Millepertuis (Hypericum perforatum)

L’association millepertuis-dépression est devenue inévitable. Tout le monde en parle, des plus prestigieuses revues scientifiques jusqu’à Femme Actuelle. Le millepertuis, plante complexe aux multiples facettes, a été réduit à cette simple indication. C’est bien mal le connaître.
Le but de cet article est d’apporter un peu de profondeur à cette vue unidimensionnelle, et de rappeler au passage ses indications oubliées.
Nom commun : Millepertuis, millepertuis perforé, millepertuis officinal, herbe de la Saint Jean
Nom latin : Hypericum perforatum
Famille : Hypericaceae
Constituants :
- Naphthodianthrones (entre 0,05% et 0,6%), incluant l’hypéricine et la pseudohypéricine
- Flavonoïdes (biapigénine, quercétine et rutine)
- Composés phénoliques incluant hyperforine et adhyperforine
- Procyanidines
- Huiles essentielles
Goût :
- Huileux, résineux
- Légèrement amer
- Astringent
Energétique :
- Réchauffant (goût huileux et résineux)
- Asséchant
Utilisation du Millepertuis
Pulmonaire

Cazin le qualifie de “stimulant balsamique que l’on a, à tort, abandonné”(4).
L’adjectif “balsamique” décrit une propriété qui rappelle un baume, riche en résines et pénétrante, donc pouvant atteindre les muqueuses pulmonaires afin de les calmer, les désinfecter et les « resserrer » (effet astringent).
Cazin nous dit que l’infusion des sommités fleuries peut être utile dans les catarrhes chroniques (inflammation des muqueuses bronchiques), l’asthme, certaines phtisies (tuberculose) même avec expectorations purulentes. Il l’emploie particulièrement dans les cas de catarrhes où l’état d’irritation s’établit dans la durée (donc devient chronique) avec des sécrétions plus ou moins abondantes.
Cazin l’associe volontiers à la grande aunée (Inula helenium) et le lierre terrestre (Glechoma hederacea) à parts égales pour les infections pulmonaires chroniques. Valnet confirme cette indication et recommande le même mélange(5).
Voila donc une indication très intéressante pour le millepertuis, définitivement oubliée aujourd’hui. Mais rappelons aussi que cette indication est partagée par d’autres plantes résineuses, et donc n’est pas unique au millepertuis.
Hépatique
Matthew Wood nous rappelle que les praticiens d’Europe de l’est ont le millepertuis en grande estime, et l’utilise pour des problèmes de foie, pour stimuler la détoxification hépatique en particulier(1). Wood explique qu’il peut être utilisé pour des problèmes de système nerveux entérique entrainant une mauvaise digestion, créant ainsi une charge sur le foie qui doit traiter ces résidus alimentaires mal digérés.
Cette ancienne indication est retenue par Valnet(5), qui l’utilise pour des congestions hépatiques et dyspepsies atoniques (indigestions dues à un système digestif déficient).
Nous verrons plus loin que, effectivement, le millepertuis accélère la détoxification hépatique en augmentant l’action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants en circulation sanguine. Ceci explique ces interactions avec les médicaments.
Le foie est au centre de processus physiologiques multiples. En particulier, il fabrique les précurseurs de nombreuses hormones (cholestérol) et recycle le trop plein d’hormones en circulation. Est-il possible que, grâce à une détoxification hépatique, une personne se sente mieux psychologiquement car son équilibre hormonal est rétabli ? Cette hypothèse n’est pas à écarter.

Vulnéraire
Nous passons maintenant à l’une des indications principales du millepertuis, un endroit ou il brille bien au dessus d’autres médicinales. Le grand Paracelse qualifia le millepertuis d’arnica des nerfs.
Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible. Et ce sont les médecins éclectiques américains qui vont nous amener le plus d’informations à ce sujet.
Ellingwood(6) nous explique que le millepertuis peut être utilisé pour les douleurs profondes et les sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l’on appuie dessus (dommages infligés aux nerfs et centres nerveux dans la colonne vertébrale). Il l’utilise pour les traumatismes crâniens, les chocs et blessures infligées à la colonne vertébrale, ainsi que pour les blessures de type perforation, accompagnées de douleurs aiguës.

Cette utilisation pour les “blessures de type perforation” se retrouve chez de multiples auteurs américains de l’époque, Felter(7) et Lloyd(8)par exemple. On utilise le millepertuis lorsque l’on a marché sur un clou, lorsque l’on s’est perforé un doigt avec une agrafe, lorsque l’on s’est planté une écharde sous l’ongle et que la douleur remonte dans le bras, etc. On peut aussi l’utiliser pour les écrasements (doigt coincé dans une portière de voiture). Les extrémités (doigts, orteils) sont très innervées, donc toute blessure par perforation ou écrasement endommagera obligatoirement certains nerfs, ce qui créera une douleur aigüe, parfois insupportable.
Les homéopathes en ont aussi fait leur plante de prédilection à partir des années 1800 (Muller étant un des premiers à en parler) pour les douleurs névralgiques et les blessures dues à un traumatisme (crânien ou autre).
D’une manière générale, le millepertuis sera utile pour toute lésion affligée à la structure d’un nerf, causant une inflammation, avec douleur qui peut être suivie le long du nerf. Le nerf lui-même est touché, la couche de myéline a été endommagée. Une sciatique en est l’exemple typique. Une huile (non diluée) ou mieux une alcoolature de millepertuis diluée au taux de 20% (1 proportion d’alcoolature pour 4 proportions d’eau) est appliquée le long du nerf douloureux, la teinture mère est aussi prise en interne. Il faut être patient (plusieurs semaines) avant de constater un effet.
Il est efficace pour les nerfs enflammés dus à un pincement, parfois à la suite d’un mouvement brusque pour prévenir une chute par exemple. Matthew Wood le recommande pour les chutes sur le coccyx, une chute sur la glace, par exemple, ou une chute en skateboard.
Pour les problèmes de peau, l’huile de millepertuis agit en tant qu’anti-inflammatoire, et est en particulier utilisée pour les brulures dues à l’exposition au soleil. En Provence, l’huile rouge jouit d’une réputation méritée pour les coups de soleil. Elle peut aussi être appliquée sur tout type d’éraflures, brulures, érythèmes et peaux sèches et s’avèrera nourrissante.
Le millepertuis peut être utilisé pour le zona et les poussées d’herpes et boutons de fièvre (application locale dès que les premiers petites démangeaisons se font sentir), le virus (herpes simplex ou zoster) se logeant dans les ganglions nerveux et la douleur étant de type névrite.
Le millepertuis calme les inflammations locales et favorise une meilleure circulation autour d’un traumatisme, aidant ainsi à réduire un œdème. Pour les cas de bleus, ecchymoses, contorsions musculaires, appliquez localement une huile ou une teinture mère de millepertuis diluée (compresses). Pour ces cas-là, il se mélange évidemment très bien avec l’arnica.
Sédatif des nerfs
Cette propriété commence à se rapprocher du profil moderne d’antidépresseur. Le millepertuis relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles.
Michael Moore le recommande pour les toux spasmodiques des enfants, en massant l’huile sur le dos de l’enfant dans la région des vertèbres T1 à T4 afin de relaxer les nerfs périphériques hypertoniques et responsables de cette toux.
Felter et Lloyd nous disent que “l’Hypericum a des pouvoirs indubitables sur le système nerveux”(8). Plusieurs médecins américains de l’époque l’utilisent pour les états d’hystérie. D’autres mentionnent une capacité à sortir les personnes de leurs états de morosité et de “mélancolie” passagère.
Henry(9) l’utilise chez les hystériques, mais aussi chez les maniaques et hypochondriaques. On se souviendra aussi qu’au moyen âge, on pensait que le millepertuis pouvait éloigner les esprits diaboliques ainsi que les sorcières. Il est fort possible que les dites sorcières furent simplement des femmes traversant des états de déséquilibre nerveux, et que le millepertuis ait pu aider dans certains cas.
Certains médecins des années 1800 et début des années 1900 l’utilisent pour l’insomnie de cause nerveuse, et pour les traversées difficiles (psychologiquement) des périodes clés de la vie, comme la petite enfance (urinations et terreurs nocturnes), l’adolescence (règles douloureuses), la ménopause (anxiété et troubles du sommeil), etc. L’adolescence et la ménopause étant des périodes de fluctuations hormonales, il est logique qu’une plante du foie puisse régulariser certains déséquilibres hormonaux.
États dépressifs
Le millepertuis agit sur les niveaux de neurotransmetteurs présents dans l’environnement cérébral. Certaines études le qualifient d’inhibiteur de la monoamine oxydase, d’autres d’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. La meilleure hypothèse que nous ayons aujourd’hui est que le millepertuis agit sur la recapture des 5 neurotransmetteurs principaux : sérotonine, noradrenaline, dopamine, acide gamma-aminobutyrique (GABA) and L-glutamate(14).
Pour mieux comprendre l’action du millepertuis, catégorisons les états dépressifs comme ceci :
- Dans une première phase, la personne commence à rentrer dans des états dépressifs passagers. Un choc émotionnel vient de s’opérer. Parfois, le choc est évident – un divorce, le décès d’un proche, un licenciement, etc. Parfois, plusieurs évènements se sont étalés sur des années, et une goutte fait déborder le vase. Quels que soient les déclencheurs, la personne alterne entre état dépressif et état normal.
- Dans une deuxième phase, la personne descend dans un état dépressif chronique et profond. Il n’y a quasiment plus de yoyos, il y a peu de moments où la personne se sent bien. Les idées noires, la morosité, l’envie de ne rien faire, l’anxiété, tout semble s’installer de manière permanente.
Le millepertuis est surtout efficace en phase 1, et peine souvent à apporter une aide en phase 2.
Michel Moore recommande le millepertuis surtout lorsque l’état dépressif est accompagné de colère. Il a observe que le millepertuis agit très bien sur les hommes traversant une période difficile. Le cas typique étant l’homme qui jusque-là réussissait beaucoup de choses, mais tout à coup doit faire face à un rejet social. Il était en pleine ascension professionnelle et s’est fait licencier. Ou peut-être sa femme l’a quitté subitement. Pour Moore, l’homme est beaucoup moins mature que la femme dans les situations de rejet, ce qui suscite une grande colère suivie de dépression. Cet échec devient une fixation, une obsession même, et la personne n’arrive pas à penser à autre chose, ressassant sans-cesse l’échec.
On notera l’association en médecine chinoise entre colère et foie, et on se rappellera que le millepertuis est aussi une plante du foie.
Il est utile pour les cas de dépressions saisonnières. Dans ces cas-là, la personne redoute l’arrivée de l’hiver, du froid, du manque de lumière, des jours qui diminuent et de la possibilité réduite à mener certaines activités. Certains lecteurs Canadiens comprendront…
D’ailleurs, le fameux phytothérapeute allemand Rudolf Weiss(13) nous donne l’explication suivante : le millepertuis induit une photosensibilité (sensibilité à la lumière), donc rend la personne plus apte à capter les rayons du soleil. Weiss nous rappelle que certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d’un manque de lumière.
Cueillette
Voir ma vidéo à ce sujet.
Avant sa floraison, et si on connait mal la plante, il sera quasiment impossible de l’identifier. La plante reste relativement petite (20 à 50 cm de hauteur), et d’un vert tendre qu’il est difficile de repérer au printemps lorsque la végétation aux alentours est en pleine croissance.
Voir la photo ci-dessous. Vu d’en dessus, les feuilles arrondies s’opposent sur la tige et s’alternent en paires pour former une croix .De près, on arrive à voir les minuscules perforations de la feuille qui lui ont valu le nom d’Hypericum perforatum.

Prenez une feuille et regardez-la en transparence face à une source de lumière. Si vous arrivez à voir ces mille « pertuis », ces mille trous qui sont en fait des glandes regorgeant de principes actifs, vous êtes probablement en présence d’Hypericum perforatum.

Lorsque le millepertuis commence à fleurir, il est dur de passer à côté. On le trouve parfois en plant isolé, comme la photo ci-dessous.

Ou on le trouve dans des champs et terrains vagues où les plants se touchent et forment une couverture jaune vif qui peut être assez spectaculaire.
Le test ultime consiste à écraser une fleur encore en bouton entre ses doigts. Si vos doigts se colorent d’un beau pigment rouge foncé, vous êtes bel et bien en présence de millepertuis. Ce pigment rouge provient des étamines de la plante, et peut aussi être observé à l’œil nu lorsque l’on regarde une fleur de près (voir photo ci-dessous).

La meilleure période pour cueillir le millepertuis est :
- Loin de la dernière pluie, sinon le millepertuis sera gorgé d’eau ;
- Lorsque la plante vous fournit une grande quantité de fleurs toujours en bouton, c’est là où les composants actifs seront à leur maximum (certaines fleurs seront ouvertes, cueillez-les aussi ;
- Le matin après que la rosée se soit évaporée.
Selon les régions et la température, on pourra le cueillir de fin juin à fin juillet, début juillet étant habituellement la période optimale (mais là encore, c’est le stade de floraison qui sera déterminant et pas la date).
Pour la cueillette, munissez-vous d’un bon sécateur. Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. Ceci permet d’en ramasser une grande quantité en un temps raisonnable. Voir ci-dessous.

Si vous désirez les faire sécher pour les consommer en infusion, étalez les fleurs sur un banc de séchage que vous laisserez reposer à l’ombre dans un endroit sec. Mais attention à la durée de séchage. Sécher les fleurs ouvertes et les feuilles est relativement rapide. Mais pour les fleurs encore fermées, il faut beaucoup plus longtemps. Les fleurs en boutons regorgent d’humidité, et on peut se faire piéger en pensant que tout est sec, pour voir plus tard apparaitre de la moisissure et devoir jeter le lot.
Pour contrôler si les boutons sont bien secs, écrasez-en quelques uns entre vos doigts et voyez si de l’humidité subsiste.
Préparation de l’huile rouge
On ne peut pas faire macérer la plante fraiche dans l’huile sous risque de moisissure et de fermentation. Mais afin de profiter de la quantité optimale de principes actifs, attendez que les fleurs soit quasiment sèches mais pas complètement. Elles sont froissées, fripées, presque sèches, et ont perdu la quasi totalité de leur eau.
Ensuite, placez la plante dans un grand bocal et recouvrez d’huile d’olive vierge. Laissez macérer pendant plusieurs semaines dans un endroit qui reçoit un peu de chaleur, de la lumière mais pas directement au soleil (les UVs ont la particularité de détruire beaucoup de composants actifs). Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérats huileux.
L’huile finale doit être d’un beau rouge sombre comme un jus de cerise lorsqu’on la regarde dans un endroit non exposé à la lumière directe, et rouge vif comme du sang lorsqu’on la regarde sous la lumière du soleil. L’huile peut être appliquée le long des nerfs douloureux et endommagés, ou sur une peau irritée ou brulée.

Préparation de la teinture
Si vous avez accès à des alcools de forte concentration (80° ou plus), teinturez la plante fraiche, elle contiendra plus de composants actifs. Sinon, faites sécher la plante, et teinturez-la dès qu’elle est sèche avec un alcool à 45°.
- Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d’alcool à 80° ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:2);
- Pour la teinture (millepertuis sec) : utiliser 500 ml d’alcool à 45° pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:5).
Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérations alcooliques.
Si vous avez un millepertuis de qualité, l’alcoolature doit devenir rouge très rapidement, et même quasi instantanément si vous faites une alcoolature de plante fraiche. Voir photos ci-dessous pour une teinture mère de plante fraiche.
![]() Avant l’ajout d’alcool
|
![]() Après l’ajout d’alcool
|
![]() 2 jours plus tard
|
Dosages
Comme toujours, les dosages varient en fonction de la personne et de la situation. D’une manière assez générale :
- Teinture de plante fraîche (préparée au ratio 1:2) : 3 à 6 ml par jour (ref : Mills & Bone) ;
- Infusion : utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d’eau, boire de 2 à 4 tasses par jour;
- Huile : application locale plusieurs fois par jour. L’alcoolature diluée peut aussi être appliquée localement en compresses (elle sera mieux absorbée).
Interactions millepertuis-médicaments
Les interactions entre les médicaments et le millepertuis sont bien connues aujourd’hui, bien qu’elles restent très complexes. Cette section est inspirée en grande partie de l’excellent “Herb, Nutrient, and Drug Interactions” de Stargrove, Treasure et McKee(12).
Voir aussi mon article sur les concepts de base pour les interactions plantes-médicaments. Vous pouvez aussi sauter l’explication suivante qui est d’ordre technique, et directement passer à la section “ce qu’il faut retenir” plus bas.
Le millepertuis induit principalement le substrat 3A4 du CYP450, et ceci d’une manière significative. Selon certaines études, il semble aussi induire d’autres substrats d’une manière secondaire (1A2, 2C9, 2C19, 2D6). Mais les différentes études in-vitro et in-vivo ne s’accordent pas toujours entre elles pour ces substrats secondaires.
Le problème principal est que de très nombreux médicaments sont métabolisés par le substrat 3A4 localisé dans la muqueuse intestinale et dans le foie.
Une induction signifie un métabolisme plus rapide du médicament qui utilise ce substrat. Si la personne prend en même temps du millepertuis et un médicament métabolisé par le substrat 3A4, le médicament sera métabolisé et donc évacué plus rapidement par le système, entrainant une quantité de médicament disponible en circulation sanguine inférieure à ce qui était prévu, donc moins efficace. Dans certains cas, l’effet est d’abord une diminution du métabolisme du médicament (créant des problèmes potentiels de toxicité du médicament), suivi par une augmentation du métabolisme (un effet biphasique).
Mais les choses ne sont pas aussi simples, car certaines études démontrent qu’une interaction médicament-millepertuis qui semblait inévitable n’est en pratique pas mesurable sur la personne. Les choses sont même très complexes, selon que l’on parle d’un composant isolé du millepertuis (hypéricine, hyperforine, etc) ou du mélange obtenu avec la plante fraiche.
Ce qu’il faut retenir : Faites preuve de prudence dès qu’il y a co-administration de millepertuis et de médicaments. Consultez votre médecin ou pharmacien avant de prendre la décision.
Pour information, voici une liste des médicaments présentant des risques d’interactions, tiré du Botanical Safety Handbook, seconde édition.
- Les immunosuppresseurs (cyclosporine, tacrolimus)
- Les anticoagulants (warfarine, phénprocoumone)
- Les antiarrhythmiques (digoxine, vérapamil)
- Les inhibiteurs calciques (nifédipine, vérapamil)
- Les bradycardisants (ivabradine)
- Les contraceptifs hormonaux (éthinylestradiol, noréthindrone)
- Les anxiolytiques (quazépam, midazolam, alprazolam)
- Les antidépresseurs (amitriptyline)
- Les antiviraux (indinavir, nevirapine)
- Les statines (simvastatine, atorvastatine)
- Certains médicaments de chimiothérapie (irinotecan, imatinib)
- Les bêta-bloquants (talinolol)
- Les inhibiteurs de la pompe à proton (oméprazole)
- Les antifongiques (voriconazole)
- Les anticonvulsants (méphénytoïne)
- Les relaxants des muscles squelettiques (chlorzoxazone)
- Les antihistaminiques (fexofenadine)
- Tout autre médicament métabolisé par le CYP3A4
Si vous prenez actuellement des médicaments, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour discuter d’une interaction possible avec le millepertuis.
On parle aussi beaucoup du fait que le millepertuis peut diminuer l’efficacité de la pilule contraceptive. Cette interaction reste largement théorique basée sur l’induction du métabolisme de l’estrogène et de la progestine par le millepertuis. Malgré les bruits qui courent, les cas documentés de conceptions accidentelles sont anecdotiques, et les données provenant de la littérature scientifique sont d’après Stargrove, Treasure & McKee non conclusives(12).
Parmi ce manque de preuves conclusives, il vaut mieux là encore rester prudent, en particulier dans les cas de pilules faiblement dosées.
Précautions additionnelles
➜ Le millepertuis peut induire une photosensibilité, c’est-à-dire une sensibilité accrue aux rayons du soleil, avec risque de brûlure.
Ceci est contesté aujourd’hui, en particulier dans le monde de l’herbalisme anglophone. En revanche :
- Plusieurs cas ont été relevés dans la littérature scientifique. Un exemple ici.
- Ces cas surviennent en général lorsque prise d’un comprimé (extrait sec) standardisé en hypéricine et plus ou moins fortement dosé. Aucune mention d’effets secondaires de ce type avec la teinture. Avec les formes traditionnelles (infusion, teinture), en général pas de souci.
- J’ai moi-même fait l’expérience d’une photosensibilité sévère après avoir passé une journée à ramasser du millepertuis, les doigts très rouges à me frotter le front pour enlever la transpiration. J’ai gardé des marques (brûlures) pendant 3 semaines. Les copains en ont bien rigolé (pas moi).
Conclusion : si vous prenez du millepertuis sous forme de comprimé standardisé en hypéricine, ne vous exposez pas trop au soleil.
Les probabilités de photosensibilité sont très faibles, mais elles existent. Donc comme toujours, Il vaut mieux être prudent.

➜ A éviter si maladies du spectre du trouble bipolaire, là c’est clairement un travail de psychiatrie.
➜ A arrêter au moins une semaine avant toute intervention chirurgicale.
Références
(1) Wood, Matthew, « The Earthwise Herbal: A Complete Guide to Old World Medicinal Plants« , 2008
(1bis) Culpeper, Nicholas, « The English Physician Enlarged », 1770
(2) Dubois, F, « Histoire des Plantes Médicinales Qui Croissent Spontanément en France et en Belgique », 1848
(3) Bossu, A, « Traité des Plantes Médicinales Indigènes, Précédé d’un Cours de Botannique », 1854
(4) Cazin, F.J., « Traité Pratique et Raisonné des Plantes Médicinales Indigènes », 1850
(5) Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes« , 1986
(6) Ellingwood, « American Materia Medica, Therapeutics and Pharmacognosy« , 1915
(7) Felter, 1922: the Eclectic Materia Medica.
(8) Felter, Harvey Wickes, Lloyd, John Uri, « King’s American Dispensatory », 1898
(9) Henry, Samuel, « A New and Complete American Medical Family Herbal », 1814
(10) Kress, Henriette, « Practical Herbs« , 2011
(11) Wood, Matthew, « The Book of Herbal Wisdom: Using Plants As Medicine« , 1997
(12) Stargrove, Treasure, McKee, « Herb, Nutrient, and Drug Interactions: Clinical Implications and Therapeutic Strategies « , 2008
(13) Weiss, Fintelmann, « Herbal Medicine« , 2000
(14) Müller WE. « Current St John’s wort research from mode of action to clinical efficacy ». Pharmacol Res. 2003 Feb;47(2):101-9. Review.







680 réponses
Bonjour Christophe et Sabine,
Lors de la formation PPAM que j’ai suivie il y a de ça quelques années, on m’a toujours appris que le millepertuis est photosensibilisant, or j’ai reçu ce matin cet article http://www.herbesetvie.herbotheque.com/2017/06/02/le-millepertuis-photosensibilisant-ou-photoprotecteur/
Bien sûr c’est un vaste sujet et une grande question, mais qu’en pensez vous ? Peut être connaissez vous l’Herbothèque du Québec ?
Bonjour Anicette
voici la réponse de Christophe : » effectivement on parle parfois de l’huile de millepertuis comme protecteur contre le soleil. Il est possible qu’elle ait cette dualité. Photosensibilisante lorsque prise en interne à fortes doses probablement avec des comprimés standardisés, et légèrement protectrice en externe, sachant que son SPF restera relativement faible. »
Merci beaucoup à tous deux pour votre réponse, cela prouve qu’on a encore beaucoup de choses à découvrir de nos chères plantes, et c’est cela qui est passionnant !
Belle journée à vous.
Merci sabine pour votre reponse
Bonjour Christophe
Merci de votre réponse mais pour commande il y à rupture de stock.
où on peut trouver des plantes sauvages de millepertuis aux alentours de Marseille.
Merci
bonjour Valérie
alors du côté de Marseille je ne sais pas , par contre si vous poussez un peu plus loin dans les terres il y en a partout, (on le voit fleurir au mois de juin ) parfois avant , mais je pense que vous devriez en trouver dans la garrigue autour de Marseille
bonjour, je connais votre site depuis peu et j’en suis « mordue » !! je viens de m’abonner à votre new letter, à vos vidéos fort intéressantes et je viens d’acheter votre livre car j’ai décidé de me lancer !!
J’ai toutefois une petite question concernant le millepertuis; j’en ai dans mon jardin, qui pousse depuis deux ans et que j’avais acheté en jardinerie. A-t-il les mêmes propriétés ? puis je en faire ds préparations ? j’avoue que dans le nors de la France, je n’en ai jamais vu dans la nature… Merci d’avance Sabine, pour votre réponse et merci Christophe pour la richesse de vos précieux conseils
Sylvaine
Bonjour Sylvaine
difficile à dire sans le voir, il vous faudrait l’identifier, prenez le en photo lorsqu’il sera en fleurs et essayez de voir sur des sites de reconnaissance de plantes
Bonjour Christophe
J’ai une question je voudrais savoir ou on peut trouver les fleurs de millepertuis pour planter. Il y a plusieurs planter de millepertuis .Je suis de Marseille je n’ai pas trouvé des plantes sauvages de millepertuis .Merci
Bonjour Valérie
vous pouvez trouver les graines ici https://le-jardin-des-medicinales.com/produit/millepertuis-hypericum-perforatum-50-graines/
Bonjour, petite question pour une amie qui a un bébé qu’elle masse avec l’huile obtenue par macérat huileux (huile olive). A part le côté photosensibilisant y a t-il des contre indications pour un bébé? C’est une amie qui a cueilli elle même les fleurs et fait le macérat qui lui a donné.
Merci par avance pour votre réponse!
Bonjour Marine
je n’ai pas vraiment d’informations précises sur ce point, en théorie aucune contre indication d’un usage externe du macérat de millepertuis pour un bb, sauf si sujet à crises d’épilepsie, mais vraiment faire attention si exposition au soleil , je pense que le MH de millepertuis devrait être utilisé pour des raisons bien précises (brûlures par exemple) mais qu’en entretien quotidien , l’usage d’autres macérats moins typés seraient plus judicieux
Merci pour votre réponse ! En effet je pensais aussi que ce n’était que pour les brûlures et pas en massage simple. Sur un site que je ne connaissais pas une pharmacienne le préconisait en casd’erytheme fessier et doux pour les bébés, émollient et adoucissant. Je voulais vérifier car je fais plus confiance à votre expertise
Bonjour!
Tout abord, merci pour tous vos partages! Je viens d’acheter votre livre et c’est un vrai bonheur!!!
Mon ami est diabétique de type 1 et souffre d’hypothyroïdie. Cela lui provoque des douleurs névralgiques dans les membres ainsi que de fortes migraines. Il est de plus en plus déprimé, surtout à l’approche de l’hiver car il travaille de nuit et voit donc moins de lumière. J’ai tout de suite pensé au millepertuis (en externe pour massages) mais aussi en interne… mais malheureusement, je vois qu’il y a beaucoup de contre-indications lorsque que l’on est sous traitement médicamenteux (met si je n’ai pas vu d’interactions directes avec les anti-diabétiques). Est-ce que ça vaudrait le coup de tester quand même (accompagné de son médecin par exemple), ou les interactions avec les médicaments sont elles définitivement trop risquées? (je lis beaucoup de choses mais le sujet est compliqué..!)
Merci beaucoup de votre réponse!
Très belle journée
Bé
Bonjour Bé
le millepertuis n’est pas recommandé avec les antidiabétiques dont il va réduire l’efficacité
Bonjour Christophe,
Merci pour cette belle fiche! Il y a juste la dernière phrase que je ne comprends pas : « certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d’un manque de lumière », la mélatonine étant sécr.étée précisément la nuit. Pourriez-vous s’il vous m’éclairer? C’est le cas de le dire (sourire).
Je vous en remercie sincèrement par avance et vous souhaite le meilleur.
Bien à vous.
Sylvaine, Praticienne Naturopathe
Il y a juste la dernière
Bonjour Sylvaine
Pour faire très très court la sérotonine (neuromédiateur) fabriquée le jour est précurseur de la mélatonine , donc peu de lumière la journée peut donner une baisse de production de la mélatonine
Bonjour,
Un site internet (il s’agit d’un producteur) commercialise de huile de millepertuis bio fabriquée par macération à 50 ° pendant 8 heures.
Me conseilleriez-vous de l’acheter ?
Merci beaucoup de votre réponse.
Bonjour Haziz,
Je ne peux pas vous dire tant que je n’ai pas vu ou testé le produit.
Bonjour Christophe,
Merci de votre réponse. Voici la réponse du producteur concernant son mode de fabrication du macérât de millepertuis :
pour ce qui est du macérat solaire de millepertuis, voici pourquoi je ne le pratique plus: dans un bocal en verre, avec le soleil qui cahuffe enplein étét dessus, meme si le bocal est opacifié, la température de l’huile monte largement au dessus de 50°… j’ai tester, il y a des pointes à 60 ° en pleine journée, puis ça descend en dessous de 15° la nuit, puis ça remonte, puis le lendemain il pleut, l’hydgrométrie est donc modifiée, l’huile récupère un peu d’humidité de l’air, ^puis le lune change, on passe sur de la rosée matinale, puis à nouveau grosse chaleur et cette alternance durant 6 semaines dénature l’huile et les principes actifs, à mon humble avis… (il ne fait pas jour et 50° non stop durant 6 semaines… ))
Qu’en pensez-vous ?
Merci beaucoup.
Bonjour Haziz
oui effectivement je comprends qu’il ne le fasse plus, de toute façon Christophe nous déconseille cette exposition aux rayons solaire et aussi de faire trop chauffer l’huile , après on peut le laisser à la chaleur solaire en journée (bien protégé ) quand le temps le permet et le rentrer le soir
le tout c’est de garder à une température modéré (pas plus de 40°) parfois moins, normalement l’huile doit devenir rouge assez rapidement, par contre il y a des années où ça ne rougit pas et pour l’instant le mystère n’est pas encore éclairci
Bonjour Sabine,
Merci beaucoup pour votre réponse.
Je pense que le mieux serait de tester ce produit du coup.
Bien cordialement,
Haziz
Bonjour Christophe et Sabine,
Voici ci-dessous la réponse de la productrice concernant la fabrication du macérât huileux de millepertuis :
en tant que productrice, il n’y a pas de mystères pour moi sur la couleur rouge qui vient de l’hypéricine , il y a deux hypéricum perforatum, celui qui est utilisé pour ses vertus médicinales, et il y en a un des deux qui contient moins d’hypéricine, on les distingue à la forme de leur tige… ensuite c’est dans le bouton floral qu’on en trouve le plus, donc il y a le moment de la cueillette, si la fleur est trop ouverte, il n’y en a plus beaucoup, l’attention doit être donnée au stade d’ouverture de la fleur, c’est à dire qu’elle doit être encore fermée, en forme de bouton.
et les principes actifs lyposolubles arrivent à entre 40° et 50° , données que j’ai de mes formations et informations de recherche.
la journée au soleil? je pense que c’est une illusion de mettre un pot en verre plein d’huile au soleil et de ne pas monter au dessus de 40°… pour avoir fait des mesures au thermomètre de labo, ça me semble peu probable, du fait de l’effet de serre, même si il faut laisser le pot ouvert, la chaleur monte énormément, d’autant plus depis plusieurs étés caniculaires…
Bonjour Haziz
et merci pour ce partage très intéressant et votre participation 🙂
Bonjour,
Je vous contacte de la part de mon frère qui a une hernie hiatale entraînant un reflux gastro-oesophagien, une oesophagite et surtout de fortes douleurs douleurs thoraciques qui irradient jusqu’aux gencives.
Je souhaite savoir si un traitement par le millepertuis serait adapté dans son cas, sous quelle(s) forme(s) et à quelle(s) dose(s) ? Si ce n’est pas le cas, que préconiseriez-vous ?
Par avance, un très grand merci pour votre réponse.
Haziz
Bonjour, je pense que vous trouverez des réponses à vos questions ici :
https://www.altheaprovence.com/blog/reflux-gastrique/
Bonsoir Christophe,
Merci tout d’abord pour votre travail et votre implication que vous nous partagez généreusement via votre site. J’ai lu dans un article que le millepertuis était à éviter en cas de traitement pour une chimio. Pourriez vous m’en dire davantage. Merci infiniment.
Bonjour Véronique
le millepertuis interfère avec les médicaments anticancéreux qui bloquent la prolifération des cellules cancéreuses, il aide ce dernier à éliminer les toxines étrangères, en accélérant leur métabolisation etc….donc lorsque prise de médicaments la plupart du temps on évite le millepertuis , particulièrement dans les traitements chimio
Bonjour. Pas d’autres hypericum intéressants. Qu’en est-il de d’Androsème officinale ?
Bonjour, je ne pense pas que hypericum androsaemum soit médicinal.
Il y a probablement d’autres millepertuis intéressants mais je ne les connais pas, j’ai toujours travaillé avec celui qui pousse chez moi (H. perforatum).
Merci pour votre réponse, votre site est super. !
Bonjour Christophe,
Merci infiniment pour toutes ces informations, quelle genérosité!!! J’aimerais vous demander conseil pour un protocole visant à soulager un écrasement du nerf péronier (fibulaire) dû à une blessure au pied. La blessure date de plus d’un an, mais cause un handicap à mon amie, qui ne peut plus conduire et doit marcher avec une canne. Elle utilise des anti-douleur topiques mais est très ouverte à essayer une méthode naturelle.
En lisant votre article, j’ai compris qu’on peut faire des compresses avec la teinture diluée. Met-on la compresse uniquement sur la zone où la douleur se fait sentir au moment de faire la compresse ou sur une plus grande surface (la douleur se déplace, selon les jours)? Ou seulement à l’endroit de la blessure?
Combien de temps est-il recommandé de garder la compresse à chaque pose?
Dans une optique de traitement avec le millepertuis, devrait-elle cesser l’utilisation des crèmes pharmaceutiques, qui « gèlent » la douleur momentanément, pour que la plante puisse faire son effet à plus long terme?
De plus, quelle dose de teinture en interne serait recommandable pour aider? Je n’ai pas bien compris si cela soulage la douleur quand on en prend ou si cela pourrait permettre une rémission.
Je pense que tant qu’à y être, je vais aussi lui suggérer de mettre de l’huile rouge, après les compresses ; )
Ça fait beaucoup de questions, alors sentez-vous bien à l’aise! Merci pour tout et bonne journée!
Bonjour Marieh,
L’infusion n’est pas la meilleure forme ici, on appliquerait plutôt l’huile rouge directement, en d’autres termes le macérat huileux – qui tache entre parenthèse, et qui est gras bien sur. On applique le long du nerf enflammé pour calmer l’inflammation. A l’endroit de la blessure et à l’endroit de la douleur. Ceci ne va hélas pas faire disparaître l’écrasement. Si le stress mécanique reste, l’inflammation va rester, ceci est purement pour essayer de soulager. Dans l’huile rouge, rajouter des HEs anti-inflammatoires, 10% d’HE de gaulthérie couchée par exemple. Ceci peut se faire avec une crème pharmaceutique ou pas, le tout est d’arriver à gérer la situation, tout dépend.
La teinture en interne, 20 à 30 gouttes dans un peu d’eau 3 fois par jour pour soutenir l’action réparatrice. Mais rémission, vu que l’écrasement persiste, je ne pense pas. Attention aux interactions avec les médicaments.
Merci beaucoup pour votre aide Christophe! Bonne journée : )
Bonjour, et bravo pour ce cite, il y a de la qualité partout !
J’ai cependant une question sur une phrase ici concernant l’infusion du millepertuis. :
« utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d’eau »
– Pourquoi est ce qu’il semble déconseiller d’utiliser les plantes fraiches ? Si on a le choix, il est donc préférable de les faire sécher ?
J’ai une autre question plus général :
– Pour bénéficier des bienfaits des plantes medicinales ; Pourquoi ne mange t’on pas les plantes directement et les faisons infusé ou teinture ? Es une question de gout ou le fait de les mangé apporte moins ?
Merci d’avance d’une réponse
Bonjour,
Pour le millepertuis, l’expérience et la tradition s’est concentrée sur la plante sèche car on pouvait la conserver et en faire le commerce. C’est donc pour cela que les ouvrages classiques ou l’expérience parle rarement de la plante fraîche – très peu de personnes y ont accès. Mais en règle générale, la plante fraiche donne de très bonnes préparations. Donc le commentaire ici est en relation avec une plante séchée qui est restée 2 ans sur une étagère, il vaut mieux utiliser une plante récemment séchée.
Pour la 2ème question, on ne consomme pas la plante médicinale directement car ce n’est pas quelque chose de comestible en général, sauf quelques cas. L’écorce de saule n’est pas mangeable telle qu’elle par exemple, trop dure. Idem pour l’aubier de tilleul. Idem pour de nombreuses racines qui sont très dures. Idem pour de nombreuses fleurs qui sont remplies de poils, d’éperons qui sont très irritantes pour la gorge. La feuille d’olivier n’est pas vraiment mangeable, trop dure. Pour certaines plantes fraiches, c’est le goût (fumeterre fraiche très très amère par exemple). Pour les médicinales comestibles – feuilles de plantain, racine de bardane – pas de problème. Mais cela reste l’exception par rapport à toutes les médicinales que l’on trouve dans notre pharmacopée.
Bonjour,
J’aimerais partager une experience avec le millepertuis. Ayant traversé une grosse période de stress avec le travail + vie perso, j’ai lu que cette plante pouvait aider à redonner une bonne humeur et ai donc essayé celle-ci. J’ai été absolument bluffé par cette plante mais pas dans le bon sens, après en avoir pris à la dose recommandée pendant un weekend, j’ai ressenti une déprime comme jamais je n’en avais eu, c’etait assez inexplicable mais incapacité de rigoler ou voir quoi que ce soit de positif. Je pense avoir pu ressentir ce que les personnes dans des cas de dépressions graves peuvent ressentir, j’ai clairement senti que cette déprime était irrationelle et plus d’origine chimique que contextuelle… Au début, je n’ai pas vraiment fait le lien… Puis au bout de 2 jours j’ai tenté d’arreter le millepertuis, et ai immediatement retrouvé une humeur « normale » disons. Chose étrange, ma femme a eu également le même sentiment, d’humeur généralement positive, elle m’a dit avoir ressenti une énorme fatigue avec cette plante et presque incapable de se lever le matin (alors qu’elle est plutot du genre à être en pleine forme à 6h du matin pour aller courrir…). Bref je pense que cela rejoint ce que vous disiez dans d’autres videos, il n’y a pas de recette unique pour tout le monde et il faut expérimenter, les plantes c’est compliqué. En tout cas je tenais à partager cette experience qui m’a prouvé l’efficacité des plantes mais que parfois, ce qui marche pour quelqu’un peut être aussi tout à fait l’inverse pour un autre… La marque j’avais utilisé était pourtant une bonne marque je pense (marque Salus, acheté chez Naturalia).
Avez-vous déjà entendu des experiences similaires d’autres personnes avec le Millepertuis?
Bien à vous et bravo pour ce blog.
Florent
Bonjour, le cas que vous décrivez est relativement fréquent avec les antidépresseur chimique (Paroxétine, Séroplex, etc.) qui peuvent provoquer une augmentation des symptômes en début de traitement sur une durée de 1 à 3 semaines environ. Mais j’avoue que concernant le Millepertuis c’est la première fois que j’entends cela. Après, il est certain que nous réagissons tous différemment aux plantes, et aux traitement médicamenteux aussi. Donc, votre cas est intéressant 🙂
Question : preniez-vous autre chose concomitamment au Millepertuis ?
Enfin, vous devriez essayer une prise de Griffonia, qui contient un acide aminé précurseur de la Sérotonine, et qui donne de bon résultat en 2 à 3 semaines pour les cas comme le votre.
Bonne journée,
Bonjour,
Merci pour votre réponse. Je ne prends jamais de médicament ni aucun traitement, ni complément alimentaire à coté. Merci pour le conseil concernant la Griffonia, j’essaierai sûrement au prochain coup de mou 🙂
Excellente journée à vous,
Florent
Bonjour ,
Je réitère ma question ici .
J’ai fais de la teinture mère , mais j’ai tout mis , la plante entière. Est ce toxique ? Beaucoup n’utilise que les sommités fleuris et comme c’est ma première année de transformation de plante …
C’est dans le cas d’une dépression 🙂
bonsoir Pauline
je vous ai répondu dans l’autre commentaire 🙂
bonjour christophe
apparement on dis que le millepertuis et photo sensibilisant si on le touche ou se frotte dessus
alors qu’est qu’il en est est d’un macérât huileux sur la peau contre le soleil
je trouve que c’est paradoxale
merci a vous pour tout ce que vous faites
Bonjour Elie
Certaines personnes peuvent avoir des réactions photosensibles avec le millepertuis, mais Christophe nous dit que l’huile rouge est anti-inflammatoire et peut aider à calmer les rougeurs et protéger la peau contre les brûlures.
Bonjour
J’ai fait un macérat huileux de Millepertuis il y a un mois et en le filtrant, je m’aperçois que sa couleur n’est pas rouge vif mais orange. Est-ce du à une espèce autre que Hypericum perforatum ou un problème de chaleur? Pourtant il était sur une fenêtre sud ouest?
Merci pour votre aide,
Cordialement
Bonjour Isabelle
je ne saurais vous dire, j’ai eu pas mal de surprises avec les macérats huileux de millepertuis, et certaines fois où il ne rougit même pas, alors qu’en teinture ça prend tout de suite, nous avons quelques discussions à ce sujet avec les autres élèves et pour l’instant pas de réponses satisfaisantes
du coup je viens d’aller filtrer le mien, et je reste perplexe, la couleur serait plutôt marron rouge (enfin rouge de loin) la couleur est foncée mais comparé à celui de l’année dernière qui est d’un beau rouge vif, rien à voir …et je n’ai pas d’explication
Bonjour pensez-vous que l’hydrolat de millepertuis puisse être photosensibilisant
Bonjour Christophe,
Merci pour le partage de votre savoir si clair et précis!
Je m’interroge concernant la question de l’effet photosensibilisant du millepertuis.
Certains herbalistes (nord-americains surtout) pensent que la plante n’est photosensibilisante qu’en usage interne et préconisent même le macérât huileux comme protecteur contre le soleil.
Savez-vous si les personnes que vous avez rencontrées ayant eu cet effet secondaire de « brûlure » avaient eu recours à une consommation du millepertuis en interne ou en externe?
Par avance merci pour votre retour.
Delphine
Bonjour Delphine,
Comme pour beaucoup de sujets (ex : les alcaloides pyrrolizidiniques de la consoude), il n’y a pas d’accord aujourd’hui. Donc chacun se forme son opinion du mieux possible.
– Plusieurs cas ont été relevés dans la littérature scientifique. Je ne vais pas donner toutes les références, trop long.
(exemple : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9206713)
Ces références ont été réfutées par certains. En ce qui me concerne, j’en ai lu assez pour me dire « il y a un truc ».
– Ces cas surviennent en général lorsque prise d’un comprimé (extrait sec) standardisé en hypéricine et plus ou moins fortement dosé. Aucune mention avec la teinture. Donc avec les formes que nous utilisons, nous herbalistes, en général pas de souci.
– J’ai moi-même fait l’expérience d’une photosensibilité sévère après avoir passé une journée à ramasser du millepertuis, les doigts très rouges à me frotter le front pour enlever la transpiration. J’ai gardé des marques (brûlures) pendant 3 semaines.
Voilà, pas de quoi s’affoler, mais pas de quoi ignorer non plus.
Et oui, l’huile rouge est anti-inflammatoire et peut aider à calmer les rougeurs et protéger la peau contre les brûlures.
A ma connaissance, pas de souci avec le macérat huileux.
Avant de conclure, il faut donc connaître la forme et le dosage.
Merci pour votre réponse et bel été fleuri à vous!
Delphine