Millepertuis (Hypericum perforatum)

Millepertuis (Hypericum perforatum)

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

L’association millepertuis-dépression est devenue inévitable. Tout le monde en parle, des plus prestigieuses revues scientifiques jusqu’à Femme Actuelle. Le millepertuis, plante complexe aux multiples facettes, a été réduit à cette simple indication. C’est bien mal le connaître.

Le but de cet article est d’apporter un peu de profondeur à cette vue unidimensionnelle, et de rappeler au passage ses indications oubliées.


Nom commun : Millepertuis, millepertuis perforé, millepertuis officinal, herbe de la Saint Jean

Nom latin : Hypericum perforatum

Famille : Hypericaceae

Constituants :

  • Naphthodianthrones (entre 0,05% et 0,6%), incluant l’hypéricine et la pseudohypéricine
  • Flavonoïdes (biapigénine, quercétine et rutine)
  • Composés phénoliques incluant hyperforine et adhyperforine
  • Procyanidines
  • Huiles essentielles

Goût :

  • Huileux, résineux
  • Légèrement amer
  • Astringent

Energétique :

  • Réchauffant (goût huileux et résineux)
  • Asséchant

Utilisation du Millepertuis

Pulmonaire

Millepertuis (Hypericum perforatum)

Cazin le qualifie de “stimulant balsamique que l’on a, à tort, abandonné”(4).

L’adjectif “balsamique” décrit une propriété qui rappelle un baume, riche en résines et pénétrante, donc pouvant atteindre les muqueuses pulmonaires afin de les calmer, les désinfecter et les « resserrer » (effet astringent).

Cazin nous dit que l’infusion des sommités fleuries peut être utile dans les catarrhes chroniques (inflammation des muqueuses bronchiques), l’asthme, certaines phtisies (tuberculose) même avec expectorations purulentes. Il l’emploie particulièrement dans les cas de catarrhes où l’état d’irritation s’établit dans la durée (donc devient chronique) avec des sécrétions plus ou moins abondantes.

Cazin l’associe volontiers à la grande aunée (Inula helenium) et le lierre terrestre (Glechoma hederacea) à parts égales pour les infections pulmonaires chroniques. Valnet confirme cette indication et recommande le même mélange(5).

Voila donc une indication très intéressante pour le millepertuis, définitivement oubliée aujourd’hui. Mais rappelons aussi que cette indication est partagée par d’autres plantes résineuses, et donc n’est pas unique au millepertuis.

Hépatique

Matthew Wood nous rappelle que les praticiens d’Europe de l’est ont le millepertuis en grande estime, et l’utilise pour des problèmes de foie, pour stimuler la détoxification hépatique en particulier(1). Wood explique qu’il peut être utilisé pour des problèmes de système nerveux entérique entrainant une mauvaise digestion, créant ainsi une charge sur le foie qui doit traiter ces résidus alimentaires mal digérés.

Cette ancienne indication est retenue par Valnet(5), qui l’utilise pour des congestions hépatiques et dyspepsies atoniques (indigestions dues à un système digestif déficient).

Nous verrons plus loin que, effectivement, le millepertuis accélère la détoxification hépatique en augmentant l’action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants en circulation sanguine. Ceci explique ces interactions avec les médicaments.

Le foie est au centre de processus physiologiques multiples. En particulier, il fabrique les précurseurs de nombreuses hormones (cholestérol) et recycle le trop plein d’hormones en circulation. Est-il possible que, grâce à une détoxification hépatique, une personne se sente mieux psychologiquement car son équilibre hormonal est rétabli ? Cette hypothèse n’est pas à écarter.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Vulnéraire

Nous passons maintenant à l’une des indications principales du millepertuis, un endroit ou il brille bien au dessus d’autres médicinales. Le grand Paracelse qualifia le millepertuis d’arnica des nerfs.

Si vous vous trouvez face à une situation ou les nerfs ont été endommagés, faites appel au millepertuis le plus tôt possible. Et ce sont les médecins éclectiques américains qui vont nous amener le plus d’informations à ce sujet.

Ellingwood(6) nous explique que le millepertuis peut être utilisé pour les douleurs profondes et les sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l’on appuie dessus (dommages infligés aux nerfs et centres nerveux dans la colonne vertébrale). Il l’utilise pour les traumatismes crâniens, les chocs et blessures infligées à la colonne vertébrale, ainsi que pour les blessures de type perforation, accompagnées de douleurs aiguës.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Cette utilisation pour les “blessures de type perforation” se retrouve chez de multiples auteurs américains de l’époque, Felter(7) et Lloyd(8)par exemple. On utilise le millepertuis lorsque l’on a marché sur un clou, lorsque l’on s’est perforé un doigt avec une agrafe, lorsque l’on s’est planté une écharde sous l’ongle et que la douleur remonte dans le bras, etc. On peut aussi l’utiliser pour les écrasements (doigt coincé dans une portière de voiture). Les extrémités (doigts, orteils) sont très innervées, donc toute blessure par perforation ou écrasement endommagera obligatoirement certains nerfs, ce qui créera une douleur aigüe, parfois insupportable.

Les homéopathes en ont aussi fait leur plante de prédilection à partir des années 1800 (Muller étant un des premiers à en parler) pour les douleurs névralgiques et les blessures dues à un traumatisme (crânien ou autre).

D’une manière générale, le millepertuis sera utile pour toute lésion affligée à la structure d’un nerf, causant une inflammation, avec douleur qui peut être suivie le long du nerf. Le nerf lui-même est touché, la couche de myéline a été endommagée. Une sciatique en est l’exemple typique. Une huile (non diluée) ou mieux une alcoolature de millepertuis diluée au taux de 20% (1 proportion d’alcoolature pour 4 proportions d’eau) est appliquée le long du nerf douloureux, la teinture mère est aussi prise en interne. Il faut être patient (plusieurs semaines) avant de constater un effet.

Il est efficace pour les nerfs enflammés dus à un pincement, parfois à la suite d’un mouvement brusque pour prévenir une chute par exemple. Matthew Wood le recommande pour les chutes sur le coccyx, une chute sur la glace, par exemple, ou une chute en skateboard.

Pour les problèmes de peau, l’huile de millepertuis agit en tant qu’anti-inflammatoire, et est en particulier utilisée pour les brulures dues à l’exposition au soleil. En Provence, l’huile rouge jouit d’une réputation méritée pour les coups de soleil. Elle peut aussi être appliquée sur tout type d’éraflures, brulures, érythèmes et peaux sèches et s’avèrera nourrissante.

Le millepertuis peut être utilisé pour le zona et les poussées d’herpes et boutons de fièvre (application locale dès que les premiers petites démangeaisons se font sentir), le virus (herpes simplex ou zoster) se logeant dans les ganglions nerveux et la douleur étant de type névrite.

Le millepertuis calme les inflammations locales et favorise une meilleure circulation autour d’un traumatisme, aidant ainsi à réduire un œdème. Pour les cas de bleus, ecchymoses, contorsions musculaires, appliquez localement une huile ou une teinture mère de millepertuis diluée (compresses). Pour ces cas-là, il se mélange évidemment très bien avec l’arnica.

Sédatif des nerfs

Cette propriété commence à se rapprocher du profil moderne d’antidépresseur. Le millepertuis relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles.

Michael Moore le recommande pour les toux spasmodiques des enfants, en massant l’huile sur le dos de l’enfant dans la région des vertèbres T1 à T4 afin de relaxer les nerfs périphériques hypertoniques et responsables de cette toux.

Felter et Lloyd nous disent que “l’Hypericum a des pouvoirs indubitables sur le système nerveux”(8). Plusieurs médecins américains de l’époque l’utilisent pour les états d’hystérie. D’autres mentionnent une capacité à sortir les personnes de leurs états de morosité et de “mélancolie” passagère.

Henry(9) l’utilise chez les hystériques, mais aussi chez les maniaques et hypochondriaques. On se souviendra aussi qu’au moyen âge, on pensait que le millepertuis pouvait éloigner les esprits diaboliques ainsi que les sorcières. Il est fort possible que les dites sorcières furent simplement des femmes traversant des états de déséquilibre nerveux, et que le millepertuis ait pu aider dans certains cas.

Certains médecins des années 1800 et début des années 1900 l’utilisent pour l’insomnie de cause nerveuse, et pour les traversées difficiles (psychologiquement) des périodes clés de la vie, comme la petite enfance (urinations et terreurs nocturnes), l’adolescence (règles douloureuses), la ménopause (anxiété et troubles du sommeil), etc. L’adolescence et la ménopause étant des périodes de fluctuations hormonales, il est logique qu’une plante du foie puisse régulariser certains déséquilibres hormonaux.

États dépressifs

Le millepertuis agit sur les niveaux de neurotransmetteurs présents dans l’environnement cérébral. Certaines études le qualifient d’inhibiteur de la monoamine oxydase, d’autres d’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. La meilleure hypothèse que nous ayons aujourd’hui est que le millepertuis agit sur la recapture des 5 neurotransmetteurs principaux : sérotonine, noradrenaline, dopamine, acide gamma-aminobutyrique (GABA) and L-glutamate(14).

Pour mieux comprendre l’action du millepertuis, catégorisons les états dépressifs comme ceci :

  1. Dans une première phase, la personne commence à rentrer dans des états dépressifs passagers. Un choc émotionnel vient de s’opérer. Parfois, le choc est évident – un divorce, le décès d’un proche, un licenciement, etc. Parfois, plusieurs évènements se sont étalés sur des années, et une goutte fait déborder le vase. Quels que soient les déclencheurs, la personne alterne entre état dépressif et état normal.
  2. Dans une deuxième phase, la personne descend dans un état dépressif chronique et profond. Il n’y a quasiment plus de yoyos, il y a peu de moments où la personne se sent bien. Les idées noires, la morosité, l’envie de ne rien faire, l’anxiété, tout semble s’installer de manière permanente.

Le millepertuis est surtout efficace en phase 1, et peine souvent à apporter une aide en phase 2.

Michel Moore recommande le millepertuis surtout lorsque l’état dépressif est accompagné de colère. Il a observe que le millepertuis agit très bien sur les hommes traversant une période difficile. Le cas typique étant l’homme qui jusque-là réussissait beaucoup de choses, mais tout à coup doit faire face à un rejet social. Il était en pleine ascension professionnelle et s’est fait licencier. Ou peut-être sa femme l’a quitté subitement. Pour Moore, l’homme est beaucoup moins mature que la femme dans les situations de rejet, ce qui suscite une grande colère suivie de dépression. Cet échec devient une fixation, une obsession même, et la personne n’arrive pas à penser à autre chose, ressassant sans-cesse l’échec.

On notera l’association en médecine chinoise entre colère et foie, et on se rappellera que le millepertuis est aussi une plante du foie.

Il est utile pour les cas de dépressions saisonnières. Dans ces cas-là, la personne redoute l’arrivée de l’hiver, du froid, du manque de lumière, des jours qui diminuent et de la possibilité réduite à mener certaines activités. Certains lecteurs Canadiens comprendront…

D’ailleurs, le fameux phytothérapeute allemand Rudolf Weiss(13) nous donne l’explication suivante : le millepertuis induit une photosensibilité (sensibilité à la lumière), donc rend la personne plus apte à capter les rayons du soleil. Weiss nous rappelle que certains cas de dépressions peuvent être dus à un manque de mélatonine résultant d’un manque de lumière.


Cueillette

Voir ma vidéo à ce sujet.

Avant sa floraison, et si on connait mal la plante, il sera quasiment impossible de l’identifier. La plante reste relativement petite (20 à 50 cm de hauteur), et d’un vert tendre qu’il est difficile de repérer au printemps lorsque la végétation aux alentours est en pleine croissance.

Voir la photo ci-dessous. Vu d’en dessus, les feuilles arrondies s’opposent sur la tige et s’alternent en paires pour former une croix .De près, on arrive à voir les minuscules perforations de la feuille qui lui ont valu le nom d’Hypericum perforatum.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Prenez une feuille et regardez-la en transparence face à une source de lumière. Si vous arrivez à voir ces mille « pertuis », ces mille trous qui sont en fait des glandes regorgeant de principes actifs, vous êtes probablement en présence d’Hypericum perforatum.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Lorsque le millepertuis commence à fleurir, il est dur de passer à côté. On le trouve parfois en plant isolé, comme la photo ci-dessous.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Ou on le trouve dans des champs et terrains vagues où les plants se touchent et forment une couverture jaune vif qui peut être assez spectaculaire.

Le test ultime consiste à écraser une fleur encore en bouton entre ses doigts. Si vos doigts se colorent d’un beau pigment rouge foncé, vous êtes bel et bien en présence de millepertuis. Ce pigment rouge provient des étamines de la plante, et peut aussi être observé à l’œil nu lorsque l’on regarde une fleur de près (voir photo ci-dessous).

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

La meilleure période pour cueillir le millepertuis est :

  • Loin de la dernière pluie, sinon le millepertuis sera gorgé d’eau ;
  • Lorsque la plante vous fournit une grande quantité de fleurs toujours en bouton, c’est là où les composants actifs seront à leur maximum (certaines fleurs seront ouvertes, cueillez-les aussi ;
  • Le matin après que la rosée se soit évaporée.

Selon les régions et la température, on pourra le cueillir de fin juin à fin juillet, début juillet étant habituellement la période optimale (mais là encore, c’est le stade de floraison qui sera déterminant et pas la date).

Pour la cueillette, munissez-vous d’un bon sécateur. Une méthode simple et rapide consiste à rassembler les tiges fleuries en un petit fagot, et de couper 2 cm en dessous des fleurs en laissant un petit morceau de tige et quelques feuilles. Ceci permet d’en ramasser une grande quantité en un temps raisonnable. Voir ci-dessous.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Si vous désirez les faire sécher pour les consommer en infusion, étalez les fleurs sur un banc de séchage que vous laisserez reposer à l’ombre dans un endroit sec. Mais attention à la durée de séchage. Sécher les fleurs ouvertes et les feuilles est relativement rapide. Mais pour les fleurs encore fermées, il faut beaucoup plus longtemps. Les fleurs en boutons regorgent d’humidité, et on peut se faire piéger en pensant que tout est sec, pour voir plus tard apparaitre de la moisissure et devoir jeter le lot.

Pour contrôler si les boutons sont bien secs, écrasez-en quelques uns entre vos doigts et voyez si de l’humidité subsiste.


Préparation de l’huile rouge

On ne peut pas faire macérer la plante fraiche dans l’huile sous risque de moisissure et de fermentation. Mais afin de profiter de la quantité optimale de principes actifs, attendez que les fleurs soit quasiment sèches mais pas complètement. Elles sont froissées, fripées, presque sèches, et ont perdu la quasi totalité de leur eau.

Ensuite, placez la plante dans un grand bocal et recouvrez d’huile d’olive vierge. Laissez macérer pendant plusieurs semaines dans un endroit qui reçoit un peu de chaleur, de la lumière mais pas directement au soleil (les UVs ont la particularité de détruire beaucoup de composants actifs). Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérats huileux.

L’huile finale doit être d’un beau rouge sombre comme un jus de cerise lorsqu’on la regarde dans un endroit non exposé à la lumière directe, et rouge vif comme du sang lorsqu’on la regarde sous la lumière du soleil. L’huile peut être appliquée le long des nerfs douloureux et endommagés, ou sur une peau irritée ou brulée.

Huile de millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

Préparation de la teinture

Si vous avez accès à des alcools de forte concentration (80° ou plus), teinturez la plante fraiche, elle contiendra plus de composants actifs. Sinon, faites sécher la plante, et teinturez-la dès qu’elle est sèche avec un alcool à 45°.

  • Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d’alcool à 80° ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:2);
  • Pour la teinture (millepertuis sec) : utiliser 500 ml d’alcool à 45° pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:5).

Pour plus d’informations, voir l’article sur les macérations alcooliques.

Si vous avez un millepertuis de qualité, l’alcoolature doit devenir rouge très rapidement, et même quasi instantanément si vous faites une alcoolature de plante fraiche. Voir photos ci-dessous pour une teinture mère de plante fraiche.

Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - avant ajout d'alcool - Photo AltheaProvence
Avant l’ajout d’alcool
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - macération Jour 1 - Photo AltheaProvence
Après l’ajout d’alcool
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum) - macération Jour 3 - Photo AltheaProvence
2 jours plus tard

Dosages

Comme toujours, les dosages varient en fonction de la personne et de la situation. D’une manière assez générale :

  • Teinture de plante fraîche (préparée au ratio 1:2) : 3 à 6 ml par jour (ref : Mills & Bone) ;
  • Infusion : utiliser uniquement la plante récemment séchée, 15 g à 30 g de sommités fleuries pour un litre d’eau, boire de 2 à 4 tasses par jour;
  • Huile : application locale plusieurs fois par jour. L’alcoolature diluée peut aussi être appliquée localement en compresses (elle sera mieux absorbée).

Interactions millepertuis-médicaments

Les interactions entre les médicaments et le millepertuis sont bien connues aujourd’hui, bien qu’elles restent très complexes. Cette section est inspirée en grande partie de l’excellent “Herb, Nutrient, and Drug Interactions” de Stargrove, Treasure et McKee(12).

Voir aussi mon article sur les concepts de base pour les interactions plantes-médicaments. Vous pouvez aussi sauter l’explication suivante qui est d’ordre technique, et directement passer à la section “ce qu’il faut retenir” plus bas.

Le millepertuis induit principalement le substrat 3A4 du CYP450, et ceci d’une manière significative. Selon certaines études, il semble aussi induire d’autres substrats d’une manière secondaire (1A2, 2C9, 2C19, 2D6). Mais les différentes études in-vitro et in-vivo ne s’accordent pas toujours entre elles pour ces substrats secondaires.

Le problème principal est que de très nombreux médicaments sont métabolisés par le substrat 3A4 localisé dans la muqueuse intestinale et dans le foie.

Une induction signifie un métabolisme plus rapide du médicament qui utilise ce substrat. Si la personne prend en même temps du millepertuis et un médicament métabolisé par le substrat 3A4, le médicament sera métabolisé et donc évacué plus rapidement par le système, entrainant une quantité de médicament disponible en circulation sanguine inférieure à ce qui était prévu, donc moins efficace. Dans certains cas, l’effet est d’abord une diminution du métabolisme du médicament (créant des problèmes potentiels de toxicité du médicament), suivi par une augmentation du métabolisme (un effet biphasique).

Mais les choses ne sont pas aussi simples, car certaines études démontrent qu’une interaction médicament-millepertuis qui semblait inévitable n’est en pratique pas mesurable sur la personne. Les choses sont même très complexes, selon que l’on parle d’un composant isolé du millepertuis (hypéricine, hyperforine, etc) ou du mélange obtenu avec la plante fraiche.

Ce qu’il faut retenir : Faites preuve de prudence dès qu’il y a co-administration de millepertuis et de médicaments. Consultez votre médecin ou pharmacien avant de prendre la décision.

Pour information, voici une liste des médicaments présentant des risques d’interactions, tiré du Botanical Safety Handbook, seconde édition.

  • Les immunosuppresseurs (cyclosporine, tacrolimus)
  • Les anticoagulants (warfarine, phénprocoumone)
  • Les antiarrhythmiques (digoxine, vérapamil)
  • Les inhibiteurs calciques (nifédipine, vérapamil)
  • Les bradycardisants (ivabradine)
  • Les contraceptifs hormonaux (éthinylestradiol, noréthindrone)
  • Les anxiolytiques (quazépam, midazolam, alprazolam)
  • Les antidépresseurs (amitriptyline)
  • Les antiviraux (indinavir, nevirapine)
  • Les statines (simvastatine, atorvastatine)
  • Certains médicaments de chimiothérapie (irinotecan, imatinib)
  • Les bêta-bloquants (talinolol)
  • Les inhibiteurs de la pompe à proton (oméprazole)
  • Les antifongiques (voriconazole)
  • Les anticonvulsants (méphénytoïne)
  • Les relaxants des muscles squelettiques (chlorzoxazone)
  • Les antihistaminiques (fexofenadine)
  • Tout autre médicament métabolisé par le CYP3A4

Si vous prenez actuellement des médicaments, consultez votre médecin ou votre pharmacien pour discuter d’une interaction possible avec le millepertuis.

On parle aussi beaucoup du fait que le millepertuis peut diminuer l’efficacité de la pilule contraceptive. Cette interaction reste largement théorique basée sur l’induction du métabolisme de l’estrogène et de la progestine par le millepertuis. Malgré les bruits qui courent, les cas documentés de conceptions accidentelles sont anecdotiques, et les données provenant de la littérature scientifique sont d’après Stargrove, Treasure & McKee non conclusives(12).

Parmi ce manque de preuves conclusives, il vaut mieux là encore rester prudent, en particulier dans les cas de pilules faiblement dosées.


Précautions additionnelles

➜ Le millepertuis peut induire une photosensibilité, c’est-à-dire une sensibilité accrue aux rayons du soleil, avec risque de brûlure.

Ceci est contesté aujourd’hui, en particulier dans le monde de l’herbalisme anglophone. En revanche :

  • Plusieurs cas ont été relevés dans la littérature scientifique. Un exemple ici.
  • Ces cas surviennent en général lorsque prise d’un comprimé (extrait sec) standardisé en hypéricine et plus ou moins fortement dosé. Aucune mention d’effets secondaires de ce type avec la teinture. Avec les formes traditionnelles (infusion, teinture), en général pas de souci.
  • J’ai moi-même fait l’expérience d’une photosensibilité sévère après avoir passé une journée à ramasser du millepertuis, les doigts très rouges à me frotter le front pour enlever la transpiration. J’ai gardé des marques (brûlures) pendant 3 semaines. Les copains en ont bien rigolé (pas moi).

Conclusion : si vous prenez du millepertuis sous forme de comprimé standardisé en hypéricine, ne vous exposez pas trop au soleil.

Les probabilités de photosensibilité sont très faibles, mais elles existent. Donc comme toujours, Il vaut mieux être prudent.

Millepertuis (Hypericum perforatum) - Photo AltheaProvence

➜ A éviter si maladies du spectre du trouble bipolaire, là c’est clairement un travail de psychiatrie.

➜ A arrêter au moins une semaine avant toute intervention chirurgicale.


Références

(1) Wood, Matthew, « The Earthwise Herbal: A Complete Guide to Old World Medicinal Plants« , 2008

(1bis) Culpeper, Nicholas, « The English Physician Enlarged », 1770

(2) Dubois, F, « Histoire des Plantes Médicinales Qui Croissent Spontanément en France et en Belgique », 1848

(3) Bossu, A, « Traité des Plantes Médicinales Indigènes, Précédé d’un Cours de Botannique », 1854

(4) Cazin, F.J., « Traité Pratique et Raisonné des Plantes Médicinales Indigènes », 1850

(5) Valnet, Jean, « La phytothérapie : Se soigner par les plantes« , 1986

(6) Ellingwood, « American Materia Medica, Therapeutics and Pharmacognosy« , 1915

(7) Felter, 1922: the Eclectic Materia Medica.

(8) Felter, Harvey Wickes, Lloyd, John Uri, « King’s American Dispensatory », 1898

(9) Henry, Samuel, « A New and Complete American Medical Family Herbal », 1814

(10) Kress, Henriette, « Practical Herbs« , 2011

(11) Wood, Matthew, « The Book of Herbal Wisdom: Using Plants As Medicine« , 1997

(12) Stargrove, Treasure, McKee, « Herb, Nutrient, and Drug Interactions: Clinical Implications and Therapeutic Strategies « , 2008

(13) Weiss, Fintelmann, « Herbal Medicine« , 2000

(14) Müller WE. « Current St John’s wort research from mode of action to clinical efficacy ». Pharmacol Res. 2003 Feb;47(2):101-9. Review.

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680 réponses

  1. Bonjour
    Voilà j’ai mis en macération du millepertuis voilà bientôt 3 semaines et l huile ne se colore toujours pas en rouge est-ce normal ou mon macérât est-il râté? Que faire ?
    Vais-je quand même pouvoir l’utiliser?
    Merci pour vos conseils et bonne journée.

    1. Bonjour Natacha,
      Oui j’ai eu de nombreux retours de ce genre cette année. Essayez de donner un peu de chaleur à votre huile – rebord d’une fenêtre ensoleillée par exemple. Ca a l’air de débloquer les choses chez certains.

      1. Bonjour Christophe,
        D’accord je vais réessayer en changeant de fenêtre ou en mettant encore plus près voir directement au soleil dans la journée car j’avais mis mes pots à une fenêtre déjà et ça ne fait rien.
        Merci pour votre réponse et votre site.
        Bonne journée

        PS : petite question peut-on faire des macérâts d’agrumes et si oui comment procédez-vous et idem pour le seringat ? Merci ☺

        1. Pour les agrumes, je n’ai jamais fait mais si j’avais à le faire, je découperais uniquement la couche externe du péricarpe (de la peau), bien enlever la partie blanche et faire sécher. Puis une fois sec, mettre à macérer dans l’huile. Une fois que cette couche est devenue bien souple car gorgée d’huile, je passerais au blender, puis je laisserais encore macérer pendant un bon mois. Si vous essayez, dites moi 🙂

      2. Encore une surprise ! J’ai toujours fait l’huile (d’olive bonne qualité) de millepertuis en laissant au soleil tout l’été, comme « on » m’avait appris dans le Sud. Bien rouge, odeur légèrement acide mais pas de rance. Comme je n’aime pas le goût, je n’en consommais pas (en salade par ex) et je l’utilisais en massages (en l’absence d’autres huiles) et, surtout, pour guérir les coups de soleil (des autres) et les brûlures (les miennes).
        Et j’apprends ici que laisser au soleil longtemps n’est pas recommandé !
        Mais que si la couleur ne vient pas, essayer de chauffer ou de laisser au soleil.
        Alors… on laisse ou on ne laisse pas au soleil ?
        Ou bien aurais-je mal compris quelque chose ?
        Cordialement

        1. En fait, chauffer et laisser au soleil sont 2 choses différentes.
          Chauffer = placer le bocal dans un sac en papier pour bloquer les UVs et placer le sac au soleil (mais pas trop chaud non plus).
          Perso, je suis contre laisser des macérats huileux au soleil, ceci détruit à la fois l’intégrité des huiles végétales et des substances de la plante. Mais bon, si vous avez cerné mon style, je ne prêche pas, je donne l’info qui me parait logique. Ensuite, chacun peut choisir sa méthode.

  2. Ah MasterC heu non MicterC, s’il n’existait pas fodrait l’inventer, toujours en admiration devant sa capacité de travail et son dévouement au partage.
    Membre du fan club, lol!

  3. bonjour

    j’ai de l’herpès et j’aimerais savoir si je peux vraiment utiliser de l’huile de millepertuis que j’ai fait car vous dites qu’il agit an tant qu’anti-inflammatoire mais j’ai lu sur le site Medisite  » il ne faut surtout pas prendre d’anti-inflammatoire, c’est médicaments peuvent provoquer des crises »? Qu’en pensez-vous? Est-ce que ingérer des anti-inflammatoire et prendre un produit qui agit en tant qu’anti-inflammatoire sont 2 choses différentes?

    CORDIALEMENT

    1. Bonjour Marie-Laure,
      Les plantes agissent de manières bien différentes des anti-inflammatoires médicamenteux. C’est une plante indiquée dans cette situation et ce n’est pas le millepertuis qui va provoquer une crise.

  4. Bonjour,

    j’ai lu qu’un monsieur avait soigné sont eczéma grâce à principalement l’hyperforine qui est dans la plante à raison de 3 pour cent par capsule de 300mg d’extrait sec.
    J’ai lu que vous ne preniez pas de capsules, mais si je veux essayer de traiter l’eczéma de mon garçon de 6 ans car je me dis que je n’ai plus rien à perdre, les compagnies qui vendent ces produits genre Solaray le déconseillent pour les enfants. Avez-vous une idée de quelle forme prendre pour avoir l’hyperforine? A quel dosage par jour? Car selon lui la tisane et la teinture mère ne serait pas aussi efficace que l’extrait sec encapsulé. Merci de m’informer.

    1. Bonjour,
      Je ne pourrais pas trop vous dire car l’eczéma n’est pas vraiment une indication pour le millepertuis pris en interne. L’huile rouge appliquée sur l’eczéma par contre peut bien aider. De plus, je n’irais personnellement pas donner un comprimé standardisé (et donc souvent concentré) à un enfant de 6 ans. Lorsqu’il y a des réactions de type photosensibilité ou interactions, c’est souvent lorsqu’on utilise un comprimé standardisé. Par contre, le commentaire sur la teinture étant moins efficace que l’extrait sec – gros désaccord de ma part, ayant comparé de nombreux produits en gélules dans lesquels la plante a très souvent perdu son goût et son odeur (et donc c’est mal parti pour la suite). La teinture de plante fraiche par contre, lorsqu’elle est d’un beau rouge sombre, donne des résultats tout à fait satisfaisants.

      1. J’aimerais simplement témoigner du fait que j’ai réussi à me guérir complètement d’un eczéma coriace appelé Lichen Simplex Chronicus qui m’avait affecté pendant 20 ans, grâce à des capsules de Millepertuis. Je suis maintenant libre de la maladie et sans récidive depuis 4 ans!

        Avec un traitement à raison de 600mg/jour, les symptômes classiques de l’eczéma (prurit, inflammation et peau suintante) sont disparus en 6 semaines; quant aux cicatrices laissées par 20 ans de combat avec la maladie, elles ont mis 5 à 6 mois à disparaître complètement. J’ai maintenant une peau qui ne manifeste plus la moindre trace que j’ai déjà souffert de la maladie.

        Fasciné par cette guérison miraculeuse, j’ai lu sur Internet que des recherches scientifiques récentes suggèrent que la dermatite atopique serait principalement causée par la bactérie Staphylocoque doré, dont de nombreuses souches sont maintenant devenues résistantes aux antibiotiques. Or, l’hyperforine du Millepertuis est reconnue comme un super-antibiotique capable de combattre trés efficacement de telles bactéries. De plus, l’extrait de millepertuis posséderait des vertus contribuant à la regénérescence des peaux endommagées. Quoiqu’il en soit, je n’ai aucun doute que ma guérison est entièrement attribuable à la consommation de l’extrait durant ma période de convalescence.

        Comme je ne suis qu’une anecdote, j’ai voulu vérifier si mon cas pouvait être reproduit chez d’autres patients souffrant d’eczéma, en transmettant l’information sur divers forums à travers le monde. Je confirme le succès au moins partiel, pour de nombreux autres patients souffrant de la maladie. Les résultats varient de personne à personne et les temps de réaction diffèrent également; pour certains, le millepertuis produit un soulagement très rapide en aussi peu de temps qu’une semaine; pour d’autres il peut prendre plusieurs mois avant de produire un effet remarquable.

        Voilà! Vive le Millepertuis et sa molécule Hyperforine! Et un grand merci pour votre blog très informatif sur cette merveilleuse plante!

        Grégoire.

  5. Bonjour Christophe

    souffrant d’une hernie cervicale, je suis sous cortisone.. à mon grand désespoir ! en plus ça ne calme la douleur que si je prends de fortes doses (50mg)
    Donc je cherche une alternative par les plantes, au moins partiellement pour diminuer la cortisone. je pensais me faire des tisanes de Valériane + Millepertuis, qu’en pensez-vous? Y-a-t-il des dangers, notamment d’interaction? (je prends aussi du paracétamol + ibuprofène)
    Merci beaucoup
    Emily

    1. Oui il y a un risque avec le millepertuis, qui interagit avec beaucoup de médicaments, en général en accélérant le métabolisme et l’élimination du médicament. En principe plus un risque avec les teintures, et encore plus avec les comprimés concentrés et standardisés. Mais par précaution, passez voir un pharmacien qui s’intéresse aux plantes, il vous guidera, le pharmacien est après tout le gardien des interactions.

  6. Bonjour,
    Jevous contacte pour savoirou acheter du millepertuisfrais en vrac et en pot.
    Merci.
    Bien cordialement,
    Raph

    1. Bonjour,
      Pour les pots, compliqué. J’en ai eu vu au jardin du pic vert mais apparemment ils sont en rupture de stock.
      http://www.jardindupicvert.com/4daction/w_partner/millepertuis_perforatum_hypericum.5286
      Je n’ai pas d’autres adresses à vous proposer.
      Pour le sec en vrac, les herboristeries traditionnelles :
      https://www.altheaprovence.com/blog/herboristerie-en-ligne/
      Pour le frais en vrac, à ma connaissance, personne je fait cela ici, contrairement à l’Amérique du nord par exemple ou les producteurs ou cueilleurs envoient la plante fraiche.

  7. Bonjour Christophe,
    Petite question sur le millepertuis récolté début juillet. J’ai fais séché une partie de ma récolté en bouquet et après séchage complet (les fleurs et bourgeons sont bien secs), la couleur des fleurs est restée bien jaune.
    Sur cette photo, à droite du millepertuis acheté en herboristerie, à gauche ma récolte. Une si grosse différence est-elle normale?
    Merci beaucoup.

    1. François, vous vous posez une question qui souligne le problème majeur derrière la vente de plantes. D’un coté, nous avons des herboristes qui essayent de faire leur travail le mieux possible. D’un autre, peu de cueilleurs, peu de petits producteurs, ou souvent des gens qui ne peuvent pas répondre à la demande des grosses boutiques. Résultat – une partie des stocks des herboristeries proviennent des grossistes comme Cailleau. La maison Cailleau connait son métier et l’exerce depuis bien longtemps, mais eux aussi doivent s’adapter à l’offre et la demande. Bilan, une partie des stocks arrive d’Europe de l’Est par exemple, et dans mon humble avis, la qualité souffre.

      1. Merci Christophe,
        d’une part pour la réponse rapide et d’autre part pour la clarté de celle-ci.
        Bonnes vacances (et désolé pour la taille un peu grande de la photo).

          1. Je me faisais la même remarque hier à propose de la racine de Valériane : j’en ai cueilli il y a 5 jours, elle bien séché (merci le joli vent très doux qui souffle sur le Belgique) et j’en ai gouté un morceau. Le goût était très prononcé mais surtout plus riche, plus complexe, j’y trouvais des notes fleuries presque ! Je me disais donc que rien ne valait une bonne récolte personnelle, je suis de plus convaincu que nos pas sont guidés vers les meilleures plantes si on prend soin de les cueillir avec respect…

            Pour confirmer le tout, dans l’heure qui a suivi, j’ai été assailli d’un coup de pompe puissant!

    2. Bonjour
      Je souffre de nevralgie pudentale et souhaiterai savoir comment je peux utlliser le millepertuis pour soulager mes douleurs insupportables.
      Merci d’avance pour votre réponse.
      Kari

      1. C’est une condition très douloureuse et très compliquée à gérer. Millepertuis peut être pris en interne et appliqué en externe aussi sur la zone concernée avec l’huile rouge, et laisser en application afin que l’huile pénètre. A faire pendant plusieurs semaines. Courage…

  8. Bonjour !
    Pour traiter une dépression en phase 1, j’aimerais, pour plus de simplicité, consommer directement la plante, tout le temps de sa floraison, en prélevant chaque matin quelques fleurs que j’ingérerais.
    Que penser-vous de ce mode d’administration ? S’il est satisfaisant, combien de fleurs au quotidien peuvent remplacer la posologie recommandée pour les infusion ou la teinture ?
    La fleur étant ingérée intégralement et fraîche, on peut présumer que davantage de principes actifs seront transmis par rapport au « jus » dans lesquels on les fait baigner ?
    Puissiez-vous recevoir ce que vous donnez !

    1. Bonjour Agnès,
      Tellement de variables dans cette question. Je ne peux que vous donner une approximation grossière. Si l’on prenait une dose d’une 60’aine de gouttes d’alcoolature par jour, disons 2,5 ml d’une teinture de plante fraiche au 1:2, cela correspondrait à 5 g de fleurs. Mais c’est vraiment du « à la louche », je n’ai aucun recul sur ce mode de consommation. La question consiste à dire – l’extraction par les sucs digestifs est-elle supérieure à l’extraction pas un mélange hydro-alcoolique. La réponse va peut être vous surprendre : pas forcément. Certaines substances (les résines par exemples) sont mieux extraites par l’alcool dans un premier temps, et l’alcoolature est très bien absorbée dans un deuxième temps au travers de la muqueuse intestinale.
      Donc le mieux est d’essayer et de nous donner vos conclusions 🙂

  9. bonjour,

    pour une TM de feuille d’olivier, dois je utiliser des feuilles fraiches ou seches
    Merci pour votre site, très clair et très accessible

    1. La plante sèche donne une bonne teinture avec un alcool à 45°. Au bout d’une semaine de macération, passez le tout au blender afin de réduire en purée, ceci améliorera grandement la qualité du produit fini.

  10. Bonjour Christophe, Je voudrais prendre de la teinture mère de millepertuis par voie orale,
    pourrais tu me dire a quel moment de la journée il me faut prendre les gouttes de millepertuis, et s’il vaut mieux avant ou après avoir mangé..c’est pour une petite cure pour le foie, associé a une légère petite dépression; de plus, j’ai une peau qui a bien besoin. J’ai l’impression que cette plante répond a un grand nombres de mes petits problèmes.
    Merci pour ton site et tout ce que tu partage avec nous.
    A bientôt de lire ta réponse.Françoise

  11. Bonjour,

    J’ai voulu faire une teinture mère de millepertuis avec des fleurs « quasi fraiche ».

    J’ai mis 32 g d’alcool à 70° pour 16 g de fleurs. Le problème est que la plante ne baigne pas du tout dans l’alcool, elle est juste imbibée. Est ce normal ?

    J’ai lu sur votre site que si une partie de la plante était hors de l’alcool, cela pouvait l’altérer.

    1. Bonjour Julien,
      Aïe, c’est ma faute. Je viens de relire mon article sur la macération, et je n’ai pas donné les bonnes instructions. C’est OK dans mon livre, mais j’ai fait une erreur sur la page. Il faut en fait suivre les taux de macération de plante sèche – donc 80 ml d’alcool, et un taux d’alcool pour une plante sèche suffira, disons 50° pour le millepertuis.
      Désolé, c’est moi qui vous ai induit en erreur. Vous pouvez encore rattraper en rajoutant 48 ml l’alcool à 70°, degré un peu fort mais pas un gros problème, la teinture sera de qualité.

      1. Ah bah voilà pourquoi ! Lol

        J’ai complété et effectivement c’est mieux : ) Je crois qu’il ne me reste plus qu’à acheter votre livre : )

        Quelques petites question :

        – Vous dites souvent qu’il faut diluer la teinture mère pour l’appliquer directement sur la peau avec une compresse, à combien faut-il la diluer ?
        – J’utilise des récipients en plastique pour faire les macérations et les stocker. Est-ce que ca va où faut-il uniquement du verre ?

        Un grand merci d’avance.

        1. Tout dépend de la teinture, en général une dilution au 1/5 est suffisante, donc un volume de teinture pour 4 volumes d’eau.
          Pour les teintures le seul plastique considéré comme acceptable par les producteurs de teinture est en général le « polyéthylène haute densité ». Le reste, mieux vaut éviter et s’en tenir au verre.

        2. Donc, ce qui est noté plus haut dans la page n’est pas encore corrigé si je comprends bien?
          Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 200 ml d’alcool à 80°ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:2);
          Faudrait-il lire :
          Pour l’alcoolature de millepertuis frais : utiliser 500 ml d’alcool à 80°ou plus pour chaque 100 g de plante (c’est-à-dire une proportion de 1:5);? exact?

          je viens d’en faire avec la proportion 1:2, ça n’allait pas alors j’ai mixé le tout et ça baigne dans « le sang » tellement c’est rouge 😀

          1. Non, je pense que l’on s’est mal compris, et j’ai du moi aussi m’embrouiller les pinceaux.
            Les taux sont bons. 200 ml d’alcool pur pour 100 g de plante. Mais le millepertuis est volumineux, donc soit il faut le hacher menu pour que l’alcool le recouvre bien, soit lester la plante avec un galet. Vous pouvez rajouter un peu d’alcool, mais pas trop non plus, il ne faut pas trop dériver du 1:2 si possible.

  12. superbe article et commentaires, merci pour votre travail et votre générosité. J’ai cueilli aujourd’hui mon premier millepertuis que j’ai mis à séché dans des claies improvisées en empilant des cagettes avec au fond un voile type moustiquaire et par dessus pour cacher les UV un drap en coton assez épais de couleur mauve. Le tout placé dans une véranda qui atteint vite 35 degré en journée.
    Est ce bon? Sinon j’ai l’option de suspendre les bouquets dans une chambre à l’étage avec les volets fermés en permanence mais fenêtre ouverte, ou la température est quasi constante a 20 degré, mais Jai préféré la chaleur véranda avec un bon drap par dessus.
    Est ce juste?
    Je voudrai l’utiliser pour moi meme dans une visée d’épuration du foie et anti depresseur ( je prend un gros raccourci dans la formulation Jai bien lu tout l’article! )
    En infusion pour moi cela semble le plus facile MAIS est ce bien efficace? Et vous conseillez de la boire rapidement après séchage, malheureusement photosensibilisante et vivant dans la region Méditerranéenne je m’abstiendrai cet été. Je voulais la boire cet hiver pour qu’elle me procure l’énergie solaire et réguler l’humeur. Est ce que des infusions en décembre janvier prochain c’est bon? Cela ne fera pas trop tard?
    Sinon quel est votre conseil pour le foie et la régulation d’humeur à partir de ces sommités que je viens de cueillir?
    Et pour conserver mes plantes séchées je suppose que cest dans un récipient hermétique à l’abri des UV? Que pensez vous des boîtes type chocolat en poudre en métal? Sinon du verre?
    Beaucoup de questions pardon et surtout merci!

    1. Bonjour Myriam,
      La véranda permettra en effet un séchage rapide. Si le millepertuis est protégé par un drap, pas d’exposition directe aux UVs, ce qui est désirable. Par contre dès qu’il est sec, stockez-le dans un endroit moins chaud (et toujours sec bien sur), à l’abri de la lumière directe. Le sac en papier fonctionne très bien, ou le bocal en verre.
      L’infusion n’a jamais été mon premier choix pour le millepertuis. Je préfère largement l’alcoolature. Mais elle n’est pas sans intérêt, c’est juste que je trouve l’alcoolature beaucoup plus efficace.

  13. Bonjour, merci pour vos précieux conseils, je viens de ramasser du millepertuis et souhaiterai savoir combien de temps il faut le laisser dans l’alcool pour en faire une teinture mère ?
    Merci…

    1. Avec du millepertuis frais (alcool à 90° non dénaturé) ou récemment séché (alcool à 50°), 2 semaines de macération suffisent. La teinture doit être d’un beau rouge profond donnant une apparence très opaque à la teinture.

      1. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre, quel travail de répondre à vos visiteurs….
        De l’alcool pour fruits à 96°, ca va ?
        Merci encore !!!!

      2. Bonjour,
        La macération alcoolique doit-elle se faire au soleil comme la macération huileuse ou plutot à l’ombre? On trouve les teintures mères dans des flacons teintés, je me pose donc la question…merci d’avance

        1. Bonjour Brunelle
          Placer un macérat huileux au soleil sans la protection du sac est pour Christophe une erreur,les UVs du soleil détruisent énormément de composants actifs de la plante. Ces composants sont très fragiles. De plus, avec le soleil, l’huile du macérat va s’oxyder plus vite https://www.altheaprovence.com/blog/macerat-huileux/
          quant aux teintures, c’est idem, plutôt à laisser à l’abri de la lumière

            1. 🙂 je suis en train de faire pareil, là je viens de mettre à macérer en teinture (qui a rougi en 2mn chrono)
              j’ai aussi mis un MH en route, j’ai fait pré-fané hier les fleurs et ce matin j’ai mis l’huile (qui pour l’instant ne rougit pas ) (elle est à l’abri de la lumière dans le coffre de ma voiture (faut juste que je ne l’oublie pas en prenant ladite voiture 🙂 )

  14. Bonjour,

    J’aimerais commander des gelules de Millepertuis sur internet or je ne sais pas quel site sont digne de confiance. Est ce que vous connaissez des sites fiables pour commander ?

    En vous remerciant

    1. Bonjour Laly,
      Si je puis me permettre un conseil, si vous désirez prendre du millepertuis, prenez une alcoolature de plante fraîche. Je n’utilise pas le millepertuis sous forme de gélules.
      Je recommande les marques Ladrôme et Biosimples, relativement faciles à trouver.
      Je n’ai aucune affiliation avec ces laboratoires.

  15. L’hypericum maculatum est-il aussi utilisable comme plante médicinale ? A-t-il les mêmes caractéristiques que l’hypericum perforatum ?
    Sur les photos du net j’ai l’impression qu’il n’y a pas de trous en transparence dans les feuilles (pas d’hyperforine ?). On dirai aussi que les feuilles sont plus grandes ?

      1. Bonjour Christophe,

        j’ai donc bien les deux variétés chez moi (hypericum perforatum et hypericum maculatum). J’ai vu qu’Henriette Kress a aussi les deux variétés en Finlande et dit que les deux fonctionnent quasiment de la même façon (médicalement parlant) :
        http://www.henriettes-herb.com/blog/yell-sjw.html
        Je tacherai de récolter les graines des 2 variétés en automne.
        Merci pour la photo.

  16. Bonjour
    Le millepertuis a une action sur la sciatique. A-t-il une action efficace sur une cruralgie ? Celle-ci est souvent plus douloureuse que la sciatique (douleurs qui réveillent la nuit pendant le sommeil). Les douleurs peuvent se trouver le long du nerf crural (cuisse, genou, tibia jusque dans la cheville). Peut-être causée par un pincement du nerf crural, irritation de celui-ci etc. ou même une hernie au niveau des lombaires.
    Et pour une algodystrophie ? (atteint aussi le genou)

    1. C’est l’une des plantes à essayer, en interne (si pas de contrindications) et externe (application locale le long du nerf) pour toute atteinte à un nerf en particulier. Les résultats sont longs à venir, donc persister.

  17. Bonjour Christophe, j ai ramassé du millepertuis il y a une semaine déjà bien en fleur et hier encore en boutons à 30 km de chez moi .je trouve que c est tôt dans la saison .
    j ai fait une teinture qui est bien rouge ,je laisse macérer quinze jours ?je vai évidemment faire un macérât que j incorpore dans un baume ainsi que la teinture ,et en tisane ,le soir pour bien dormir est ce une bonne idée ?

    1. Bonjour Sylvie,
      Le millepertuis peut fleurir plus ou moins tôt selon les années, les pluies, etc. J’en ai des fleuris près de chez moi aussi, le bon moment pour le cueillir est lorsque les fleurs sont encore en bouton ou à peine ouvertes (mais bon, autours de ce moment optimal, il y a une certaine marge, pas de stress). Si la teinture est bien rouge, alors c’est tout bon. Vous laissez macérer une quinzaine de jours, c’est largement suffisant.
      Pour le macérât, écrasez un peu les fleurs (en d’autres termes, faites les un peu souffrir une fois coupées), cela stimule la production de certains composants qui donneront une huile bien rouge. Puis faites les se ratatiner, perdre la plus grande partie de leur eau sans pour autant les faire complètement sécher. Puis mise en huile.
      Je ne suis pas un grand fan de l’infusion, je le préfère largement en macérât alcoolique, mais pourquoi pas s’il vous en reste.

      1. Merci pour votre réponse rapide ☺
        oui la teinture est bien rouge ,j ai commencé électrique macérât et ce qu’il me reste fera unbon hydrolat .l huile obtenue est photosensibilisante ,je crois ,je voudrais savoir quel pourcentage peut on mettre dans un baume ou une crème contre les coups de soleil pour éviter ce risque ?
        merci ☺
        un cahier spécial plantes est devenu indispensable pour tout noter …..

        1. Je prépare personnellement un baume pour apaiser les coups de soleil avec 100% macérât huileux de millepertuis et de l’huile essentielle de lavande. Je ne pense pas qu’il y ait de risques avec une application externe, et j’attends toujours de rencontrer les personnes ayant fait une réaction de photosensibilisation avec usage interne d’un extrait non concentré de type teinture mère. Le risque existe certes, et le principe de précaution nous fait dire qu’il faut être prudent. Mais je pense qu’on est tombé dans l’effet inverse – une surréaction en quelque sorte à un phénomène dont on parle beaucoup mais qui ne semble pas montrer le bout de son nez d’une manière notable.

          1. Merci pour votre réponse très rapide ☺je vai suivre vos conseils et fabriquer un baume ou un lait avec le macérât et où la teinture .l’hydrolat sera parfait dans une crème ,je suis comme vous et trouve ,et c est vous le spécialiste, que cette surreaction dont vous parlez est exagérée ,loin de moi l idée de faire une photo sensibilisation en buvant un peu de millepertuis ☺bon dimanche .
            ps:dans mon dernier commentaire, j ai fait quelques fautes ,sorry

  18. Bonjour Christophe,
    Je souhaiterais faire un macerat huileux avec du millepertuis
    Mon millepertuis est sec, je l’ai achete chez mon pharmacien herboriste, sera t il efficace
    Si oui, pouvez vous me donner les proportions par exemple pour 100g d huile d’olive.
    Si le millepertuis sec n’est pas utilisable en macerat, puis je continuer a me faire des tisanes avec et est ce la aussi efficace
    Merci de votre reponse et pour la qualite de votre site
    Didier

    1. Bonjour Didier,
      Pour les proportions, je pense que vous devriez trouver les réponses à vos questions dans l’article sur le macérât huileux ici :
      https://www.altheaprovence.com/blog/macerat-huileux/

      Le millepertuis sec est utilisable pour faire un macérât tant qu’il n’est pas trop vieux. Le test est simple : si l’huile devient rouge au bout de 2 semaines de macération, l’huile sera efficace. Sinon, le millepertuis est trop vieux. S’il est trop vieux pour le macérât, il le sera aussi pour la tisane.

      Autre test efficace : faire macérer une petite quantité de millepertuis sec dans un peu d’alcool à 40° ou 45° (de type vodka). Si la macération devient rouge au bout d’un jour ou deux (parfois même quelques heures), le millepertuis est encore bon.

  19. Bonjour Christophe,
    D’abord je tenais à vous féliciter et à vous remercier car nulle part ailleurs je n’ai encore trouvé d’article sur les plantes aussi complets que les vôtres. Votre approche est fascinante et merci pour cela.
    Sinon j’aurais aimé savoir ce que vous pensiez du griffonia et de son éventuelle association avec le millepertuis ? Une amie en « burn out » s’est vu prescrire des anti-dépresseur, serait-il imprudent de ma part de lui conseiller d’essayer dans un premier temps une ou deux plantes plutôt que d’attaquer directement dans le dur des médicaments ?
    En vous remerciant, bonne continuation.

    1. Bonjour Lise,
      Si l’on y réfléchit, le griffonia et le millepertuis ont des effets complémentaires. Le millepertuis agit comme inhibiteur de la recapture d’un bon nombre de neurotransmetteur, sérotonine y compris. Le griffonia, comme source de 5HTP, fournit le précurseur de la sérotonine. Pour utiliser une image, le griffonia fournit l’impulsion, le millepertuis assure qu’il y ait le minimum de pertes. Désolé, image imparfaite, mais je n’ai pas trouvé mieux 🙂
      Et en ce qui concerne le choix entre plante et médicaments, comme vous le savez, je ne suis pas docteur, ce qui rend ma position sur le sujet très délicate. Je vais donc botter en touche.

      1. Dr Curtay déconseille l’usage du millepertuis pour traiter la dépression :

        « Il ne faut pas prendre des antidépresseurs, ces médicaments sérotoninergiques :

        – Ils ne permettent pas aux neurones de produire plus de sérotonine, mais empêchent sa recapture, ce qui entraîne une désensibilisation des récepteurs et des effets paradoxaux, allant jusqu’à des pulsions suicidaires.

        – Ils sont associés à un effet paradoxal de prise de poids.

        Cela vaut aussi pour le millepertuis, qui agit selon le même mécanisme que les médicaments antidépresseurs sérotoninergiques. »

        Source : Les dossiers de Santé nutrition n° 56, p. 14.

        1. Ce n’est définitivement pas l’arme magique que l’on en a fait il y a quelques années. La dépression est compliquée. Mais je dois dire que le millepertuis rend service dans certains cas comme la déprime saisonnière (à l’entrée de l’hiver). C’est un outil parmi d’autres. Je n’ai jamais remarqué ou entendu parler de prise de poids due au millepertuis. Cette plante est bien plus qu’un inhibiteur de la recapture de neurotrasmetteurs…

  20. Bonjour,

    Merci infiniment de partager avec nous vos connaissances . J’aimerais savoir sous quelle forme la plante peut être prise pour traiter une dépression en phase 1 et si des effets secondaires propres aux antidépresseurs industriels peuvent également se manifester.
    Je vous remercie par avance des informations que vous pouvez m’apporter.

    1. Bonjour Agnès,
      La plante se prend traditionnellement sous forme de teinture mère. Si vous prenez d’autres médicaments ou vous êtes sous un traitement quelconque, la plante est connue pour provoquer de nombreuses interactions avec les médicaments. Elle peut donc être problématique de ce coté là. Mais si prise seule, je n’ai pas connaissance d’effets indésirables similaires aux antidepresseurs chimiques, car elle a un spectre d’action beaucoup plus large.

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