Infection urinaire

Infection urinaire (cystite)

Approches naturelles

Infection urinaire

En France, l’infection urinaire est la deuxième cause de visite chez le docteur et de prescription d’antibiotiques, et probablement la première cause d’infection bactérienne(1). Les autorités médicales estiment qu’une femme sur deux souffrira d’au moins une cystite pendant sa vie, les femmes étant largement plus touchées que les hommes.

La prise d’antibiotiques à répétition est bien évidemment problématique pour l’individu (éradication de sa flore intestinale, diminution de l’immunité, troubles digestifs) mais aussi pour la société. Elle entraîne en effet le développement de nouvelles souches de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Le but de cet article est de faire le tour des différentes thérapies naturelles à notre disposition, afin que justement nous puissions éviter le recours aux antibiotiques.

Bonnes habitudes

Certaines habitudes peuvent diminuer le risque d’infection urinaire récurrente. Les voici :

  • Ne pas se retenir, aller aux toilettes lorsque l’envie se fait sentir, et vider la vessie le plus possible (des conseils particulièrement utiles pour l’infection urinaire de l’enfant(2)) ;
  • Eviter l’utilisation de diaphragme ou de spermicide(3) ;
  • Se nettoyer de l’avant vers l’arrière après défécation, et non de l’arrière vers l’avant, afin de ne pas répandre les bactéries fécales vers la zone vaginale(4) ;

Les experts estiment que la plupart des cas sont dus à la migration d’Escherechia coli des voies fécales vers les voies urinaires, soit lors du passage aux toilettes, soit lors de mouvements vigoureux impliquant ces deux zones (pendant les rapports sexuels par exemple).

Faut-il boire plus ?

La recommandation semble logique : boire plus augmente la diurèse, ce qui permet d’éliminer une quantité plus importante de bactéries. Mais les études ne fournissent pas une réponse claire à ce sujet, et les résultats se contredisent(5).

La vraie question est celle-ci : buvez-vous assez d’une manière générale, ou oubliez-vous de boire dans le feu de l’action (au travail par exemple), même lorsque le signal de soif est là ? Si vous ne buvez pas assez par rapport aux demandes de votre corps (urination peu fréquente et urine foncée), augmentez votre consommation de liquides.

Si vous buvez déjà régulièrement, boire encore plus est probablement inutile.

Prendre soin du système immunitaire

Toute infection récurrente est signe d’un système immunitaire affaibli. L’infection urinaire ne fait pas exception à cette règle.

Avant d’aborder une approche spécifique par les plantes, on doit s’assurer que le système immunitaire fonctionne d’une manière optimale. Les plantes immunostimulantes de type échinacée (Echinacea purpurea, E. pallida, E. angustifolia), astragale de chine (Astragalus membranaceus) ou champignons médicinaux (shiitake, maïtake, reishi, cordyceps) peuvent être utilisés pour ramener un équilibre.

Voir aussi les 4 piliers du système immunitaire dans mon article sur la grippe.


Les plantes

Nous allons d’abord passer en revue les plantes qui ont une action générique sur l’infection urinaire. Nous verrons ensuite comment affiner la réflexion en fonction de certains signes comme les petits saignements ou les brûlures.

La canneberge – « cranberry » (Vaccinium macrocarpon)

C’est la grande classique de ces dernières années, avec de nombreuses études confirmant son efficacité.

Infection urinaire : cranberry

La canneberge fonctionne d’une manière très simple : c’est un agent anti-adhésion, créant un effet « téflon » sur la paroi de la vessie(6). La canneberge n’agit pas sur le pH urinaire comme précédemment annoncé(7). Son effet est principalement dû au D-mannose, un composant dont nous parlerons plus bas.

La canneberge est efficace sous forme de jus, de capsules ou de tablettes faites à partir de l’extrait sec.

Voici quelques études cliniques intéressantes :

  • 150 femmes d’âge 21 à 72 ans prirent soit un placebo, soit du jus de canneberge (250 ml 3 fois par jour), soit des tablettes de canneberge (2 fois par jour) pendant 1 an. Le nombre de femmes souffrant d’au moins une infection urinaire par an baissa de 20% (jus) et 18% (tablettes) respectivement(8) ;
  • Une méta-analyse incluant 10 études, 7 utilisant le jus de canneberge, 4 utilisant des tablettes (1 étude utilisant les deux à la fois), fournit la conclusion suivante : la canneberge est la plus efficace chez la femme souffrant d’infection urinaire récurrente. La canneberge ne semble pas être efficace chez la personne souffrant de vessie neurogène(9) ;
  • L’école de pharmacie de l’université de Toronto estime que la canneberge peut être consommée par la femme enceinte souffrant d’infection urinaire sans effets indésirables(10) ;
  • La canneberge est également efficace pour les infections urinaires infantiles ;

La canneberge contient un niveau élevé d’acide oxalique, une substance qui peut être problématique chez la personne souffrant de calculs rénaux de type oxalate de calcium. Une étude démontre que la consommation de canneberge pendant 7 jours peut faire augmenter le taux d’oxalates urinaires de plus de 40%(11).

La canneberge s’utilise :

  • En prévention des infections urinaires récurrentes, en prise journalière ou pendant les périodes à risque (périodes de stress par exemple) ;
  • Pendant une infection afin de réduire la durée et l’intensité de la crise.

Les jus de supermarché sont malheureusement coupés au jus de pomme et contiennent énormément de sucre. Privilégiez plutôt un jus 100% canneberge, de la marque Biovitam par exemple. Le goût est très astringent, ce qui est normal. Ce n’est pas forcément un jus “plaisir”.

La myrtille (Vaccinium myrtillus)

Bien que l’extrait ou le jus de myrtille ait été bien moins étudié que la canneberge, les études nous indiquent qu’elle possède les mêmes effets anti-adhésion que la canneberge(12)(13). Le jus de myrtille peut être bénéfique chez celles qui ont du mal à supporter le goût acide et astringent de la canneberge.

Même commentaire que précédemment au sujet de la quantité de sucre contenue dans ces jus.

Le genièvre (Juniperus communis, J. oxycedrus)

Infection urinaire : genièvre

Stephen Buhner(16), spécialiste des plantes aidant à combattre les bactéries et virus résistants aux antibiotiques, nous donne la description suivante (traduite par moi-même) :

« La raison pour laquelle les monoterpènes antibactériens de la plante sont si efficaces est la suivante : le corps s’affaire à les excréter au travers du système urinaire. Le résultat est un effet désinfectant sur tout le système. Si vous avez une infection urinaire résistante aux antibiotiques, assurez-vous d’utiliser cette plante»

Ce sont les fruits qui sont utilisés, de préférence sous forme de teinture mère, ou consommés frais (à cueillir soi-même). Les feuilles et branchettes de genièvre peuvent aussi être rajoutées à la teinture.

La busserole (Arctostaphylos uva-ursi)

Infection urinaire : busserole

La busserole est probablement la plante la plus utilisée en phytothérapie traditionnelle. Elle exerce un effet antibactérien au travers du système urinaire.

Quelques études ont été réalisées sur animal, peu sur l’être humain. Mais peu importe, car des générations de praticiens ont utilisé la busserole avec succès pour réduire l’incidence des infections urinaires.

Voici une étude intéressante(17) : 57 femmes d’âge 32 à 63 ans souffrant d’infection urinaire chronique (au moins 3 par an) furent sélectionnées. 30 prirent un extrait de feuille de busserole accompagné de pissenlit (pour un effet diurétique additionnel), et 27 prirent un placébo, le tout pendant un mois. Au bout d’un an, aucune femme du groupe busserole n’eut de récidive.

La busserole se prend en général dès les premiers signes d’infection urinaire. C’est une plante qui se trouve facilement en herboristerie. Les feuilles se prennent en infusion ou en teinture mère. L’infusion a un goût très tannique.

L’hibiscus (Hibiscus sabdariffa)

Infection urinaire

L’hibiscus contient des composants antibactériens, antifongiques et antioxydants(18). Un composant en particulier, la gossypétine, est actif contre certains pathogènes à l’origine de l’infection urinaire : E. coli et Pseudomonoas aeurginosa(19).

Dans une étude, 61 femmes souffrant d’infections urinaires chroniques prirent soit 200 mg d’extrait d’hibiscus, soit un placebo. Les femmes prenant l’hibiscus eurent 77% moins de cystites que les femmes du groupe placébo(20).

L’hibiscus se trouve facilement en herboristerie, constitue une tisane agréable à boire qui peut aider dans un régime de prévention.

Les plantes à berbérine

La berbérine est un constituant qui se trouve dans les plantes suivantes :

  • l’hydraste du canada (Hydrastis canadensis), plante venant d’amérique du nord, difficile à cultiver, chère et en voie de disparition, disponible en Europe à partir de plantes cultivées ;
  • l’épine-vinette (Berberis vulgaris) – en photo ci-dessous ;
  • le Coptis chinensis (« Huang-lian »), plante utilisée en médecine chinoise ;
  • la famille de la corydale (Corydalis spp.).

Infection urinaire : berberis

La berbérine fournit des propriétés antibactériennes et peut être très efficace pour inhiber la croissance de nombreux pathogènes, Escherichia coli en particulier(14). Elle fournit aussi des propriétés anti-adhésion(15).

Stephen Buhner(16) explique pourquoi les plantes contenant la berbérine sont si intéressantes pour les infections urinaires : 5% de la berbérine ingérée est excrétée dans les urines (une quantité importante), permettant d’exercer un effet marqué sur la muqueuse urinaire.

Ces plantes ne sont pas utilisées en prévention, mais plutôt pour gérer une cystite déclarée.

Aller plus loin

Les infections urinaires ne sont pas toutes les mêmes, et il est important de faire une différentiation afin que le protocole soit efficace :

  • Si la production d’urine est minime et foncée en particulier en temps normal, rajouter une plante diurétique de type solidage (Solidago virgaurea, S. canadensis), ortie (Urtica dioica, U. urens) ou prêle (Equisetum arvense) ;
  • S’il y a une sensation de brulure aigüe pendant l’urination, rajouter une plante démulcente de type barbe de maïs (Zea maïs) ou guimauve (Althaea officinalis) pour adoucir les muqueuses ;
  • S’il y a de petits saignements (consulter bien évidemment un docteur), rajouter une plante hémostatique : l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) ou bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris) ;

Les compléments alimentaires

Le D-mannose

Le D-mannose est un sucre qui se trouve dans la canneberge. Ce sucre est disponible aujourd’hui en complément alimentaire.

C’est lui aussi un facteur anti-adhésion, car le D-mannose se fixe sur les cellules des muqueuses du système urinaire afin d’empêcher les bactéries de s’accrocher.

Dans une étude(21), 308 femmes souffrant d’infection urinaire chronique furent divisées en 3 groupes. Un groupe prit 2 g de D-mannose chaque jour pendant 6 mois, un deuxième prit 50 mg de nitrofurantoine (antibactérien médicamenteux), un troisième prit un placebo.

Les résultats furent les suivants. Sur 308 femmes :

  • 62 femmes récidivèrent dans le groupe placebo ;
  • 21 femmes récidivèrent dans le groupe nitrofurantoine ;
  • Seulement 15 femmes récidivèrent dans le groupe D-mannose.

Les femmes du groupe D-mannose eurent aussi beaucoup moins d’effets secondaires que celles du groupe nitrofurantoine.

Probiotiques et flore vaginale

Flore vaginale et probiotiques

Dans le vagin, les bactéries de la famille du Lactobacillus agissent comme barrière contre l’infection urinaire(22). La prise d’antibiotiques ou de spermicides entraîne la destruction de ces souches bénéfiques, augmentant ainsi les risques de colonisation par E. coli(23).

Supplémenter la flore vaginale localement avec des probiotiques de type Lactobacilli peut donc aider à prévenir les infections urinaires(24).

Ces probiotiques se trouvent aujourd’hui sous forme de tampons (Florgynal de Saforelle par exemple) ou d’ovules (Medigyne de Saforelle, Symbiovag d’Energetica Natura par exemple).

De plus, notez que les probiotiques par voie orale peuvent aussi être efficaces. Une étude(25) démontre qu’après une semaine de prise d’un probiotique par voie orale, les souches de bactéries se retrouvent dans la flore vaginale.

Pour plus d’informations, voir mon article sur les probiotiques pour régler les déséquilibres de flore vaginale.

La vitamine C

La vitamine C permet de convertir les nitrites produits par les bactéries durant une infection urinaire en oxyde nitrique, substance toxique pour les bactéries(26).

Sachant que la vitamine C est également importante pour le fonctionnement du système immunitaire, une supplémentation peut être utile pour réduire l’incidence de l’infection urinaire(27).


La nutrition

Ma stratégie principale est simple à comprendre, parfois un peu compliquée à mettre en place : aider la personne à réduire la charge glycémique de son alimentation. La charge glycémique est pour moi le facteur le plus déterminant dans la persistance de l’infection urinaire d’un point de vue nutritionnel, sachant qu’il influence l’efficacité du système immunitaire.


Références

(1) Voir D. Elkharrat, L. Arrouy, F. Benhamou, A. Dray, J. Grenet, A. Le Corre « Épidémiologie de l’infection urinaire communautaire de l’adulte en France »

(2) Rudaitis S, Pundziene B, Jievaltas M, Uktveris R, Kevelaitis E. Recurrent urinary tract infection in girls: do urodynamic, behavioral and functional abnormalities play a role? Journal of Nephrology. 2009;22(6):766-773.

(3) Stapleton A, Stamm WE. Prevention of urinary tract infection. Infect Dis Clin North Am. 1997 Sep;11(3):719-33. Review.

(4) Voir le site Women’s Health : http://womenshealth.gov/publications/our-publications/fact-sheet/urinary-tract-infection.cfm

(5) Beetz R. Mild dehydration: a risk factor of urinary tract infection? Eur J Clin Nutr. 2003 Dec;57 Suppl 2:S52-8. Review.

(6) Di Martino P, Agniel R, David K, et al. Reduction of Escherichia coli adherence to uroepithelial bladder cells after consumption of cranberry juice: a double- blind randomized placebo-controlled cross-over trial. World J Urol 2006;24:21-27. 

(7) Head KA. Natural approaches to prevention and treatment of infections of the lower urinary tract. Altern Med Rev. 2008 Sep;13(3):227-44. Review.

(8) Stothers L. A randomized trial to evaluate effectiveness and cost effectiveness of naturopathic cranberry products as prophylaxis against urinary tract infection in women. Can J Urol 2002;9:1558-1562. 

(9) Jepson RG, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane Database Syst Rev 2008;1:CD001321.

(10) Dugoua JJ, Seely D, Perri D, et al. Safety and efficacy of cranberry (Vaccinium macrocarpon) during pregnancy and lactation. Can J Clin Pharmacol 2008;15:e80-e86.

(11) Terris MK, Issa MM, Tacker JR. Dietary supplementation with cranberry concentrate tablets may increase the risk of nephrolithiasis. Urology 2001;57:26-29.

(12) Ofek I, Goldhar J, Zafriri D, et al. Anti-Escherichia coli adhesin activity of cranberry and blueberry juices. N Engl J Med 1991;324:1599.

(13) Ofek I, Goldhar J, Sharon N. Anti-Escherichia coli adhesin activity of cranberry and blueberry juices. Adv Exp Med Biol 1996;408:179-183

(14) Cernakova M and Kostalova D. Antimicrobial activity of berberine – a constitutent of mahonia aquifolium. Folia Microbioligia. 2002;47(4):375-378.

(15) Sun D, Abraham SN, Beachey EH. Influence of berberine sulfate on synthesis and expression of pap fimbrial adhesin in uropathogenic Escherichia coli. Antimicrobial Agents and Chemotherapy. 1988;32(8):1274-1278.

(16) Buhner, Stephen Harrod, « Herbal Antivirals: Natural Remedies for Emerging, Resistant and Epidemic Viral Infections », 2013

(17) Larsson B, Jonasson A, Fianu S. Prophylactic effect of UVA-E in women with recurrent cystitis: a preliminary report. Curr Ther Res 1993;53:441-443.

(18) Maganha EG, Halmenschlager RC, Rosa RM, Henriques JAP, Ramos ALL, Saffi J. Pharmacological evidences for the extracts and secondary metabolites from plants of the genus Hibiscus. Food Chemistry. 2010;118:1-10.

(19) Mounnissamy VM, Kavimani S, Gunasegaran R. Antibacterial activity of gossypetin isolated from hibiscus sabdariffa. The Antiseptic. 2002 Mar; 99(3): 81-2.

(20) Voir la Life Extension Foundation au sujet des infections urinaires : http://www.lef.org/protocols/kidney_urinary/urinary_tract_infection_08.htm

(21) Kranjčec B, Papeš D, Altarac S. D-mannose powder for prophylaxis of recurrent urinary tract infections in women: a randomized clinical trial. World J Urol. 2013 Apr 30.

(22) Borges S, Silva J, Teixeira P. The role of lactobacilli and probiotics in maintaining vaginal health. Arch Gynecol Obstet. 2013 Oct 30.

(23) Reid G. Probiotic agents to protect the urogenital tract against infection. Am J Clin Nutr. 2001 Feb;73(2 Suppl):437S-443S. Review.

(24) Stapleton AE, Au-Yeung M, Hooton TM, Fredricks DN, Roberts PL, Czaja CA, Yarova-Yarovaya Y, Fiedler T, Cox M, Stamm WE. Randomized, placebo-controlled phase 2 trial of a Lactobacillus crispatus probiotic given intravaginally for prevention of recurrent urinary tract infection. Clin Infect Dis. 2011 May;52(10):1212-7.

(25) Reid G, Bruce AW, Fraser N, Heinemann C, Owen J, Henning B. Oral probiotics can resolve urogenital infections. FEMS Immunol Med Microbiol. 2001 Feb;30(1):49-52.

(26) Carlsson S, Wiklund NP, Engstrand L, Weitzberg E, Lundberg JO. Effects of pH, nitrite, and ascorbic acid on nonenzymatic nitric oxide generation and bacterial growth in urine. Nitric Oxide. 2001 Dec;5(6):580-6.

(27) Ochoa-Brust GJ, Fernández AR, Villanueva-Ruiz GJ, Velasco R, Trujillo-Hernández B, Vásquez C. Daily intake of 100 mg ascorbic acid as urinary tract infection prophylactic agent during pregnancy. Acta Obstet Gynecol Scand. 2007;86(7):783-7.

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103 réponses

  1. Bonjour,
    Dans le cadre de cystites ( non compliquées) hormonales à répétitions (cystites qui se déclenchent environ 2 jours avant ou pendant les règles à cause de la baisse d’œstrogènes qui rendent la paroi de la vessie plus sensible aux germes) est-ce que la prise de sauge officinale aurait un effet protecteur sur la paroi de la vessie grâce aux œstrogènes qu’elle contient?
    A quel moment du cycle faudrait-il la prendre et pendant combien de temps durant chaque cycle?
    La sauge officinale possède t -elle des effets secondaires semblables à une pilule contraceptive (prise poids, sautes humeur etc…)?
    Merci,
    Cordialement.
    Céline.

    1. Bonjour Céline

      Votre question est très intéressante mais je préfère préciser en amont que dans le cadre de cet espace, je ne suis pas en mesure de proposer des conseils personnalisés. Chaque situation hormonale ou inflammatoire étant unique, un accompagnement sur mesure reste essentiel.

      Ceci étant dit, je pense qu’il est important de nuancer l’approche, de mon point de vue chercher une plante comme la sauge pour « compenser » une baisse d’œstrogènes revient à aborder le problème par le symptôme plutôt que par la cause. Dans les cystites dites hormonales, la chute des œstrogènes n’est qu’un déclencheur parmi d’autres, et ce n’est pas forcément là qu’il faut intervenir en priorité.

      La sauge peut avoir des effets légèrement estrogène-like, mais ils restent très modestes et surtout, très variables selon les profils. Elle n’agit ni comme une hormone de substitution, ni comme une solution universelle à ce type de troubles. Et non, ses effets secondaires ne sont pas comparables à ceux d’une pilule contraceptive, même si une prudence s’impose en cas de terrain hormonal sensible ou de prise prolongée.

      Dans ce type de problématique, ce n’est souvent pas une seule plante qui fera la différence, mais une approche plus globale : équilibre du microbiote (digestif et vaginal), soutien des muqueuses, renforcement du terrain, gestion du stress, etc. C’est souvent en travaillant sur ces axes qu’on observe les meilleures évolutions.

      Je vous encourage à consulter un professionnel formé à ces problématiques pour établir un bilan plus approfondi.

      1. Bonjour Sabine,

        Merci beaucoup pour votre réponse.
        Je suis entièrement d’accord avec vous, je pense qu’il faut creuser le problème un peu plus et agir sur plusieurs niveaux. Je vais voir avec un naturopathe.

        Merci,
        Cordialement.
        Céline.

  2. Bonjour Christophe et Sabine,
    J’ai du genévrier sec. Je pense que c’est des petites branchettes (je ne m’y connais pas).
    Peut il être utilisé en cas de cystites notamment récidivantes ou bien faut il impérativement utiliser la baie ou la feuille ?

    Je vous remercie de votre réponse.
    Salutations,
    Haziz

    1. bonjour Haziz
      les parties utilisées sont principalement les petits cônes (ou baies ) , donc là je ne sais pas quoi vous dire , si vous n’arrivez pas à distinguer les petites feuilles (épineuses) des baies ,c’est que votre produit est réduit à l’état de poudre ? ou alors réduit en « poussière » ?

      1. Non, le produit n’est pas réduit à l’état de poudre ou de poussière. Je viens de regarder sur le net, il s’agit des feuilles merci.
        Si je me rappelle bien, dans son entretien avec Laure Martinat concernant les infections urinaires, Christophe a conseillé les baies ou les feuilles pour les récidivantes.
        Ces deux parties se valent-elles ? Il faudrait une efficacité la plus rapide possible.
        Merci de votre réponse.

        1. bonjour Haziz
          En fait lorsque l’on récolte les petits cônes du genévrier on pense aussi à prendre un peu de feuilles (de préférence les jeunes ) car les deux sont complémentaires , mais peuvent être aussi utilisés séparément.
          les baies et les feuilles de genévrier commun possèdent une variété de propriétés médicinales qui les rendent utiles dans le traitement de nombreuses affections. Chacune a certes des applications spécifiques en fonction de ses constituants actifs. Par exemple :
          Baies de genévrier : On aura tendance à les choisir pour leur efficacité contre les ballonnements et la dyspepsie en raison de leur concentration élevée en huiles essentielles et leurs propriétés carminatives.
          Feuilles de genévrier : On va les utiliser pour une approche plus douce, surtout en cas d’inflammations gastro-intestinales ou pour une utilisation prolongée.
          l’alliance des deux est puissante, et il faut tenir compte des précautions d’usage :
          – Respecter les dosages recommandés pour éviter les irritations gastro-intestinales et rénales.
          – Ne pas utiliser de manière continue pendant de longues périodes sans consulter un professionnel de santé.
          – Contre-indications : Les personnes souffrant de troubles rénaux, les femmes enceintes ou allaitantes, et les personnes prenant certains médicaments (en parler à votre médecin ) .

  3. Bonjour, suite à de fortes fièvres dues à une infection urinaire (en tout cas une bactérie à ce niveau) je dois suivre 10 jours d’antibiotiques. J’aimerai accompagner ce traitement par des plantes ou HE pour compléter avec antibactériens naturels, détoxifier mon organisme de cette prise médicamenteuse et rétablir ma flore intestinale.
    Auriez-vous des conseils? Merci d’avance

    1. bonjour Chiba
      je ne peux vous faire un conseil personnalisé, mais d’une manière globale , après ou pendant les antibios oui il est sage de prendre des probiotiques , vous pouvez aider en prenant des plantes diurétiques (style feuilles de pissenlit , bruyère, barbe de maïs, ortie (sa richesse en minéraux va un peu tamponner l’acidité de l’organisme)

  4. Bonjour Christophe et Sabine,
    Mon père a une infection urinaire pour la première fois. Elle est devenue persistante suite à une hospitalisation récente avec contraction d’une bactérie multirésistante. Il a une maladie neurologique très avancée et ne peut quasiment plus rien exprimer. En lisant votre article, je pensais à lui donner jus de canneberge-myrtille, baies de genièvre, busserole, ortie, guimauve, vitamine C. Vous parlez aussi de plantes à berbérine. J’ai entendu parler aussi de thym, clous de girofle, bruyère, cyprès, verge d’or, citron.
    Que me conseillez vous sachant qu’il a dejà eu 3 antibiotiques différents (dont un pris très peu) ?
    Merci beaucoup par avance de votre réponse.
    Haziz

  5. Bonjour Sabine, j’ai une cystite interstitielle depuis très longtemps. J’aimerai faire un mélange mais j’hésite entre plusieurs plantes. Je pensais utiliser la calendule, la barbe de maïs, la guimauve, le chiendent. Merci

  6. Bonjour,
    Merci pour cet article. Cela fait plus d’un an que j’ai régulièrement des épisodes de mini cystites. Ce sont des brulures avec et sans miction qui se manifestent en fin de journée. Parfois j’ai observé que c’était corrélé à la prise de vin blanc, de bière, de tomates, bref d’acidifiants, parfois en déclencheur une période de stress ou un rapport sexuel, mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois je ne repére aucune de ces situations. Après analyse par bandelettes chez le médecin, il n’y a pas de bactérie en présence. La canneberge ne m’aide en rien. Et étant jeune productrice de plantes médicinales, je préférè me tourne vers une plante de nos contrées que je pourrai cultiver ou cueillir à l’état sauvage.
    Auriez vous des recommandations. Avez vous dans vos recherche rencontrer des cas similaires? Ca me fait un peu penser aux tendinites qui créent une zone de fragilité et une voie de transmission neuronale facilité de la douleur pendant une très longue période.
    Merci de votre attention

    1. bonjour Céli
      bien évidemment je ne peux vous proposer un conseil personnalisé , seulement d’une manière générique, je pense qu’il faut apaiser le système nerveux , je pense au millepertuis en interne mais aussi en application locale , et barbe de maïs , verge d’or sont de bonnes aides
      mais en fond il serait peut-être judicieux de faire des examens complémentaires pour avoir un diagnostic approprié ,le système nerveux est indispensable au bon fonctionnement de la vessie, lorsqu’il y a un dysfonctionnement, les conséquences peuvent être multiples, ce qu’on va appeler une vessie neurologique avec différents symptômes , d’où l’importance d’un bon diagnostic

  7. bonjour , quelle plante conseilleriez vous pour une hypersensibilité vesicale. suite à de nombreuses infections urinaires j ai depuis 7 mois des douleurs mictionnelles intenses mais sans germes et sans leuco. tous les examens sont normaux. les nerfs sont inflammés comme s’ils étaient en.infection urinaire. merci de votre avis . mélodie

    1. bonjour Mélodie
      difficile de vous répondre d’une manière particulière, car il est important de faire l’anamnèse , mais d’une manière générale lorsque l’on a des nerfs en mode inflammatoire , le millepertuis a toute sa place , ensuite pour apaiser côté vessie , la barbe de maïs et la verge d’or sont intéressantes

  8. Bonjour,
    Je fais des bains de siège.
    J’utilise de la camomille allemande, de la calendule et du plantain
    Je le fais pendant 3 jours, à raison de 1 fois par jour.
    J’ai un excellent résultat.
    Bonne journée, Céline.

  9. bonjour
    ma femme a une cystite
    elle prend du jus de cranneberge plusieurs fois par jours avec en tout 15 gouttes de teinture mère de genièvre
    pendant combien de temps doit elle.prendre le traitement pour éviter toutes reprise des symptômes ?
    en vous remerciant

    1. bonjour Stéphane
      jusqu’à ce que votre épouse ne sente plus l’inconfort de la crise , par contre il est important de beaucoup boire infusions mais aussi de l’eau , donc si par exemple vous prenez teinture de genièvre dans une bonne tasse d’infusion de thym ce serait un plus

  10. Bonjour,

    Merci pour votre magnifiques articles.
    Une question, vous ne parlez pas ici du bouleau (alors que dans l’article sur le bouleau, vous le conssayer pour les cystites). Je me demandais si de faire une tisane en associant « Bruyère-Bouleau » est une bonne idée, pour augmenter leur effet, ou plutôt une mauvaise idée, et pourrait être contre productif?
    Avez-vous des témoignages de l’efficacité des tisane de bouleau contre les cystites?

    Merci d’avance,

    Chloé

  11. Bonjour Christophe, Je trouve très intéressant et utile tous vos conseils et information sur les plantes. Actuellement, j’ai une Candida Albican++, et je refuse de prendre des antibiotiques. J’ai aussi une sclérose multiple. Quelqu’un m’a recommandé de prendre une plante appelée – Jiaogulan Gynostemma pentaphyllum. J’ai entendu votre video sur cette plante et il me semble très bien pour fortifiez le système immunitaire. Le problème est que j’aimerai savoir si vous le vendez?? est-ce que vous l’expédiez hors la France?’ Merci de votre réponse.

      1. Ok merci, c’est dommage en tout cas. Il explique tellement bien et motive à bien prendre des plantes pour se soigner. Merci de votre réponse et bonne continuation.

  12. bonjour Sabine, bonjour Christophe
    je voudrais juste savoir s’il est indispensable de faire « chauffer » une infusion quoi , l’hibiscus ou si ses propriétés sont similaires dans l’eau froide ,pour calmer une cystite
    je l’utilise séché dans du kefir froid évidemment et il se ramolli très bien et donne une très joli couleur même a froid mais qu »en est il des propriétés
    merci de votre temps et belle journée

    1. bonjour Sabine
      disons que l’eau chaude va permettre une meilleure « digestion » de la plante , ensuite dans le kefir et à froid je ne saurais vous dire

  13. Bonjour, je découvre vos vidéos youtube et je me retrouve sur votre site ! j’aime le côté scientifique qui donne du crédit à vos conseils. J’ai une question par rapport à un problème d’infection urinaire persistante et qui à du se loger au niveau de la prostate d’après l’urologue (qui « espère » un jour trouver la bactérie en cause, en attentant il a prescrit de la serenoa repens). Les différents prélèvements ne donnent rien depuis plusieurs années mais les symptômes sont une urétrite et un taux de leucocytes élevé. Avez vous un conseil particulier pour ce type de cas s’il vous plait ? merci d’avance

  14. Bonjour Christophe,
    Je tiens à vous remercier pour tout le travail d’éducation et d’informations que vous faites pour rendre ces connaissances millénaires sur les plantes ‘simples et accessibles’.
    Pourriez-vous m’indiquer les différentes formes galéniques pour la canneberge.
    On parle beaucoup du jus, des gélules, etc… Est-il possible et judicieux de faire des concentrés dans le vinaigre et l’alcool? Si oui, quels seraient les ratios pour ces préparations.
    Merci d’avance pour votre réponse!
    Je vous souhaite une très belle fin d’année!
    Bien cordialement. Elodie

    1. Bonjour Élodie,
      Je ne pense pas qu’il soit très judicieux de faire une teinture, je ne vois pas ce que l’alcool pourrait apporter ici vu que l’on trouve la plante sous forme de fruits frais (jus) et fruits secs (gélules ou fruits entiers). L’alcool n’apporterait ici qu’une charge sur le foie.
      Pour en faire une macération dans le vinaigre, là encore je questionne la valeur.
      En fait pourquoi chercher à faire ces préparations ? Avez-vous du mal à prendre la plante sous forme de fruits entiers ou en poudre ?

      1. Bonjour Christophe et merci infiniment pour votre réponse!
        En fait, je cherchais toutes les formes galéniques pour la canneberge – que je pensais choisir pour mon projet de rédaction d’une monographie – dans le cadre des mes études en herboristerie, au Canada.
        Mais finalement, je vais choisir une autre plante : le cacaoyer ; )
        Etant donné que le plaisir associé à la consommation de cacao joue un rôle très important dans la libération des hormones et provoque ses effets bénéfiques sur l’organisme, je ne suis pas sûre qu’une teinture ou un vinaigre seraient judicieux… encore cette fois!?
        Mais est-ce que cela pourrait tout de même s’appliquer? Merci pour votre avis. C’était la question que je me pose – parmi tant d’autres!
        Si d’ailleurs, vous avez une bibliographie accessible sur le sujet, je suis preneuse…
        J’ai lu les articles sur votre site qui démontrent ses effets sur la pression artérielle et aussi pour les cas d’hépatotoxicité induits par l’alcool.
        Merci d’avance pour votre réponse et excellente fin d’année!!
        Elodie Rouchouse

        1. Bonjour Élodie,
          Oui tout à fait, pour les formes galéniques pour le cacao, il faut plutôt viser les fèves entières, fèves en poudre, ou le cacao travaillé dans les confections traditionnelles – chocolat à 80% ou soyons fou, 90%.
          Est-ce qu’une teinture, en théorie, est faisable ? Oui je pense. Certaines substances comme la théobromine sont des alcaloïdes, ils seront donc extraits par l’alcool. Mais alors, ceci n’est pas courant du tout ! Vous allez innover, ça c’est sûr 🙂 Quoi que d’autres y ont pensé apparemment : https://tropilab.com/cacaoleavestincture.html
          Bonnes fêtes à vous aussi.

  15. Bonjour Christophe,

    Les études citées au sujet de la Canneberge sont antérieures à l’avis rendu en 2012 par les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) qui interdit désormais cette allégation santé. D’autres études ont été réalisées depuis et les conclusions sont les mêmes :
    https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/10/28/la-canneberge-est-inefficace-en-prevention-des-infections-urinaires-meme-chez-les-femmes-agees_834066

    L’utilisation de plantes contenant de l’arbutoside (Busserole, Bruyère) sur une courte période serait davantage recommandée.

    Bonne journée.

    1. Bonjour Thierry,
      Les études changent constamment. Voici deux métaanalyses de 2017 et 2018 qui se montrent positives.
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29046404
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30068438

      Dans cette jungle d’avis, j’essaye de revenir à une approche simple et de voir ce qui semble fonctionner ou pas en pratique. Dans mon expérience, la canneberge soulage souvent la femmes qui souffre d’infections urinaires récurrentes lorsque utilisé en mode préventif.

      1. Bonjour Christophe,

        Le problème est que l’avis rendu par l’EFSA n’a pas changé depuis 2012 et qu’il s’impose à tous. C’est l’un des problèmes de la phytothérapie 🙁

        « Les produits à base de canneberge ne peuvent PAS prétendre :

        – aider à soutenir les défenses immunitaires ;
        – protéger les cellules du stress oxydatif ;
        – maintenir la santé des voies urinaires ou aider à l’élimination des bactéries responsables des infections urinaires en empêchant leur adhésion sur les parois des voies urinaires ;
        aider à maintenir la santé du cœur et des vaisseaux sanguins, de l’estomac ou des gencives ;
        promouvoir la croissance d’une flore bactérienne bénéfique aux voies urinaires.

        Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les produits à base de canneberge. »

        La réglementation s’est encore renforcée l’an dernier :
        http://www.culture-nutrition.com/2017/09/25/cranberry-statut-dispositif-medical/

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