Faire une teinture de plantes médicinales : la macération

La teinture de plantes médicinales est une préparation classique très utilisée pour son coté pratique. Dans cet article je vous explique en détails les étapes pour la réaliser chez vous.

La macération est la méthode la plus longue, mais la plus facile à réaliser. C’est aussi la plus ancienne, car les hommes ont préparé leurs propres potions depuis des millénaires, infusant les plantes dans du vin, du vinaigre ou de l’alcool.

Nous allons utiliser la méthode standard pour préparer une macération à partir de la plante fraîche ou sèche. Dans un autre article, j’explique une méthode un peu plus avancée : la percolation, une méthode qui me tient à coeur pour sa supériorité lorsque la plante en question est sèche.

Je vous guide aussi dans toutes ces préparations lorsque vous suivez ma formation en-ligne.


Le solvant

Le type d’alcool

Pour faire une teinture, notre but est d’extraire les composants de la plante médicinale le plus efficacement possible, et si possible d’une manière peu coûteuse.

Le meilleur solvant reste un mélange d’alcool et d’eau. Il y a bien sûr d’autres solvants que vous rencontrerez dans différentes recettes ici et là – le vin blanc, le vinaigre – mais dans l’ensemble, aucun n’accomplit un travail aussi efficace que l’eau et l’alcool.

Un alcool acheté dans le commerce est automatiquement un mélange d’eau et d’alcool car il est quasi impossible aujourd’hui de se procurer de l’alcool pur dans le commerce en France. Un litre d’alcool de fruit à 45° par exemple est un mélange de 450 ml d’alcool pur et de 550 ml d’eau.

Voici les 3 principaux types d’alcool qui peuvent être utilisés pour faire une teinture :

  1. La vodka, bon marché, avec un taux d’alcool entre 40° et 45°, et en général fabriquée à partir de céréales. Les alcools de céréales fournissent le goût le plus neutre possible, ce qui fera mieux ressortir le goût de la plante. Les alcools de fruits vendus en supermarché aujourd’hui sont souvent eux aussi des alcools de céréales. Attention aux vodkas les moins chères de supermarché, elles sont souvent à 37,5°, un taux trop bas pour une macération efficace.
  2. Le rhum, alcool de sucre, un peu plus cher, avec des taux d’alcools qui montent plus haut jusqu’à 55°, ce qui est très avantageux pour fabriquer une teinture de plante fraîche (ou disons, comme nous le verrons plus bas, « quasi fraîche »). Le goût doux et sucré du rhum n’est bien sûr pas neutre, mais pourra bien se marier avec certaines médicinales douces et nutritives comme la bardane ou les ginsengs.
  3. Le marc, alcool de raisin, souvent retrouvé dans les caves, ou gentiment donné par un ami producteur, qui souvent tourne autour des 50°. Le goût est un peu plus brut.

Choisissez en fonction du taux d’alcool dont vous avez besoin, et en deuxième selon vos goûts. D’un point de vue efficacité d’extraction, c’est le taux d’alcool qui compte.

La concentration

Pour la plante sèche, il faudra consulter les ouvrages spécialisés qui vous diront quel pourcentage d’alcool utiliser pour les différentes plantes. En général, si la plante n’est pas trop riche en résines, un alcool à 45° suffira. Si la plante est riche en résines (ex : le souci), il faudra monter à 55°, un taux d’alcool qui se trouve dans le commerce sous la forme de rhum.

L’ouvrage essentiel : la Materia Medica de Michael Moore (fondateur de la Southwest School of Botanical Medicine), un ouvrage qui reste la référence aujourd’hui aux Etats-Unis. J’ai traduis cet ouvrage en Français avec la gracieuse permission de la Southwest School of Botanical Medicine. Cliquez-ici pour avoir accès à la materia medica.

Pour faire une teinture de plante fraîche, il faut en théorie un alcool pur (à 96°), car le processus d’extraction se fait par déshydratation, l’alcool exerçant une force osmotique sur la cellule de la plante gorgée d’eau. La cellule est alors forcée de se rompre et de laisser échapper ses précieux constituants. En pratique, nous allons voir dans le chapitre suivant que cela n’est pas nécessaire et que nous pouvons contourner ce point avec une astuce.

Une fois la teinture terminée, le taux d’alcool sera redescendu à 50 à 60°. Pour information, si vous prenez une dose traditionnelle de 1 c-à-café 2 fois par jour (10 ml), cela représente la même quantité d’alcool qu’un tiers de verre de vin.

Si la personne a un gros problème de foie, ou refuse l’alcool pour des régions religieuses par exemple, alors il faudra considérer une forme commerciale où l’extraction s’est faite d’abord par l’alcool, mais l’alcool et l’eau ont été ensuite évaporés et la poudre résultante transférée dans de la glycérine végétale.

Les autres solvants

Vous trouverez de nombreuses recettes maison de macération dans le vin blanc, le vinaigre, ou la glycérine végétale. Ceci donne des résultats intéressants d’un point de vue gustatif et même parfois culinaire (ex : un vinaigre de sureau est exquis). D’un point de vue médicinal par contre, les résultats sont médiocres. Car il n’y a pas de meilleur solvant qu’une combinaison eau + alcool.

Certes, il y a quelques exceptions, comme la macération des amères dans le vinaigre (le vinaigre d’absinthe est efficace pour le démarrage du processus de digestion et pour redonner du tonus aux muscles lisses digestifs). Dans la majorité des cas par contre, on ne peut guère se tromper avec l’eau + l’alcool. Dans le doute, c’est le solvant à choisir.


Préparation de la plante

Certaines plantes se teinturent très bien sèches. La racine ou la feuille de pissenlit par exemple, l’aubépine, l’agripaume, et bien d’autres… voir l’article https://www.altheaprovence.com/faire-secher-les-plantes-medicinales/ Une fois sèche et juste avant de les faire macérer :

  • Coupez la plante le plus finement possible en utilisant un sécateur. Cette méthode est adaptée pour la plupart des parties aériennes de plante.
  • Pour certaines plantes un peu plus dures, les branchettes d’aubépine par exemple, vous pouvez les broyer grossièrement au blender, puis plus finement par la suite au moulin à café si nécessaire.
  • Pour les racines (les éléments les plus durs), découpez les d’abord en petits tronçons avec un sécateur solide de type sécateur enclume. Pour les broyer plus finement, commencez au blender puis finissez au moulin à café, ou passez directement au moulin à café à partir des tronçons.

Si l’on désire faire une teinture de plante fraîche (pour la mélisse par exemple qui est morte au séchage), et si vous n’avez pas accès à de l’alcool pur à au moins 80°, il faudra utiliser l’astuce suivante :

  • On la fera d’abord sécher le plus possible mais pas complètement. La plante sera alors frippée, mais toujours humide. Elle ne s’effritera pas au toucher. J’utilise le terme « plante quasi fraîche » pour ce cas de figure.
  • Lorsque la plante est la plus sèche possible sans être complètement séchée, on la transférera dans le solvant en la coupant finement auparavant.

Pourquoi faire une teinture avec certaines plantes quasi fraîches plutôt que sèches ? Car certaines plantes perdent quasiment toutes leurs qualités au séchage. Beaucoup sont stables, mais certaines ne le sont pas. Cette information figure dans les ouvrages de référence mentionnés plus haut. En voici deux : la mélisse, le millepertuis. Il y en a bien d’autres.

Pour ceux qui sont sensibles à l’alcool :

Vous avez peut-être accès à l’alcool pur, mais vous trouvez que la teinture de plante fraiche est trop forte pour vous. Vous vous posez la question suivante : puis-je faire évaporer une partie de cet alcool avant la prise en la chauffant ?

Quelques commentaires à ce sujet :

  • Bien que les pharmacopées traditionnelles exigent de l’alcool à 90° pour la plante fraiche, on peut décider au cas par cas, en fonction de la quantité d’humidité dans la plante fraiche. Pour la racine d’échinacée pourpre par exemple, que je trouve relativement juteuse, un alcool fort à 80° ou 90° est souvent utile. Pour d’autres contenant moins d’humidité, prenons l’hysope par exemple, ou le thym, un alcool à 60° ou 70° fera l’affaire.
  • Faire chauffer une teinture est risqué car effectivement, il peut y avoir évaporation des composants volatiles, et destructions de certains composants sensibles à la chaleur. Donc là encore, c’est du cas par cas. Si la plante est résineuse, comme myrrhe (Commiphora myrrha) ou la grindelia (Grindelia integrifolia), aucun problème. Si la plante a des composants aromatiques, comme la valériane ou la grande aunée (ou pire, les aromatiques de type monarde ou hysope) – problème.

En conclusion, pour faire une teinture : il est largement préférable d’utiliser un alcool moins fort à la base et de macérer dans cet alcool, plutôt que de risquer la destruction de votre teinture.

Sur la photo ci-dessous, nous préparons la verveine officinale (Verbena officinalis) https://www.altheaprovence.com/verveine-officinale/ pour réaliser une teinture de plante fraîche. Les feuilles sont d’abord retirées des tiges, puis coupées grossièrement aux ciseaux. Elles seront ensuite mises en macération.

Faire une teinture mère de plantes médicinales


La teinture par macération

1. Pour faire une teinture de plante sèche :

  • Préparez la plante comme indiqué ci-dessus ;
  • Pesez la plante. Pour notre exemple, nous supposons que nous avons 150 grammes de plante sèche ;
  • Déterminez le taux d’alcool approprié à partir des ouvrages de références mentionnés ci-dessus ;
    • Dans le doute, utilisez un alcool à 40° ou 45° ;
  • Préparez 5 fois la quantité d’alcool correspondante au poids de la plante, en millilitres. On dit qu’on utilise un taux de 1:5 pour la macération de plante sèche. Dans notre exemple, nous préparons 150 g x 5 = 750 ml d’alcool ;
  • Placez la plante au fond d’un bocal à fermeture hermétique ;
  • Versez l’alcool par dessus ;
  • Remuer bien, étiquetez avec le nom de la plante et la date, et placez dans un endroit obscur ;
  • Remuez bien tous les jours ;
  • Pressez et filtrez au bout de 15 jours, mettez en bouteille et étiquetez avec nom de la plante et date.
    • Voir commentaire plus bas en ce qui concerne la durée optimale d’extraction
Faire une teinture mère de plantes médicinales : millepertuis
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum)

2. Faire une teinture de plante « quasi fraîche »

  • Préparez la plante comme indiqué ci-dessus, en la faisant sécher le plus possible mais pas complètement. Veillez à ce qu’elle puisse se « ratatiner », se friper, se déshydrater le plus possible.
    • Mais attention : la plante doit rester encore souple. Pour ce faire, le séchage ne doit pas se poursuivre jusqu’au point où la plante va s’effriter lorsqu’on écrase une feuille, ou devenir cassante pour une racine.
    • Le nombre de jours de séchage va dépendre de la saison et du climat. Parfois, la plante sera prête au bout de 48 heures, d’autres fois, il faudra attendre plusieurs jours. Retournez la plante régulièrement et touchez-la deux fois par jour.
  • Lorsque la plante est fripée au maximum sans pour autant devenir croustillante ou cassante, placez-la en macération en suivant la méthode de la macération de plante sèche ci-dessus.

Conseils pratiques

Durée optimale d’extraction

J’ai mentionné une durée moyenne de 2 semaines. Pour le puriste, cela n’est pas aussi simple que cela.

Pour les plantes aromatiques, l’extraction des huiles essentielles se fait dès les premiers jours. Ensuite, on atteint un pic où le goût et le parfum de la macération seront optimaux. Les jours qui suivent, les tanins de la plante vont commencer à prendre le dessus. Si l’on attend trop, le produit final sera certes aromatique, mais il sera aussi âpre, tannique, et brut en bouche. Si la propriété médicinale de la plante se trouve dans ses huiles uniquement, il vaudra mieux arrêter la macération au bout de quelques jours afin d’obtenir une teinture beaucoup plus subtile.

Seule l’expérience vous dira combien de jour attendre pour atteindre le résultat voulu. Pour une aromatique comme l’hysope par exemple (Hyssopus officinalis), la durée optimale de macération se situe entre 5 et 7 jours. Expérimentez, goûtez tous les jours, et familiarisez vous avec l’évolution de la macération.

Et puis sinon, si vous n’avez pas le temps, ou si vous avez oublié le bocal dans un placard pendant quelques mois, ne vous inquiétez pas, il y aura toujours du bon dans votre teinture.

L’alcool doit recouvrir complètement la plante

Si des parties de plante sont à l’air, elle vont s’oxyder et noircir, donnant à votre teinture une couleur et un goût qui n’est pas désirable. Ceci m’est déjà arrivé, et je ne dirais pas que la teinture est gâchée. Par contre, elle n’est pas optimale.

Le problème est le suivant : il est souvent compliqué, voire impossible de recouvrir la plante en suivant les taux plante/alcool recommandés (1:5 pour la teinture de plante sèche, 1:2 pour la teinture de plante fraîche). Comment faire ?

Voici deux astuces qui fonctionnent bien : utilisez soit un galet de rivière bien propre, soit un bocal plus petit à l’intérieur de votre bocal pour la macération afin de lester la plante et faire pression dessus. Ceci poussera la plante vers le bas et permettra à l’alcool de bien recouvrir le marc. Voici deux photos pour illustrer cette astuce.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : bacopa
Méthode 1 : un bocal fin et long est inséré à l’intérieur du bocal principal et fait pression sur la plante (parties aériennes de bacopa).
Faire une teinture mère de plantes médicinales : échinacée
Méthode 2 : un galet propre de rivière fait pression sur la
plante (racines d’échinacée)

Augmenter la surface de contact

Il est parfois difficile de couper la plante assez finement. Certaines racines sèches par exemple sont difficilement pulvérisables. Faites de votre mieux, puis laissez la plante macérer dans l’alcool pendant quelques jours. Une fois la plante bien imbibée, passez le mélange plante + alcool au blender. Ceci va broyer le mélange plus finement, donc augmenter la surface de contact entre alcool et plante et favoriser une meilleure extraction des composants de la plante.

Voici un exemple ci-dessous pour la racine de patience (Rumex crispus), broyée quelques jours après avoir été imbibée dans l’alcool.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : rumex crispus

Pressage

Une fois la macération terminée, je recommande de presser le marc, car il contient une quantité non-négligeable de liquide. Il serait dommage de perdre ce précieux liquide. J’ai personnellement une presse hydraulique pour accomplir cela. Mais une presse coûte plusieurs centaines d’euros, et n’est pas à la portée de tous le monde.

Une manière plus simple est d’utiliser une petite presse manuelle (voir image ci-dessous) que vous trouverez dans des magasins de cuisine, sur internet, ou à Ikea pour un prix dérisoire. Cette petite presse ne sera certes pas aussi efficace qu’une presse hydraulique qui presse à 10 tonnes. Mais pour faire un travail à petite échelle, je la trouve très pratique. Notez tout de même que vous ferez un travail convenable avec feuilles et fleurs, mais un travail très limité avec les racines. On fera avec.
Faire une teinture mère de plantes médicinales : mini presse

Filtration

Votre macération contient toujours une certaine quantité de terre et autres impuretés provenant de la plante. Il faut donc la passer au filtre à café non-blanchi. Insérez tout simplement un entonnoir sur une bouteille assez grande pour contenir tout le liquide, placez un filtre à café, et passez la macération après l’avoir pressé. Voir photo ci-dessous.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : filtrage

Quel type de bocal utiliser ?

Munissez-vous d’une bonne collection de bocaux de toutes tailles. Je travaille en général avec des bocaux de 1 L, 1,5 L, 2 L et 3 L pour les plus grosses quantités. En général, 1 litre est suffisant pour une consommation familiale. Choisissez le bocal le plus petit possible pour la quantité de teinture à faire, car nous voulons minimiser la quantité d’air présente dans le bocal. Si par exemple vous avez 250 g de plante sèche, qui nécessitera 250 x 5 = 1,25 litre d’alcool, choisissez un bocal de 1,5 L et non 2 L.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : bocaux

Monsieur, j’ai trouvé une chenille dans mon bocal

Aussi méticuleux que vous puissiez l’être, vous allez teinturer une certaine quantité de petits insectes. Je ne vois vraiment pas comment on peut éviter cela. Même si vous utilisez de grandes clayettes de séchage et que vous donnez aux petites bêtes le temps de s’échapper, certaines distraites finiront toujours par rester cachées sous une feuille. Alors ne vous inquiétez pas, suivez le processus sans vous laisser impressionner par ce petit désagrément.

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1 692 réponses

  1. Bonjour,
    je suis tombée sur votre site que je trouve fort intéressant. J’aurais une question: comme la pharmacie n’a plus de TM de Ginko Biloba en vente, j’aimerais la fabriquer moi-même. Je peux avoir de l’alcool à 90° en petites quantités et j’ai un arbre devant la porte. Alors: feuilles fraîches ou sechées et dans quel degrée d’alcool?
    Merci pour votre reponse!

    1. Bonjour Angelika,
      Teinture des feuilles sèches au taux de 1:5 en utilisant un alcool à 60°. Donc 60 ml d’alcool pur pour 40 ml d’eau distillée si vous partez de l’alcool pur. Sinon, un rhum à 55° devrait faire l’affaire.

  2. merci Christophe
    je vais aller m’éditer et méditer votre réponse
    car ………………………………….je n’ai rien compris , enfin juste l’essentiel , que l’alcool ne conserve pas la vitamine C (c’eut été trop beau pff pfff)

    idem pour les signes …. ..en tout cas à moi ils n’ont rien expliqué …

    je vais donc aller aérer mon neurone …. bonne journée
    et j’apprécie vraiment beaucoup votre site

  3. bonjour Christophe
    la question du jour …!
    sachant la fragilité de la vitamine C (à l’oxydation et à la cuisson) Est ce que la TM d’une plante riche en vitamine C , la conserve ?
    merci d’avance

    et hors sujet , mais à quoi servent les « signes » dans le rectangle gris sous écrire un commentaire? (<a href…etc..?)

    1. Non l’alcool ne blocke pas les radicaux libres. C’est justement parce que la vitamine C a une grande capacité à bloquer ces radicaux qu’elle s’oxyde à l’air. Il faudrait l’associer à d’autres antioxydants, mais alors là on tourne en rond, des antioxydants pour protéger les antioxydants !
      Les signes expliquent comment formater le texte des commentaires – insérer un lien, etc.

  4. bonjour
    Pour faire une macération de soucis , dois je laisser le calice ou bien ne mettre que les pétales?
    et (question subsidiaire) comme alcool je n’ai pour l’instant que de l’alcool à 50° …ça peut quand même le faire ?
    merci d’avance

    1. Souci : le calice est la partie médicinale principale (riche en résines), plus que les pétales
      Alcool : un peu léger, mais ça va le faire tout de même. Idéalement 60°, mais on fait avec ce qu’on a.

  5. Bonjour,
    Pourriez vous donner des indications pour faire un TM du griffe du diable (harpagophytum procumbens)? (Quelle partie de la plante utiliser, TM fraîche ou autre?) D’ailleurs, y-a-t-il un « meilleur moment » pour la cuillette? (matin, soir, pleine lune….)
    Merci d’avance!

    1. Bonjour Elisabeth,
      ce sont les tubercules bulbeux qui sont utilisés, et la méthode de teinturation est un peu différente des autres : c’est ce qu’on appelle une teinture concentrée aux taux suivants : [1:2, 60% alcool], donc pour 100 g de racines séchées, 200 ml d’alcool à 60°. A partir de là, suivre la méthode traditionnelle.

      Je ne connais pas la plante car elle ne pousse pas par ici (plante africaine). Je ne peut donc pas vous conseiller un bon moment pour la cueillette.

  6. un grand merci à vous Christophe

    je vais partager mon expérience pour les poux , après avoir testé sur mes chères têtes blondes, rentrant de l’école avec des têtes non pas bien pleines mais habitées, tout un tas de produits (des plus agressifs au plus inutiles) j’ai finalement opté pour le bain d’huile (ça les étouffe , heu pas les enfants , les poux …!)
    -on enduit le cuir chevelu d’huile, ensuite on entoure la tête avec du cellophane et une serviette par dessus (pour qu’ils ressemblent moins à des sandwiches) et on laisse passer la nuit, ensuite le shampoing , moi j’ai opté pour le savon noir et ne pas oublier de passer le peigne à poux, question de voir combien d’ennemis furent occis ) et ensuite leur frictionner le crâne avec quelques gouttes d’HE de lavande
    l’HE de lavande je leur en mettais pendant toute la période de la rentrée, qui est souvent aussi la rentrée des poux ..

    1. Merci pour cette méthode. Les produits commerciaux sont en effet très gras, et requièrent l’application d’un cellophane pour étouffer les poux. Une simple huile doit effectivement fournir un effet similaire. C’est bon à savoir…

    2. un grand merci sabine pour l’info. c’est la methode que j’emploi déjà, avec rincage au vinaigre dilué dans l’eau pour decoller les lentes.
      ayant lu un bon nombre de temoignages sur la teinture mere de staphysagria, j’espérais trouver une methode encore plus radicale et surtout plus simple et rapide.
      maintenant que christophe precise qu’il s’agit d’une plante toxique, mon engouement et ma curiosité sur cette YM sont bien moins vifs.
      comme chaque parent, je cherche LA solution miracle.

      en tout cas merci pour ce site, pour la rapidité des reponses

      ps: j’aimerais cependant mieux connaitre les propriétés de cette plante

  7. merci
    je suis allée lire la macération par intermédiaire alcoolique, mais vu que vous préconisez pour ce protocole un alcool à 96° et qu’en France pas moyen de s’en procurer ….
    donc …..
    TM ou MH ? pour le laurier ? ou alors je me tresse une couronne …
    bonne journée

    1. Si pas accès à l’alcool pur, alors faire l’alternative suivante :
      – faire bien sécher
      – pulvériser au moulin à café
      – et basculer tout de suite en macération huileuse (macération classique)
      En augmentant la surface de contact au maximum, on arrive à en tirer quelque chose. Par contre, moudre et mettre à macérer immédiatement afin de ne pas trop perdre d’HEs.

      Ceci étant dit, une macération alcoolique appliquée en teinture diluée localement sur les articulations douloureuses peut apporter une aide.

  8. bonjour,
    je suis à la recherche de tm de staphysagria, j’ai lu plus haut que l’on pouvait s’en procurer chez biover ou ladrome, mes recherches n’ont hélàs rien donné.
    la pharmacie m’a vendu un produit boiron en 4 dh .
    je suis à la recherche de cette teinture qui aurait des vertues anti poux.
    je me pose du coup beaucoup de questions.
    cette teinture peut elle etre nocive pour mes enfants? la dilution en 4 dh aura t’elle la meme efficacité?
    je vous remercie par avances pour vos reponses.

    1. On nous a hélas interdit quasiment toutes les teintures mères et plantes « toxiques » en France, sachant que les médicaments posent tout autant de problèmes sinon plus. Donc probablement impossible de trouver une TM non diluée en France.

      Dilution 4 DH n’aura pas du tout la même efficacité bien évidemment car dilué au 1/10000ème !.

      D’un autre coté, c’est vrai que ce n’est pas une plante que j’irais conseiller pour un enfant, même en externe. Par contre, je n’ai pas d’alternatives à proposer contre les poux, ce n’est pas un domaine que j’ai recherché pour l’instant.

  9. bonjour Christophe
    est ce que la reine des prés et l’eupatoire à feuilles de chanvre peuvent être préparée en TM ?
    merci d’avance

  10. …et dernière toute petite question et après je » m’accoise » pour au moins quelques jours…!
    j’ai un immense laurier sauce dans ma haie qui a des fruits en ce moment
    puis le mettre en TM avec les fruits ? les feuilles? bref le meilleur moyen d’en tirer sa substantifique moelle ?

    1. J’en fais personnellement une huile pour les douleurs rhumatismales, combiné avec du piment. Je suis la méthode de macération par intermédiaire alcoolique pour faire mon huile (voir l’article sur les huiles). J’utilise seulement les feuilles. Elle favorise la circulation et l’élimination au niveau des articulations lorsque appliquée en externe.

  11. bonjour Christophe
    la questionS du jour
    concernant la verveine officinale , vous dites je cite:
    « Sur la photo ci-dessous, nous préparons la verveine officinale (Verbena officinalis) pour faire une teinture mère de plante fraîche. Les feuilles sèches sont d’abord retirées des tiges, puis coupées grossièrement aux ciseaux. Elles seront ensuite mises en macération ».
    alors fraiche ou sèche ?
    j’ai énormément de verveine officinale en liberté dans mon jardin , à divers stades de croissance
    quelle cueillette dois-je privilégier
    sommités fleuries ? feuilles?
    et tite question subsidiaire pourquoi la verveine est elle tombée dans l’oubli ? Peu d’ouvrages l’évoquent , je n’en ai lu qu’un seul qui parle de ses principes actifs et encore que succinctement …qu’a-t-elle bien pu faire (ou ne pas faire) pour avoir ainsi chu ?

    1. C’est une erreur que je viens de corriger. Le teinturage se fait à partir de la plante fraiche idéalement (mais sèche bien aussi). Ce sont les sommités fleuries qui sont utilisées, feuilles incluses.
      La verveine est tombée dans l’oubli comme énormément d’autres plantes médicinales car c’est la phytothérapie elle même qui est hélas tombée dans l’oubli. C’est une plante complexe de la sphère nerveuse, utilisée aussi pour les problèmes du cycle féminin. Elle mérite une fiche détaillée…

      1. merci beaucoup Christophe pour ces réponses
        je m’en vais donc faire une plongée dans les MH ac intermédiaire alcool que je n’ai pas encore exploré ni testé …!
        vous faites macérer le piment avec le laurier ? ou séparément ?
        quant à la verveine officinale , je ne sais pas pourquoi mais elle m’a toujours attirée alors que nous n’avons pour l’instant rien fait ensemble…!
        bon oui kend

        1. Non je prépare toujours mes teintures et mes huiles séparément, afin de pouvoir faire mes formulations d’une manière plus flexible. Donc piment et laurier sont préparés séparément.

  12. autre petite question rapide
    est ce que toutes les plantes ayant des vertus médicinales sont aptes à être mises en teinture mère ?

    1. Non pas toutes. Les mucilagineuses seront bien plus efficaces en tisanes par exemple (mucilages solubles dans l’eau et pas dans l’alcool). Les minéralisantes, lorsque utilisées comme tel (ortie, folle avoine, trèfle, luzerne, etc) mieux en tisanes car minéraux sont ionisés dans l’eau. Si on les prépare en teintures mères, on va pour ainsi dire gâcher une grande partie de leurs vertus.

  13. vous dites que le millepertuis perd ses qualités au séchage,
    dans le livre « plantes médicinales » edition Gründ de Jan Volak et Jiri (1983) Stodola il est dit je cite:
    « on récolte les sommités (herba hyperici) à l’époque de la pleine floraison et par temps ensoleillé; on lie les bottes et on les fait sécher à l’ombre avec un courant d’air, voire en séchoir à 35°C maximum…. »
    à boire en tisane pour les propriétés que nous lui connaissons .

    là je reste perplexe……? car si le millepertuis perd ses qualités en séchant , quel intérêt de le préconiser entre autre pour des tisanes (de plantes sèches) ?
    en tout cas merci pour la traduction que vous faites des livres référents cités plus haut (pfff que n’ai je été attentive en mes vertes années aux cours d’anglais …)

    1. Je fais une généralisation pour la raison suivante : dans le commerce, tout ce qui est sec peut être très mauvais, ou relativement bon. Lorsque le choix se présente, il vaut donc mieux cueillir soi-même et consommer frais. Si vous connaissez votre millepertuis sec car vous l’avez fait sécher vous-même, il se conservera pendant une saison sans problème. Je trouve l’infusion peu efficace par contre par rapport à la teinture mère, de plante fraiche ou sèche. Pour moi, la teinture mère de millepertuis reste la forme royale d’administration. Les formes pulvérisées (gélules par exemple) peuvent varier du OK au très mauvais.

      Pour savoir si un millepertuis sec est encore relativement actif : en placer une petite quantité dans de l’alcool à 40°. Si l’alcool devient d’un beau rouge vif au bout de quelques heures, votre millepertuis est bon.

      1. je comprends mieux , je n’achète pas les plantes du commerce, je les cueille, je suis dans une région assez « riche » en plantes, y compris dans mon jardin
        j’ai de l’achillée millefeuille cueilli l’année dernière que j’ai retrouvé dans un carton , il sent encore bon … pensez vous qu’il soit encore opérationnel ? l’odeur peut elle être un indicateur ?

        1. Oui tout à fait, les indicateurs de qualité sont les suivants : couleur, odeur, gout, et parfois certains indices comme la couleur du macérât alcoolique de millepertuis. L’achillée est à la fois amère et très aromatique, et ces goûts doivent se retrouver bien prononcés dans l’infusion. L’odeur doit être présente aussi. La fleur doit être toujours relativement blanchâtre, certes parfois un peu jaunie, mais pas marron clair non plus.

  14. bonjour
    je cherche à faire de la teinture mère de staphysagria savez vous ou je peux trouver des graines ou de la poudre de graine ? (boiron ret veleda ne la fabrique plus) Pour la teinture mère pensez vous que je dois faire une macération ou une percolation? comme se sont des graine je fais quand même un pour cinq comme taux ?
    merci d’avance
    sara

    1. Bonjour Sara,
      Tout Delphinium est toxique, vous le savez probablement déjà. Je tenais tout de même à vous le rappeler. C’est une plante qui était utilisée dans le passé en microdose, puis passé dans le registre homéopathique. Certaines utilisations externes sont toujours faites aujourd’hui.
      Je peux vous avoir des graines en petite quantité pour les planter et faire votre propre culture (veuillez me contacter séparément : contact@altheaprovence.com).
      Je ferais personnellement simple : macération, vu la petite taille des graines et la grande surface de contact avec le solvant.
      La méthode traditionnelle pour les graines : [1:2, 95% alcool] et non pas 1:5. Notez le besoin d’alcool pur.
      Puis diluer dans 3 proportions d’eau avant application externe.

  15. Bonjour;
    J’ai fait un commentaire ce matin.
    L’avez vous reçu??
    Bonne soirée.
    Urbain

    1. J’ai reçu un commentaire au sujet de la teinture mère d’aubépine, et j’ai répondu. Voici ma réponse répétée ici :
      Faisons une petit exercice ensemble. Teinture de fleurs d’aubépine fraiches.
      Poids de fleurs fraiches : 200 g.
      Teinturage se fait au taux de 1:2 pour la plante fraiche avec de l’alcool pur à 96°, c’est à dire pour 100 g de plante il nous faut 200 ml d’alcool pur. Donc pour 200 g il nous faut 400 ml d’alcool pur. Pas besoin d’eau distillée. Aucune huile végétale nécessaire.
      Laisser macérer les fleurs dans l’alcool pendant 2 semaines. Filtrer et mettre en bouteille.
      Ceci répond à votre question ?

  16. Bonjour,
    pour faire une teinture de plantain, faut-il utiliser la feuille ou bien la racine?
    Merci par avance.

  17. Date de péremption ces macérations ?
    Où trouver de bonnes teintures mères si on ne les fait pas soi-même ?

    1. Une bonne teinture, préparée avec des plantes fraiches, et stockée dans un endroit frais et à l’abris de la lumière se garde pendant des années. J’ai des teintures qui ont plus de 5 ans et qui ont toujours un goût et un parfum incroyable. Aux Etats-Unis, on a retrouvé des teintures des frères Lloyd (qui fournissaient une grande partie des docteurs en teintures vers la fin des années 1800), et ces teintures étaient toujours actives. Bref, si vous les préparez avec attention, en utilisant les plantes fraiches ou quasi-fraiches (qui est excellent aussi), elles seront actives pendant de longues années (pour la plupart, avec quelques petites exceptions que je ne couvrirait pas ici)

      Dans le commerce, je recommande suivant les marques suivantes : Phytoprevent (en pharmacie), laboratoire Ladrome (sur internet), laboratoire Biover (sur internet). Je dois dire que basé sur le test du gout et de l’odeur, les teintures Boiron sont aussi de qualité, par contre dur de savoir la provenance des plantes. Pour Ladrome et Biover, vous avez la certification bio.

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