archange Mickael qui dit, moi je tranche ce qui est mort. Ce qui est vivant, je le touche pas.

Et la chimio, elle fait son boulot, mais pas tout le boulot.

Alors, un, j’ai compris que c’était sur la mitose. Ah, je comprends mieux pourquoi c’est les cheveux qui tombent, pourquoi c’est la muqueuse digestive qui est touchée, pourquoi c’est les globules. On fabrique 2 millions de globules rouges à la seconde. Bah oui, les globules rouges, ils vont être touchés. Mais les neurones, non.

Donc, un, deuxième point, n’oubliez pas ça. Qu’est-ce qui se multiplie encore dans l’organisme? Les cellules. Mais quoi, à l’intérieur de nos cellules? Les mitochondries. Du coup, vous comprenez mieux les neuropathies. Pourquoi les taxolotaxotères, qui ne sont pas pro-oxydants ? Par contre, ils empêchent le fonctionnement de la mitochondrie. Si vous avez cette altération de la biogénèse de la mitochondrie, vous risquez d’avoir des neuropathies, puisque la mitochondrie donne de l’énergie là où il y en a le plus besoin, les muscles, les nerfs.

C’est la moitié du poids du cœur. Donc les mitochondries sont super importantes. On comprend mieux que la fatigue est le premier symptôme cancéreux. Et ça, je peux le garantir, malheureusement pour l’instant, dans la médecine qui n’est pas fonctionnelle dans son mode de pensée, elle ne comprend pas l’importance de la mitochondrie.

Et elle est en train de comprendre, par des voies qu’on n’attendait pas, la photobiomodulation par exemple, ah ça marche, c’est utilisé, ça y est, et c’est pas magique, ça aide les mitochondries, et donc là les médecins vont commencer à comprendre que l’énergie ça existe, la fonctionnalité des cellules ça existe, donc ne vous inquiétez pas ça va bouger.

D’ailleurs je fais une petite tangente mais ça me fait penser à un point et tu étais le premier à parler de ça, parce que là encore dans nos cercles, on parle souvent de réduire la consommation de sucre. Et toi tu dis oui, mais pendant la chimio, s’il y a un moment où il faut consommer du sucre, où on peut consommer du sucre, c’est à ce moment là, parce qu’on va aller allumer finalement ces cellules qui se reproduisent vite, et on va les rendre plus sensibles, susceptibles à la chimiothérapie. Et j’avais jamais entendu ça.

Eh oui, c’est l’histoire de vous allez envoyer un lapin pour qu’il sorte. Je vous ai dit qu’il faut laisser le prolifère pour que la chimio marche. Donc autant qu’effectivement, il y a à manger dehors, elles sortent du terrier. Je donne l’image des marmottes dégénérées. Au lieu de dormir, elles sortent.

Du coup, la chimio… Bon, c’est pour dire qu’il faut relativiser, il faut réfléchir et qu’il y a un moment où il faut mettre l’aspect des nutritions en premier et que le sucre, s’il n’y a que ça qui passe, ce n’est pas grave. Après, ce n’est pas dans la durée, d’accord?

Donc, on a tous tes outils, cet arsenal, on peut dire, thérapeutiques. Autour, il y a un processus que tu appelles le pacte, c’est ça, que tu mentionnes assez régulièrement dans le livre. C’est quoi ce pacte? En quoi ça consiste?

Donc, le patient va venir faire ses traitements, il s’implique. Et qu’est-ce qu’il peut faire en tant que maître d’œuvre de sa santé? Qu’est-ce que lui peut faire pour se renforcer? Le constat, il n’est pas compliqué. On regarde les études qui ont été faites et on constate que quand on dort mieux, on a de meilleurs résultats, de meilleurs résultats.

Quand on mange mieux, on a de meilleurs résultats. Éventuellement, des techniques comme le jeûne nocturne, le jeûne, peuvent aussi améliorer la tolérance et les résultats. Après, il y a le fait de marcher pendant les traitements ou d’améliorer la prévention, les risques de récidive. Mais globalement, on regarde chaque chose, on se dit, la gestion du stress, je prends une immunothérapie, j’ai un cancer du poumon, je fais une immunothérapie, si je suis dans un stress chronique important comparé à quelqu’un qui n’est pas trop stressé, j’ai 30 à 50% d’efficacité en moins. Etudes publiées, encore une fois, avec des immunothérapies qui sont à 2000 euros toutes les trois semaines. Donc, il est une évidence de se dire, waouh, une plante adaptogène qui permet de mieux intégrer ça, mieux faire face, la cohérence cardiaque, de la sophrologie, etc. Tout ce qui pourrait mettre la personne dans le calme.

Voilà. Je suis dans le combat, mais j’ai plus de chance d’y arriver quand je suis calme plutôt que totalement stressé quoi, paniqué.

Donc c’est ça que tu, au travers de ce programme PACTE en fait, c’est ça que tu essaies de mettre à disposition?

Gestion du stress, alimentation, activités physiques, améliorer son réseau social. On sait qu’une personne seule a moins de bons résultats qu’une personne pas seule.

Donc des rencontres, on vient au centre ressource, on boit un café peut-être, on discute, on partage.

Oui, mais c’est aussi apprendre à, on va travailler, la communication non violente, on va apprendre à avoir autour de son cercle avec qui je peux parler de tout, même de ma peur de mourir. Ça ne veut pas dire que j’abandonne, mais à un moment j’ai besoin de dire, et si je mourrais?

Et l’autre, d’avoir quelqu’un qui dit, ok, j’accepte de t’écouter dans cette hypothèse. Ça ne veut pas dire que ça va arriver. Si une femme dit ça à son mari, il dit, arrête de dire ça, tu vas y arriver, on ne peut pas parler. Donc à qui je peux tout dire? Avec qui je peux aller voir le médecin? Quelqu’un qui me sert de bouclier émotionnel, qui me peut poser les bonnes questions? Qui interrompt le médecin quand il commence à prendre toute la place et ne pas m’écouter. Qui c’est qui s’occupe de mes enfants? Qui c’est qui s’occupe de faire des repas?

Voilà, mon cercle, mon cercle. Peut-être moins de gens, mais des gens de qualité.

D’accord. Il faudrait que tu baisses les doses des plantes adaptogènes, Jean-Loup, parce que tu viens de nous casser une chaise.

J’ai pris de la rhodiola à midi là

C’est la surpuissance. C’est normal. Ça peut arriver. Tu nous expliques dans ce livre, en fait, l’impact que la société moderne a sur nous, sur le risque de la maladie. La pollution, l’alimentation, la liste est longue. C’est vrai qu’au bout d’un moment, la réaction pourrait être de découragement, de baisser les bras et de se dire, si c’est comme ça, j’arrête de vivre, j’arrête de manger et je m’enfuis dans une grotte. Comment tu arrives, toi  quand tu parles à tes patients, à relativiser tout ça, qu’ils ne perdent pas espoir, leur donner assez de courage et de motivation justement pour remettre à plat le plus possible sans pour autant essayer de tout révolutionner.

Je ne pourrais pas faire à la place ce travail de pourquoi je me lève tous les matins, même si par contre c’est suggéré dans le travail, mais je ne peux pas faire le travail à leur place. C’est-à-dire que, est-ce que vous avez envie de guérir ou pas ? La question est posée, le travail est fait dans le programme, c’est vrai, mais à un moment, je suis obligé de montrer des choses.

En février, là, une étude est sortie qui compare, je viens d’avoir un cancer, on suit 800 survivants du cancer, et on les suit sur des années. Il y a ceux qui mangent peu industriel, moyennement, beaucoup. 58% de mortalité de plus chez ceux qui mangent beaucoup, je ne dis pas 100%, beaucoup industriel, comparé à ceux qui mangent peu industriel.

Vous pouvez soit vous effrayer, soit vous dire, waouh, j’ai intérêt à manger fait maison. Je vais me faire à manger maintenant. Trois fois par jour, je peux me faire du bien. Deux, trois fois par jour. Je mange bio, 25% de cancer en moins. Ah bon? Voilà. Je prends le complément vitamine D, multivitamine.

Dans le cancer du sein, 25% de récidive en moins.

Bon, ben…

Non mais tu vas présenter comme ça, en fait, finalement on peut présenter toutes ces données-là d’une manière très névrotique, un peu comme présenter dans les médias aujourd’hui, on veut faire peur à tout le monde, et puis on peut le présenter aussi comme tu viens de le faire, c’est-à-dire que chacun de ces chantiers-là est une source d’opportunité pour aller mieux, et tout à coup on se dit ben c’est des nouveaux outils, je ne savais même pas que j’avais à ma disposition, donc… J’avais une question qui m’a toujours un peu travaillé parce que je pense que quand on est dans le soin, à un moment ou à un autre, on doit faire face à ce type de comportement. Lorsqu’on a une maladie qui nous menace, qui menace notre survie, il y a cette recherche inconsciente d’un sauveur. Et toi, ce que tu essaies de faire, c’est tout sauf le sauveur, c’est au contraire de dire les outils sont en vous. J’aimerais vous les donner, vous les communiquer. Est-ce que tu observes ça ? Est-ce que tu arrives à désamorcer ça ? Est-ce que tu arrives à emmener la personne d’une attitude tout à fait passive, dans laquelle on a été habitué avec le système de santé aujourd’hui quand même, il faut le dire, où tu es là, tu attends qu’on te donne la solution à renverser ça à 180 degrés et dire non, maintenant c’est vous le pilote ici.

Ressources. C’est le nom qui m’est venu, les deux pieds dans l’eau en Martinique, avant de trouver le nom, c’était en 2000, le nom de l’association, avec Haussain-Gudhier. Donc ressourcez-vous et retournez à l’intérieur, parce que vous avez des solutions. Après vous identifierez bien sûr des gens à l’extérieur, des compétences et autres.

Ça ne veut pas dire que tout passe par vous, Vous êtes le maître d’oeuvre. Donc allez, on va apprendre à se poser, aller voir à l’intérieur, expérimenter les choses. Qu’est-ce qui est bon pour moi ? Il y en a un qui fait de la gestion du stress, c’est Jacobson, je ne sais pas si vous le connaissez.

Je serre le poing, je le relâche et je vois la différence et ça me détend. Il y en a qui vont faire la pleine conscience, la cohérence cardiaque. Trouvez votre moyen pour vous recentrer. Donc tout ça c’est à expérimenter, ça ne peut pas être théorique. Donc ça on le vit dans le centre, on l’expérimente et au fur et à mesure on se rend compte que c’est efficace, c’est tout.

Et que ça apporte, ça ne fait pas tout, mais ça apporte sa pierre et ça donne une grande sérénité parce qu’on a le sentiment de faire ce que l’on doit faire.

J’ai quelqu’un qui va m’accompagner au départ bien sûr, je suis nouveau au centre ressources. J’ai eu ce diagnostic qui m’est tombé dessus comme un sac de briques et donc je suis toujours un peu la tête qui tourne. Je sais que je vais être accueilli d’une manière bienveillante. On va un peu me guider, on va me dire alors voici ce que vous avez à votre disposition et ainsi commence l’aventure on va dire.

C’est ça. C’est l’image de… Il y a un tremblement de terre. Qu’est-ce qu’on fait tous? On arrive avec des couvertures, de la soupe chaude. Et ça, on va dire… Je m’excuse. Il faut le faire. Tout le monde est là. Après, pour accompagner la reconstruction de l’île qui a été détruite par le tremblement de terre, C’est là que c’est plus compliqué et c’est là qu’on intervient non seulement dans cette phase d’accueil, de rassurance, mais après il faut reconstruire et donc il faut donner les moyens et les outils pour, dans la durée, aider la personne à s’autonomiser de nouveau, avec de nouveaux outils puisque Après le cancer c’est plus jamais comme avant, on a une nouvelle vie, c’est plus la même chose.

Tu consacres une belle partie du livre au jeûne, qui est un sujet qui est tellement controversé, qui devient tabou, quasiment, aujourd’hui, dans la profession médicale. Je trouve ça très frustrant parce qu’on a tout de même une quantité de données scientifiques qui sont extrêmement intéressantes. Qu’est-ce qui t’a convaincu d’inclure le sujet dans ce livre? Est-ce que tu dois faire face à beaucoup de réticences de tes collègues?

Alors réticence, oui. Les références aujourd’hui en France, elles se réfèrent à des études, comme je cite, de 2017. Donc elles ont juste 9 ans de retard. Alors que je ne l’ai pas dans le livre, puisque l’actualité n’est pas actualisée, mais est sortie juste après que j’ai terminé le livre, une mise au point du National Cancer Institute, donc l’équivalent de l’Inca français, sur le sujet, en montrant qu’il n’y a pas de débat sur le fait que le jeûne intermittent, je ne peux parler que de ça parce que le jeûne long, je manque de données, mais le jeûne intermittent court en cancérologie, que ce soit un jeûne avant une chimio ou le jeûne nocturne. C’est bon, il y a tout pour expliquer comment ça fonctionne, pourquoi c’est intéressant. Et donc il n’y a pas de débat sur le fait que ça améliore la qualité de vie et ça améliore très très très probablement, pour l’instant et encore très très probablement, l’efficacité des traitements, que ce soit les chimios, hormonothérapie, immunothérapie, radiothérapie.

Donc on a les arguments, les études précliniques, l’application dans Nature, il y en a des dizaines, chez les animaux. On a des études cliniques qui sont quand même très parlantes. Cancer du sein, un jeûne nocturne de 13 heures en mangeant tôt le soir, 36% de récidives en moins. Quand on sait qu’une hormone thérapie, c’est 66%, on ne peut pas le dénigrer.

Ce n’est pas un remplacement, c’est un outil possible. Des personnes qui veulent éviter un cancer de prostate, donc des hommes sont suivis, ils font le jeûne nocturne pareil, c’est 46% de cancer de prostate en moins. Bon voilà, et après le jeûne avant les traitements aussi améliore la tolérance avec des explications rationnelles, des tests biologiques qui confirment que ça a du sens, c’est pas de la magie.

Donc je pense que c’est bien de mettre les choses et j’aime rappeler dès le départ que c’est de la responsabilité des médecins de ne pas s’opposer à des thérapeutiques potentiellement favorables. surtout quand elles sont à la portée de main des patients. Parce que, quand on regarde bien, le cancer provoque… un des aspects fondamentaux de l’annonce du cancer, c’est l’impuissance. Et c’est le sentiment le plus compliqué pour l’être humain. Eh bien, le fait de pouvoir s’investir, faire un jeûne, c’est la personne qui le fait, c’est de sa responsabilité, elle peut le faire, c’est fondamental pour le faire sortir de ce sentiment d’impuissance. Et donc dire c’est pas bien ou c’est dangereux, ne le faites pas, c’est grave, parce que vous privez les gens d’une possibilité, un, de se rendre acteur, de sortir de l’impuissance, et deuxièmement d’une solution qui est clairement utile. Voilà. Si après elle n’est pas prouvée, mais qu’elle n’est pas dangereuse, on peut y mettre des choses pour atténuer, mais s’y opposer fermement alors que les arguments sont forts et qu’en plus c’est pas dangereux…

Ne pourrait-on pas parler de perte de chance ici aussi ?

Oui, après on est clair, on ne fait pas de jeûne chez quelqu’un qui est dénutri, on pose des bases comme pour tout.

Non mais je veux dire, perte de chance de ne pas faire un jeûne intermittent justement.

Oui, ben là après on peut parler de perte de chance finalement, c’est-à-dire qu’on le voit aujourd’hui, on peut le dire comme ça, l’approche alternative dans une étude c’est très clair, c’est dans des cancers où il y a des traitements très efficaces comme le cancer du sein, colon, c’est jusqu’à 8 fois plus de risque de mourir.

Donc c’est une perte de chance majeure si vous êtes alternatif. Si je suis conventionnel, on a les résultats qu’on connaît, si vous êtes intégratif, vous avez un gain de chance de 29% en moyenne. C’est une moyenne, et suivant ce qu’on fait, on peut aller bien sûr au 50% dont j’ai parlé tout à l’heure, voire plus.

Donc aujourd’hui c’est une perte de gain de chance que de ne pas être intégratif.

Je continue sur ce sujet-là qui me passionne. On rentre dans la micronutrition et l’utilisation des plantes médicinales. On ne va pas parler de plantes médicinales obscures commandées sur internet qui viennent de je ne sais quel pays. On parle de notre pharmacopée traditionnelle qu’on connaît bien. Il me semble que ce qu’on appelle le ratio bénéfice sur risque lors d’un traitement en oncologie reste globalement assez positif. De notre côté, on nous fait très peur au sujet du risque d’interaction, ce qui nous amène dans un principe d’extrême précaution qui ressemble de mon point de vue parfois un petit peu à de la paralysie. Comment naviguer entre ces deux extrêmes?

Toujours l’information. Mieux comprendre pour mieux agir. Et avec cette règle qui est toujours de parler de quelque chose sur le plan qualitatif et sur le plan quantitatif. Je prends l’exemple d’un médicament. Prenez l’aspirine pour calmer une mal de tête. Combien? Si je prends 1 mg, ça ne passera rien. Même 100 mg, je vais avoir un effet anti-thrombotique, donc je vais fluidifier le sang. Mal de tête, rien. En pharmacopée, on le sait très bien, dans le Vidal, il y a marqué pharmacodynamie et pharmacokinétique. Pharmacodynamique, c’est comment le médicament agit, qu’est-ce qu’il fait, et on va devoir préciser à quelle dose. Et la toxicité, c’est pareil d’ailleurs. On a une liste comme ça, on prend peur. il y a des toxicités, n’y pense même pas. A la dose que tu vas prendre, il n’y a aucun risque. Mais si on ne le sait pas, panique à bord. Donc c’est la même chose que pour les médicaments.

Et le Vidal est un très bon outil pour aller regarder si les plantes sont autorisées ou pas. Il n’y en a que deux qui ressortiront vraiment. Enfin, il y en a plus souvent dans certains médicaments, mais globalement, vous avez le millepertuis et le pamplemousse. qui vont ressortir et après c’est intéressant de se dire le pamplemousse ça n’est vrai que si vous le prenez un médicament par voie orale et c’est là que l’information est super importante parce que là les gens ont entendu que le pamplemousse posait problème sauf que la substance qui est censée interagir avec les cytochromes du foie n’arriveront jamais au foie, parce qu’elles ne traverseront pas l’intestin, il y a une liaison covalente, covalente ça veut dire définitive, avec les cytochromes présents dans les cellules de l’épithélium digestif, vous n’aurez pas de passage sanguin.

Donc aucune interaction avec le foie. Donc beaucoup de médicaments, du coup, ça ne leur posera aucun problème. Certains médicaments, et il y en a très peu en fait en cancérologie, mais il faut juste aller vérifier sur le Vidal. Ce sera marqué, interdit avec le pamplemousse. Et certains ne posent aucun problème.

Certaines thérapies ciblées posent problème. Et parfois intraveineuses, alors là, il n’y a aucun, aucun souci. Après, on va aller pousser le truc en disant que le pamplemousse, c’est embêtant. Si c’est des pépins de pamplemousse, ce n’est pas pareil. C’est des flavonoïdes, c’est-à-dire des antioxydants, c’est antibactérien, antiviraux. Aucun problème, aucune interaction.

Et donc voilà, il faut être dans la même pensée. Les plantes, en phytothérapie, vous savez qu’avec le mode de fonctionnement, le dosage qu’il faut utiliser, le mode de préparation qui fait qu’on va avoir telle action ou telle autre. Mais ce n’est pas aussi simple que ça. Je prends du pamplemousse, donc je vais avoir un problème. Ça dépend comment vous l’utilisez.

Tu consacres un chapitre à la mélatonine. Est-ce que tu pourrais nous dire ce qui rend cette molécule si importante et presque centrale à ta pratique?

Je suis à l’aise avec la mélatonine et il me fallait des exemples forts. Ce livre n’est pas une encyclopédie, il ne dit pas tout. Je pense qu’il est là pour montrer une voie, une façon de penser, d’aborder la question de l’oncologie intégrative. Il ne répond pas à toutes les questions, on est bien d’accord.

Mais il vous permettra par contre de lire des livres et de traduire et de mieux comprendre comment il faut aborder les choses. Donc la mélatonine c’est un très bon exemple parce que quand j’ai été à Stanford et que j’ai découvert le livre de John Bock sur médecine naturelle et cancer dans la bibliothèque encore une fois de Stanford, un livre fabuleux qui répertoriait toutes les études scientifiques autour des compléments naturels, C’est celui que j’ai le plus regardé, le plus vu.

Et comme c’est une substance qu’on fabrique, j’ai trouvé ça super intéressant de s’intéresser à quelque chose sur lequel on ne peut pas être allergique. On ne peut pas avoir d’intolérance à la mélatonine puisqu’on la fabrique depuis qu’on est né. Et c’est une molécule phare qui a donné des résultats vraiment très intéressants, parfois même en monothérapie dans des cancers désespérés, des résultats. Bon, après, on le sait, je le dis clairement, ça ne sera qu’exceptionnel que ça peut avoir des résultats remarquables, c’est un traitement d’appoint, c’est un complément, beaucoup d’intérêt dans l’approche pour mieux tolérer les traitements, et c’est un exemple même de thérapie multicible, c’est-à-dire qu’on ne peut pas limiter la mélatonine, comme beaucoup de substances naturelles, à une seule fonction.

Et ça c’est intéressant parce que plus on multiplie les fonctionnalités dans une molécule et moins elle a de risques d’effets secondaires. C’est logique puisqu’elle disperse entre guillemets ses modes d’action. Elle aura plus de chances d’agir là où vous avez du manque. Donc voilà, c’est une thérapie multiscible. C’est un très bon exemple, très bien documenté au plan scientifique. C’est pour ça aussi que je l’ai pris. Il y a beaucoup de publications.

On connaît les effets à différents dosages.

Et c’est ça aussi, on a le fait du dosage. Dès 0,5 mg, c’est-à-dire la dose physiologique qu’on fabrique, il y a un effet sur l’immunité. Il faut être à 10 mg pour avoir un effet oncostatique, c’est-à-dire un effet de blocage. Et puis, il faut être à 20 mg pour être antioxydant.

Ça ne fait pas tout, ça fait des choses à certains niveaux. C’est un très bon exemple pour comprendre que vous devez toujours parler en termes de quantitatif, qualitatif. Sinon, on aboutit à ces erreurs fondamentales qu’on entend. La vitamine E est dangereuse? Non. L’étude, c’est la vitamine E de synthèse, à forte dose, donnée chez des gens non carencés, isolément, c’est-à-dire sans autres substances associées, eh bien c’est dangereux parce que ça augmente les cas de récides de cancer du poumon par exemple.

Et quand on calcule, on réfléchit à la vitamine E, on se dit mais comment ça se fait que vous la donniez toute seule? Elle ne fonctionne pas toute seule. Si vous la donnez, c’est un antioxydant, d’accord, mais après une fois qu’elle est sous forme oxydée, elle va s’accumuler et elle va devenir toxique.

Si vous ne mettez pas de l’acide lipoïde ou de la vitamine C pour la recycler, vous allez accumuler ce produit et ça va devenir toxique et c’est ce qui se passe. Et la détoxication au niveau de l’organisme, ça n’a jamais fonctionné qu’avec une chose. Donc voilà, c’est un exemple typique d’une information qui devient fausse parce qu’elle n’est pas complète. Et donc, on va dire que là, en médecine, nous ne pouvons pas donner de leçons à des gens en phytothérapie. On peut juste se dire que nous-mêmes, il faut qu’on fasse attention. On doit être très attentif à ce qu’on dit.

Et en parlant de phytothérapie, justement, tu as un chapitre consacré à certaines plantes. Et on va retrouver les grands classiques, et on se pose la question, c’est toujours le curcuma, le thé vers le soja, il y a toujours les mêmes qui reviennent, on les connaît bien ces plantes parce qu’on les a étudiées en long, en large et en travers, mais il y a aussi la partenelle, la reine des prés, quand on est arrivé là, on a vu le plantain, la mauve, il y a une pharmacopée qui est d’une richesse de dingue, et pourtant on va toujours s’exprimer sur ces 3, 4, 5. Pourquoi ? C’est quoi le truc ?

Alors là aussi, on ne peut parler que de ce qu’on connaît bien, je trouve. On est légitime que si on parle de quelque chose qu’on maîtrise bien, qu’on connaît bien. Mais comme ce ne peut pas être un catalogue ce livre, mais oui il y a des trésors, il y en a plein. Et c’est là que c’est intéressant d’avoir des thérapeutes qui sont spécialisés et qui à la fois ont compris le concept général et qui du coup l’appliquent à leur spécialité, la phytothérapie, et qui ont un panel bien plus large parce que le curcuma est parfois pas possible, il y a des contre-indications.

Il y a d’autres, le boswellia, l’encens, c’est ça. Enfin, il y a d’autres plantes anti-inflammatoires, le bourgeon de cassis, je ne sais pas. Donc c’est là que c’est intéressant d’avoir des gens formés, vraiment importants, pour qu’on puisse ouvrir le panel et proposer quelque chose de beaucoup plus adapté à chaque personne.

Sachant que très souvent, il y a un manque de données aussi. On va se baser sur l’expérience, sur la tradition. On ne peut pas vraiment se reposer sur des études double aveugle avec placebo. On n’aura pas de…

À vous, à ce moment-là, de ne pas avoir forcément de certitude, mais d’éléments suffisamment de sécurité. Il faut avoir des éléments suffisants de sécurité pour dire, OK, je ne fais mal et j’ai des arguments 1, 2, 3, OK.

Améliore-t-on la qualité de vie de la personne? Est-ce que ce n’est pas l’étoile du berger, finalement?

Ah, c’est l’étoile du berger ! Aujourd’hui, on peut le dire, à chaque fois qu’on arrive à améliorer la qualité de vie des patients, évidemment sans avoir un effet empêchant l’efficacité des traitements, et de façon durable donc, eh bien on a une amélioration du pronostic. La qualité de vie qui est déjà un objectif qui est beau, puisque la vie elle a de l’intérêt que si elle peut être appréciée, Mais après, si ça a un impact sur la qualité de vie, on voit, on met les gens dans la meilleure situation, on a de meilleurs résultats.

Il y a une très belle étude qui a fait polémique, mais qui pourtant a été débattue et qui a été publiée sur l’homéopathie et cancer du poumon randomisée double aveugle, d’accord ? 50 patients qui prenaient l’homéopathie individualisée, 50% de l’homéopathie placebo et 50% prise en charge classique. Tous ont le traitement classique. Au bout de trois mois, ceux qui prennent l’homéopathie sont améliorés sur tous les critères de qualité de vie, tous. Et on regarde l’espérance de vie sur un an, 30% d’amélioration de la survie.

Etude randomisée de double aveugle. Elle a été challengée et elle a été confirmée, donc c’est une étude publiée qui montre que c’est pas l’homéopathie qui a traité le cancer. C’est l’homéopathie qui a permis de mieux supporter, de mieux suivre le traitement, de mieux sortir de la peur, de mieux dormir, etc.

Et résultat, ça marche mieux.

C’est vraiment l’histoire d’un plat gastronomique qui n’est pas assaisonné. Désolé, repart en cuisine. Elle a un peu de sel et de poivre. Ce n’est pas ça qui a soigné, mais c’est ça qui a sublimé l’efficacité.

Bien qu’on nous dira les chantiers ont été trop faibles, trop petits, mais on prend ce qu’on a de toute manière.

L’étude randomisée double aveugle, machin, là vous ne pouvez plus arriver à ces arguments-là. Ce n’est plus possible. Et ce n’est pas la seule étude. On sait qu’il y a, je crois, plus de 140 études randomisées qui sont dans les critères en homéopathie, de façon générale. Et après, si on sort du concept mécanistique et qu’on rentre dans le concept informationnel, ce qu’on voit avec la photobiomodulation, ce qu’on voit avec un téléphone portable. Un appui sur un bouton peut envoyer une bombe.

Donc l’information c’est très important, le signaling cellulaire c’est important. Ça ne marche pas que par la chimie les choses.

Soyons fous, imaginons que ta vision se réalise pleinement comme tu l’entends ici au Château de la Sorine. Tous tes projets ont des financements, tout fonctionne exactement comme tu voulais et tu réécris ce livre dans 5 ans, dans 10 ans, c’est la deuxième édition, la troisième édition peut-être. À quoi il ressemblerait? Est-ce qu’il y aurait des choses différentes?

Oui, j’aimerais bien déjà avoir fait une deuxième édition. Puis le temps me manque.

Oui, je reprendrai des chapitres sur le jeûne, je rajouterai des études récentes qui renforcent, confortent les choses. Je rajouterai quelque chose sur les interactions. Donc ça, ça fait partie des compléments de formation. J’en ai mis, mais c’est des passages, alors que je ferai un bon chapitre. Et puis après, je pense qu’il faudrait un lexique que l’IA pourrait nous faire facilement, d’ailleurs. Un bon lexique, et puis des fiches peut-être plus pratiques aussi à la fin pour que ça soit encore plus accessible pour tous.

Mais après, ce livre c’est juste une porte vers la santé intégrative, vers un nouveau paradigme de la santé. Donc après il faut y entrer. Ce livre n’est pas un but en soi, c’est plutôt une impulsion. Et donc après, c’est d’entrer dans ces formations. Et donc demain, ce n’est pas le livre qui fait tout, c’est je viens à ressources et puis en France, il y a une culture qui s’est mise en place, des formations en santé intégrative dans tous les domaines.

une collaboration entre les différentes professions, une culture de la prévention. On fait visiter le domaine à des enfants pour qu’ils voient les plantes médicinales, etc. On leur fait fabriquer des baumes, des pommades avec Sabine et toute l’équipe, avec Althea, on développe tout ça. On fait des colonies de vacances santé pour les enfants, ils vont se régaler à fabriquer, à faire, à manger, à manger sain. Des choses qui sont vivantes, des aliments vivants. On leur fait expérimenter ça, parce que ça, c’est plus fort que tout. On a des séjours de ressourcement ici.

Les gens peuvent venir une semaine, s’immerger, avoir des soins en groupe, en individuel, du matin au soir. Pas trop tard pour qu’ils aient du temps de respiration, mais 9h, 17h, ils sont en programme. On fait de la prévention, on invite des entreprises à venir pour leurs employés passer un week-end.

Oui, le centre d’aquathérapie, le hammam et compagnie, mais pas que. Des cours, vous allez cuisiner, vous allez manger sain, vous allez expérimenter un massage, un vrai massage, pas que musculaire, un travail émotionnel. Vous allez expérimenter la santé intégrative sur un week-end, vous immergez dedans. ça va être un lieu qui va être ça, un campus qu’on soit malade, aidant, bien portant, mais on veut préserver sa santé.

Ce lieu sera fait pour tous, en hébergement, dans des programmes, à l’université de la santé intégrative, le programme qui correspond.

Le mot clé finalement c’est campus, la santé de demain passe par l’éducation aujourd’hui de la population.

Je pense que c’est mieux comprendre pour mieux agir, il faut mettre de la lumière.

D’accord. Si une personne demande un traitement en oncologie et qu’elle veut bénéficier d’un accompagnement, comment est-ce qu’on peut faire? Est-ce qu’on va trouver un centre ressource ? Est-ce qu’il faut se déplacer ? Comment on fait ?

Si on parle centre ressource, il y en a 10 en France. Il y en a 5 en formation. Donc ça va bouger. Il y a Montpellier-Perpignan qui se prépare, 3, Bordeaux. Enfin bon, donc ça se multipliera. Ceci étant, il y a des associations autres qui ont pas même de ressources mais qui vont dans cette dynamique-là.

Il n’y aura pas ce fameux programme d’accompagnement. Mais c’est déjà un bon début d’être dans ce lieu avec de l’info, de l’échange, des soins. Vous avez des instituts Rafaël. Vous avez Les Amis de l’Institut [Andrée Dutreix] à Dunkerque. Vous aurez la Maison Autour près de Paris. Donc il y a des associations qui existent, qui font, qui œuvrent et qui peuvent déjà être des points d’ancrage.

Ensuite, il y a des réseaux aussi qui se créent, Quatre Février, c’est une application. Donc nous, on va collaborer avec eux pour qu’on va pas faire tout ce qu’ils font eux. Et les gens qui sont loin, peut-être même en Afrique du Nord, en Francophonie, en Suisse, au Québec, à Tahiti, qui ne peuvent pas venir, pourraient, à travers ces réseaux, avoir des soutiens.

Toutes ces formations en présentiel se font aussi en distanciel. Donc il y aura ces accès là aussi. Donc on va développer ces stratégies pour soutenir les gens à distance, s’il le faut ou pas.

Très bien. Et si on veut soutenir le projet, comment fait-on?

Il y a plein de moyens pour aider, en parler, en parler à des gens qui ont des moyens. Ça, ça vaut drôlement le coup. On pourra investir dans ce lieu, parce que c’est vrai qu’on a besoin de millions, il faut le dire, pour les travaux d’aménagement, le centre d’aquathérapie.

Retenez que ce lieu sera toujours et toujours accessible à tous. Ça n’appartient à personne. Ce lieu, c’est ressource et ça n’appartient à personne. Ce n’est pas un lieu de profit. Par contre, c’est un lieu où il y aura une boutique, où il y aura une participation demandée aux gens s’ils peuvent.

La participation est solidaire. Elle est pour permettre aux autres de pouvoir venir aussi. Donc on peut aider financièrement au fonctionnement, on peut aider en faisant connaître, en allant chercher des mécènes. Vous pouvez devenir mécène. Le ménage est fait par un mécène. Les avocats, les milliers d’euros sont mécènes. Donc on peut être mécène en compétence, on peut être thérapeute qui offre ses soins.

C’est un lieu exceptionnel pour les thérapeutes, parce que c’est un lieu qui les sort de leur isolement. On va ici travailler en collaboration avec les autres. Voilà. Après, on fera en sorte, si possible, dans certains cas, de rétribuer les intervenants, mais dans la mesure du possible. Mais si vous êtes bénévole, c’est très bien.

Et puis, oui, on peut inventer des événements qui sont au profit de ressources et autres. Il y a plein de choses possibles.

Jean-Loup, un immense merci pour ton travail, ta philosophie, ça nous fait du bien à tous, merci.

Merci, je suis ravi de voir cette collaboration, ces portes qui s’ouvrent avec toi, Althea, je te suivais, je suis enthousiasmé, je ne connais pas tout ça, je me suis intéressé, mais je ne connais pas tout ça, je ne connais pas tout le monde de la phytothérapie et d’un potentiel qui est exceptionnel.

Merci.

16 réponses

  1. Merci pour ce bel entretien. Cela donne beaucoup d’espoir pour les personnes qui affrontent radiothérapie , chimiothérapie etc . De nombreuses indications pour la prevention.

    Mais il ne faut pas oublier que certaines personnes avec des méthodes alternatives guérissent complètement du cancer. J’en connais personnellement deux, une du cancer du sein {vérifie par 8 oncologues} et l’autre d’un cancer de la gorge grâce à la médecine tibétaine telle que pratiquée par un médecin tibétain de Turin en Italie.
    Ces patients échappent au radar des statistiques.

    1. Bonjour Pascale
      Merci de votre commentaire , effectivement des personnes échappent aux radars des statistiques et d’autres qui choisissent cette voix n’y échappent pas
      Je dirais que plus nous sommes formés et informés plus nous agrandissons notre boite à outils et devenons chef d’orchestre de notre santé.
      le cancer n’est pas une maladie que l’on « attrape  » mais pour moultes raisons (extérieures et intérieures) ce sont nos propres cellules qui se retournent contre nous , chaque cancer est différent selon les personnes et chaque personne aura son propre chemin à parcourir, et ce qui est valable pour les uns ne le sera pas pour d’autres, à partir de ce constat il est bien difficile d’avoir des avis tranchés, toutes les pistes sont bonnes à explorer, parfois on se confronte aux impasses , et parfois ça passe là où cela paraissait impossible, on peut témoigner de son expérience en disant : »ces pistes là m’ont aidé à guérir » mais on ne peut pas dire c’est la solution.
      Le cancer lorsque il frappe à notre porte nous invite à l’humilité , à la résilience et à l’action (oupas) ….

      1. Merci Sabine pour votre réponse si humaine, mesurée, sage et si juste.
        Il est facile d’être péremptoire.

  2. Bonjour Hervé
    Votre message m’attriste, et je n’ai pas les mots pour vous témoigner ma compassion. Un sentiment d’impuissance qui n’empêche pas de continuer à lutter, à rechercher comme vous le faites Hervé depuis longtemps. J’ai quelques recherches sur la mitochondrie ; mais je pense que vous avez déjà fait le tour de ces informations de base et certainement échangé longuement avec Christophe… Sans doute, le fait de vous rapprocher si possible d’un centre « ressources » serait une étape positive.

    Ce livre ouvre des possibles « The Myth of normal », https://www.leslibraires.ca/livres/le-mythe-de-la-normalite-gabor-mate-9782813233769.html?mc_cid=cb483ef1ff&mc_eid=3c8f1ce7fe le médecin Gabor Maté explique, à travers plusieurs études de cas, comment par exemple le manque de sécurité dans l’enfance ou des émotions réprimés peuvent engendrer ces mêmes réponses négatives physiologiques de stress et mener à des problèmes de santé comme la sclérose latérale amyotrophique, des cancers ou autres maladies dégénératives. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un travail stressant ou de vivre toute une série d’évènements difficiles pour que l’organisme en soit affecté. C’est souvent notre perception de la réalité qui va avoir le plus grand impact sur la sécrétion de nos hormones de stress. Ainsi, les techniques de relaxation qui ramènent dans le moment présent ou la méditation sont très efficaces pour diminuer les quantités de cortisol en circulation et ainsi aider à la santé.
    Bien à vous en toute fraternité

  3. Grand Merci pour ce chemin de vie,d’engagement ,de grandeur qui réchauffe le coeur.

    Je remarque la qualité d’accueil,la recherche incessante pour améliorer l’offre de soins avec vigilance et détermination; pour améliorer la qualité de vie .

    Quand la vie est menaçée, ces soins sont là pour donner un sens au présent ,pour donner de la force pour avancer.

    Jean Loup n’est-il pas comme un chef d’orchestre? Un maître d’une mission qu’il a choisie?
    GRATITUDE pour ce souffle! Pour cet arc -en -ciel !

    Très chaleureusement.

    Suzanne

  4. BONJOUR à Toutes et Tous !… Je ne participe plus beaucoup depuis deux ans à vos débats, mais j’ai toujours un oeil (encore vaillant…) sur les Posts et sujets variés que nous fait Christophe et celui-ci m’a vraiment touché et même ému jusqu’aux larmes, car je me sais condamné à court terme et lorsque j’ai regardé et écouté, puis lu et relu le texte de la discussion, je me suis imaginé pouvoir connaitre un ténor de cette envergure, avec de tels conseils patenetés, prouvés et des pratiques montrant que certains pans de la médecine pouvait encore faire de grands progrès… Certains passages ont particulièrement attirés mon attention, car les médelcins m’ayant diagnostiqué une dégénérescence de certains de mes neurones sans possibilité d’apporter de traitement et une espérance de vie de quelques mois à 5 ans maximum, je n’ai de cesse de rechercher les études et compte rendu d’expérimentations qui ont pu se faire ou qui se font à travers le monde, que j’ai téléchargé et disséqué en les lisant et relisant, espérant trouver je ne sais quoi qui pourrait bloquer l’avancée deu mal. Or en entendant Jean Lou Mouysset parler de « l’importance de la mitochondrie » pour des traitements des cancers, mais également le rôle de certaines vitamines (E, C ou multivitamines B contre le stress oxydatif p.e.), j’ai de suite fais le rapprochement avec des documents et études rattachant les Mitochondries à la SLA (Maladie de Charcot) et particulièrement des « Impacts du dysfonctionnement mitochondrial dans la sclérose latérale amyotrophique » dont vous trouverez ci-après un lien pour plus d’informations https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9265651/#:~:text=Mitochondrial%20abnormalities%20have%20been%20found,complexes%20and%20elevated%20oxidative%20stress.
    La similitude des constatations est troublante … N’y aurait-il pas un thérapeute de la trempe de Jean Lou Mouysset qui puisse faire émerger une ou des solutions pour donner de l’espoir aux milliers de malades du SLA qui sont torturés par les douleurs chaque jour et à longueur de nuits en attendant l’heure fatidique inévitable comme sans un couloir de la mort… https://portail-sla.fr/sclerose-laterale-amyotrophique/ https://portail-sla.fr/communique-etude-epidemiologique-de-sante-publique-france-sur-les-maladies-du-neurone-moteur/

    1. cher Hervé
      votre mot me touche profondément , et je suis navrée et peinée de ce que vous traversez , et mes mots sont de bien piètres consolateurs. Vous êtes d’une telle générosité , toujours tourné vers des solutions , des pistes , en chercheur infatigable, vous ne baissez pas les bras , merci à vous ,vous êtes un exemple de résilience je vous embrasse très fort

      1. MERCIS Sabine…. vos écrits chaleureux me vont droit au coeur !… Je vous tiendrais au courant des évolutions à venir…

    2. Qu’est ces mitochondries qu’évoque Jean Lou Mouysset ?…
      https://www.medecinesciences.org/fr/articles/medsci/full_html/2012/01/medsci2012281p23/medsci2012281p23.html#:~:text=Les%20mitochondries%20assurent%20deux%20fonctions,dysfonctionnement%20grave%20de%20la%20cellule.
      Les mitochondries assurent deux fonctions vitales de la cellule : la production d’énergie sous forme d’ATP par la voie aérobie et le déclenchement de l’apoptose en cas de dysfonctionnement grave de la cellule. Ces fonctions mitochondriales doivent être modulées avec l’ensemble de la machinerie cellulaire selon un mode de communication concertée. De récentes publications, réalisées indépendamment par trois équipes françaises [1–3], indiquent un rôle probable de la mitochondrie dans la régulation des gènes par ARN ­interférence. Cette ­nouvelle fonction mitochondriale découverte dans des cellules humaines semble être un processus général, avec des spécificités liées au tissu et à l’état cellulaire. Elle met en jeu la protéine Argonaute 2 localisée dans les P-bodies jusque dans la mitochondrie où des microARN (miR) ont aussi été mis en évidence. La découverte de ces miR mitochondriaux présente un intérêt biologique particulier du fait de leurs rôles multiples dans le développement, dans l’entretien des tissus mais aussi dans l’étiologie des pathologies humaines ____comme les cancers ou les maladies dégénératives du système nerveux.____ Cette Nouvelle expose les dernières connaissances acquises sur la localisation mitochondriale des miR et leur activation au contact des P-bodies dans la cellule humaine.

  5. Bonjour Sabine
    Oui Sabine, vos mots sont justes. Hier soir, l’expression sur le visage de Christophe et de Jean Loup Mouysset traduisait réellement l’envie d’agir d’un même concert pour accompagner la personne et non la maladie, ce TOUT de nos jours, trop souvent découplé. Là on ressentait la résonance constructives et complémentaire des consciences de deux mondes qui s’accordent ou se retrouvent enfin dans une véritable communion entre les disciplines de la phytothérapie et de la recherche scientifique appuyée prioritairement sur la compréhension, l’écoute. Des chemins de vie qui expriment, décomplexent la simplicité des dialogues humains faisant appel à chacun pour restaurer l’autonomie vitale… Le chemin le plus court n’est pas toujours celui où l’on observe un biotope magnifié de diversité…

  6. Bonjour, vous m’avez donné des frissons de joie. Quelle belle rencontre et échanges sincères entre deux grands hommes ! Chapeau bas

    1. bonjour Pascal
      merci Pascal , comme vous j’ai été touchée de voir la rencontre, déjà de deux personnes habitées par un idéal , celui d’ouvrir les portes et les fenêtres sur un monde de la santé plus vaste, plus grand plus humain , informer, sensibiliser , nous faire devenir actrices et acteurs de notre santé .
      Ce qui me touche aussi c’est de voir Christophe et Jean Loup Mouysset créer un pont entre deux mondes, qui souvent sont mis en opposition , pour intégrer les forces vives de la santé et ainsi agrandir notre boite à outils.Quand Science et Tradition se tendent la main le meilleur reste à venir 🙂

    2. bonjour Pascal27, Vous avez raison, ces échanges entre Christophe et Jean Lou sont passionnants et pour ma part, émouvants, car, comme je le commentais prédemment ci-dessus, j’ai relevé des similitudes entre les travaux évoqués conceernant les multiples cancers qui gangrènent et tuent des milliers de gens et les milliers de malades du SLA qui n’ont malheureusement pas de traitements issus de la médecine conventionnelle ni de la phytothérapie…. Les approches et concepts de Jean Lou Mouysset dérangent certainement bon nombre de ses confrères spécialistes ou généralistes, mais ses résultats sont là pour prouver qu’il a raison… Mon plus grans souhait est de connaitrre un Thérapeute comme lui, qui puisse agir pour trouver des approches débouchant sur des solutions pour réduire les douleurs et l’avancée inexorable vers la mort de milliers de patients atteints de cette maladie de Charcot… Je serai le premier volontaire à tester et témoigner de ses mérites à montrer que des voies nouvelles sont encore à trouver et à appliquer en médecine… Je vous souhaite la meilleure santé que vous puissiez avoir et de la conserver précieusement, car là est la véritable richesse des humains !

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