Que signifie Herboriste ? Les métiers de l’herboristerie

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Mais que fait l’Herboriste ? Je commence à recevoir des questions de jeunes personnes qui s’intéressent aux métiers de l’herboristerie et qui aimeraient savoir ce qu’on fait, dans nos professions en lien avec les plantes. Pour vous donner un exemple, la maman d’une jeune fille de 16 ans m’a contacté car sa fille voudrait devenir Herboriste. Et la maman me demandait : « Mais l’Herboriste, elle fait quoi au juste ? »

Eh bien je vais répondre à cette question, avec mes mots. Les collègues des différentes professions me pardonneront si je caricature un peu les métiers afin d’expliquer simplement à ceux qui ne connaissent pas notre petit monde, et surtout à nos jeunes.

Dans le passé, l’Herboriste, c’était la personne qui tenait une boutique qui vendait des plantes médicinales. Mais les choses ont bien changé. Il y a un renouveau de l’herboristerie. De nouveaux métiers apparaissent, ou s’assument, dans le sens où ces métiers existaient peut-être dans le passé, mais ils n’étaient pas clairement nommés, ou alors ils étaient très dispersés ou exercés d’une manière très discrète. Cette période-là est révolue, maintenant, on s’assume pleinement.

Cette première liste ne sera pas exhaustive. Par exemple, je ne parlerai pas du travail des chercheuses et chercheurs qui étudient les plantes, ou celui des experts institutionnels qui œuvrent au sein d’agences publiques pour faire évoluer la réglementation autour des plantes médicinales.

Je ne vais pas non plus aborder les professions médicales. On peut bien évidemment être médecin ou pharmacien et être passionné par les plantes, les prescrire pour le médecin ou les vendre pour le pharmacien. Cela dit, ce n’est pas parce qu’on vient du monde médical que les choses sont nécessairement simples, loin de là. Pour vous exposer cette partie, j’inviterai certains de ces professionnels pour qu’ils viennent témoigner de leur expérience.

Je ne vais pas aborder les formations à ce stade, je le ferai dans un autre épisode. C’est bien évidemment un point très important pour acquérir les connaissances et compétences pour faire les métiers dont nous allons parler.

Avant de démarrer, je vous ai fait une description du terme « herboristerie » au sens large du terme et je vous conseille de l’écouter avant de poursuivre la discussion d’aujourd’hui.


Le Paysan-Herboriste

On va commencer par le paysan-herboriste. Le paysan-herboriste cultive les plantes médicinales et les vend, soit sous forme brute (des feuilles, des fleurs, des racines), soit sous forme de mélanges, ou transformées sous différentes formes (des alcoolatures, macérats huileux, etc.) Il peut les vendre en direct, sur les marchés, ou peut-être au travers d’une boutique en ligne. Ou il peut les vendre à des intermédiaires, comme des transformateurs ou des boutiques.

C’est maintenant un titre reconnu par l’État français. Et l’histoire derrière la reconnaissance du métier est importante. À partir de 2018, nous avons un sénateur, Joel Labbé, qui a soutenu globalement tous les métiers de l’herboristerie, mais surtout les producteurs de plantes médicinales, qui se sont organisés au travers de la Fédération des Paysans-Herboristes (la FPH). Après un long travail qui a duré plusieurs années, la FPH a déposé le référentiel métier « Paysan-Herboriste » au Répertoire national des certifications professionnelles, géré par France Compétences.

Le titre de Paysan-Herboriste a été validé en septembre 2023, c’est donc aujourd’hui une certification professionnelle reconnue par l’État. C’est un titre du domaine agricole, qui couvre l’ensemble des activités, de la culture et la cueillette à la commercialisation, en passant par la transformation.

Ici, on défend une production locale, avec un cahier des charges respectueux des plantes et de l’environnement. C’est du bio ou du « plus que bio ». Ce sont des plantes de grande qualité.

Jusqu’à maintenant, le marché nous a habitués à payer 5 ou 6 € pour 100 g de plantes sèches. Ce n’est pas tenable. Ce n’est pas le prix juste pour un travail de qualité en circuit court. Donc notre responsabilité, c’est de soutenir leur travail, de consommer un peu moins, mais de payer le prix juste. C’est le seul modèle qui est viable pour répondre à une demande raisonnée du consommateur et préserver l’environnement.

Pour plus d’informations sur ce métier, je vous laisse contacter la Fédération des Paysans-Herboristes qui représente la profession.

paysan herboriste


Le Cueilleur, la Cueilleuse

Ensuite, nous avons le cueilleur de plantes médicinales. C’est l’un des plus vieux métiers du monde. Vous avez probablement entendu ce terme de « chasseur-cueilleur » pour nos lointains ancêtres.

Le cueilleur ramasse les plantes médicinales dans la nature. Il n’a pas forcément de terres à lui sur lesquelles il ramasse, donc il doit demander permission soit à des personnes ou des organismes privés qui ont des terres, soit aux parcs et autres structures d’État. Il faut une bonne connaissance des législations nationales, régionales et locales, car il y a parfois des restrictions ou interdictions de cueillir telle ou telle plante.

Comme pour le paysan-herboriste, le fruit de sa cueillette sera soit revendu à des transformateurs ou laboratoires, soit vendu en direct, sous forme sèche en vrac ou sous forme transformée. Et même chose que pour le paysan-herboriste, ce dur labeur se paye au juste prix. Car on a cette image un peu romantique du cueilleur qui arpente les collines, libre de toute contrainte, dans la nature à écouter les oiseaux. Alors, c’est vrai, mais c’est aussi un métier difficile, physiquement, et pour en vivre aussi.

Ce que l’on voit, en pratique, c’est souvent une combinaison de paysan-herboriste et cueilleur. Donc une personne qui a une petite production sur ses terres, et qui cueille aussi dans le sauvage, pour avoir une gamme aussi complète que possible. Certaines plantes sont abondantes en nature, on pensera par exemple à la ronce ou à l’églantier, et d’autres seront plus adaptées à la culture. En particulier pour les espèces sauvages qui subissent la pression d’une cueillette intensive.

Le cueilleur a une responsabilité, celui d’être observateur, lanceur d’alertes sur des observations que les organismes d’État ne vont pas forcément voir tout de suite. Le cueilleur veille sur les écosystèmes car il est présent saison après saison. Donc il peut faire remonter des informations précieuses. Il sait faire une cueillette raisonnée en fonction du lieu précis. Et ça, ça s’apprend. C’est un métier. Et le faire d’une manière responsable, c’est difficile, mais c’est essentiel pour la préservation de la nature.

Pour plus d’informations sur ce métier, je vous laisse contacter l’Association Française des Professionnels de la Cueillette de Plantes Sauvages (l’AFC) qui représente la profession. Le lien est sur mon site.

femme avec un panier qui cueille des plantes


Le Transformateur

Ensuite, nous avons des personnes qui transforment des plantes en produits pour le consommateur. C’est-à-dire que ces personnes ne cultivent pas, ne cueillent pas. Mais ils achètent la plante sous forme brute, puis ils font des extractions, des mélanges, des distillations, des formulations pour ensuite vendre ce produit fini.

Le transformateur va souvent vouloir créer une marque forte. Marque de cosmétique naturelle. D’huiles essentielles ou d’hydrolats. Marque de sirops peut-être. Ou de produits spécialisés pour les sportifs, ou pour les enfants, ou autre.

Le transformateur doit connaître la législation en vigueur au sujet de la commercialisation des produits, des dossiers à soumettre, des tests à effectuer, et des lois en vigueur pour les allégations. Autrement dit, on ne peut pas écrire n’importe quoi sur la boite. Si je fabrique une crème avec du plantain et du souci, je ne peux pas écrire sur la boite que ça soigne l’eczéma.

Tout ceci est très contrôlé, et la commercialisation de produits à base de plantes demande une connaissance solide des règles et des lois, en fonction du positionnement cosmétique, ou complément alimentaire, ou alimentaire, ou autre. Il faut aussi du matériel, des garanties d’hygiène et de traçabilité.

Comme vous pouvez vous en douter, ça devient compliqué lorsqu’on rentre dans les détails. Mais simplifions. Le point ici, c’est de dire qu’un métier, que l’on pourrait appeler « transformateur », existe. Dans ce domaine, on va plutôt trouver des laboratoires, donc des structures déjà d’une certaine taille, plutôt que des individus. Mais pas que. On peut commencer tout petit aussi.

Notez aussi que ce rôle de transformateur est souvent porté par les paysans-herboristes et cueilleurs qui décident de faire certains produits transformés à partir de leurs plantes : des onguents, des sirops, des macérats huileux, des mélanges cosmétiques, etc. Mais on peut le faire aussi à plus grande échelle en achetant les matières premières à d’autres.

produits a base de plantes


L’herboriste de comptoir

Ensuite, nous avons l’herboriste de comptoir, celui qui gère une boutique avec différentes gammes de produits à base de plantes, et qui vous les propose avec un conseil adapté. Et ça, cette partie conseil, elle est très importante aujourd’hui. On peut venir à la boutique, expliquer ce que l’on recherche et pourquoi, et avoir des propositions de personnes d’expérience.

Le titre « herboriste » n’est plus utilisé aujourd’hui, car le certificat a été supprimé en 1941, et depuis, malheureusement, utiliser le terme semble un peu risqué d’un point de vue légal. Cela dit, on voit un renouveau de ces boutiques, et la profession s’organise.

Vous trouverez différentes gammes de produits qui peuvent inclure des plantes de circuit court, de circuit long, de circuit moyen, afin de vous fournir le plus de choix possible. On peut y acheter des plantes qui proviennent directement d’un paysan-herboriste ou cueilleur, et d’autres qui proviennent d’un grossiste. Certaines herboristeries font le choix de ne vendre que des produits du circuit court, c’est une tendance qui va se développer de plus en plus, une tendance que l’on doit soutenir.

Là encore, comme précédemment, payer le bon prix, ça veut dire faire vivre nos producteurs, nos cueilleurs et nos boutiques. Ces herboristes de comptoir, on aimerait en voir dans tous les villages et dans toutes les villes. Ils méritent leur place. Ils apportent un conseil précieux avec le produit qu’ils vendent, ils éduquent et guident le consommateur.

Les herboristes de comptoir s’organisent aujourd’hui au travers de l’Association des Herboristeries de France (l’AHF). Le lien est sur mon site.

herboristerie boutique


Praticien en herboristerie

Ensuite, nous avons le praticien en herboristerie. C’est le métier que je revendique, celui que j’exerce depuis le plus longtemps.

Le praticien accompagne les personnes, dans une démarche de bien-être, en proposant des conseils personnalisés sur l’hygiène de vie, l’alimentation, et l’usage raisonné des plantes, en complément d’un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.

C’est un accompagnement qui se déroule en général sur plusieurs mois. Parfois ce n’est pas nécessaire et on arrive à avoir des résultats au bout d’une séance. Mais parfois il faut plus de temps. Une première séance dure en général entre 60 et 90 minutes pour bien comprendre la situation et la personne. Les suivis durent entre 30 et 45 minutes en général.

On fournit un service, sous la forme d’une liste de conseils. On éduque, et c’est la personne en face de nous qui est le chef d’orchestre et qui prend les décisions. On conseille les formes traditionnelles de l’herboristerie (tisanes, teintures, poudres, macérats huileux, etc.) On connaît bien la plante, on a été formé pour l’identifier en nature, savoir la ramasser, connaître les bons fournisseurs pour que notre conseil porte ses fruits. Cela dit, nous, on se concentre purement sur la partie conseil.

On travaille soit dans un bureau dans lequel on reçoit les personnes, soit à distance en visio. On se fait rémunérer à la séance.

Nous nous sommes organisés au travers de la Guilde Française des Praticiennes et Praticiens en Herboristerie (la GFPH), qui fait maintenant pleinement partie du paysage des métiers de l’herboristerie en France.

conseil praticien


L’éducateur et le formateur

Et je terminerai avec l’éducateur et le formateur. L’éducateur a un rôle très important à jouer. Il fait passer des messages au grand public sur l’hygiène de vie, le bien-être, les plantes médicinales, leurs propriétés, comment les utiliser, les transformer.

L’éducateur explique clairement que reprendre sa santé en main n’est pas chose facile. Il n’y a pas de raccourcis. Il n’y a pas de plantes miracles.

L’éducateur peut agir à petite échelle. On peut faire des ateliers du week-end, prendre une 10’aine de personnes, faire des sorties reconnaissance de plantes dans les campagnes alentour, faire des ateliers de fabrication, ou prendre un sujet comme mieux dormir et expliquer les outils à notre disposition. Et demander une contribution pour assister à l’atelier.

L’éducateur peut agir à échelle moyenne en proposant des programmes de formation plus ou moins longs, ou à plus grande échelle en participant à des conférences ou en ayant une activité en ligne. Je vous ferai d’ailleurs un épisode à part sur les écoles et les formations.

Atelier de préparation de produit


Le mot de la fin

Je vais m’arrêter là, je pense que je vous ai déjà donné pas mal d’informations et d’associations à contacter si ces métiers vous intéressent.

Ces métiers, bien que distincts en apparence, forment les maillons d’une chaîne complète : celle d’une herboristerie vivante. Du producteur/cueilleur au transformateur, du vendeur au conseiller, à l’individu. Chacun contribue à faire vivre ce savoir-faire, dans le respect du vivant et pour le mieux-être de la personne.

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à être multiactivités. A porter différents chapeaux. Car on essaie d’en vivre, et ce n’est pas toujours facile. Je vous ai décrit ces métiers comme s’ils étaient tous séparés, mais en réalité, ce n’est pas le cas. Parfois, on en superpose deux, voire trois. Ce qui est fabuleux, c’est que chacun peut trouver sa place selon ses affinités : travail manuel, contact humain, pédagogie, recherche, commerce, etc.

Et le mot de la fin, un point très important pour nous tous : c’est de montrer notre valeur, dans la complémentarité et le respect de toutes les professions médicales. Le futur se joue en équipe. Et on sera là.

Merci de nous soutenir. A très prochainement pour d’autres épisodes sur le sujet.

3 réponses

  1. Bonjour,
    C’est toujours un plaisir de vous lire ou de vous écouter.
    J’aimerais, si je peux me permettre, apporter une petite précision concernant la suppression du diplôme d’herboriste en 1941.
    Contrairement aux informations que l’on trouve un peu partout concernant la disparition du diplôme d’herboriste avec la loi du 11 septembre 1941 ( loi publiée le 20/09/1941), des diplômes d’herboristes ont été délivrés postérieurement à cette date.
    La loi précisait en effet : » qu’il ne serait plus délivré d’inscription pour le diplôme d’herboriste après la date de la publication de la présente loi ».
    Or une circulaire datée du 31 Octobre 1941 et adressée aux Recteurs d’académies a apporté un complément d’information :  » (…) Après accord avec M. le secrétaire d’Etat à la Famille et à la Santé, le terme « d’inscription pour le diplôme d’herboriste doit s’entendre dans le sens d’immatriculation dans une faculté ou école. En conséquence, il convient de donner aux candidats au certificat d’aptitude à la profession d’herboriste déjà immatriculés la possibilité de terminer leurs études en se présentant à la session d’octobre-novembre ». Ce texte est signé d’Edouard Marie GALLETIER (1885-1965), directeur de l’Enseignement supérieur.
    Concrètement, on peut donc trouver des diplômes d’herboristes ratifiés par des recteurs d’académie en début d’année 1942.
    Cela signifie qu’un diplôme d’herboriste, enregistré en 1942, n’est pas un faux diplôme comme on pourrait le craindre de prime abord.
    Bien cordialement.
    Fabrice.

  2. Bonjour!

    Merci beaucoup pour ces articles clairs!
    J’aurais bien aimé participer à cette rencontre proposée: »imaginons l’herboristerie de demain » mais j’habite trop loin…
    Grand merci pour ce chemin qui fédère avec beaucoup de bienveillance et d’ouverture!

    Bien chaleureusement.

    Suzanne

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