Bienfaits du pissenlit (Taraxacum officinale)

Noms communs : Pissenlit, Liondent, Groin de porc, Laitue de chien, Couronne de moine, Salade de taupe

Nom latin : Taraxacum officinale

Famille : Astéracées

Constituants : le pissenlit contient :

  • Des composants amers (lactones sesquiterpéniques) ;
  • Des triterpènes (composant résineux) ;
  • Des acides phénoliques (agissent comme antioxydants) ;
  • Des phytostérols (lipides similaires au cholestérol) ;
  • Des minéraux (du potassium en particulier – jusqu’à 4,5% dans la feuille) ;
  • Dans la racine : de l’inuline, surtout en automne ;
  • Dans la racine : du fructose, surtout au printemps ;
  • Dans la feuille : des flavonoïdes et des vitamines.

Description

Les botanistes m’excuseront, je m’apprête à grandement simplifier le monde complexe du pissenlit. Car au cas où vous ne le sauriez pas, il existe plus de 1,200 espèces et sous-espèces en Europe (sans parler du reste du monde).

Nous allons donc nous concentrer sur la grande famille du « dent de lion », facilement reconnaissable par les traits que je vais décrire. Et si cette vulgarisation inclut cent ou mille sous-individus, qu’importe. Car les propriétés médicinales seront les mêmes d’une sous-espèce à l’autre.

Le pissenlit est une plante vivace et non une annuelle comme certains le pensent. La partie aérienne de la plante reste ou disparait selon les températures en hiver, et l’énergie de la plante repart vers les racines. Lorsque la partie aérienne meurt, la plante donne naissance à une nouvelle rosette de feuilles à la fin de l’hiver ou au début du printemps.

Le pissenlit pousse dans les endroits suivants : à peu près partout. Dans les champs cultivés, les champs en friche, sur le bord des routes, aux abords des maisons. Certaines plantes médicinales sont dures à trouver. Pour le pissenlit, c’est plutôt l’inverse, l’éviter serait bien trop compliqué. Et c’est tant mieux, car comme nous le verrons plus bas, c’est une pharmacie à lui seul.

Pissenlit (Taraxacum officinale)
Par Franz Eugen Köhler, Köhler’s Medizinal-Pflanzen

Le pissenlit est très variable en taille, en fonction de l’environnement dans lequel il pousse. Au plus le sol sera riche, au plus sa masse aérienne sera importante. La forme des feuilles varie grandement, elle aussi, et est plus ou moins découpée et dentée.

Pour être sûr de bien identifier le pissenlit « traditionnel », nous nous concentrerons sur la feuille divisée qui se termine en pointe de flèche comme montré sur l’image ci-dessous.

Pissenlit (Taraxacum officinale)
Photo de Rosalee de la Forêt

La base des feuilles est souvent blanche, puis la tige devient rougeâtre puis verte.

Pissenlit (Taraxacum officinale)

La tige florale est un tube creux qui laisse s’écouler un latex (lait blanc) lorsqu’on la casse. Ce que l’on appelle la fleur (le pompon jaune) est en fait un capitule constitué de petites fleurs jaunes.

Pissenlit fleur encore en bouton :

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Il n’y a qu’un seul capitule par tige florale. La fleur et très mellifère et attire une multitude d’abeilles. Les fleurs n’ont pas besoin d’être fécondées pour produire les graines.

Pissenlit fleur ligulée bien visible :

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Lorsque les capitules floraux deviennent matures, ils se referment pour ensuite se rouvrir et laisser échapper les petits parachutes portant la graine.

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Il suffira d’un souffle pour disséminer les graines et assurer la propagation de l’espèce.

La racine est constituée d’une carotte centrale assez charnue d’où se détachent plusieurs racines beaucoup plus fines. La racine est, elle aussi, laiteuse si on la casse. Elle est de couleur brune pour sa couche externe et blanche à l’intérieur (il suffit de gratter la couche brune avec l’ongle pour voir apparaitre la couleur blanche).

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Comme nous le verrons par la suite, la feuille et la racine sont toutes deux médicinales.


Tempérament

  • Refroidissant
  • Asséchant

Goût

  • Amer
  • Légèrement salé
  • Racine : une douceur discrète
  • Racine : huileux

L’aspect amer de la plante va refroidir les conditions et les tempéraments enflammés. Ce point-là est particulièrement mis en avant dans la médecine Chinoise, qui utilise le pissenlit pour contrer la chaleur et le feu interne (voir plus bas).

L’aspect amer va aussi stimuler un système digestif qui tourne au ralenti. L’aspect amer/diurétique la rend asséchante. Comme nous le verrons, la feuille est particulièrement asséchante de par son aspect diurétique.


Quelles sont les vertus du pissenlit ?

Vertus du pissenlit pour le foie

Le pissenlit est principalement connu comme plante dépurative, et ceci depuis des millénaires. Si l’on combine efficacité, accessibilité et abondance en nature, aucune autre plante n’arrive à l’égaler. C’est la racine qui sera employée dans ce contexte.

J’ai longuement parlé de la cure dépurative dans l’article à ce sujet. Elle est non seulement toujours d’actualité, elle est aussi un outil indispensable pour les personnes qui veulent faire de la prévention de maladies. Les organes d’élimination de l’homme moderne sont constamment sollicités. Lorsque petits excès et engorgements amènent à des problèmes d’encrassage (un terme de Jean Seignalet), le pissenlit peut faciliter l’évacuation des déchets en « ouvrant » les canaux d’élimination.

Cazin(1) nous dit qu’il l’utilise « en décoction dans les vices de sécrétion de la bile ; dans l’ictère essentiel ou symptomatique, et surtout dans les engorgements hépatiques ou spléniques qui suivent les fièvres intermittentes ». Le terme ictère signifie jaunisse. On notera l’expression « vices de sécrétions de la bile », dénotant une faiblesse hépatobiliaire. Cette faiblesse se retrouve chez beaucoup d’individus aujourd’hui d’une manière constitutionnelle, et s’exprime souvent par des difficultés à digérer tout ce qui est gras. En effet, on se souviendra que la bile émulsifie les lipides afin d’augmenter leur surface de contact pour que les lipases puissent intervenir d’une manière efficace.

Plus tard, Leclerc(5) confirme ces propriétés : « L’observation clinique m’a mis à même de constater que le pissenlit possède réellement la propriété de favoriser le cours de la bile ; en le prescrivant à des malades atteints d’angiocholite chronique, de congestion du foie, de cholélithiase, j’ai vu s’atténuer les crises douloureuses et s’amender les symptômes d’insuffisance hépatique ».

Les études récentes nous montrent que le pissenlit non seulement augmente l’activité du foie, mais il le protège aussi grâce à ses propriétés antioxydantes(2). Il peut donc être utilisé pour protéger un foie qui souffre (noté au travers de taux d’ALAT trop élevés par exemple).

Le pissenlit est connu comme « nettoyeur du sang ». Cette vieille notion de « charge sanguine » peut être comprise par tous. De nombreux déchets sont véhiculés en circulation sanguine et doivent être éliminés rapidement par le foie. Lorsque le foie tourne au ralenti, le sang devient « sale ». Le pissenlit, en activant le métabolisme de ces déchets au niveau du foie, peut nettoyer le sang.

« Le pissenlit essore l’éponge hépatique et rince le filtre rénal »
Henry Leclerc

Cette notion s’applique à de nombreux déséquilibres de santé. Chez les allergiques, par exemple, le foie doit se débarrasser des complexes immuns. Dans les douleurs articulaires liées à un excès d’acide urique, le foie et les reins doivent se débarrasser de cette substance problématique.

Lorsque les organes de nettoyages fonctionnent mieux, on arrive à s’imaginer comment d’autres processus physiologiques arrivent à en bénéficier. Le système immunitaire peut être plus efficace(3). La personne peut se sentir moins fatiguée(4).

De plus, tout ceci ne semble être qu’une vue partielle, en surface. Weiss(7) explique que « tous ces effets ne sont que des aspects partiels de l’effet général de la plante sur l’activité cellulaire ». Le pissenlit agirait donc au cœur même de la cellule, ce qui nous amène à la section « anti-cancer » que vous trouverez plus bas.

La salade de pissenlit :

Salade de pissenlit

A la sortie de l’hiver, les rosettes des jeunes pissenlits sont tendres. La salade de pissenlit est une tradition dépurative ancestrale que je suis depuis plusieurs années. Voici une façon de les préparer, à la Provençale :

  • Ramassez la rosette entière avec un tout petit morceau de la racine. Ceci permet d’obtenir l’effet hépatique de la racine et l’effet diurétique de la feuille. De plus, la racine donne du croustillant à la salade (et de l’amer aussi). N’en coupez qu’un tout petit bout près de la rosette afin que la plante puisse se régénérer ;
  • Lavez vos pissenlits plusieurs fois ;
  • Préparez une vinaigrette à base d’huile d’olive, de vinaigre de vin et de moutarde. Ne soyez pas avare sur la quantité ;
  • Rajoutez de l’ail écrasé ;
  • Rajoutez quelques anchois écrasés ;
  • Mélangez le tout.

Le sel des anchois va légèrement s’opposer à l’effet diurétique afin d’éviter un effet trop diurétique. L’huile d’olive, la moutarde et l’ail sont « réchauffants » et vont équilibrer la froideur de la plante. Nous rentrons ici dans la phytothérapie énergétique, et nous tentons d’équilibrer les énergies pour cette préparation qui doit rester nourrissante avant tout.

Bienfaits du pissenlit pour le système digestif

Le pissenlit peut être utilisé comme digestif amer. On le prendra avant les repas afin de stimuler la sécrétion des sucs gastriques (au niveau de l’estomac, de la vésicule biliaire et du pancréas) et la tonicité des muscles lisses digestifs lorsque nécessaire.

Cazin(1) explique qu’il est efficace « pour relever les forces digestives et rétablir les sécrétions ». On peut l’utiliser chez la personne manquant d’appétit après une longue maladie par exemple. Culpeper(10) parle de pissenlit dans les cas de cachexie, affaiblissement profond de l’organisme lié à une dénutrition importante.

La racine de pissenlit peut corriger les problèmes de constipation chronique en augmentant le débit de bile, notre laxatif naturel. La racine de pissenlit n’est pas aussi efficace que la racine de patience crépue pour la constipation, mais elle est par contre mieux tolérée sur le long terme. Chez l’enfant constipé, le pissenlit est mieux toléré que la patience crépue qui peut être trop irritante pour les muqueuses intestinales.

Nous n’avons pas parlé du pancréas, mais les observations cliniques pointent vers une action positive du pissenlit sur la glycémie sanguine.

Fournier(6), en utilisant les termes de Ripperger, nous donne un beau résumé des propriétés digestives de la plante : « Le pissenlit est un exemple de l’harmonieuse pluralité d’action des remèdes végétaux, qui […] concourent dans leur complexité à l’alternance harmonisée qu’exige l’ensemble de l’appareil digestif comme récepteur, transformateur, puis distributeur des substances alimentaires et en fin de compte, dont a besoin tout l’organisme pour son parfait fonctionnement ».

Je simplifie : le pissenlit agit un peu comme chef d’orchestre de tous les organes digestifs.

Diurétique

Comme son nom l’indique, le pissenlit augmente la diurèse et ceci de manière notable. Et notez que c’est la feuille qui a une affinité particulière pour les reins, plus que la racine.

On l’utilise donc dans les cas de rétention d’eau et œdèmes. Si vous vous sentez gonflé et que vous suspectez une rétention d’eau, la feuille de pissenlit pourra valider cette hypothèse. Faites-en une cure pendant une semaine. Si vous arrivez à perdre un peu de poids, vous n’avez hélas pas maigri d’une manière miraculeuse. Vous avez plutôt « pissé » une partie de votre eau (pardonnez l’expression).

Cazin(1) parle « d’hydropisie de poitrine » (ancien terme pour l’œdème) chez un patient : « l’usage du suc de pissenlit le soulagea beaucoup en excitant la sécrétion urinaire. Itard a vu une anasarque assez considérable se dissiper au bout de trois semaines par l’usage de ce suc. Hanin a eu aussi de fréquentes occasions d’observer les bons effets du pissenlit dans les hydropisies » (anasarque = syndrome œdémateux généralisé).

Weiss(7) la recommande chez la personne âgée, «elle encourage l’excrétion rénale et l’élimination des substances qui ont tendance à se déposer dans le corps» de ces personnes. Le pissenlit est aussi indiqué «pour contrer la tendance à développer des calculs».

Vous pouvez l’utiliser dans la gestion de l’hypertension essentielle, lorsque la pression systolique ne dépasse pas les 15 à 16.

Elle est aussi utile chez la femme dans la gestion de la rétention d’eau prémenstruelle. Dans ce contexte, mélangez racine et feuille. La feuille agira comme diurétique, la racine activera le foie, organe essentiel dans la gestion des problèmes hormonaux (le foie recycle le trop plein d’hormones).

Pissenlit en pot
Pissenlit en pot – pourquoi pas ?

Bienfaits du pissenlit pour les douleurs articulaires

Comme mentionné plus haut, un problème d’élimination peut être la cause de douleurs articulaires. C’est Weiss(7) qui en parle le mieux dans ce contexte : « L’utilisation du pissenlit pour le traitement des maladies dégénératives des articulations est beaucoup plus importante. Le processus arthritique est l’indication primaire pour Taraxacum. La plante a été utilisée avec beaucoup de succès dans les traitements préventifs ».

Notez ici qu’on envisage le pissenlit lorsque les douleurs articulaires sont accompagnées de difficultés d’élimination (qui peuvent être dues à des causes constitutionnelles – le foie et les reins ont toujours été « paresseux » par exemple).

Anti-cancer

Siyaram Pandey, un chercheur à l’université de Windsor au Canada, étudie le pouvoir anti-cancer de la racine de pissenlit depuis plus de 3 ans. Il fut d’abord approché par le docteur Caroline Hamm, une oncologue curieuse de comprendre pourquoi certains de ses patients buvant de l’infusion de pissenlit semblaient se rétablir mieux que les autres.

« Pour être honnête avec vous, j’étais très pessimiste au début » raconte Pandey lors d’un entretien avec CBC News. «Cela pouvait être une coïncidence ».

Coïncidence ? Point du tout.

Les équipes de Pandey démontrèrent que la racine de pissenlit force les cellules cancéreuses les plus agressives à se suicider (un processus appelé l’apoptose), le tout dans le contexte de la leucémie myélo-monocytaire.

« C’était surprenant, mais pas aussi surprenant que de constater que le pissenlit était bénin pour les cellules normales » nous dit Pandey.

Michael Tierra, phytothérapeute américain très apprécié et fondateur de la East West School of Planetary Herbology, explique dans un article sur taraxacum et arctium (article hélas non disponible actuellement) : « J’ai étudié littéralement des centaines de plantes du monde entier, et en prenant en compte le coût, la disponibilité, le goût (à ne pas négliger car les gens souffrant de maladies chroniques comme le cancer doivent prendre leurs plantes au moins trois fois par jour pendant des mois) – il n’y a probablement aucune plante anti-cancer sur cette planète aussi simple et puissante que le pissenlit et la bardane » (nous parlerons de la bardane dans un futur article).

Tierra rajoute : « Ceci ne veut pas dire que le pissenlit et la bardane garantissent un traitement du cancer. La même affirmation ne peut être dite au sujet des traitements médicaux conventionnels. Ceci veut simplement dire que ces plantes sont capables d’optimiser les processus physiologiques nécessaires pour détruire les cellules cancéreuses et prévenir leur prolifération ».

Il est évident que tout ceci ne doit être entrepris qu’en complémentarité d’un accompagnement médical adéquat (et avec l’accord de l’oncologue). Pour aller plus loin, vous pouvez lire cet excellent article.

Bienfaits du pissenlit pour la « chaleur interne »

Matthew Wood(8) nous donne des indications spécifiques liées à la médecine énergétique.

Il l’indique lorsque la chaleur descend profondément dans les tissus, épaississant les fluides et ralentissant le drainage des tissus. Ceci entraîne une inflammation des tissus profonds, ce qui peut infecter les muscles et les os. Le pissenlit va refroidir l’excès de chaleur et disperser les fluides épaissis. Culpeper d’ailleurs, dans son fameux ouvrage datant de 1652(10), nous disait déjà que le pissenlit a des qualités d’ouverture et de nettoyage des passages.

Wood utilise la langue pour déterminer si le pissenlit est nécessaire : la langue est « géographique », semble être ulcérée par endroits, avec des taches plus foncées et plus claires, et laissant entrevoir des points rouges et sensibles (une observation documentée par les homéopathes, Boericke en particulier). Cette cartographie peut parfois être observée au sommet ou sur la pointe de la langue, parfois sur les cotés.

Wood explique qu’« après avoir donné du pissenlit, la langue passe en général du rouge foncé au rose foncé, indiquant que la chaleur a été libérée des profondeurs, mais qu’une sensibilité à la chaleur persiste ». Il a utilisé le pissenlit avec succès dans des cas de trouble maniaco-dépressif accompagné de langue géographique.

La médecine Chinoise parle aussi de taraxacum (T. mongolicum) pour « clarifier la chaleur toxique » entrainant abcès (du sein, du poumon, appendicite), douleurs et gonflements. Le point commun étant une chaleur et inflammation (le pissenlit étant de nature refroidissante) ainsi que du liquide épaissi et bloqué (le pissenlit étant diurétique et relâchant les fluides). On constate, par exemple, qu’une otite séreuse correspond à cette situation.

Sa capacité à éliminer non seulement la chaleur, mais aussi la toxicité au niveau profond nous ramène à la détoxification cellulaire, les « pathologies d’encrassage » de Seignalet, et la propriété anti-cancer exposée ci-dessus.

Les études récentes(9) confirment un effet anti-inflammatoire au niveau cellulaire. Tout se recoupe…

Bienfaits du pissenlit pour la sphère émotionnelle

L’élixir floral de fleur de pissenlit apporte des propriétés intéressantes. On l’utilise pour la personne de type A, constamment en mouvement, constamment au travail, mettant la barre très haut.

La personnalité pissenlit est souvent l’entrepreneur qui connait seulement deux états : ON ou OFF. Le problème étant l’épuisement dû au stress chronique (le « burnout»). La personne abuse de sa résistance physique et n’arrive pas à s’écouter.

L’élixir va aider cette personne à écouter ses besoins corporels, à ralentir, à retrouver un équilibre. Il agit parfois sur les tensions musculaires provoquées par ce stress constant (un stress très souvent positif, mais qui néanmoins use la machine).

Là encore, tout se recoupe : on retrouve la personnalité Pita de médecine ayurvédique, caractérisée par le chaud et le feu, avec un pissenlit qui s’avère refroidissant et calmant. On pensera aussi à lui pour les caractères susceptibles et irascibles avec colères explosives et rougeur/chaleur à la tête – la montée du feu du foie de la médecine chinoise. On revient au foie, on boucle la boucle.

Indications diverses

Contrindications et précautions

  • Le pissenlit est mal adapté à la personne fine, frêle et ayant tendance à avoir souvent froid ;
  • Vu son effet diurétique, elle aggrave les problèmes de peau et muqueuse trop sèche ;
  • Elle est contrindiquée chez la personne faisant de l’hypotension ;
  • Vu l’effet marqué de la plante sur le foie, il peut y avoir interaction avec certaines classes de médicaments.

Utilisation du pissenlit

Les feuilles sont utilisées pour leur effet diurétique. La racine est utilisée pour son action sur le foie et au niveau cellulaire.

L’infusion des feuilles est beaucoup plus amère que la décoction des racines.

La plante est très facile à ramasser ou à trouver en herboristerie.

  • Teinture des feuilles séchées : au taux de 1:5 (100 g de plante pour 500 ml d’alcool) dans de l’alcool à 40° à 50°. Prendre 40 à 60 gouttes de 2 à 3 fois par jour selon la personne et la condition ;
  • Teinture des racines séchées : au taux de 1:5 (100 g de plante pour 500 ml d’alcool) dans de l’alcool à 50°. Sinon, utilisez la méthode de teinture de plante « quasi-fraîche » expliquée dans mon article sur les teintures mères. Même dosage ;
  • Infusion des feuilles : 30 g/L : prendre une tasse 2 à 3 fois par jour ;
  • Décoction des racines, 30 à 50 g/L : prendre une tasse 2 à 3 fois par jour ;
  • Racine pulvérisée (style médecine chinoise) : de 2 g à 15 g de poudre , à prendre en 2 ou 3 fois par jour selon l’objectif
  • Suc de racine fraiche : 1 à 2 cuillères à soupe par jour(5).

Leclerc(5) donne la recette suivante pour stabiliser le suc de racine fraiche :

  • Suc de racines fraiches de pissenlit : 100 g
  • Alcool à 90° : 18 g
  • Glycérine : 15 g
  • Eau : 17 g

Cueillette et séchage

La feuille se ramasse au besoin tout au long de l’année, bien qu’elle soit plus tendre à la sortie de l’hiver pour les salades.

La racine se ramasse idéalement à l’automne lorsque l’énergie repart vers les racines. Mais l’herboristerie pratique nous dit ceci : on ramasse au besoin. J’ai ramassé la racine à tout moment de l’année, et les effets sont tout aussi satisfaisants.

La racine se présente sous la forme d’une carotte, il faut donc faire attention à ne pas la casser ou en laisser des morceaux dans le sol. L’idéal est de ramasser après une pluie, ou de déverser un arrosoir sur la plante, laisser pénétrer puis déraciner à la bêche.

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Coupez les feuilles à l’aide d’un sécateur à la base de la partie blanche (en dessous du rouge).

Pissenlit (Taraxacum officinale)

Nettoyez et stockez la racine entière afin de minimiser la surface de contact avec l’air. La découpe pour la décoction ou la teinture, ou la pulvérisation se fait au dernier moment.

Stockez les feuilles entières. Pas besoin de les découper pour préparer la teinture mère de feuille, ou une infusion des feuilles.

Le stockage se fait dans des bocaux hermétiques, ou dans des sacs en papier gardés dans une pièce sombre, fraiche et sèche. La plante se garde assez longtemps sans perdre ses propriétés.

Pissenlit (Taraxacum officinale)


Confiture de pissenlit

Miam ! La confiture de pissenlit, que l’on appelle aussi « cramaillote », est en fait une gelée préparée à partir des fleurs (ou pour être plus précis, des capitules floraux). La gelée fournit un goût subtil et légèrement miellé.

Voici une recette traditionnelle simple à réaliser. La recette m’a été donnée par mon ami Guillaume Besson de Nature en Conscience. Guillaume est un éternel expérimentateur, constamment à ajuster ses recettes jusqu’à obtenir le mélange parfait. Comme toujours en cuisine, n’hésitez pas à expérimenter avec un peu plus de ceci et un peu moins de cela (moins de sucre ? je vous comprends !)

Ingrédients :

  • 900 gr d’inflorescences de pissenlits
  • 3 litres d’eau
  • 2 oranges
  • 2 citrons
  • Sucre : 1 kg pour 1,5 litre d’infusion
  • Agar agar : 5 g/litre d’infusion

Préparation :

  • Détachez les fleurs des capitules. Le but est de pouvoir enlever les parties vertes qui sont relativement amères, et ne garder que les parties jaunes. Cela dit, par expérience, enlever seulement le pédoncule suffit.
  • Coupez les agrumes en gros quartier en gardant la peau.
  • Mettez dans une grosse casserole les agrumes, les fleurs, l’eau et chauffer.
  • Une fois le mélange à environ 90°C, laissez macérer toute la nuit.
  • Le lendemain, filtrez et pressez la préparation pour garder le plus de jus possible.
  • Pesez ensuite ce jus, le sucre et l’agar-agar. Gardez 50 ml d’infusion à part pour diluer l’agar-agar dedans. Réservez.
  • Ajoutez le sucre au jus filtré et chauffez ce sirop jusqu’à que le sucre soit dissout.
  • Ajoutez ensuite le restant de jus avec l’agar-agar. Portez à ébullition quelques minutes.
  • Mettez en pot.

Questions/Réponses

Au fil des années, j’ai reçu de nombreuses questions au sujet de notre cher pissenlit. Voici les plus courantes…

Quand manger les pissenlits ?

Ils seront largement plus tendres au printemps, avant la floraison. C’est le bon moment de le manger en salades des feuilles. Voir ma recette un peu plus haut. En ce qui me concerne, je mange une salade 100% sauvage à la sortie de l’hiver et au printemps avec des feuilles de pissenlit, crépis, picris, laiterons, etc. J’aime la diversité.

Je n’ai pas besoin de rajouter de feuilles de laitue ou frisée pour « couper » le goût. En revanche, si vous n’êtes pas encore habitué au goût amer, vous pouvez faire un mélange avec des salades plus douces (celles que vous trouvez dans votre magasin bio).

Un peu plus tard dans la saison, à la fin du printemps, voire même en été, j’aime faire cuire les feuilles qui sont largement moins tendres qu’au début du printemps (cela dit, je continue aussi avec mes salades). Ma recette favorite s’appelle « bourbouillade ». Oui, c’est une recette du sud de la France comme son nom l’indique 🙂  Voir recette ci-dessous.

Comment manger les pissenlits ?

Les feuilles en salade, tout simplement, comme expliqué un peu plus haut (recette avec les anchois) dans la section Vertus du pissenlit pour le foie.

Les feuilles cuites en « bourbouillade« . Voici la recette :

On utilise un mélange de feuilles de plantes sauvages : pissenlits, laiterons, roquettes sauvages, plantain lancéolé, mauves sylvestres. Il m’arrive de faire une bourbouillade uniquement avec des feuilles de pissenlit, elle sera un peu plus amère que si on mélange avec d’autres feuilles (le plantain et la mauve coupe un peu l’amertume, la roquette amène de l’épicé/moutardé).

Lavez vos feuilles puis faites-les revenir dans une bonne huile d’olive avec de l’ail haché. Salez et poivrez. Faites cuire à l’étouffé jusqu’à ce que les feuilles soient cuites et tendres.

Ensuite faites une petite « sauce blanche » directement dans votre poêle. Je rajoute un peu de lait, un peu de farine, pour faire une « mini-béchamel », rapide. Ensuite, j’étale cette préparation sur de belles tranches de pain complet, je rajoute du conté râpé dessus et je fais gratiner au four.

Servir en entrée en réalisant que toute cette bonne amertume ouvre l’appétit 🙂

Quelles sont les vertus du pissenlit ?

Je vous renvoie en début d’article, mais je vous fais aussi un petit résumé ici en sélectionnant trois propriétés qui peuvent rendre service au quotidien :

  • C’est une grande plante amie du foie. On utilise la racine sèche en décoction et on fait une petite cure dépurative d’une dizaine de jours à raison de 2 tasses par jour. Elle apporte ses bienfaits dans les périodes où l’on se sent un peu « engorgé », plein, congestionné, en général après quelques abus alimentaires (arrosés ou non) accompagnés de manque d’activité physique.
  • Elle régule le transit (toujours en décoction des racines) lorsque l’on souffre de constipation légère, passagère ou chronique. En stimulant l’axe hépatobiliaire et en permettant une meilleure production de bile, la racine de pissenlit stimule le transit.
  • La feuille est très diurétique, elle permet donc (en tisane des feuilles sèches), d’aider à éliminer les œdèmes et rétentions d’eau. On dégonfle un peu grâce à la feuille lorsqu’on a tendance à accumuler l’eau, dans les parties basses du corps en particulier. Ceci peut arriver chez la personne qui a une mauvaise circulation pendant les jours les plus chauds. Chez la femme, il peut y avoir cette situation en syndrome prémenstruel.

Comment utiliser le pissenlit pour le foie ?

On prépare une décoction des racines sèches coupées en petits morceaux.

Vous pouvez ramasser et faire sécher les racines vous-même, ou les acheter en herboristerie. Je mentionne un peu plus haut la quantité 30 g par litre, mais vous pouvez faire plus simple en utilisant une cuillère à dessert des racines sèches pour une grande tasse. Pour 2 tasses par jour, on mettrait donc 2 bonnes cuillères à dessert dans 3/4 de litre d’eau, on laisse frémir 5 minutes, on éteint le gaz et on laisse reposer encore une 15’aine de minutes. Cette quantité devrait fournir 2 grosses tasses pour la journée.

Vu que cette décoction peut un peu « remuer » le foie, introduisez graduellement la tisane pour voir si vous la supportez bien.

Est-ce que le pissenlit est toxique ?

Non, le pissenlit n’est pas toxique. Il est à la fois comestible et médicinal. En supposant que vous avez bien ramassé du pissenlit bien évidemment.

Il peut, en revanche, contenir des substances toxiques en fonction du lieu de ramasse. Ramassez toujours loin des zones industrielles et champs de cultures conventionnelles. Ramassez aussi loin de tout passage d’animaux, les risques d’échinococcose (hors contexte de cet article) étant non négligeables.

Quels sont les pissenlits comestibles ?

Il existe plus de 1,200 espèces et sous-espèces en Europe (sans parler du reste du monde). Globalement, tous les pissenlits (du genre Taraxacum) sont comestibles. Notez au passage que les ramasseurs confondent le vrai pissenlit avec d’autres salades sauvages type crépis, picris, laiteron, lampsane, etc. J’ai envie de vous dire « peu importe, car toutes ces salades sauvages sont comestibles ».

En revanche, j’ai aussi entendu assez d’histoires bizarres pour vous dire qu’il faut connaître sa botanique et savoir identifier les plantes. Sortez donc avec des associations locales qui vous feront découvrir toutes ces salades comestibles. Mieux vaut un cueilleur averti qu’un cueilleur malade (voir pire).

Cela dit, globalement, si ça ressemble à un pissenlit, en général, c’est comestible.


Références

(1) Cazin, F.J., « Traité pratique & raisonné des plantes médicinales indigènes  , 1850

(2) Colle D, Arantes LP, Gubert P, da Luz SC, Athayde ML, Teixeira Rocha JB, Soares FA. Antioxidant properties of Taraxacum officinale leaf extract are involved in the protective effect against hepatoxicity induced by acetaminophen in mice. J Med Food. 2012 Jun;15(6):549-56.

(3) Lee BR, Lee JH, An HJ. Effects of Taraxacum officinale on fatigue and immunological parameters in mice. Molecules. 2012 Nov 7;17(11):13253-65.

(4) Jinchun Z, Jie C. The effects of Taraxacum officinale extracts (TOE) supplementation on physical fatigue in mice. Afr J Tradit Complement Altern Med. 2011;8(2):128-33.

(5) Leclerc, Henri,  « Précis de phytothérapie : essais de thérapeutique par les plantes françaises », 1954

(6) Fournier, Paul-Victor, « Dictionnaire des Plantes Médicinales et Vénéneuses de France », 1947

(7) Weiss, Fintelmann, « Herbal Medicine » , 2000

(8) Wood, Matthew, « The Earthwise Herbal: A Complete Guide to Old World Medicinal Plants », 2008.

(9) Koh YJ, Cha DS, Ko JS, Park HJ, Choi HD. Anti-inflammatory effect of Taraxacum officinale leaves on lipopolysaccharide-induced inflammatory responses in RAW 264.7 cells. J Med Food. 2010 Aug;13(4):870-8.

(10) Culpeper, « The English Physician », 1652

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350 réponses

  1. Bonjour,

    Je cherche une plante dépurative du foie efficace et j’hésite entre le pissenlit et l’aubier du tilleuil. J’ai essayé pendant 3 semaines sans succès les ampoules dépuratives fitoform. Je n’ai observé aucun effet, qu’il soit positif ou négatif.
    Je suis mince, pâle, pas très grande, mais je ne suis pas frileuse. Je me demande si vous auriez une idée de la plante la plus adaptée à mon profil.

      1. Merci pour votre réponse 🙂
        J’ai des soucis hormonaux et comme le foie a une grande importance dans la fabrication et le traitement des hormones j’essaie cette piste. Et puis j’ai un peu abusé des apéros entre amis cet été 😀

      2. Je suis en cours de cure. J’ai quelques boutons mais je ne sais pas si c’est dû au pissenlit. Couramment on conseille des cures de 3 semaines, mais j’ai lu à plusieurs reprises que les cures du foie ne devraient pas dépasser 15 jours pour ne pas épuiser l’organisme. Qu’en pensez vous?
        Merci pour vos conseils 🙂

        1. Bonjour Lily,
          Tout ceci n’est pas une science précise. Traditionnellement, on utilise ces plantes pendant une dizaine de jours, voire 2 semaines, et effectivement les observations des anciens sont que, au-delà, la personne commence à perdre les bénéfices et ressentir une fatigue. On s’est donc calé sur 2 semaines. Mais cela va surtout dépendre du besoin, de la situation et de la personne. Il faut parfois intégrer ces plantes à faibles doses dans un mélange, mais utilisé sur des périodes beaucoup plus longues.

  2. bonjour,
    Bonjour,
    Mon ami a été diagnostiqué pour un Lymphone Cutané suite à 2 ans de démangeaisons sur le corps… Le pissenlit nettoyant le sang, il pourrait tuer les cellules cancéreuses qui ‘sy trouvent mais la peau serait -elle désséchée ? que me conseillez-vous ?
    sous quelle forme prendre la racine de pissenlit ? avez-vous des adresses pour l’acheter ?

    Merci pour votre retour
    Cordialement
    Sylvie

    1. Bonjour Sylvie,
      Le pissenlit est une plante diurétique, il nous fait donc perdre une partie de notre eau. Lorsqu’on en prend régulièrement, et aussi lorsqu’on a déjà tendance à avoir une peau sèche, le pissenlit va aggraver ce phénomène (la peau sera moins humidifiée).
      Vous trouverez la racine de pissenlit dans de nombreuses herboristeries – herboristerie du Valmont par exemple
      http://www.herboristerieduvalmont.com/plantes-medicinales-en-vrac/361-pissenlit-racine-coupee-bio-5425021001327.html
      (version non-bio disponible, moins chère. version plante en poudre disponible aussi)

  3. je viens de déguster un vin de racines de pissenlits que j’ai réalisé suivant votre recette tirée de votre livre « Vins médicinaux et élixirs » « recettes naturelles de mon herbaliste » .
    C’est succulent, ce mélange sucré et amer avec un goût indescriptible qui appelle à une deuxième « tournée »dans un verre liqueur (à déguster avec modération bien entendu mais difficile d’y résister)…

  4. Bonjour Christophe,

    Mon gazon est rempli de pissenlits .. je me suis donc fait une belle salade hier soir et me suis régalée ! mais .. à minuit plus moyen de trouver le sommeil ! .. est-ce que le pissenlit et un excitant ?

    Merci de m’informer !

    1. Bonjour,
      Non, mais ces effets innatendus ne sont pas rares. On observe même parfois un effet inverse. La plante est complexe (des centaines de constituants), l’être humain est complexe, alors vous imaginez lorsqu’on mélange les deux 🙂 On en sait beaucoup sur les résultats à attendre chez la plupart des individus, mais on est loin de comprendre ces réactions « idiosynchratiques ».

  5. Bonjour Christophe

    J’ai trouve quelques beaux pissenlits hier sur la plage..
    Donc je me suis connectee a votre site…
    Question :
    Et les fleurs ? En macerat ou en teinture ? Ont-elles des proprietes interessantes ?

    Merci d’avance et bon WE

    1. Bonjour Catherine,
      Les parties traditionnellement utilisées :
      – la racine pour la stimulation du foie et des reins
      – la feuille pour la stimulation des reins (diurétique)
      La fleur n’est pas traditionnellement utilisée, mais elle est très jolie dans les salade, et on peut faire la fameuse cramaillotte avec. Personnellement, je ne trouve pas que la fleur soit intéressante d’un point de vue thérapeutique.

  6. bonjour Christophe,
    Sont-ce vos graines qui vous donnent de si beaux pissenlits (photos de l’article), car je trouve des pissenlits aux racines maigrichonnes et c’est galère pour les nettoyer ou des racines tordues qui cassent lorsqu’on va les chercher (j’ai confectionné une tige métallique dont le bout est plat que je peux enfoncer assez profondément pour retirer le maximum de la racine mais qui fini toujours par casser en cours d’extraction (je serai un mauvais dentiste)…. J’en ai séchées et pulvérisé quelques centaines de grammes qui je vais percoler car faire des tisanes depuis quelques jours devient fastidieux… mais le résultat se fait déjà sentir… Une remarque que j’ai faite en observant la plupart des racines: elles ont des formes qui ressemblent au corps humain, tout comme le ginseng, est-ce un signe ?…

  7. Bonjour !j ai ramassé du pissenlit dans mon jardin ou plutot ma prairie, la fleur est exactement celle que vous montrez ,mais les feuilles sont légèrement duveteuses ,alors que je croyais qu elles étaient lisses ?le bout des feuilles est en pointe de flèches et le suc ou la feuille sont très amer .en attendant je fais sécher sinon je jetterai. Merci

  8. Bonjour,

    quelle merveilleuse plante.
    Ma tension est basse environ 9 voir 10 si c’est un bon jour. Mais je me sens très bien.

    Je peux faire une chute de tension si je saute des repas, ce que je ne fais jamais, si je respecte mes trois repas je peux passer l’année sans aucune chute de tension.

    Je pensais à l automne faire pour la famille des préparations à base de pissenlit. Feuilles et racines mais séparés.

    Croyez vous que je peux en prendre.

    En ce moment je me fais des tisanes bio de pissenlit avec chicorée sans aucune mauvaise réaction

    Merci pour votre réponse et votre site si précieux

    1. En général la racine ou la feuille peut être problématique à des doses plus thérapeutiques, tournant autour des 30 à 40 g par litre d’eau par jour. Si la plante fait partie d’un mélange à des doses beaucoup plus basses, cela devrait passer si vous en prenez en ce moment sans problème.

  9. Bonjour Christophe,
    J’ai un ami qui m’a demandé de lui donner un bon remede, (à base de plantes bien sûr)
    pour les calculs rénaux, parfois il souffre terriblement de coliques nephretiques.
    Je vous remercie par avance de l’aide que vous pourrez lui apporter.

    1. Bonjour Dolores,

      Je ne connais personnellement aucune herbe ou protocole naturel qui arrive à dissoudre un calcul à proprement dit. Par contre, les herbes peuvent être utilisées pour aider à l’évacuation, principalement en augmentant l’activité diurétique (il faut toujours pousser le calcul hors des « tuyaux » multiples, et cela fait mal), et pour gérer la douleur. Tout ceci suppose un calcul de taille raisonnable qui puisse être expulsé. Si trop gros, parfois intervention chirurgicale nécessaire.

      – Mon diurétique préféré: le pissenlit, la feuilles
      – Pour gérer l’irritation et inflammation du passage: l’aigremoine (Agrimonia eupatoria, souvent un spécifique pour les douleurs aigues associées au rein – voir John Scudder, Treben). Astringente donc bon si il y a saignements. Tisanes ou teinture.
      – Si saignements, un spécifique ici est la bourse à pasteur (Capsella Bursa Pastoris). Teinture, car en général perd de son efficacité assez rapidement au séchage.
      – Un démulcent pour adoucir le passage: la racine de guimauve (Althaea off.) en infusion froide. Bien que les mucillages ne passent pas en circulation générale et donc ne peuvent pas apporter un « mucus artificiel » vers le système urinaire, l’expérience montre un effet démulcent « réflexe » probablement orchestré par le système nerveux.

      D’autres plantes communes à garder en tête basé sur les utilisations historiques: l’eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum), la pariétaire (Parietaria off. – diurétique et démulcente), l’ortie.

      1. Bonjour, j’ai trouvé de la racine d’angélique séchée dans une boutique chinoise (pas une boutique médicinale). En supposant que ce soit de l’angélique (une odeur très forte mais pas de feuilles d’angélique), j’aimerais en parfumer mon kefir d’eau (de fruits) mais j’hésite car j’ignore ce que pourra donner la combinaison des deux. Avez-vous une opinion là-dessus ?

        1. Bonjour Tatiana
          je n’ai jamais essayé, mais on rajoute bien du gingembre donc je pense que vous pouvez y mettre la racine d’angélique sans problème, après est ce qu’il y a extraction des composants ? je ne sais pas, si j’ai des informations sur ce sujet je reviendrai vers vous 🙂

  10. merci pour ce site! Comment arriver à faire soi même l’extrait liquide de pissenlit que l’on trouve dans le commerce pharmaceutique sous forme d’ampoule buvable?
    Quelle partie de la plante? Fraîche ou seche? Quel procédé de fabrication? Macération, décoction, extraction à l’aide d’un extracteur a jus?
    J’aime beaucoup ces ampoules je voudrai parvenir à faire ma propre solution aqueuse de pissenlit. Merci

    1. Bonjour Myriam. Tout dépend des produits et des marques. Chez Super Diet par exemple, vous avez un extrait aqueux 1:1 de pissenlit (100 ml de liquide représentent 100 g de plante, donc extraits concentrés), qui est réalisé je pense (logiquement, mais je n’ai pas les infos pour confirmer) par décoction + évaporation lente afin d’arriver à la bonne concentration 1:1. Donc, par exemple, vous mettez 50 g de plante dans une casserole, vous décoctez dans 250 ml d’eau, puis vous évaporez jusqu’à obtenir 1/5 de cette quantité d’eau, c’est à dire 50 ml. Parfois l’extrait est réalisé par pression mécanique de plante fraiche. Parfois par infusion/décoction/évaporation, en général de plante sèche.

  11. Merci Christophe pour tout ces précieux renseignements. J’ai lu que les racines de pissenlit dans d’autres articles aussi, étaient un excellent anti cancer. Comment se procure t’on la teinture mère. Si en pharmacie, ce que j’espère, comment l’utiliser ?

    j’ai vu aussi que la marque Hebier de France en vend en vrac pour décoction ? Quelle est la galénique la plus efficace ? Qui concentre le plus de principes actifs ?

    Merci beaucoup. Hélène

    1. Bonjour Hélène,
      Ma forme favorite pour la racine de pissenlit est la décoction, qui opère une extraction efficace, et permet de boire régulièrement. On peut par exemple se préparer un litre de décoction que l’on peut parfumer avec d’autres plantes, et en boire une petite tasse chaude ou froide pendant la journée.
      Elle se trouve aussi en teinture mère ou EPS, en pharmacie ou magasins bios.
      Après, tout dépend l’utilisation que vos désirez en faire. Si utilisé pour une constipation chronique due à une faiblesse hépato-biliaire par exemple, la teinture fait l’affaire. Pour un effet dépuratif et drainant, je trouve la forme aqueuse plus efficace.

  12. Bonsoir,

    De composition, je suis très frileuse, je fais de l’hypotension et j’ai la peau sèche. D’après ce que je lis sur le site, je ne devrais pas utiliser le pissenlit. Vous me confirmez? Est-ce que je peux utiliser l’aubier de tilleul à la place?

    Merci

    1. Bonjour,
      Les plantes dépuratives comme le pissenlit, la bardane, l’aubier de tilleul sont en général assez diurétiques. Elles vont donc vous faire perdre une partie de vos fluides. Elles sont contrindiquées lorsque hypotension, sauf si on les associe aux plantes qui s’opposent à cette perte de fluide au niveau des reins. En d’autres termes, il est facile de les associer à la racine de réglisse par exemple, afin de conserver les avantages sur le nettoyage du foie, tout en diminuant l’effet diurétique.
      Donc… décoction de racines de pissenlit + racines de réglisse (autant de réglisse que de pissenlit).

      1. Bonjour,
        Ma maman est atteinte d’un cancer de l’intestin grêle.
        La racine de pissenlit est-elle efficace pour l’aider à se soigner, car avec tous les sites internet, il paraîtrait que ça pourrait guérir du cancer, est-ce vrai et si c’est le cas où en trouver et à quelle dose le consommer..
        Merci beaucoup

        1. Bonjour Sabine,
          Non, on ne peut pas dire ce genre de choses. J’aimerais bien pouvoir clamer ceci haut et fort, mais cela serait à la fois incorrect et déplacé.
          Ce que l’on peut dire, par contre, c’est que ses propriétés peuvent aider le système de la personne malade à faire un meilleur travail. Son action dépurative est bien connue, et le foie a un rôle majeur à jouer dans la maladie car il doit recycler une grande quantité de déchets immunitaires. De plus, le foie doit faire face à des traitements très lourds comme la chimio, et le pissenlit a un effet protecteur et réparateur sur le foie.
          Par contre, la partie délicate est l’interaction avec un traitement en cours. On évite sa prise quelques jours avant le début d’un traitement et on attend quelques jours après que le traitement soit terminé. Les doses sont mentionnées dans l’article. Il peut s’associer avec le desmodium, une autre protectrice du foie assez utilisée même par certains médecins oncologues pour protéger le foie.

  13. Merci pour toutes ces infos que vous donnees. Elles sont excellentes et precieuses.
    Je voudrais savoir: Si je mache correctement les racines seches de pissenlit et je les avale, pourrai-je profiter de ces bienfaits.

  14. Bonjour Christophe!
    votre site est super, je viens de rentrer dans le monde des plantes officinales et la prise de médicaments antihypertenseurs que je tolère mal m’amène à me tourner vers la phytothérapie. Vous parlez du pissenlit comme diurétique: peut on le prendre en gélule et à quel concentration ou dosage pour qu’il soit aussi efficace que le diurétique que je prends? contrairement à certains de vos patients le fait d’aller souvent aux toilettes ne me pose pas de problème…puisque c’est l’effet recherché!
    merci de votre réponse et bonne journée

    1. Bonjour Marie Christine,
      Les formes les plus efficaces pour maximiser les effets diurétiques du pissenlit sont les suivantes :
      – infusion (un peu concentrée) de la feuille
      – macérât alcoolique de la feuille (qui peut se faire soi même à la maison – 500 ml d’alcool à 40° pour 100 g de feuilles sèches)
      Notez que c’est la feuille qui est plus diurétique que la racine. Arriver à la bonne dose s’effectue d’une manière expérimentale, en commençant par un certain point (disons par exemple, infusion de 50 g de feuilles pour 1 litre d’infusion à boire pendant la journée, ou 1 c-à-café du macérât alcoolique 3 fois par jour), faire pendant 2 ou 3 jours, mesurer tension avec tensiomètre (un outil essentiel à la maison dans ce cas là), ajuster. Le pissenlit reste un outil essentiel si la tension systolique ne dépasse pas les ~ 16.

      La meilleure préparation (encore mieux que les 2 précédentes) restent l’extrait fluide de pissenlit, ou 1 ml de préparation représente 1 g de plante, donc un macérât concentré.

      1. Bonjour Christophe!
        Merci beaucoup pour votre diligence à me répondre.
        J’ai donc cherché des extraits fluides de pissenlit mais n’en n’ai trouvé aucun qui ne soit constitué que des feuilles. Avez vous un nom de laboratoire à me préciser? Je compte également essayer de prendre en même temps de l’olivier. Qu’en pensez-vous?
        J’ai un tensiomètre et l’adaptation se fera sans problème.
        Merci et bonne journée!

        1. Excellente idée pour l’olivier. Passiflore à garder en tête, au cas où la combinaison olivier + pissenlit ne soit pas suffisante. Pour l’extrait fluide, aucune suggestion pour la feuille uniquement, commencer par la bonne vieille infusion concentrée n’est pas une mauvaise idée (feuille achetée en herboristerie). Sinon passer à l’extrait fluide de la racine ou de la plante entière (racine + feuilles).

          1. Merci beaucoup pour tous des renseignements. Je m’y mets dès demain est ai bon espoir de pouvoir me passer de certains de mes médicaments
            Bonne soirée !
            M Christine

  15. Bjr, Fidèle aux plantes, mon naturopathe ; me conseille d’infuser la plante, et filtrer, puis remettre à bouillir la plante dans un peu d’eau froide 10 mn. ce qui permet de prendre tous les effet de la plante….

    Qu’en pensez-vous.

    merci. mimi.

    1. Ceci s’appelle une double infusion. On rajoute parfois un peu de nouvelle plante (non précédemment infusée) dans la deuxième infusion afin de la concentrer. Quoi que dans votre cas, c’est plutôt une infusion suivie d’une décoction.

      C’est une méthode que je connais, qui apporte un intérêt pour moi très marginal pour certaines plantes, et aucun intérêt pour d’autres. Aucun intérêt pour les aromatiques par exemple – au contraire, la première infusion fait sortir les huiles essentielle, la deuxième les tanins et les composants amers, ce qui va rendre la tisane « rêche » en gorge et moins agréable à avaler.

      Un petit intérêt pour certains autres composants, les minéraux en particulier, certains alcaloïdes. J’arrive à voir que si l’on décide d’infuser l’angélique par exemple, faire suivre par une petite décoction et mélanger les deux liquides pourrait optimiser le mélange. Mais dans l’ensemble, je préfère la méthode simple, qui donne de tout aussi bons résultats.

      De toute façon, le test simple est le test du goût et de l’odeur. Si pour une plante donnée, l’infusion + décoction donne un bien meilleur résultat en bouche, c’est que le profil des composants extraits est probablement bien meilleur.

  16. bonsoir Christophe
    Concernant les racines de pissenlit, pour les nettoyer est ce que je peux les passer sous l’eau ou bien cela risque de les altérer?

  17. bonsoir Christophe
    devant un début de cystite , la décoction de racine de pissenlit est elle efficace ? ou bien d’autres plantes seraient mieux ?
    et peut on faire de la décoction de racine fraiche ou bien faut il quand même la faire sécher?
    comme en ce moment les pissenlits sont présents , j’ai testé la salade , hormis les anchois (que je n’avais pas) ce fut un vrai régal merci

    1. Cystite : il y a bcp mieux, busserole, baies de genièvre, jus de canneberge, achillée si petits saignements, aigremoine si mucus dans les urines, viburnum si spasmes, barbe de mais si sensation de brulure lorsque urination, le tout selon symptômes. Il faut savoir être spécifique dans l’utilisation des plantes, sinon résultats médiocres.
      Décoction de racine sèche est excellente, pas besoin d’utiliser frais.
      La salade est un régal, je suis d’accord !

  18. vi encore …
    pourquoi avec le pissenlit ce sont les feuilles séchées qui ont votre préférence plutôt que les fraiches ou demi fraiches ?

    1. Car la manière simple de les prendre sera en infusion, et que la feuille sèche permet un meilleur rendu des minéraux et des amers. Ce n’est pas toujours le cas – ex : plante aromatique, infusion de plante fraiche préférable. Mais pour les minéraux et les composants amers, je trouve que la plante sèche donne un meilleur échange en tisanes.

      Certaines plantes sont à la fois amères et aromatiques – les armoises par exemple. Dans ce cas, je les préfère fraiches.

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