Millepertuis (Hypericum perforatum)

Millepertuis (Hypericum perforatum)

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

L’association millepertuis-dépression est devenue inévitable. Tout le monde en parle, des plus prestigieuses revues scientifiques jusqu’à Femme Actuelle. Le millepertuis, plante complexe aux multiples facettes, a été réduit à cette simple indication. C’est bien mal le connaître.

Le but de cet article est d’apporter un peu de profondeur à cette vue unidimensionnelle, et de rappeler au passage ses indications oubliées.


Nom commun : Millepertuis, millepertuis perforé, millepertuis officinal, herbe de la Saint Jean

Nom latin : Hypericum perforatum

Famille : Hypericaceae

Constituants :

  • Naphthodianthrones (entre 0,05% et 0,6%), incluant l’hypéricine et la pseudohypéricine
  • Flavonoïdes (biapigénine, quercétine et rutine)
  • Composés phénoliques incluant hyperforine et adhyperforine
  • Procyanidines
  • Huiles essentielles

Goût :

  • Huileux, résineux
  • Légèrement amer
  • Astringent

Energétique :

  • Réchauffant (goût huileux et résineux)
  • Asséchant

Utilisation du Millepertuis

Pulmonaire

Millepertuis (Hypericum perforatum)

Cazin le qualifie de “stimulant balsamique que l’on a, à tort, abandonné”(4).

L’adjectif “balsamique” décrit une propriété qui rappelle un baume, riche en résines et pénétrante, donc pouvant atteindre les muqueuses pulmonaires afin de les calmer, les désinfecter et les « resserrer » (effet astringent).

Cazin nous dit que l’infusion des sommités fleuries peut être utile dans les catarrhes chroniques (inflammation des muqueuses bronchiques), l’asthme, certaines phtisies (tuberculose) même avec expectorations purulentes. Il l’emploie particulièrement dans les cas de catarrhes où l’état d’irritation s’établit dans la durée (donc devient chronique) avec des sécrétions plus ou moins abondantes.

Cazin l’associe volontiers à la grande aunée (Inula helenium) et le lierre terrestre (Glechoma hederacea) à parts égales pour les infections pulmonaires chroniques. Valnet confirme cette indication et recommande le même mélange(5).

Voila donc une indication très intéressante pour le millepertuis, définitivement oubliée aujourd’hui. Mais rappelons aussi que cette indication est partagée par d’autres plantes résineuses, et donc n’est pas unique au millepertuis.

Hépatique

Matthew Wood nous rappelle que les praticiens d’Europe de l’est ont le millepertuis en grande estime, et l’utilise pour des problèmes de foie, pour stimuler la détoxification hépatique en particulier(1). Wood explique qu’il peut être utilisé pour des problèmes de système nerveux entérique entrainant une mauvaise digestion, créant ainsi une charge sur le foie qui doit traiter ces résidus alimentaires mal digérés.

Cette ancienne indication est retenue par Valnet(5), qui l’utilise pour des congestions hépatiques et dyspepsies atoniques (indigestions dues à un système digestif déficient).

Nous verrons plus loin que, effectivement, le millepertuis accélère la détoxification hépatique en augmentant l’action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants en circulation sanguine. Ceci explique ces interactions avec les médicaments.

Le foie est au centre de processus physiologiques multiples. En particulier, il fabrique les précurseurs de nombreuses hormones (cholestérol) et recycle le trop plein d’hormones en circulation. Est-il possible que, grâce à une détoxification hépatique, une personne se sente mieux psychologiquement car son équilibre hormonal est rétabli ? Cette hypothèse n’est pas à écarter.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Vulnéraire

Nous passons maintenant à l’une des indications principales du millepertuis, un endroit ou il brille bien au dessus d’autres médicinales. Le grand Paracelse qualifia le millepertuis d’arnica des nerfs.

Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible. Et ce sont les médecins éclectiques américains qui vont nous amener le plus d’informations à ce sujet.

Ellingwood(6) nous explique que le millepertuis peut être utilisé pour les douleurs profondes et les sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l’on appuie dessus (dommages infligés aux nerfs et centres nerveux dans la colonne vertébrale). Il l’utilise pour les traumatismes crâniens, les chocs et blessures infligées à la colonne vertébrale, ainsi que pour les blessures de type perforation, accompagnées de douleurs aiguës.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Cette utilisation pour les “blessures de type perforation” se retrouve chez de multiples auteurs américains de l’époque, Felter(7) et Lloyd(8)par exemple. On utilise le millepertuis lorsque l’on a marché sur un clou, lorsque l’on s’est perforé un doigt avec une agrafe, lorsque l’on s’est planté une écharde sous l’ongle et que la douleur remonte dans le bras, etc. On peut aussi l’utiliser pour les écrasements (doigt coincé dans une portière de voiture). Les extrémités (doigts, orteils) sont très innervées, donc toute blessure par perforation ou écrasement endommagera obligatoirement certains nerfs, ce qui créera une douleur aigüe, parfois insupportable.

Les homéopathes en ont aussi fait leur plante de prédilection à partir des années 1800 (Muller étant un des premiers à en parler) pour les douleurs névralgiques et les blessures dues à un traumatisme (crânien ou autre).

D’une manière générale, le millepertuis sera utile pour toute lésion affligée à la structure d’un nerf, causant une inflammation, avec douleur qui peut être suivie le long du nerf. Le nerf lui-même est touché, la couche de myéline a été endommagée. Une sciatique en est l’exemple typique. Une huile (non diluée) ou mieux une alcoolature de millepertuis diluée au taux de 20% (1 proportion d’alcoolature pour 4 proportions d’eau) est appliquée le long du nerf douloureux, la teinture mère est aussi prise en interne. Il faut être patient (plusieurs semaines) avant de constater un effet.

Il est efficace pour les nerfs enflammés dus à un pincement, parfois à la suite d’un mouvement brusque pour prévenir une chute par exemple. Matthew Wood le recommande pour les chutes sur le coccyx, une chute sur la glace, par exemple, ou une chute en skateboard.

Pour les problèmes de peau, l’huile de millepertuis agit en tant qu’anti-inflammatoire, et est en particulier utilisée pour les brulures dues à l’exposition au soleil. En Provence, l’huile rouge jouit d’une réputation méritée pour les coups de soleil. Elle peut aussi être appliquée sur tout type d’éraflures, brulures, érythèmes et peaux sèches et s’avèrera nourrissante.

Le millepertuis peut être utilisé pour le zona et les poussées d’herpes et boutons de fièvre (application locale dès que les premiers petites démangeaisons se font sentir), le virus (herpes simplex ou zoster) se logeant dans les ganglions nerveux et la douleur étant de type névrite.

Le millepertuis calme les inflammations locales et favorise une meilleure circulation autour d’un traumatisme, aidant ainsi à réduire un œdème. Pour les cas de bleus, ecchymoses, contorsions musculaires, appliquez localement une huile ou une teinture mère de millepertuis diluée (compresses). Pour ces cas-là, il se mélange évidemment très bien avec l’arnica.

Sédatif des nerfs

Cette propriété commence à se rapprocher du profil moderne d’antidépresseur. Le millepertuis relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles.

Michael Moore le recommande pour les toux spasmodiques des enfants, en massant l’huile sur le dos de l’enfant dans la région des vertèbres T1 à T4 afin de relaxer les nerfs périphériques hypertoniques et responsables de cette toux.

Felter et Lloyd nous disent que “l’Hypericum a des pouvoirs indubitables sur le système nerveux”(8). Plusieurs médecins américains de l’époque l’utilisent pour les états d’hystérie. D’autres mentionnent une capacité à sortir les personnes de leurs états de morosité et de “mélancolie” passagère.

Henry(9) l’utilise chez les hystériques, mais aussi chez les maniaques et hypochondriaques. On se souviendra aussi qu’au moyen âge, on pensait que le millepertuis pouvait éloigner les esprits diaboliques ainsi que les sorcières. Il est fort possible que les dites sorcières furent simplement des femmes traversant des états de déséquilibre nerveux, et que le millepertuis ait pu aider dans certains cas.

Certains médecins des années 1800 et début des années 1900 l’utilisent pour l’insomnie de cause nerveuse, et pour les traversées difficiles (psychologiquement) des périodes clés de la vie, comme la petite enfance (urinations et terreurs nocturnes), l’adolescence (règles douloureuses), la ménopause (anxiété et troubles du sommeil), etc. L’adolescence et la ménopause étant des périodes de fluctuations hormonales, il est logique qu’une plante du foie puisse régulariser certains déséquilibres hormonaux.

États dépressifs

Le millepertuis agit sur les niveaux de neurotransmetteurs présents dans l’environnement cérébral. Certaines études le qualifient d’inhibiteur de la monoamine oxydase, d’autres d’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. La meilleure hypothèse que nous ayons aujourd’hui est que le millepertuis agit sur la recapture des 5 neurotransmetteurs principaux : sérotonine, noradrenaline, dopamine, acide gamma-aminobutyrique (GABA) and L-glutamate(14).

Pour mieux comprendre l’action du millepertuis, catégorisons les états dépressifs comme ceci :

  1. Dans une première phase, la personne commence à rentrer dans des états dépressifs passagers. Un choc émotionnel vient de s’opérer. Parfois, le choc est évident – un divorce, le décès d’un proche, un licenciement, etc. Parfois, plusieurs évènements se sont étalés sur des années, et une goutte fait déborder le vase. Quels que soient les déclencheurs, la personne alterne entre état dépressif et état normal.
  2. Dans une deuxième phase, la personne descend dans un état dépressif chronique et profond. Il n’y a quasiment plus de yoyos, il y a peu de moments où la personne se sent bien. Les idées noires, la morosité, l’envie de ne rien faire, l’anxiété, tout semble s’installer de manière permanente.

Le millepertuis est surtout efficace en phase 1, et peine souvent à apporter une aide en phase 2.

Michel Moore recommande le millepertuis surtout lorsque l’état dépressif est accompagné de colère. Il a observe que le millepertuis agit très bien sur les hommes traversant une période difficile. Le cas typique étant l’homme qui jusque-là réussissait beaucoup de choses, mais tout à coup doit faire face à un rejet social. Il était en pleine ascension professionnelle et s’est fait licencier. Ou peut-être sa femme l’a quitté subitement. Pour Moore, l’homme est beaucoup moins mature que la femme dans les situations de rejet, ce qui suscite une grande colère suivie de dépression. Cet échec devient une fixation, une obsession même, et la personne n’arrive pas à penser à autre chose, ressassant sans-cesse l’échec.

On notera l’association en médecine chinoise entre colère et foie, et on se rappellera que le millepertuis est aussi une plante du foie.

Il est utile pour les cas de dépressions saisonnières. Dans ces cas-là, la personne redoute l’arrivée de l’hiver, du froid, du manque de lumière, des jours qui diminuent et de la possibilité réduite à mener certaines activités. Certains lecteurs Canadiens comprendront…

D’ailleurs, le fameux phytothérapeute allemand Rudolf Weiss(13) nous donne l’explication suivante : le millepertuis induit une photosensibilité (sensibilité à la lumière), donc rend la personne plus apte à capter les rayons du soleil. Weiss nous rappelle que certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d’un manque de lumière.


Cueillette

Voir ma vidéo à ce sujet.

Avant sa floraison, et si on connait mal la plante, il sera quasiment impossible de l’identifier. La plante reste relativement petite (20 à 50 cm de hauteur), et d’un vert tendre qu’il est difficile de repérer au printemps lorsque la végétation aux alentours est en pleine croissance.

Voir la photo ci-dessous. Vu d’en dessus, les feuilles arrondies s’opposent sur la tige et s’alternent en paires pour former une croix .De près, on arrive à voir les minuscules perforations de la feuille qui lui ont valu le nom d’Hypericum perforatum.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Prenez une feuille et regardez-la en transparence face à une source de lumière. Si vous arrivez à voir ces mille « pertuis », ces mille trous qui sont en fait des glandes regorgeant de principes actifs, vous êtes probablement en présence d’Hypericum perforatum.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Lorsque le millepertuis commence à fleurir, il est dur de passer à côté. On le trouve parfois en plant isolé, comme la photo ci-dessous.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Ou on le trouve dans des champs et terrains vagues où les plants se touchent et forment une couverture jaune vif qui peut être assez spectaculaire.

Le test ultime consiste à écraser une fleur encore en bouton entre ses doigts. Si vos doigts se colorent d’un beau pigment rouge foncé, vous êtes bel et bien en présence de millepertuis. Ce pigment rouge provient des étamines de la plante, et peut aussi être observé à l’œil nu lorsque l’on regarde une fleur de près (voir photo ci-dessous).

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

La meilleure période pour cueillir le millepertuis est :

  • Loin de la dernière pluie, sinon le millepertuis sera gorgé d’eau ;
  • Lorsque la plante vous fournit une grande quantité de fleurs toujours en bouton, c’est là où les composants actifs seront à leur maximum (certaines fleurs seront ouvertes, cueillez-les aussi ;
  • Le matin après que la rosée se soit évaporée.

Selon les régions et la température, on pourra le cueillir de fin juin à fin juillet, début juillet étant habituellement la période optimale (mais là encore, c’est le stade de floraison qui sera déterminant et pas la date).

Pour la cueillette, munissez-vous d’un bon sécateur. Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. Ceci permet d’en ramasser une grande quantité en un temps raisonnable. Voir ci-dessous.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Si vous désirez les faire sécher pour les consommer en infusion, étalez les fleurs sur un banc de séchage que vous laisserez reposer à l’ombre dans un endroit sec. Mais attention à la durée de séchage. Sécher les fleurs ouvertes et les feuilles est relativement rapide. Mais pour les fleurs encore fermées, il faut beaucoup plus longtemps. Les fleurs en boutons regorgent d’humidité, et on peut se faire piéger en pensant que tout est sec, pour voir plus tard apparaitre de la moisissure et devoir jeter le lot.

Pour contrôler si les boutons sont bien secs, écrasez-en quelques uns entre vos doigts et voyez si de l’humidité subsiste.


Préparation de l’huile rouge

On ne peut pas faire macérer la plante fraiche dans l’huile sous risque de moisissure et de fermentation. Mais afin de profiter de la quantité optimale de principes actifs, attendez que les fleurs soit quasiment sèches mais pas complètement. Elles sont froissées, fripées, presque sèches, et ont perdu la quasi totalité de leur eau.

Ensuite, placez la plante dans un grand bocal et recouvrez d’huile d’olive vierge. Laissez macérer pendant plusieurs semaines dans un endroit qui reçoit un peu de chaleur, de la lumière mais pas directement au soleil (les UVs ont la particularité de détruire beaucoup de composants actifs). Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérats huileux.

L’huile finale doit être d’un beau rouge sombre comme un jus de cerise lorsqu’on la regarde dans un endroit non exposé à la lumière directe, et rouge vif comme du sang lorsqu’on la regarde sous la lumière du soleil. L’huile peut être appliquée le long des nerfs douloureux et endommagés, ou sur une peau irritée ou brulée.

Huile de millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Préparation de la teinture

Si vous avez accès à des alcools de forte concentration (80° ou plus), teinturez la plante fraiche, elle contiendra plus de composants actifs. Sinon, faites sécher la plante, et teinturez-la dès qu’elle est sèche avec un alcool à 45°.

  • Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d’alcool à 80° ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:2);
  • Pour la teinture (millepertuis sec) : utiliser 500 ml d’alcool à 45° pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:5).

Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérations alcooliques.

Si vous avez un millepertuis de qualité, l’alcoolature doit devenir rouge très rapidement, et même quasi instantanément si vous faites une alcoolature de plante fraiche. Voir photos ci-dessous pour une teinture mère de plante fraiche.

Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - avant ajout d'alcool - Photo AltheaProvence
Avant l’ajout d’alcool
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - macération Jour 1 - Photo AltheaProvence
Après l’ajout d’alcool
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - macération Jour 3 - Photo AltheaProvence
2 jours plus tard

Dosages

Comme toujours, les dosages varient en fonction de la personne et de la situation. D’une manière assez générale :

  • Teinture de plante fraîche (préparée au ratio 1:2) : 3 à 6 ml par jour (ref : Mills & Bone) ;
  • Infusion : utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d’eau, boire de 2 à 4 tasses par jour;
  • Huile : application locale plusieurs fois par jour. L’alcoolature diluée peut aussi être appliquée localement en compresses (elle sera mieux absorbée).

Interactions millepertuis-médicaments

Les interactions entre les médicaments et le millepertuis sont bien connues aujourd’hui, bien qu’elles restent très complexes. Cette section est inspirée en grande partie de l’excellent “Herb, Nutrient, and Drug Interactions” de Stargrove, Treasure et McKee(12).

Voir aussi mon article sur les concepts de base pour les interactions plantes-médicaments. Vous pouvez aussi sauter l’explication suivante qui est d’ordre technique, et directement passer à la section “ce qu’il faut retenir” plus bas.

Le millepertuis induit principalement le substrat 3A4 du CYP450, et ceci d’une manière significative. Selon certaines études, il semble aussi induire d’autres substrats d’une manière secondaire (1A2, 2C9, 2C19, 2D6). Mais les différentes études in-vitro et in-vivo ne s’accordent pas toujours entre elles pour ces substrats secondaires.

Le problème principal est que de très nombreux médicaments sont métabolisés par le substrat 3A4 localisé dans la muqueuse intestinale et dans le foie.

Une induction signifie un métabolisme plus rapide du médicament qui utilise ce substrat. Si la personne prend en même temps du millepertuis et un médicament métabolisé par le substrat 3A4, le médicament sera métabolisé et donc évacué plus rapidement par le système, entrainant une quantité de médicament disponible en circulation sanguine inférieure à ce qui était prévu, donc moins efficace. Dans certains cas, l’effet est d’abord une diminution du métabolisme du médicament (créant des problèmes potentiels de toxicité du médicament), suivi par une augmentation du métabolisme (un effet biphasique).

Mais les choses ne sont pas aussi simples, car certaines études démontrent qu’une interaction médicament-millepertuis qui semblait inévitable n’est en pratique pas mesurable sur la personne. Les choses sont même très complexes, selon que l’on parle d’un composant isolé du millepertuis (hypéricine, hyperforine, etc) ou du mélange obtenu avec la plante fraiche.

Ce qu’il faut retenir : Faites preuve de prudence dès qu’il y a co-administration de millepertuis et de médicaments. Consultez votre médecin ou pharmacien avant de prendre la décision.

Pour information, voici une liste des médicaments présentant des risques d’interactions, tiré du Botanical Safety Handbook, seconde édition.

  • Les immunosuppresseurs (cyclosporine, tacrolimus)
  • Les anticoagulants (warfarine, phénprocoumone)
  • Les antiarrhythmiques (digoxine, vérapamil)
  • Les inhibiteurs calciques (nifédipine, vérapamil)
  • Les bradycardisants (ivabradine)
  • Les contraceptifs hormonaux (éthinylestradiol, noréthindrone)
  • Les anxiolytiques (quazépam, midazolam, alprazolam)
  • Les antidépresseurs (amitriptyline)
  • Les antiviraux (indinavir, nevirapine)
  • Les statines (simvastatine, atorvastatine)
  • Certains médicaments de chimiothérapie (irinotecan, imatinib)
  • Les bêta-bloquants (talinolol)
  • Les inhibiteurs de la pompe à proton (oméprazole)
  • Les antifongiques (voriconazole)
  • Les anticonvulsants (méphénytoïne)
  • Les relaxants des muscles squelettiques (chlorzoxazone)
  • Les antihistaminiques (fexofenadine)
  • Tout autre médicament métabolisé par le CYP3A4

Si vous prenez actuellement des médicaments, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour discuter d’une interaction possible avec le millepertuis.

On parle aussi beaucoup du fait que le millepertuis peut diminuer l’efficacité de la pilule contraceptive. Cette interaction reste largement théorique basée sur l’induction du métabolisme de l’estrogène et de la progestine par le millepertuis. Malgré les bruits qui courent, les cas documentés de conceptions accidentelles sont anecdotiques, et les données provenant de la littérature scientifique sont d’après Stargrove, Treasure & McKee non conclusives(12).

Parmi ce manque de preuves conclusives, il vaut mieux là encore rester prudent, en particulier dans les cas de pilules faiblement dosées.


Précautions additionnelles

➜ Le millepertuis peut induire une photosensibilité, c’est-à-dire une sensibilité accrue aux rayons du soleil, avec risque de brûlure.

Ceci est contesté aujourd’hui, en particulier dans le monde de l’herbalisme anglophone. En revanche :

  • Plusieurs cas ont été relevés dans la littérature scientifique. Un exemple ici.
  • Ces cas surviennent en général lorsque prise d’un comprimé (extrait sec) standardisé en hypéricine et plus ou moins fortement dosé. Aucune mention d’effets secondaires de ce type avec la teinture. Avec les formes traditionnelles (infusion, teinture), en général pas de souci.
  • J’ai moi-même fait l’expérience d’une photosensibilité sévère après avoir passé une journée à ramasser du millepertuis, les doigts très rouges à me frotter le front pour enlever la transpiration. J’ai gardé des marques (brûlures) pendant 3 semaines. Les copains en ont bien rigolé (pas moi).

Conclusion : si vous prenez du millepertuis sous forme de comprimé standardisé en hypéricine, ne vous exposez pas trop au soleil.

Les probabilités de photosensibilité sont très faibles, mais elles existent. Donc comme toujours, Il vaut mieux être prudent.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

➜ A éviter si maladies du spectre du trouble bipolaire, là c’est clairement un travail de psychiatrie.

➜ A arrêter au moins une semaine avant toute intervention chirurgicale.


Références

(1) Wood, Matthew, « The Earthwise Herbal: A Complete Guide to Old World Medicinal Plants« , 2008

(1bis) Culpeper, Nicholas, « The English Physician Enlarged », 1770

(2) Dubois, F, « Histoire des Plantes Médicinales Qui Croissent Spontanément en France et en Belgique », 1848

(3) Bossu, A, « Traité des Plantes Médicinales Indigènes, Précédé d’un Cours de Botannique », 1854

(4) Cazin, F.J., « Traité Pratique et Raisonné des Plantes Médicinales Indigènes », 1850

(5) Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes« , 1986

(6) Ellingwood, « American Materia Medica, Therapeutics and Pharmacognosy« , 1915

(7) Felter, 1922: the Eclectic Materia Medica.

(8) Felter, Harvey Wickes, Lloyd, John Uri, « King’s American Dispensatory », 1898

(9) Henry, Samuel, « A New and Complete American Medical Family Herbal », 1814

(10) Kress, Henriette, « Practical Herbs« , 2011

(11) Wood, Matthew, « The Book of Herbal Wisdom: Using Plants As Medicine« , 1997

(12) Stargrove, Treasure, McKee, « Herb, Nutrient, and Drug Interactions: Clinical Implications and Therapeutic Strategies « , 2008

(13) Weiss, Fintelmann, « Herbal Medicine« , 2000

(14) Müller WE. « Current St John’s wort research from mode of action to clinical efficacy ». Pharmacol Res. 2003 Feb;47(2):101-9. Review.

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680 réponses

  1. bonjour Christophe

    Je vais faire un baume avec le millepertuis. Pouvez vous me donner la quantité d’huile essentielle qu’il faut mettre HE DE LAVANDE ET HE DE GAULTHERIE. Ce mélange est très efficace pour les tendinites.

    Merci

    fabienne

    1. Bonjour Fabienne
      Pour une action thérapeuthique à visée articulaire, mettez environ 10% d’He dans votre macérat huileux (là vous avez 2 he vous faites 5% + 5% )

  2. Bonjour,
    merci encore et toujours pour votre passion de la transmission scientifique et pratique.
    existe-t-il un protocole à suivre pour établir quelle est la « bonne » dose de teinture de millepertuis en cas de dépression légère ?
    je nage en pleine incertitude.
    non seulement les doses optimales varient selon les personnes, mais en plus chaque teinture artisanale est différente. même en suivant précisément la recette 1:2, le millepertuis qui pousse chez moi en ce moment n’est pas identique à celui qui pousse chez quelqu’un d’autre.
    je veux bien procéder par tâtonnements, mais l’effet se mesure en général après plusieurs semaines de traitement…
    donc, comment doit-on faire en pratique pour déterminer combien de ml prendre par jour ?
    actuellement je prends des comprimés standardisés. maintenant que ma teinture est prête je voudrais faire la transition sans trop de dommages.
    merci de vos lumières ! (mon médecin n’est d’aucun secours en la matière)

    1. Bonjour Laure
      Pour le millepertuis et de son efficacité tout dépend l’origine de votre dépression légère mais si les comprimés de millepertuis vous font du bien c’est que vous êtes sur la bonne piste
      pour les dosages de la teinture: 20 à 40 gouttes 3 fois par jour dans une infusion ou un verre d’eau et attention si vous avez des traitements médicamenteux, le millepertuis entre en interaction avec beaucoup de médicaments

  3. Bonjour,
    Je connais ce genre de MILLEPERTUIS (HYPERICUM PERFORATUM) que l’on trouve souvent en lisière de bois mais j’aimerai savoir
    si le MILLERPERTUIS que l’on trouve en jardinerie ou dans les massifs fleuris des villages ont les mêmes vertus ?
    Merci d’avance pour vos réponses.

        1. Bonjour Isabelle
          à ma connaissance non , ou du moins seul l’hypéricum perforatum a été largement étudié et utilisé mais je n’ai pas d’information sur les autres

  4. Bonjour Christophe,
    je cherche un protocole pour un fort zona qui s’étend.
    avez vous d’autres conseils que le macérat de millepertuis ?
    je pensais à des HE anti-inflammatoire et anti virales comme la camomille vraie, la lavande mais je voudrais taper juste plutôt que de multiplier les plantes
    Merci
    Claudine

    1. Bonsoir Claudine
      un protocole qui a eu de bons résultats chez des personnes
      – en application externe
      50ml de macérat huileux de millepertuis
      25 gouttes de chaque he essentielle suivantes
      – he de ravensara aromatica
      – he de Melaleuca alternifolia ( tea tree)
      – lavandula angustifolia (vraie)
      – menthe poivrée
      – niaouli
      Vous mélangez bien dans un flacon, et vous appliquez5 à 6 fois par jour (si vous le pouvez bien sûr) sur les zones douloureuses , si le zona est bien avancé, il faut être persévérante (parfois au moins 3 semaines ) si c’est pris dès le début, le résultat est assez rapide.
      en interne
      Votre système immunitaire doit être en berne et vous pourriez envisager un soutien avec l’échinacée (teinture de plante fraiche) voir l’article pour la manière de la prendre et les dosages https://www.altheaprovence.com/blog/systeme-immunitaire-echinacee/

  5. Bonjour,

    Il semble que l’hypericine, responsable du pigment rouge, n’est pas contenue dans les étamines mais dans les vacuoles des feuilles et des pétales. Ce serait plutôt un suc.

    Pourtant quand je cueille les fleurs,j’ai l’impression d’avoir de la poudre sur les doigts, comme du pollen.

    Qu’en pensez vous ?

    1. Bonjour, effectivement je confirme cette impression de poudre sur les doigts, mais j’ai remarqué que c’était plutôt une accumulation de suc sur les doigts, puis cela sèche et se désagrège en poudre. Donc l’hypothèse du suc collant qui sèche me semble la bonne, plutôt que du pollen.

  6. Bonjour Christophe,

    Est-ce qu’on peut utiliser un macérât huileux ou encore de la teinture évaporée de millepertuis en interne pour traiter une gastrite chronique et/ou un ulcère gastro-intestinal? J’ai lu cette info à quelque part et qu’il faut le faire à jeun chaque matin pendant 4 semaines et je voudrais la vérifier avec vous.

    Merci à vous!

    1. bonjour Viviane
      effectivement le millepertuis a des effets anti ulcéreux dans le sens qu’il va, à l’instar du gel de guimauve ou de l’infusion de plantain, adoucir les sensations de brûlures, par contre , je pense que pour traiter le problème dans sa globalité il serait intéressant de faire une enquête sur les origines de ce problème pour préparer une stratégie efficace .
      Ne l’ayant jamais testé pour ce genre de problème, je crois que je ferais comme avec le plantain ou la guimauve , à boire en dehors des repas ,par petites gorgées pour permettre un meilleur « tapissage » de la muqueuse , et je pense que je l’associerais avec du plantain , de la guimauve ou de la réglisse

  7. Bonjour Christophe,

    Merci pour ses belles et utiles fiches de plantes

    J’aimerai savoir si « Hypericum calycinum » peut être utilisé de la même manière?
    Malgrès mes recherches je n’ai rien trouvé de concret sur le sujet , beaucoup parle « d’Hypericum perforatum » mais rien sur la variété a grande fleur.

    Merci d’avance !

    1. Bonjour Mehdi
      à ma connaissance , hypericum calycinum n’a pas d’usage traditionnel reconnu en phytothérapie , il est parfois utilisé comme teinture végétale donnant un joli jaune.

  8. Bonjour, je suis atteint d’ une hépatite c et je souhaiterais pouvoir me soigner, du moins en attendant d’ avoir accès au nouveau traitement de cette maladie, par l’ intermédiaire des plantes… Je pensais associer le chardon marie et le millepertuis en avalant des gélules de plante sèches achetées chez un herboriste qui me paraît sérieux et achète ses produits en Angleterre. J ‘ ai bien compris que les extraits de plantes fraîches sont meilleurs alors je vais essayer de me renseigner et savoir si je peux me faire préparer des macérats ou autres…je ne suis pas assez qualifiée…sinon que me conseillez-vous et comment ? Merci d’ avance

  9. Bonjour
    Je viens de récolter des fleurs de millepertuis mais je n’ai que 6 gr de fleurs . Est il possible d’en faire une alcoolature ou non ?
    Cordialement

    1. Bonjour, c’est très peu, le challenge va être de bien les recouvrir d’alcool avec les quantités habituelles. Le plus simple sera de couper finement cette petite quantité (si frais, avec un hachoir berceuse par exemple) et d’à peine la recouvrir d’alcool sans nécessairement utiliser la quantité d’alcool que je recommande sur mes pages sur la teinture. Lorsqu’il y a très peu de plante, on ne peut pas la compresser facilement dans un bocal pour que l’alcool la recouvre bien, donc on finit par utiliser beaucoup plus d’alcool. Mais bon, oui c’est faisable, et c’est mieux que de ne rien faire du tout.

  10. Bonjour Christophe,

    Connais-tu le Hypericum kalmianum et s’il a des propriétés médicinales? Je suis tombé en amour avec un petit plant dans un centre jardin et je me demandais si je pouvais le transformer ou pas. Je n’ai pas trouvé d’infos sur le net…

    Merci beaucoup beaucoup! 🙂

    Ariane

    1. Bonjour Ariane,
      Je ne sais pas. Par contre je vois qu’il est sur le site d’Henriette Kress en photos, et si Henriette a pris des photos, c’est pour une raison 🙂
      Mais je ne peux pas confirmer…
      Presser les boutons floraux et voir si une couleur rouge apparait ?

  11. Bonjour Christophe,

    D’abord merci pour tous ces articles, ton blog est une véritable mine d’or.
    Je voulais te demander un conseil. Depuis quelques mois, ma digestion est comme bloquée avec une très forte douleur épigastrique qui ne s’arrête jamais (je suis en régime sans résidus, que du riz et du blanc de poulet depuis 5 mois). J’ai fait une gastroscopie et je n’ai rien au niveau de l’estomac, mon problème se situerait donc dans l’intestin. Avant, je prenais du millepertuis pour que ça passe et en un mois je n’avais plus rien. Sauf que depuis, j’ai développé hashimoto et dès la première dose de millepertuis, même minime, j’ai des douleurs très fortes au niveau du cou qui m’empêchent de continuer le traitement (mise à part ça, Hashimoto ne me pose pas de soucis majeur, ma priorité étant de retrouver une alimenation saine).
    Connaîtrais-tu une autre plante comme le millepertuis, capable de soigner « problèmes de système nerveux entérique » qui entraînent une mauvaise digestion comme tu l’écris dans ton article ? Je ne sais pas si c’est ce que j’ai, mais après avoir essayer plusieurs plantes digestives (camomille, achillée millefeuille, etc) et bonnes pour le foie (artichaut, romarin, etc), sans grand succès, ce n’est malheureusement la seule piste qu’il me reste.
    Je te remercie vraiment pour ton aide.

    1. Bonjour Nathalie, oui j’ai eu de bons résultats avec la valériane, on la positionnée (je pense à tort) comme plante du sommeil, mais c’est une bonne stabilisatrice des deux systèmes nerveux qui s’auto-manipulent l’un l’autre. En deuxième choix, matricaire, mais un produit fait à partir de la plante fraiche si possible (teinture). En 3ème, mélisse, fraiche là encore. Ces plantes n’ont pas de grande affinité pour le foie, pour ceci il faudra en rajouter d’autres. Mais pour calmer le système nerveux entérique, elles fonctionnent.

      1. Merci beaucoup pour ta réponse Christophe. Quand tu dis que ces plantes n’ont pas une grande affinité avec le foie, ça veut dire qu’elle l’endommage et qu’il vaut mieux éviter de les prendre sur une longue période ?

        1. Non pas du tout, elles n’endommagent pas le foie, mais elles n’auront ni une action dépurative, ni une action protectrice sur le foie. Donc si tu veux rajouter une action dépurative (« nettoyante », stimulant l’excrétion de bile qui est un peu le liquide d’évacuation des toxines du foie), il faudra rajouter une autre plante, racine de pissenlit par exemple.

          1. Ah d’accord, je comprends mieux.
            Et encore merci beaucoup Christophe pour tous tes conseils, ton investissement et ta pédagogie !

  12. Bonjour.
    Je découvre votre cite suite à un stage sur les plantes médicinales. Il est intéressant, riche.
    Nous avons ramassé du milllepertuis au tour d’un plan d’eau qui n’est ni un « maculatum » et ni un « perforatum ». Les fleurs sont plus petites et les feuilles plus grandes avec quelques points noirs et les boutons écrasés colores la peau.
    Ma question : est-ce que tous les millepertuis ont les mêmes vertus ? Peut-on faire un macérat huileux ?
    Merci
    Marylore

    1. Bonjour Marylore,
      A ma connaissance, pas tous les millepertuis ont les vertus du perforatum. Une erreur commune, par exemple, c’est d’utiliser H. hydcote qui n’a pas les vertus attendues. Après il me faudrait un nom exact pour que je vous dise, car je sais ce qu’il n’est pas, mais je ne sais pas ce qu’il est 🙂 A priori s’il colore les mains en rouge, il doit contenir ce fameux pigment qu’on appelle l’hypericine, donc c’est un bon départ.

  13. Bonjour Christophe. J’ai récemment cueilli du millepertuis, je souhaite faire un macérat huileux.
    1er question : Puis je donc utiliser la technique par intermédiaire alcoolique? je pense que c’est même optimal de le faire afin d’extraire certain composant dans l’huile. Et au niveau du séchage, dois je adopter également la même recommandation que dans l’article ?.
    2e question : je souhaitait utiliser de l’huile de jojoba, car j’utilise le jojoba à la place de l huile d’olive pour préparer mon baume de tigre , je trouve que la pénétration de l’olive n’est pas super. du coup mon objectif est donc d’utiliser un macérat huileux de millepertuis comme base pour le baume de tigre (pour les bienfait au niveau des nerfs)
    Merci Christophe, belle journée

    1. Bonjour,
      1. Je trouve que la macération classique fonctionne très bien, et donc je ne pratique pas la méthode par intermédiaire alcoolique pour le millepertuis. Mais il est clair qu’elle va faire une excellente extraction. Par contre, je préfère réserver mon alcool pur pour d’autres plantes qui donnent moins par macération classique.
      2. C’est un bon point, une excellente huile, effectivement dès qu’on veut optimiser la fluidité, viscosité et pénétration, il faut parfois se démarquer un peu de l’huile d’olive.

  14. Bonjour ! Merci pour tout.
    J’ai deux questions et une remarque.

    REMARQUE : tandis que je trouvais du millepertuis à foison les années précédentes, surtout dans les champs en friche, je n’en trouve presque pas cette année et, hélas, seulement au bord des chemins non tondus. La plante a-t-elle une période de repos ?

    QUESTION 1 : depuis l’automne, je prends 2 x 30 gouttes de TM pour calmer le nerf sciatique détérioré lors d’une opération. Tout allait bien.
    Et je prenais 1/2 Temesta chaque soir parce que je ne supporte pas l’acuité des rêves qui me poursuivent toute la journée.
    Or j’apprends que c’est incompatible !
    Là-dessus, j’ai une fasccite plantaire : anti-inflammatoires (médicament) car aucune préparation de plante (arpagophytum) ne me soulage.
    Donc, j’ai moins mal au sciatique. Donc, j’oublie de prendre la TM de millepertuis.
    Et… au bout d’une semaine, je fais une crise atroce de désespoir et d’angoisse.
    Le médecin me donne un anxyolitique que je ne veux pas prendre mais j’ai peur de la rechute.
    Je pense à reprendre la TM de millepertuis et ça va mieux.
    DONC LE MILLEPERTUIS N’AGISSAIT PAS SEULEMENT SUR LE NERF mais aussi sur l’humeur !
    Je ne sais plus que faire : continuer comme ça ou essayer de supprimer le Temesta (auquel cas retour d’état de stupéfaction à cause des rêves) bien que je n’aie pas senti de mauvais effet dus à la prise des deux.

    QUESTION 2 : J’ai fait l’erreur de faire une TM avec de la vodka (37,5°) depuis 5 jours.
    J’ajouterais bien de l’alcool mais QUEL ALCOOL ? En pharmacie, on nous vend un truc empoisonné et je n’ai pas accès à un autre type d’alcool. Je ne supporte pas le rhum.

    Je ne serai pas étonnée si vous refusez de donner une avis médical sur la prise de TM hypericum et de Temesta. Mais, on ne sais jamais, je pose la question quand même…..

    Je vous remercie d’avance pour votre réponse, quelle qu’elle soit.

    1. Bonjour,
      De bonnes questions et je n’ai pas énormément de temps. Donc je fais la version courte 🙂
      – Question 1 : comme vous le savez, je ne suis pas médecin, donc ce n’est pas moi qui vais vous suggérer d’arrêter quoi que ce soit. Mais je vous dirais ceci : nous n’avons que très peu de recul sur les interactions plantes-médicaments, et certaines sont catégorisées comme « positives », c’est à dire que la plante renforce l’action du médicament. On devrait les utiliser judicieusement, mais cela est très peu fait aujourd’hui par manque d’expérience. Donc le terme « incompatible » est un peu dur je trouve. On devrait dire « peut créer une bonne synergie, mais personne ne sait comment procéder exactement ».
      – Question 2 : A rajouter de l’alcool, il faut rajouter du pur non dénaturé, laissez tomber les pharmacies, il faut faire les pays frontaliers (pénibles). Notez au passage que nous somme le seul pays alentours qui n’autorise pas l’alcool pur à la vente. Vive la liberté. Mais franchement, si le millepertuis était sec, 37,5° ça fera l’affaire.

  15. Bonjour Christophe,

    Tout d’abord, merci beaucoup pour votre travail et pour l’attention que vous portez aux échanges lors de commentaires !
    Je voulais partager une réflexion, ou plutôt un questionnement par rapport à l’huile de Millepertuis. Lors de mes recherches dans des ouvrages scientifiques, je recherchais des informations sur la solubilité et extraction des molécules donnant les propriétés cicatrisantes et anti inflammatoires à l’huile rouge. Anton mentionne que la coloration de l’huile serait le produit de la dégradation des flavonoïdes, de l’hyperforine et de l’orthoperforine, elle même dégradation de l’hyperforine.
    Donc me viennent les questions suivantes :
    est-ce que ce sont ces éléments issus de ces dégradations qui sont efficaces ?
    si non, est-ce qu’une huile peu colorée est forcément moins efficace ?
    Est-ce qu’une extraction à froid de la plante sèche donnant donc une huile plutôt transparente, pourrait contenir les molécules recherchées ? ( En partant du principe que les molécules extraites dans l’huile sont liposolubles. L’huile ne se colorant pas/peu avec la plante sèche, peut être que les éléments colorant l’huile sont dû à la dégradation/oxydation (?) de composés hydrosolubles introduits dans l’huile … ? )
    Est-ce que ces éléments/molécules donnant la couleur rouge sont forcément le signe d’une bonne qualité de l’extraction ou, au contraire, sont le signe d’une transformation des composés, peut être non bénéfique ?

    J’imagine que pour y répondre il faudrait faire des essais puis analyses et recherches au niveau pharmaceutique… Avez vous des références ou des informations qui pourraient m’éclairer dans ma réflexion ?

    En vous remerciant par avance et en vous souhaitant une très bonne continuation !

    Coline

    1. Bonjour Coline,
      Et bien, plein de questions 🙂
      – Je ne sais pas si une huile non colorée n’est pas efficace. Je sais par contre qu’une huile bien colorée est bien efficace. Je n’ai jamais testé une huile non colorée et j’ai toujours considéré le manque de couleur comme un signe de qualité basse. Peut être une erreur je ne sais pas. Je n’ai pas l’info pour vous.
      – Pour l’extraction à froid, elle sera définitivement moins rouge que si l’huile est doucement chauffée.
      C’est vrai que la tradition de « l’huile rouge » nous précède, et que nos ancêtres faisaient souvent des expérimentations au fil des siècles, écartaient certaines préparations au bénéfices des autres. Est-ce le cas pour l’huile de millepertuis, je ne sais pas, mais j’ai gardé cette habitude d’attendre… du rouge ! 🙂

  16. Bonjour
    Des questions, encore des questions :
    1.- J’ai mis en macérations (huile) des fleurs sèches depuis septembre…. mon huile reste couleur d’huile. Puis-je encore la faire chauffer?
    2.- Millepertuis, la plante des perforations. En capsule et interne aussi ? Mon chien a une blessure a l’interieur de la babine. Propre, mais ne se refermant pas. Je sais pouvoir utiliser le millepertuis sur les chiens, mais…. lui mettre de l’huile sur la blessure ne servira a rien, il va l’avaler instantanément la blessure étant dans la bouche. Je me demandais donc si j’aurais l’effet rechercher en lui donnant une capsule de plante broyée?
    Merci d’avance

    1. Bonjour,
      1- Il semble que la différence vienne de l’état de fraîcheur du millepertuis lorsqu’on l’a mis en macération huileuse. Au plus il est sec, au moins l’huile tourne. Parfois, le petit coup de chaleur peut suffire à faire tourner les choses, mais pas toujours. Le mieux est d’essayer. De toute façon, si votre huile n’a pas tourné au rouge, ça vaut la peine d’essayer.
      2- pour les perforations, on parle plutôt d’application locale, et pour cela l’huile est pratique. Mais pour une blessure à la bouche, effectivement c’est compliqué. Je ne pense pas qu’une capsule soit très efficace de ce point de vue là malheureusement.

      1. merci de votre réponse
        Pour les capsule, c’est bien ce que je suposais…. tant pis, on attendra patiemment que cela se ferme. Tant que la plaie reste propre, je ne m’inquiète pas.Pour ce qui est de chauffer mon huile, je vais peut-être faire un essaie avec la moitié du bocal, s’il est probant, je passerais l’autre moitié.
        Mais…. si mon huile n’est pas rouge (un tant soit peu en tout cas) est-elle bonne a jeter ou puis compter sur ses propriétés malgré tout ?

  17. Bonjour Christophe,
    on m’a donné une bonne quantité de millepertuis fraichement cueilli, avec des fleurs et ce que je croyais être des boutons. Frais, ceux-ci coloraient mes doigts, j’en ai pressé 2 ou 3 seulement. Je les ai laissés sécher 2-3 jours comme indiqué et maintenant les fleurs sont séchés et les boutons commencent aussi. Par contre, plus du tout de couleur rouge en les écrasant. Est-ce normal ou est-ce que ce que je croyais être des boutons est en fait des fleurs qui passent en graines ? si c’est le cas, utilisable en macérât quand même ? ou est-ce que je garde les graines pour les semer l’année prochaine ?
    merci pour votre retour

    1. Bonjour Chantal, non c’est encore bon même avec la fleur sèche. La graine est minuscule, donc ce que vous avez, ce sont des boutons floraux qui ont séchés. Le macérat sera meilleur si vous utilisez les fleurs « fripées » et quasi-sèches mais pas complètement sèches. Mais si c’est déjà sec, le macérat devrait être bon aussi. Avec la fleur complètement sèche, il faut parfois mettre le bocal dans un endroit chaud, sur le rebord d’une fenêtre dans un sac en papier, ou le passer quelques minutes au bain marie avant de le laisser reposer. Cela semble accélérer les choses.

        1. Encore une petite question si vs permettez, je lis que plusieurs personnes n’arrivent pas à avoir la couleur rouge en macération à froid, ce qui est mon cas. Est ce à dire que l’huile sera inefficace, que les principes actifs n’ont pas « passé  » dans l’huile ? Merci

          1. Le « manque de rouge » est signe qu’au moins l’un des constituants principaux (l’hypéricine) n’est pas passé dans l’huile. L’huile est-elle complètement inerte ? Je ne pense pas, mais elle n’est certainement pas optimale. Personnellement, je recommence.
            Et pour info, essayez de faire chauffer pendant une trentaine de minutes au bain marie, pas trop chaud non plus si possible, surveillez bien, puis vous laissez macérer dans un bocal pendant encore 2 semaines. Parfois, cela semble débloquer les choses.
            Je suppose bien sûr que vous avez le bon millepertuis (car certains m’ont écrit au sujet d’une macération de millepertuis décoratif – Hypericum hidcote – et là, ce n’est pas le bon !).

            1. bonjour Christophe,
              merci pour vos réponses rapides et claires !
              Il s’agit bien de l’hypericum perforatum, avec les petits trous dans les feuilles (très petits les trous, je l’avoue) mais surtout les traces rouge-bordeau lorsqu’on presse la capsule fraiche.
              Je vais essayer le bain-marie. Pour l’instant mes plantes macèrent depuis environ 2 semaines, donc on verra bien. Merci encore et belle journée

            2. bonjour Christophe,
              après plus de 2 semaines suite au bain-marie, mes macérâts ont pris une couleur légèrement rougeâtre. J’en avais fait 4 pots avec de l’HV de tournesol et l’olive, pas grande différence entre les 2. Par contre, j’avais mis les millepertuis avec des degrés différents de séchage et les plus frais lors du mélange ont la couleur la plus rougeâtre.
              Merci pour vos précieux conseils et belle soirée
              Chantal

            3. Merci Chantal pour le retour, effectivement parmi tous les commentaires que j’ai reçu, il semble que le millepertuis ratatiné mais pas complètement sec donne un bien meilleur résultat. C’est toujours la méthode que je suis personnellement et mon huile est toujours bien rouge. Apparemment, cela fait une grande différence. Donc pour le futur, millepertuis ratatiné, presque sec mais pas complètement.

  18. Bonjour Bernard.

    Je me permets de vous montrer une photo d’une macération alcoolique que j’ai réalisée.

    ou ici http://hpics.li/54eba66

    Alors je vous explique. J’avais voulu au départ faire une percolation. À l’évidence, le broyage au moulin à café électrique détruit les composés : il n’y avait strictement aucune couleur rouge, c’était raté ! J’ai donc à nouveau cueilli d’autres fleurs, que j’ai faites sécher environ deux semaines. Et me voilà reparti pour, cette fois, une macération classique. Voici la description de la photo :
    – 1ere cuillère (à gauche) : macération à t° ambiante pendant 3 jours dans du rhum pas bon à 40 ° d’alcool. Dans le bocal, la teinture est rouge sombre. En revanche, la couleur dans un petit contenant (comme ici la cuillère) est marron !

    En fait, après cette macération (dont le rouge commençait à apparaître très vite), j’avais vraiment l’impression que la plante était bourrée de composés ; pour cette raison, j’ai voulu faire une sorte de percolation, mais par macérations successives !
    Or donc, j’ai laissé les mêmes fleurs dans mon bocal, et j’ai re-rempli à ras avec du rhum, mais cette fois à 55 ° d’alcool et dans la yaourtière pour 1 journée. Et ça nous donne :

    – 2eme cuillère. Un rouge rubis, très belle couleur.

    Et comme ça avait encore l’air de macérer très vite… je remets du rhum à 55 ° pour 1 journée en yaourtière. Et ça donne :

    – 3ème cuillère. Là, bizarrerie : la couleur est très trouble (bien plus visible dans le pot que dans la cuillère). De plus, ça sent quant même bien l’urine….

    Mais bon. Moi je suis têtu hein, alors je vous y remets encore du rhum à 55 ° en yaourtière pour une journée de plus ! Mon but est de voir jusqu’où il faut aller pour tout épuiser. Et ça donne :
    – 4ème cuillère. Rouge, mais bien plus clair (serait-ce le début de la fin ?)

    J’en suis là, mais je continue jusqu’au bout par curiosité (et je me retrouve à vider ma pauvre bouteille de rhum).

    => Qu’en pensez-vous ? La première, à la couleur marron, ça a pas l’air très fringant, non ? Et que pensez-vous de la 3ème, trouble avec le pipi de chat ?? Est-ce raté, ou bien serait-ce plutôt un composé particulier qui sortirait à ce moment-là ? Vous allez rire, mais ça m’empêche pas de prendre tout ce petit monde en interne tous les jours afin de voir les effets…

    On est bien d’accord que sur le plan théorique, et d’après vos explications sur la percolation, ma façon de procéder force les nouveaux composés moins solubles à sortir de plus en plus au fil du temps ? Du coup mon idée c’était à la fin de tout rassembler en un seul bocal pour prendre ça en interne, ça donnerait une sorte de teinture percolée mais faite par macéations successives.

    Je vous remercie.

    1. Bonjour Laurent,
      Expérimentation très intéressante 🙂
      Le seul problème est celui de la dilution. En d’autres termes, en faisant ces macérations succéssives, vous allez finir par utiliser beaucoup plus d’alcool (car il faut arriver à recouvrir la plante à chaque vois, ce qui force à utiliser un certain volume minimum). Faites le calcul. Vous avez pesé votre millepertuis au départ ? Il aurait fallu. Disons 100 g de fleurs sèches. Pour faire une teinture au 1:5, proportion classique, on rajoute 500 ml d’alcool et ceci couvre à peine la plante. Donc avec les macérations multiples, on arrive vite au 1:10 voir même 1:20. On a énormément dilué la teinture avec l’alcool.
      Ce que vous avez extrait pendant ces différentes étapes qui duraient à peu près un jour si j’ai bien compris, vous auriez fini par les extraire en grande partie avec le même solvant d’origine en attendant 2 semaines. Mais pas complètement effectivement, pas aussi bien que la perco.
      L’avantage de la perco est que l’on reste dans le 1:5. Ici, je pense que vous finirez par avoir une extraction très efficace. Le seul problème est que les constituants sont noyés dans une grande quantité d’alcool.

      1. Merci de votre réponse Christophe (et non Bernard…).

        OK je comprends : en fait, je ne savais pas que lors d’une dilution 1:5, ça recouvrait à peine la plante… si c’est le cas je comprends le « problème ».

        Là pour info, j’ai fini la quatrième macération… et c’est la fin. Enfin, c’est la fin de la couleur rouge (donc l’hypéricine), mais rien ne nous dit qu’il n’y a pas encore des ptites molécules invisibles à l’oeil nu qui traînent pas 🙂

        Bon en tout cas si les changements de couleur (marron/rouge) ou d’odeur (urine) ne vous choquent pas outre mesure, je n’ai plus qu’à tout rassembler en un seul bloc, et prendre entre 20 et 120 gouttes par jour au lieu d’entre 5 et 30 🙂 (J’ai acheté des flacons vides en pharmacie, c’est juste parfait pour jouer à l’alchimiste et au gars qui s’y connaît avec son entourage hahaha).

        Merci bien et bonne continuation : votre site (et votre livre) est formidable.

  19. Bonjour Christophe

    et encore et toujours mille mercis pour toutes ces précieuses informations !

    J’ai filtré mon macérât de millepertuis après 2 bonnes semaines de macération dans un bocal teinté, et à bonne température grâce au soleil de ces dernières semaines (même chez nous en Belgique, si, si 😉 ) mais elle a une couleur vert – rougeâtre qui est loin d’être optimale 🙁
    Pourtant les fleurs étaient gorgées de soleil et quasi sèches.
    J’ai utilisé cette année une huile de moins bonne qualité que les années précédentes (pas bien! ) Pensez-vous que la raison de cet « échec » vienne de là?
    Comme je n’ai pas le cœur de la jeter, et qu’en relisant votre article, je vois qu’elle est bonne pour drainer le foie, pensez-vous que je puisse l’utiliser en cuisine ou en prise d’une cuillère à café par exemple, le matin à jeun?
    Merci d’avance

    Isabelle

    1. Bonjour Isabelle,
      J’ai eu de nombreux retours cette année comme le votre, et au travers d’expérimentations, nous (le groupe qui a eu ce problème) avons noté que le manque de chaleur aurait pu créer cela. Auriez-vous la possibilité de le faire chauffer légèrement, dans une yaourtière, ou au bain marie mais en contrôlant que la température ne dépasse pas les 45°C ? Faire chauffer une petite heure, puis laisser reposer encore une ou deux semaines pour voir si cela débloque les choses.

      1. Merci pour votre réponse Christophe.
        Hélas, je l’ai déjà filtrée et les fleurs sont sur mon compost 🙁

        Je vais en relancer une autre, car j’ai encore trouvé du millepertuis à un bon stade de floraison, et bien contrôler la température cette fois.

        Mais pour celle-ci, plutôt que la jeter, y-a-t-il un risque de la prendre en interne? même si les principes actifs sont peu présents, ça me donnerait une huile d’olive « améliorée » pour mes salades. Qu’en pensez-vous?

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