Millepertuis (Hypericum perforatum)

L’association millepertuis-dépression est devenue inévitable. Tout le monde en parle, des plus prestigieuses revues scientifiques jusqu’à Femme Actuelle. Le millepertuis, plante complexe aux multiples facettes, a été réduit à cette simple indication. C’est bien mal le connaître.
Le but de cet article est d’apporter un peu de profondeur à cette vue unidimensionnelle, et de rappeler au passage ses indications oubliées.
Nom commun : Millepertuis, millepertuis perforé, millepertuis officinal, herbe de la Saint Jean
Nom latin : Hypericum perforatum
Famille : Hypericaceae
Constituants :
- Naphthodianthrones (entre 0,05% et 0,6%), incluant l’hypéricine et la pseudohypéricine
- Flavonoïdes (biapigénine, quercétine et rutine)
- Composés phénoliques incluant hyperforine et adhyperforine
- Procyanidines
- Huiles essentielles
Goût :
- Huileux, résineux
- Légèrement amer
- Astringent
Energétique :
- Réchauffant (goût huileux et résineux)
- Asséchant
Utilisation du Millepertuis
Pulmonaire

Cazin le qualifie de “stimulant balsamique que l’on a, à tort, abandonné”(4).
L’adjectif “balsamique” décrit une propriété qui rappelle un baume, riche en résines et pénétrante, donc pouvant atteindre les muqueuses pulmonaires afin de les calmer, les désinfecter et les « resserrer » (effet astringent).
Cazin nous dit que l’infusion des sommités fleuries peut être utile dans les catarrhes chroniques (inflammation des muqueuses bronchiques), l’asthme, certaines phtisies (tuberculose) même avec expectorations purulentes. Il l’emploie particulièrement dans les cas de catarrhes où l’état d’irritation s’établit dans la durée (donc devient chronique) avec des sécrétions plus ou moins abondantes.
Cazin l’associe volontiers à la grande aunée (Inula helenium) et le lierre terrestre (Glechoma hederacea) à parts égales pour les infections pulmonaires chroniques. Valnet confirme cette indication et recommande le même mélange(5).
Voila donc une indication très intéressante pour le millepertuis, définitivement oubliée aujourd’hui. Mais rappelons aussi que cette indication est partagée par d’autres plantes résineuses, et donc n’est pas unique au millepertuis.
Hépatique
Matthew Wood nous rappelle que les praticiens d’Europe de l’est ont le millepertuis en grande estime, et l’utilise pour des problèmes de foie, pour stimuler la détoxification hépatique en particulier(1). Wood explique qu’il peut être utilisé pour des problèmes de système nerveux entérique entrainant une mauvaise digestion, créant ainsi une charge sur le foie qui doit traiter ces résidus alimentaires mal digérés.
Cette ancienne indication est retenue par Valnet(5), qui l’utilise pour des congestions hépatiques et dyspepsies atoniques (indigestions dues à un système digestif déficient).
Nous verrons plus loin que, effectivement, le millepertuis accélère la détoxification hépatique en augmentant l’action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants en circulation sanguine. Ceci explique ces interactions avec les médicaments.
Le foie est au centre de processus physiologiques multiples. En particulier, il fabrique les précurseurs de nombreuses hormones (cholestérol) et recycle le trop plein d’hormones en circulation. Est-il possible que, grâce à une détoxification hépatique, une personne se sente mieux psychologiquement car son équilibre hormonal est rétabli ? Cette hypothèse n’est pas à écarter.

Vulnéraire
Nous passons maintenant à l’une des indications principales du millepertuis, un endroit ou il brille bien au dessus d’autres médicinales. Le grand Paracelse qualifia le millepertuis d’arnica des nerfs.
Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible. Et ce sont les médecins éclectiques américains qui vont nous amener le plus d’informations à ce sujet.
Ellingwood(6) nous explique que le millepertuis peut être utilisé pour les douleurs profondes et les sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l’on appuie dessus (dommages infligés aux nerfs et centres nerveux dans la colonne vertébrale). Il l’utilise pour les traumatismes crâniens, les chocs et blessures infligées à la colonne vertébrale, ainsi que pour les blessures de type perforation, accompagnées de douleurs aiguës.

Cette utilisation pour les “blessures de type perforation” se retrouve chez de multiples auteurs américains de l’époque, Felter(7) et Lloyd(8)par exemple. On utilise le millepertuis lorsque l’on a marché sur un clou, lorsque l’on s’est perforé un doigt avec une agrafe, lorsque l’on s’est planté une écharde sous l’ongle et que la douleur remonte dans le bras, etc. On peut aussi l’utiliser pour les écrasements (doigt coincé dans une portière de voiture). Les extrémités (doigts, orteils) sont très innervées, donc toute blessure par perforation ou écrasement endommagera obligatoirement certains nerfs, ce qui créera une douleur aigüe, parfois insupportable.
Les homéopathes en ont aussi fait leur plante de prédilection à partir des années 1800 (Muller étant un des premiers à en parler) pour les douleurs névralgiques et les blessures dues à un traumatisme (crânien ou autre).
D’une manière générale, le millepertuis sera utile pour toute lésion affligée à la structure d’un nerf, causant une inflammation, avec douleur qui peut être suivie le long du nerf. Le nerf lui-même est touché, la couche de myéline a été endommagée. Une sciatique en est l’exemple typique. Une huile (non diluée) ou mieux une alcoolature de millepertuis diluée au taux de 20% (1 proportion d’alcoolature pour 4 proportions d’eau) est appliquée le long du nerf douloureux, la teinture mère est aussi prise en interne. Il faut être patient (plusieurs semaines) avant de constater un effet.
Il est efficace pour les nerfs enflammés dus à un pincement, parfois à la suite d’un mouvement brusque pour prévenir une chute par exemple. Matthew Wood le recommande pour les chutes sur le coccyx, une chute sur la glace, par exemple, ou une chute en skateboard.
Pour les problèmes de peau, l’huile de millepertuis agit en tant qu’anti-inflammatoire, et est en particulier utilisée pour les brulures dues à l’exposition au soleil. En Provence, l’huile rouge jouit d’une réputation méritée pour les coups de soleil. Elle peut aussi être appliquée sur tout type d’éraflures, brulures, érythèmes et peaux sèches et s’avèrera nourrissante.
Le millepertuis peut être utilisé pour le zona et les poussées d’herpes et boutons de fièvre (application locale dès que les premiers petites démangeaisons se font sentir), le virus (herpes simplex ou zoster) se logeant dans les ganglions nerveux et la douleur étant de type névrite.
Le millepertuis calme les inflammations locales et favorise une meilleure circulation autour d’un traumatisme, aidant ainsi à réduire un œdème. Pour les cas de bleus, ecchymoses, contorsions musculaires, appliquez localement une huile ou une teinture mère de millepertuis diluée (compresses). Pour ces cas-là, il se mélange évidemment très bien avec l’arnica.
Sédatif des nerfs
Cette propriété commence à se rapprocher du profil moderne d’antidépresseur. Le millepertuis relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles.
Michael Moore le recommande pour les toux spasmodiques des enfants, en massant l’huile sur le dos de l’enfant dans la région des vertèbres T1 à T4 afin de relaxer les nerfs périphériques hypertoniques et responsables de cette toux.
Felter et Lloyd nous disent que “l’Hypericum a des pouvoirs indubitables sur le système nerveux”(8). Plusieurs médecins américains de l’époque l’utilisent pour les états d’hystérie. D’autres mentionnent une capacité à sortir les personnes de leurs états de morosité et de “mélancolie” passagère.
Henry(9) l’utilise chez les hystériques, mais aussi chez les maniaques et hypochondriaques. On se souviendra aussi qu’au moyen âge, on pensait que le millepertuis pouvait éloigner les esprits diaboliques ainsi que les sorcières. Il est fort possible que les dites sorcières furent simplement des femmes traversant des états de déséquilibre nerveux, et que le millepertuis ait pu aider dans certains cas.
Certains médecins des années 1800 et début des années 1900 l’utilisent pour l’insomnie de cause nerveuse, et pour les traversées difficiles (psychologiquement) des périodes clés de la vie, comme la petite enfance (urinations et terreurs nocturnes), l’adolescence (règles douloureuses), la ménopause (anxiété et troubles du sommeil), etc. L’adolescence et la ménopause étant des périodes de fluctuations hormonales, il est logique qu’une plante du foie puisse régulariser certains déséquilibres hormonaux.
États dépressifs
Le millepertuis agit sur les niveaux de neurotransmetteurs présents dans l’environnement cérébral. Certaines études le qualifient d’inhibiteur de la monoamine oxydase, d’autres d’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. La meilleure hypothèse que nous ayons aujourd’hui est que le millepertuis agit sur la recapture des 5 neurotransmetteurs principaux : sérotonine, noradrenaline, dopamine, acide gamma-aminobutyrique (GABA) and L-glutamate(14).
Pour mieux comprendre l’action du millepertuis, catégorisons les états dépressifs comme ceci :
- Dans une première phase, la personne commence à rentrer dans des états dépressifs passagers. Un choc émotionnel vient de s’opérer. Parfois, le choc est évident – un divorce, le décès d’un proche, un licenciement, etc. Parfois, plusieurs évènements se sont étalés sur des années, et une goutte fait déborder le vase. Quels que soient les déclencheurs, la personne alterne entre état dépressif et état normal.
- Dans une deuxième phase, la personne descend dans un état dépressif chronique et profond. Il n’y a quasiment plus de yoyos, il y a peu de moments où la personne se sent bien. Les idées noires, la morosité, l’envie de ne rien faire, l’anxiété, tout semble s’installer de manière permanente.
Le millepertuis est surtout efficace en phase 1, et peine souvent à apporter une aide en phase 2.
Michel Moore recommande le millepertuis surtout lorsque l’état dépressif est accompagné de colère. Il a observe que le millepertuis agit très bien sur les hommes traversant une période difficile. Le cas typique étant l’homme qui jusque-là réussissait beaucoup de choses, mais tout à coup doit faire face à un rejet social. Il était en pleine ascension professionnelle et s’est fait licencier. Ou peut-être sa femme l’a quitté subitement. Pour Moore, l’homme est beaucoup moins mature que la femme dans les situations de rejet, ce qui suscite une grande colère suivie de dépression. Cet échec devient une fixation, une obsession même, et la personne n’arrive pas à penser à autre chose, ressassant sans-cesse l’échec.
On notera l’association en médecine chinoise entre colère et foie, et on se rappellera que le millepertuis est aussi une plante du foie.
Il est utile pour les cas de dépressions saisonnières. Dans ces cas-là, la personne redoute l’arrivée de l’hiver, du froid, du manque de lumière, des jours qui diminuent et de la possibilité réduite à mener certaines activités. Certains lecteurs Canadiens comprendront…
D’ailleurs, le fameux phytothérapeute allemand Rudolf Weiss(13) nous donne l’explication suivante : le millepertuis induit une photosensibilité (sensibilité à la lumière), donc rend la personne plus apte à capter les rayons du soleil. Weiss nous rappelle que certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d’un manque de lumière.
Cueillette
Voir ma vidéo à ce sujet.
Avant sa floraison, et si on connait mal la plante, il sera quasiment impossible de l’identifier. La plante reste relativement petite (20 à 50 cm de hauteur), et d’un vert tendre qu’il est difficile de repérer au printemps lorsque la végétation aux alentours est en pleine croissance.
Voir la photo ci-dessous. Vu d’en dessus, les feuilles arrondies s’opposent sur la tige et s’alternent en paires pour former une croix .De près, on arrive à voir les minuscules perforations de la feuille qui lui ont valu le nom d’Hypericum perforatum.

Prenez une feuille et regardez-la en transparence face à une source de lumière. Si vous arrivez à voir ces mille « pertuis », ces mille trous qui sont en fait des glandes regorgeant de principes actifs, vous êtes probablement en présence d’Hypericum perforatum.

Lorsque le millepertuis commence à fleurir, il est dur de passer à côté. On le trouve parfois en plant isolé, comme la photo ci-dessous.

Ou on le trouve dans des champs et terrains vagues où les plants se touchent et forment une couverture jaune vif qui peut être assez spectaculaire.
Le test ultime consiste à écraser une fleur encore en bouton entre ses doigts. Si vos doigts se colorent d’un beau pigment rouge foncé, vous êtes bel et bien en présence de millepertuis. Ce pigment rouge provient des étamines de la plante, et peut aussi être observé à l’œil nu lorsque l’on regarde une fleur de près (voir photo ci-dessous).

La meilleure période pour cueillir le millepertuis est :
- Loin de la dernière pluie, sinon le millepertuis sera gorgé d’eau ;
- Lorsque la plante vous fournit une grande quantité de fleurs toujours en bouton, c’est là où les composants actifs seront à leur maximum (certaines fleurs seront ouvertes, cueillez-les aussi ;
- Le matin après que la rosée se soit évaporée.
Selon les régions et la température, on pourra le cueillir de fin juin à fin juillet, début juillet étant habituellement la période optimale (mais là encore, c’est le stade de floraison qui sera déterminant et pas la date).
Pour la cueillette, munissez-vous d’un bon sécateur. Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. Ceci permet d’en ramasser une grande quantité en un temps raisonnable. Voir ci-dessous.

Si vous désirez les faire sécher pour les consommer en infusion, étalez les fleurs sur un banc de séchage que vous laisserez reposer à l’ombre dans un endroit sec. Mais attention à la durée de séchage. Sécher les fleurs ouvertes et les feuilles est relativement rapide. Mais pour les fleurs encore fermées, il faut beaucoup plus longtemps. Les fleurs en boutons regorgent d’humidité, et on peut se faire piéger en pensant que tout est sec, pour voir plus tard apparaitre de la moisissure et devoir jeter le lot.
Pour contrôler si les boutons sont bien secs, écrasez-en quelques uns entre vos doigts et voyez si de l’humidité subsiste.
Préparation de l’huile rouge
On ne peut pas faire macérer la plante fraiche dans l’huile sous risque de moisissure et de fermentation. Mais afin de profiter de la quantité optimale de principes actifs, attendez que les fleurs soit quasiment sèches mais pas complètement. Elles sont froissées, fripées, presque sèches, et ont perdu la quasi totalité de leur eau.
Ensuite, placez la plante dans un grand bocal et recouvrez d’huile d’olive vierge. Laissez macérer pendant plusieurs semaines dans un endroit qui reçoit un peu de chaleur, de la lumière mais pas directement au soleil (les UVs ont la particularité de détruire beaucoup de composants actifs). Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérats huileux.
L’huile finale doit être d’un beau rouge sombre comme un jus de cerise lorsqu’on la regarde dans un endroit non exposé à la lumière directe, et rouge vif comme du sang lorsqu’on la regarde sous la lumière du soleil. L’huile peut être appliquée le long des nerfs douloureux et endommagés, ou sur une peau irritée ou brulée.

Préparation de la teinture
Si vous avez accès à des alcools de forte concentration (80° ou plus), teinturez la plante fraiche, elle contiendra plus de composants actifs. Sinon, faites sécher la plante, et teinturez-la dès qu’elle est sèche avec un alcool à 45°.
- Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d’alcool à 80° ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:2);
- Pour la teinture (millepertuis sec) : utiliser 500 ml d’alcool à 45° pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:5).
Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérations alcooliques.
Si vous avez un millepertuis de qualité, l’alcoolature doit devenir rouge très rapidement, et même quasi instantanément si vous faites une alcoolature de plante fraiche. Voir photos ci-dessous pour une teinture mère de plante fraiche.
![]() Avant l’ajout d’alcool
|
![]() Après l’ajout d’alcool
|
![]() 2 jours plus tard
|
Dosages
Comme toujours, les dosages varient en fonction de la personne et de la situation. D’une manière assez générale :
- Teinture de plante fraîche (préparée au ratio 1:2) : 3 à 6 ml par jour (ref : Mills & Bone) ;
- Infusion : utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d’eau, boire de 2 à 4 tasses par jour;
- Huile : application locale plusieurs fois par jour. L’alcoolature diluée peut aussi être appliquée localement en compresses (elle sera mieux absorbée).
Interactions millepertuis-médicaments
Les interactions entre les médicaments et le millepertuis sont bien connues aujourd’hui, bien qu’elles restent très complexes. Cette section est inspirée en grande partie de l’excellent “Herb, Nutrient, and Drug Interactions” de Stargrove, Treasure et McKee(12).
Voir aussi mon article sur les concepts de base pour les interactions plantes-médicaments. Vous pouvez aussi sauter l’explication suivante qui est d’ordre technique, et directement passer à la section “ce qu’il faut retenir” plus bas.
Le millepertuis induit principalement le substrat 3A4 du CYP450, et ceci d’une manière significative. Selon certaines études, il semble aussi induire d’autres substrats d’une manière secondaire (1A2, 2C9, 2C19, 2D6). Mais les différentes études in-vitro et in-vivo ne s’accordent pas toujours entre elles pour ces substrats secondaires.
Le problème principal est que de très nombreux médicaments sont métabolisés par le substrat 3A4 localisé dans la muqueuse intestinale et dans le foie.
Une induction signifie un métabolisme plus rapide du médicament qui utilise ce substrat. Si la personne prend en même temps du millepertuis et un médicament métabolisé par le substrat 3A4, le médicament sera métabolisé et donc évacué plus rapidement par le système, entrainant une quantité de médicament disponible en circulation sanguine inférieure à ce qui était prévu, donc moins efficace. Dans certains cas, l’effet est d’abord une diminution du métabolisme du médicament (créant des problèmes potentiels de toxicité du médicament), suivi par une augmentation du métabolisme (un effet biphasique).
Mais les choses ne sont pas aussi simples, car certaines études démontrent qu’une interaction médicament-millepertuis qui semblait inévitable n’est en pratique pas mesurable sur la personne. Les choses sont même très complexes, selon que l’on parle d’un composant isolé du millepertuis (hypéricine, hyperforine, etc) ou du mélange obtenu avec la plante fraiche.
Ce qu’il faut retenir : Faites preuve de prudence dès qu’il y a co-administration de millepertuis et de médicaments. Consultez votre médecin ou pharmacien avant de prendre la décision.
Pour information, voici une liste des médicaments présentant des risques d’interactions, tiré du Botanical Safety Handbook, seconde édition.
- Les immunosuppresseurs (cyclosporine, tacrolimus)
- Les anticoagulants (warfarine, phénprocoumone)
- Les antiarrhythmiques (digoxine, vérapamil)
- Les inhibiteurs calciques (nifédipine, vérapamil)
- Les bradycardisants (ivabradine)
- Les contraceptifs hormonaux (éthinylestradiol, noréthindrone)
- Les anxiolytiques (quazépam, midazolam, alprazolam)
- Les antidépresseurs (amitriptyline)
- Les antiviraux (indinavir, nevirapine)
- Les statines (simvastatine, atorvastatine)
- Certains médicaments de chimiothérapie (irinotecan, imatinib)
- Les bêta-bloquants (talinolol)
- Les inhibiteurs de la pompe à proton (oméprazole)
- Les antifongiques (voriconazole)
- Les anticonvulsants (méphénytoïne)
- Les relaxants des muscles squelettiques (chlorzoxazone)
- Les antihistaminiques (fexofenadine)
- Tout autre médicament métabolisé par le CYP3A4
Si vous prenez actuellement des médicaments, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour discuter d’une interaction possible avec le millepertuis.
On parle aussi beaucoup du fait que le millepertuis peut diminuer l’efficacité de la pilule contraceptive. Cette interaction reste largement théorique basée sur l’induction du métabolisme de l’estrogène et de la progestine par le millepertuis. Malgré les bruits qui courent, les cas documentés de conceptions accidentelles sont anecdotiques, et les données provenant de la littérature scientifique sont d’après Stargrove, Treasure & McKee non conclusives(12).
Parmi ce manque de preuves conclusives, il vaut mieux là encore rester prudent, en particulier dans les cas de pilules faiblement dosées.
Précautions additionnelles
➜ Le millepertuis peut induire une photosensibilité, c’est-à-dire une sensibilité accrue aux rayons du soleil, avec risque de brûlure.
Ceci est contesté aujourd’hui, en particulier dans le monde de l’herbalisme anglophone. En revanche :
- Plusieurs cas ont été relevés dans la littérature scientifique. Un exemple ici.
- Ces cas surviennent en général lorsque prise d’un comprimé (extrait sec) standardisé en hypéricine et plus ou moins fortement dosé. Aucune mention d’effets secondaires de ce type avec la teinture. Avec les formes traditionnelles (infusion, teinture), en général pas de souci.
- J’ai moi-même fait l’expérience d’une photosensibilité sévère après avoir passé une journée à ramasser du millepertuis, les doigts très rouges à me frotter le front pour enlever la transpiration. J’ai gardé des marques (brûlures) pendant 3 semaines. Les copains en ont bien rigolé (pas moi).
Conclusion : si vous prenez du millepertuis sous forme de comprimé standardisé en hypéricine, ne vous exposez pas trop au soleil.
Les probabilités de photosensibilité sont très faibles, mais elles existent. Donc comme toujours, Il vaut mieux être prudent.

➜ A éviter si maladies du spectre du trouble bipolaire, là c’est clairement un travail de psychiatrie.
➜ A arrêter au moins une semaine avant toute intervention chirurgicale.
Références
(1) Wood, Matthew, « The Earthwise Herbal: A Complete Guide to Old World Medicinal Plants« , 2008
(1bis) Culpeper, Nicholas, « The English Physician Enlarged », 1770
(2) Dubois, F, « Histoire des Plantes Médicinales Qui Croissent Spontanément en France et en Belgique », 1848
(3) Bossu, A, « Traité des Plantes Médicinales Indigènes, Précédé d’un Cours de Botannique », 1854
(4) Cazin, F.J., « Traité Pratique et Raisonné des Plantes Médicinales Indigènes », 1850
(5) Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes« , 1986
(6) Ellingwood, « American Materia Medica, Therapeutics and Pharmacognosy« , 1915
(7) Felter, 1922: the Eclectic Materia Medica.
(8) Felter, Harvey Wickes, Lloyd, John Uri, « King’s American Dispensatory », 1898
(9) Henry, Samuel, « A New and Complete American Medical Family Herbal », 1814
(10) Kress, Henriette, « Practical Herbs« , 2011
(11) Wood, Matthew, « The Book of Herbal Wisdom: Using Plants As Medicine« , 1997
(12) Stargrove, Treasure, McKee, « Herb, Nutrient, and Drug Interactions: Clinical Implications and Therapeutic Strategies « , 2008
(13) Weiss, Fintelmann, « Herbal Medicine« , 2000
(14) Müller WE. « Current St John’s wort research from mode of action to clinical efficacy ». Pharmacol Res. 2003 Feb;47(2):101-9. Review.







680 réponses
Bonjour, les proanthocyanidols (appelés aussi proanthocyanidines dans l’article) sont bien les tanins condensés ?
Merci d’avance.
bonjour Dany
oui tout à fait
Bonjour Sabine 🙂 à quoi correspondent les trous sur les feuilles qui sont des « poches sécrétrices » ? Quelles-sont leur rôle ?
Elles sont remplis d’huile essentielle ?
bornjour Dany
oui il semblerait que ces poches sécrétrices contiennent des huiles essentielles
Bonsoir les vertus du millepertuis sont dues à l’hypéricine ?
Merci Sabine
les vertus du millepertuis (comme pour beaucoup de plantes) sont dus à la synergie de tous leurs constituants (et non la somme des constituants , c’est une subtilité qui fait une grande différence entre le vivant dans son totum et l’éprouvette de labo
Bonjour Sabine 🙂 il faut mieux cueillir les boutons floraux, mais juste avant leur éclosion ou encore immature ?
Merci d’avance.
bonjour Dany 🙂
pour la cueillette du millepertuis 2 options
1- la méthode « médit’active » vous ne cueillez que les fleurs ouvertes et faites plusieurs passes sur plusieurs jours sur les mêmes plants
2) la méthode pragmatique décrite par Christophe (moins romantique mais plus rapide ) et là il y aura des boutons non ouverts , et vous laissez quelques plants intacts pour qu’ils puissent se renouveler
Bonjour,
Concernant les interactions du millepertuis avec la pilule contraceptive (et autres médicaments); c’est ok si on prend par exemple la pilule le matin et le millepertuis le soir? Ou bien vaut il mieux complètement éviter les interactions même si elles sont espacées?
Je viens de m’offrir le dernier bouquin de Christophe Bernard, c’est une merveille, merci!
Merci pour vos réponses, belle journée
Carole
bonjour Carole
vu l’efficacité du millepertuis je préfèrerais ne pas prendre de risques
Bonjour, le millepertuis est-il comestible ? Si oui, quelles parties ?
Merci 🙂
bonjour dany (ou nino 🙂 )
il est surtout médicinal , je n’ai pas d’information concernant un usage comestible , mais pourquoi pas rajouter quelques fleurs dans son assiette
Bonjour sabine 🙂 on pourrait tout a fait (meme si on ne le fait pas) manger les feuilles sans problemes ? Il n’y a pas de composants toxiques ?
bonjour Dany
ha Danino (ça me fait penser à un yaourt allez savoir pourquoi )
non il n’y a pas à ma connaissance de composants toxiques
Bonsoir, quand Christophe dit de ramasser le millepertuis « loin après la dernière pluie », c’est 12h, ou 1 jour après une pluie, ou 7, ou 15 ?
bonjour dany (ou silvia…:) )
c’est selon les régions je pense , il faut observer s’il ne pleut pas mais que le ciel est gris, s’il ne pleut plus mais que le mistral s’est levé , bref il faut observer et ressentir ou alors avoir un hygromètre ou des rhumatismes
Bonsoir, Crhristop dit : « Ce pigment rouge provient des étamines de la plante » c’est à dire qu’il n’y a que de l’hypéricine sur les étamines et non ailleurs ?
bonjour Dany (heu pardon Estelle 🙂 )
on en retrouve dans toute la plante, sur les étamines et particulièrement sur les petites ponctuations noires
Pouquoi y a-t-il plus de composants actifs dans les plantes qui « souffrent » que dans les plantes gorgées d’eau ?
bonjour Dany (oups pardon Estelle)
si vous prenez un thym qui pousse en plein cagnard dans de rudes conditions (du moins de notre angle de vue humain) il aura développé de plus grandes capacité à survivre que le thym bien arrosé de mon jardin qui sera plus fourni plus vert mais nettement moins parfumé , ce thym est il plus heureux que l’autre je ne saurais dire
Le millepertuis perd bien toutes ses parties aériennes en hiver ? Il ne reste que la racine ?
re bonjour Dany
le millepertuis d’après mes recherches est une vivace qui se reproduit par des bourgeons qui naissent à partir des tiges souterraines et des racines
Donc il disparait l’hiver ?
Merci
oui
Bonjour seule cette espèce de millepertuis est médicinale ? pas les ornementaux et les autres ?
c’est celle qui est la plus expérimentée, il y en a certainement d’autres
Bonjour, on utilise que les sommités dans le millepertuis ?
Pas les feuilles et tiges ou racines ?
bonjour Dany
je vous remets ce que Christophe écrit dans son article « Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. «
Les composants des plantes que Christophe met dans ses articles sont seulement les composants actifs ?
ce sont les constituants de la plante, je ne comprends pas « seulement » les composants actifs , tous les constituants ont une action , un rôle à jouer sinon ils ne seraient pas là (même si on ne connait pas toujours tout leur potentiel)
Mais il y a bien des composants qui servent à la survie de la plante mais qui ne sont pas bénéfiquent pour nous ? Car en vrai il y a bien plus de composants que ce que cite christophe ?
Merci
bonjour Dany
certaines plantes développent plus de constituants par exemple les aromatiques pour mieux résister à des conditions de vie un peu rude comme la sécheresse vont produire plus de molécules aromatiques pour mieux résister à la chaleur, certaines molécules nous seront utiles et d’autres dangereuses (pour nous )
les plantes ont développé au cours de leur évolution divers « constituants » aussi bien pour leur protection contre les prédateurs, un environnement hostile ou pour la survie de l’espèce : la reproduction , le monde végétal a mis au point des stratégies très élaborées dont nous n’avons pas encore fait le tour, qui vont de l’intelligence des synergies avec d’autres espèces en passant par diverses formes de défense , ou de « séduction » ….. bref un monde qui ne peut que nous inspirer et dont nous n’avons pas encore fait le tour
Mais chistophe ne cite que les composants qui nous intéresse si j’ai biên compris ?
bonjour Dany
en règle générale on cite les principaux constituants
difficile dans un article de proposer un cours de biochimie 🙂
« Les fleurs doivent contenir 60 à 70 % de capsules immatures » citations de wikipédia . Est-vrai ? car ce sont les fleurs et non pas les capsules qui nous intéressent ?
bonjour Leo
je ne comprends pas ce que cela veut dire, je suis allée voir sur wiki qui stipule qu’il n’y a pas de source confirmant cette phrase
On cueille les sommités fleuris (les fleurs avec un peu de feuilles )
Bonjour, je crois que cette plante est fragile au séchage…perd elle ses vertus après séchage ? Si oui, au bout de combien de temps ?
bonjour Estelle
je ne saurais vous dire au bout de combien de temps (tout dépend de comment on la conserve) , je pense que si elle est bien séchée et bien conservée on peut la garder au moins jusqu’à la fin de l’hiver , plusieurs mois donc
Donc finalement pourquoi on dit qu’elle est fragile au sechage?
bonjour Estelle
parce que je pense que ses constituants se dégradent plus rapidement , en tout cas l’expérience montre des effets moindres
Mais elle a quand même moins de vertus après séchage ? Si c’est 6 mois, on ne peut pas la conserver jusqu’à 1 an après ?
Merci
bonjour Dany
Tout dépend de comment le millepertuis aura été séché et conservé, et comme toute plante , il perd de sa vitalité en vieillissant
Un immense merci pour la quantité d’informations que vous partagez généreusement sur le web. J’ai pour ma part fait plusieurs cures de millepertuis l’année dernière et j’ai vu disparaître mon allergie aux chats (ce qui n’était pas le but visé mais cela s’explique sans doute grâce à son action dépurative, que vous êtes d’ailleurs le seul à mentionner). Merci encore pour tout ce que vous faites !
bonjour Lucie et merci pour le retour 🙂
Bonjour,
Je souhaite faire un baume « pour les nerfs » et le millepertuis semble tout à fait indiqué !
J’ai donc commandé du millepertuis à l’herboristerie du valmont mais ce n’est pas la fleur… en effet j’ai reçu la plante coupée. Cela sera t-il efficace quand même? Ou bien dois-je investir dans l’huile rouge déjà prête ?
Encore une petite question, j’ai accès à du millepertuis mais il ne ressemble pas à la description que vous en faites, ça ressemble plus à un arbuste buissonnant, les propriétés sont-elles similaires ?
Merci d’avance et merci pour ce site.
Bonne journée
bonjour Crocococat
il n’y a pas de fleurs de millepertuis dans ce que vous avez reçu?
essayez d’en mettre un petit peu dans de l’huile et laissez macérer quelque jours peut-être qu’elle deviendra rouge
ce que vous avez est certainement un millepertuis décoratif mais pas je n’ai pas vraiment d’informations sur les qualités médicinales de ces millepertuis
Je vais tenter… non en effet pas de fleur ! Cependant cela aura « un peu » d’efficacité ? Le nerf a été sectionné lors d’une opération et je comptais ajouter des he anti-inflammatoire.
Merci de votre réponse et du temps que vous nous consacrez.
bonjour Crococa
je ne saurais vous dire car je ne sais pas quel est votre objectif, ce serait pour calmer une douleur ?
Oui calmer la douleur (qui n’est pas continue et avec sensation de mieux lorsque chaleur) et peut-être aider à la repousse du nerf endommagé. En effet dans cette fiche il est écrit : « Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible ». Je me suis dit que ça valait la peine d’essayer.
Pour en revenir à mon macérât, l’huile n’a pas rougi, mais malgré tout les bienfaits se retrouvent-ils aussi dans le reste de la plante ? Chez Valmont je n’ai pas trouvé que la fleur pour faire l’huile rouge.
Merci encore de vos réponses et du temps que vous nous consacrez !
bonjour Crococat
pour les nerfs endommagés la teinture en interne est intéressante , donc en externe et en interne , par contre interagit avec bcp de médicaments donc il faut faire attention en interne
pour le macérat il devrait y avoir quand même un petit quelque chose mais je ne saurai l’affirmer , souvent dans les herboristeries on trouve les sommités fleuris (fleurs et feuilles et souvent les tiges )
Bonjour, je voulais savoir si il était possible de préparer une teinture mère sans alcool. Avec glycérine ou eau non distillé par exemple. En effet je remarque que lorsque je prends les plantes en teinture mère alcoolisées elles ne convient pas à mon estomac ( très forte sensibilité surtout quand alcool et cela qu’importe la plante et si fais maison ou non..) .
Néanmoins je ne souhaite pas me tourner vers des comprimés mais vers un procédé naturel pour avoir tous les principes actif de la plante. Merci pour votre formidable travail. Bonne journée, cordialement
bonjour July
compliqué de faire une teinture mère sans alcool, la glycérine n’est pas le meilleur solvant mais pourquoi pas avec une plante riche en eau c’est jouable
autrement vous avez les infusions qui sont une bonne manière de consommer les plantes, vous avez sur le marché ce qu’on appelle les eps qui sont des extraits fluides glycérinés et sans alcool
Bonjour, merci pour votre réponse ( gros oups je viens juste de la voir !). Excellente soirée,cordialement
Bonjour,
J’aimerai associer le millepertuis avec du SAMe et safran pour un état dépressif. Est ce une bonne idée selon vous ou est ce trop?
bonjour Aymeric
difficile à dire chacun ayant son histoire et les causes de l’état dépressif sont nombreuses (digestif, hormonal, âge, chocs émotionnels …) l’état dépressif demande d’être traité au cas par cas avec méthode en essayant de déterminer la ou les causes pour pouvoir cibler le meilleur protocole, par exemple le millepertuis est une plante du foie, c’est pour cela qu’il interagit avec autant de médicaments, il accélère le CYP3A4 qui l’enzyme responsable de la dégradation des hormones sexuelles en excès, chez la femme d’âge moyen avec des signes d’excès oestrogéniques qui peuvent s’exprimer par une déficience de progestérone vu que les deux s’expriment d’une manière relative l’une par rapport à l’autre, chez l’adolescent qui doit gérer les variations hormonales qui incluent les excès et bien la plante peut être utile.
le safran par exemple aura une action intéressante dans les problématique de désordre neurodégénératafifs (comme la sclérose en plaque, alzeimer etc…) un état d’inflammation chronique qui perturbe l’environnement cérébral….
D’accord je vus remercie pour ces infos qui sont une mine d’or, et que pensez vous du SAMe (ou S-adénosylméthionine) qui pourrait augmenter la noradrénaline, la dopamine et la sérotonine via le processus de méthylation? (Promis après je vous laisse tranquille)
Désolé pour le temps consacré à mes questions et encore mille mercis 😉
bonjour Aymeric
désolée pour le retard
il me semble qu’avant d’en prendre, il serait bon de faire un bilan (déjà pour voir si dans les analyses sanguines il y a carence ou pas) ensuite si carence , comprendre pourquoi et ce que l’on pourrait mettre en place en amont pour améliorer la production de SAMe
ensuite si vous deviez en prendre il est préférable de le faire en étant accompagné pour avoir le bon dosage
Bonjour, J’ai lu que le millepertuis pouvait être immuno-dépresseur. Dois-je interrompre ma cure au vu du contexte actuel (coronavirus) ? Merci.
Bonjour Sébastien
le millepertuis n’est pas immunodépresseur, par contre il interagit avec des médicaments comme par exemple la cyclosporine, un immunosuppresseur utilisé dans les cas de transplantation d’organes pour éviter un rejet.
le millepertuis accélére le métabolisme du médicament, qui est excrété plus rapidement que prévu, donc sera moins disponible et efficace. ce sont donc des interactions qui peuvent s’avérer extrêmement dangereuses pour la personne en traitement.