La teinture de plantes médicinales est une préparation classique très utilisée pour son coté pratique. Dans cet article je vous explique en détails les étapes pour la réaliser chez vous.
La macération est la méthode la plus longue, mais la plus facile à réaliser. C’est aussi la plus ancienne, car les hommes ont préparé leurs propres potions depuis des millénaires, infusant les plantes dans du vin, du vinaigre ou de l’alcool.
Nous allons utiliser la méthode standard pour préparer une macération à partir de la plante fraîche ou sèche. Dans un autre article, j’explique une méthode un peu plus avancée : la percolation, une méthode qui me tient à coeur pour sa supériorité lorsque la plante en question est sèche.
Je vous guide aussi dans toutes ces préparations lorsque vous suivez ma formation en-ligne.
Le solvant
Le type d’alcool
Pour faire une teinture, notre but est d’extraire les composants de la plante médicinale le plus efficacement possible, et si possible d’une manière peu coûteuse.
Le meilleur solvant reste un mélange d’alcool et d’eau. Il y a bien sûr d’autres solvants que vous rencontrerez dans différentes recettes ici et là – le vin blanc, le vinaigre – mais dans l’ensemble, aucun n’accomplit un travail aussi efficace que l’eau et l’alcool.
Un alcool acheté dans le commerce est automatiquement un mélange d’eau et d’alcool car il est quasi impossible aujourd’hui de se procurer de l’alcool pur dans le commerce en France. Un litre d’alcool de fruit à 45° par exemple est un mélange de 450 ml d’alcool pur et de 550 ml d’eau.
Voici les 3 principaux types d’alcool qui peuvent être utilisés pour faire une teinture :
- La vodka, bon marché, avec un taux d’alcool entre 40° et 45°, et en général fabriquée à partir de céréales. Les alcools de céréales fournissent le goût le plus neutre possible, ce qui fera mieux ressortir le goût de la plante. Les alcools de fruits vendus en supermarché aujourd’hui sont souvent eux aussi des alcools de céréales. Attention aux vodkas les moins chères de supermarché, elles sont souvent à 37,5°, un taux trop bas pour une macération efficace.
- Le rhum, alcool de sucre, un peu plus cher, avec des taux d’alcools qui montent plus haut jusqu’à 55°, ce qui est très avantageux pour fabriquer une teinture de plante fraîche (ou disons, comme nous le verrons plus bas, « quasi fraîche »). Le goût doux et sucré du rhum n’est bien sûr pas neutre, mais pourra bien se marier avec certaines médicinales douces et nutritives comme la bardane ou les ginsengs.
- Le marc, alcool de raisin, souvent retrouvé dans les caves, ou gentiment donné par un ami producteur, qui souvent tourne autour des 50°. Le goût est un peu plus brut.
Choisissez en fonction du taux d’alcool dont vous avez besoin, et en deuxième selon vos goûts. D’un point de vue efficacité d’extraction, c’est le taux d’alcool qui compte.
La concentration
Pour la plante sèche, il faudra consulter les ouvrages spécialisés qui vous diront quel pourcentage d’alcool utiliser pour les différentes plantes. En général, si la plante n’est pas trop riche en résines, un alcool à 45° suffira. Si la plante est riche en résines (ex : le souci), il faudra monter à 55°, un taux d’alcool qui se trouve dans le commerce sous la forme de rhum.
L’ouvrage essentiel : la Materia Medica de Michael Moore (fondateur de la Southwest School of Botanical Medicine), un ouvrage qui reste la référence aujourd’hui aux Etats-Unis. J’ai traduis cet ouvrage en Français avec la gracieuse permission de la Southwest School of Botanical Medicine. Cliquez-ici pour avoir accès à la materia medica.
Pour faire une teinture de plante fraîche, il faut en théorie un alcool pur (à 96°), car le processus d’extraction se fait par déshydratation, l’alcool exerçant une force osmotique sur la cellule de la plante gorgée d’eau. La cellule est alors forcée de se rompre et de laisser échapper ses précieux constituants. En pratique, nous allons voir dans le chapitre suivant que cela n’est pas nécessaire et que nous pouvons contourner ce point avec une astuce.
Une fois la teinture terminée, le taux d’alcool sera redescendu à 50 à 60°. Pour information, si vous prenez une dose traditionnelle de 1 c-à-café 2 fois par jour (10 ml), cela représente la même quantité d’alcool qu’un tiers de verre de vin.
Si la personne a un gros problème de foie, ou refuse l’alcool pour des régions religieuses par exemple, alors il faudra considérer une forme commerciale où l’extraction s’est faite d’abord par l’alcool, mais l’alcool et l’eau ont été ensuite évaporés et la poudre résultante transférée dans de la glycérine végétale.
Les autres solvants
Vous trouverez de nombreuses recettes maison de macération dans le vin blanc, le vinaigre, ou la glycérine végétale. Ceci donne des résultats intéressants d’un point de vue gustatif et même parfois culinaire (ex : un vinaigre de sureau est exquis). D’un point de vue médicinal par contre, les résultats sont médiocres. Car il n’y a pas de meilleur solvant qu’une combinaison eau + alcool.
Certes, il y a quelques exceptions, comme la macération des amères dans le vinaigre (le vinaigre d’absinthe est efficace pour le démarrage du processus de digestion et pour redonner du tonus aux muscles lisses digestifs). Dans la majorité des cas par contre, on ne peut guère se tromper avec l’eau + l’alcool. Dans le doute, c’est le solvant à choisir.
Préparation de la plante
Certaines plantes se teinturent très bien sèches. La racine ou la feuille de pissenlit par exemple, l’aubépine, l’agripaume, et bien d’autres… voir l’article https://www.altheaprovence.com/faire-secher-les-plantes-medicinales/ Une fois sèche et juste avant de les faire macérer :
- Coupez la plante le plus finement possible en utilisant un sécateur. Cette méthode est adaptée pour la plupart des parties aériennes de plante.
- Pour certaines plantes un peu plus dures, les branchettes d’aubépine par exemple, vous pouvez les broyer grossièrement au blender, puis plus finement par la suite au moulin à café si nécessaire.
- Pour les racines (les éléments les plus durs), découpez les d’abord en petits tronçons avec un sécateur solide de type sécateur enclume. Pour les broyer plus finement, commencez au blender puis finissez au moulin à café, ou passez directement au moulin à café à partir des tronçons.
Si l’on désire faire une teinture de plante fraîche (pour la mélisse par exemple qui est morte au séchage), et si vous n’avez pas accès à de l’alcool pur à au moins 80°, il faudra utiliser l’astuce suivante :
- On la fera d’abord sécher le plus possible mais pas complètement. La plante sera alors frippée, mais toujours humide. Elle ne s’effritera pas au toucher. J’utilise le terme « plante quasi fraîche » pour ce cas de figure.
- Lorsque la plante est la plus sèche possible sans être complètement séchée, on la transférera dans le solvant en la coupant finement auparavant.
Pourquoi faire une teinture avec certaines plantes quasi fraîches plutôt que sèches ? Car certaines plantes perdent quasiment toutes leurs qualités au séchage. Beaucoup sont stables, mais certaines ne le sont pas. Cette information figure dans les ouvrages de référence mentionnés plus haut. En voici deux : la mélisse, le millepertuis. Il y en a bien d’autres.
Pour ceux qui sont sensibles à l’alcool :
Vous avez peut-être accès à l’alcool pur, mais vous trouvez que la teinture de plante fraiche est trop forte pour vous. Vous vous posez la question suivante : puis-je faire évaporer une partie de cet alcool avant la prise en la chauffant ?
Quelques commentaires à ce sujet :
- Bien que les pharmacopées traditionnelles exigent de l’alcool à 90° pour la plante fraiche, on peut décider au cas par cas, en fonction de la quantité d’humidité dans la plante fraiche. Pour la racine d’échinacée pourpre par exemple, que je trouve relativement juteuse, un alcool fort à 80° ou 90° est souvent utile. Pour d’autres contenant moins d’humidité, prenons l’hysope par exemple, ou le thym, un alcool à 60° ou 70° fera l’affaire.
- Faire chauffer une teinture est risqué car effectivement, il peut y avoir évaporation des composants volatiles, et destructions de certains composants sensibles à la chaleur. Donc là encore, c’est du cas par cas. Si la plante est résineuse, comme myrrhe (Commiphora myrrha) ou la grindelia (Grindelia integrifolia), aucun problème. Si la plante a des composants aromatiques, comme la valériane ou la grande aunée (ou pire, les aromatiques de type monarde ou hysope) – problème.
En conclusion, pour faire une teinture : il est largement préférable d’utiliser un alcool moins fort à la base et de macérer dans cet alcool, plutôt que de risquer la destruction de votre teinture.
Sur la photo ci-dessous, nous préparons la verveine officinale (Verbena officinalis) https://www.altheaprovence.com/verveine-officinale/ pour réaliser une teinture de plante fraîche. Les feuilles sont d’abord retirées des tiges, puis coupées grossièrement aux ciseaux. Elles seront ensuite mises en macération.

La teinture par macération
1. Pour faire une teinture de plante sèche :
- Préparez la plante comme indiqué ci-dessus ;
- Pesez la plante. Pour notre exemple, nous supposons que nous avons 150 grammes de plante sèche ;
- Déterminez le taux d’alcool approprié à partir des ouvrages de références mentionnés ci-dessus ;
- Dans le doute, utilisez un alcool à 40° ou 45° ;
- Préparez 5 fois la quantité d’alcool correspondante au poids de la plante, en millilitres. On dit qu’on utilise un taux de 1:5 pour la macération de plante sèche. Dans notre exemple, nous préparons 150 g x 5 = 750 ml d’alcool ;
- Placez la plante au fond d’un bocal à fermeture hermétique ;
- Versez l’alcool par dessus ;
- Remuer bien, étiquetez avec le nom de la plante et la date, et placez dans un endroit obscur ;
- Remuez bien tous les jours ;
- Pressez et filtrez au bout de 15 jours, mettez en bouteille et étiquetez avec nom de la plante et date.
- Voir commentaire plus bas en ce qui concerne la durée optimale d’extraction

2. Faire une teinture de plante « quasi fraîche »
- Préparez la plante comme indiqué ci-dessus, en la faisant sécher le plus possible mais pas complètement. Veillez à ce qu’elle puisse se « ratatiner », se friper, se déshydrater le plus possible.
- Mais attention : la plante doit rester encore souple. Pour ce faire, le séchage ne doit pas se poursuivre jusqu’au point où la plante va s’effriter lorsqu’on écrase une feuille, ou devenir cassante pour une racine.
- Le nombre de jours de séchage va dépendre de la saison et du climat. Parfois, la plante sera prête au bout de 48 heures, d’autres fois, il faudra attendre plusieurs jours. Retournez la plante régulièrement et touchez-la deux fois par jour.
- Lorsque la plante est fripée au maximum sans pour autant devenir croustillante ou cassante, placez-la en macération en suivant la méthode de la macération de plante sèche ci-dessus.
Conseils pratiques
Durée optimale d’extraction
J’ai mentionné une durée moyenne de 2 semaines. Pour le puriste, cela n’est pas aussi simple que cela.
Pour les plantes aromatiques, l’extraction des huiles essentielles se fait dès les premiers jours. Ensuite, on atteint un pic où le goût et le parfum de la macération seront optimaux. Les jours qui suivent, les tanins de la plante vont commencer à prendre le dessus. Si l’on attend trop, le produit final sera certes aromatique, mais il sera aussi âpre, tannique, et brut en bouche. Si la propriété médicinale de la plante se trouve dans ses huiles uniquement, il vaudra mieux arrêter la macération au bout de quelques jours afin d’obtenir une teinture beaucoup plus subtile.
Seule l’expérience vous dira combien de jour attendre pour atteindre le résultat voulu. Pour une aromatique comme l’hysope par exemple (Hyssopus officinalis), la durée optimale de macération se situe entre 5 et 7 jours. Expérimentez, goûtez tous les jours, et familiarisez vous avec l’évolution de la macération.
Et puis sinon, si vous n’avez pas le temps, ou si vous avez oublié le bocal dans un placard pendant quelques mois, ne vous inquiétez pas, il y aura toujours du bon dans votre teinture.
L’alcool doit recouvrir complètement la plante
Si des parties de plante sont à l’air, elle vont s’oxyder et noircir, donnant à votre teinture une couleur et un goût qui n’est pas désirable. Ceci m’est déjà arrivé, et je ne dirais pas que la teinture est gâchée. Par contre, elle n’est pas optimale.
Le problème est le suivant : il est souvent compliqué, voire impossible de recouvrir la plante en suivant les taux plante/alcool recommandés (1:5 pour la teinture de plante sèche, 1:2 pour la teinture de plante fraîche). Comment faire ?
Voici deux astuces qui fonctionnent bien : utilisez soit un galet de rivière bien propre, soit un bocal plus petit à l’intérieur de votre bocal pour la macération afin de lester la plante et faire pression dessus. Ceci poussera la plante vers le bas et permettra à l’alcool de bien recouvrir le marc. Voici deux photos pour illustrer cette astuce.


plante (racines d’échinacée)
Augmenter la surface de contact
Il est parfois difficile de couper la plante assez finement. Certaines racines sèches par exemple sont difficilement pulvérisables. Faites de votre mieux, puis laissez la plante macérer dans l’alcool pendant quelques jours. Une fois la plante bien imbibée, passez le mélange plante + alcool au blender. Ceci va broyer le mélange plus finement, donc augmenter la surface de contact entre alcool et plante et favoriser une meilleure extraction des composants de la plante.
Voici un exemple ci-dessous pour la racine de patience (Rumex crispus), broyée quelques jours après avoir été imbibée dans l’alcool.

Pressage
Une fois la macération terminée, je recommande de presser le marc, car il contient une quantité non-négligeable de liquide. Il serait dommage de perdre ce précieux liquide. J’ai personnellement une presse hydraulique pour accomplir cela. Mais une presse coûte plusieurs centaines d’euros, et n’est pas à la portée de tous le monde.
Une manière plus simple est d’utiliser une petite presse manuelle (voir image ci-dessous) que vous trouverez dans des magasins de cuisine, sur internet, ou à Ikea pour un prix dérisoire. Cette petite presse ne sera certes pas aussi efficace qu’une presse hydraulique qui presse à 10 tonnes. Mais pour faire un travail à petite échelle, je la trouve très pratique. Notez tout de même que vous ferez un travail convenable avec feuilles et fleurs, mais un travail très limité avec les racines. On fera avec.

Filtration
Votre macération contient toujours une certaine quantité de terre et autres impuretés provenant de la plante. Il faut donc la passer au filtre à café non-blanchi. Insérez tout simplement un entonnoir sur une bouteille assez grande pour contenir tout le liquide, placez un filtre à café, et passez la macération après l’avoir pressé. Voir photo ci-dessous.

Quel type de bocal utiliser ?
Munissez-vous d’une bonne collection de bocaux de toutes tailles. Je travaille en général avec des bocaux de 1 L, 1,5 L, 2 L et 3 L pour les plus grosses quantités. En général, 1 litre est suffisant pour une consommation familiale. Choisissez le bocal le plus petit possible pour la quantité de teinture à faire, car nous voulons minimiser la quantité d’air présente dans le bocal. Si par exemple vous avez 250 g de plante sèche, qui nécessitera 250 x 5 = 1,25 litre d’alcool, choisissez un bocal de 1,5 L et non 2 L.

Monsieur, j’ai trouvé une chenille dans mon bocal
Aussi méticuleux que vous puissiez l’être, vous allez teinturer une certaine quantité de petits insectes. Je ne vois vraiment pas comment on peut éviter cela. Même si vous utilisez de grandes clayettes de séchage et que vous donnez aux petites bêtes le temps de s’échapper, certaines distraites finiront toujours par rester cachées sous une feuille. Alors ne vous inquiétez pas, suivez le processus sans vous laisser impressionner par ce petit désagrément.






1 689 réponses
Bonjour,
Je souhaiterai fabriquer une teinture pour l’hypochlorhydrie et pour soutenir le foie.
Puis-je mélanger directement les plantes (racine de gentiane sèche + racine de pissenlit sèche + feuille d’artichaut sèche par exemple) et les faire macérer ensemble, ou vaut-il mieux faire des teintures séparées et les mélanger ensuite ?
Ce mélange de plantes vous parait-il bien adapté ?
Merci beaucoup pour votre blog passionnant !
Bonjour Pauline,
Je vous conseille de faire les teintures séparément puis de faire votre mélange par la suite. Cela vous permettra d’optimiser le processus d’extraction, mais surtout de pouvoir modifier votre mélange par la suite.
Le mélange me parait adapté effectivement. A prendre 10 minutes avant les repas.
Merci beaucoup pour votre réponse…
Bonjour,
Je voudrais faire une teinture de cynorrhodon mais je n’ais que du rhum et donc pas un alcool très fort. Est ce que c’est intéressant quand même ? je penser passer les cynorrhondon au blender avec l’alcool afin de bien augmenter la surface d’échange…
Merci
Marie
Bonjour Marie,
Si les cynorrhodons sont secs, vous n’avez pas besoin d’un alcool fort, un alcool à 40° suffit (rhum y compris). Bonne idée de passer au blender une fois mis dans l’alcool. Entre parenthèse, la forme traditionnelle est plutôt la forme aqueuse (infusion longue), une trentaine de grammes dans un litre d’eau afin d’obtenir au moins 100 mg de vitamine C.
Bonsoir, Je viens de faire l’acquisition de poudre de marronnier d’inde. Dans le cas de la teinture mère en macération, quel alcool et quel degré me conseillez-vous ? Et pour une tisane chaude, quelle quantité de poudre. Merci pour votre réponse.
Bonsoir. Pour la teinture l’info est sur la page Materia Medica sous AESCULUS HIPPOCASTANUM.
http://www.altheaprovence.com/blog/materia-medica-michael-moore/
Pour la décoction les quantités sont dans ma feuille récapitulatrice ici :
https://www.altheaprovence.com/quantites-plantes-pour-infusions-decoctions/
Bonjour Christophe,
– J’ai reçu de la propolis en résine avec laquelle je souhaite faire une teinture. Je peux me procurer de l’alcool à 95°. La résine se présente sous forme de blocs collants de 5 à 10 cm de long et épais de 4-5 cm. Ma question est de savoir comment je prépare la résine ? Faut-il la détaillée en petits blocs (de quelle grandeur) ? J’ai déjà essayé avec de la myrrhe et le résultat est une sorte de pâte molle. Quelle est la solution optimale pour les résines ? Le temps de macération est-il également de 2 semaines ?
Merci beaucoup pour votre aide et votre site tellement précieux.
– Je voulais également vous partager mon expérience de macération avec de l’écorce de saule (salix alba). Le résultat est une magnifique teinture couleur émeraude, qui sent vraiment bon (un peu fort pour moi puisque j’ai utilisé de l’alcool à 95°) mais non encore testée pour confirmer les résultats attendus.
Au plaisir de vous lire.
Bonjour Dominique,
Vous pouvez en fait laisser en bloc. Vous allez voir, ils vont se dissoudre peu à peu. Le tout est de rajouter 500 ml d’alcool pur pour chaque 100 g de résine. Remuer régulièrement et les blocs deviendront de plus en plus petits. Deux semaines, ou moins, la résine se dissout assez vite. Il se peut que votre alcool sature à partir d’un moment. Si au bout de 2 semaines vous avez toujours des morceaux, à ce moment là rajouter un peu d’alcool.
Pour le saule, l’écorce fraiche ne contient pas énormément d’eau, donc effectivement vous auriez pu faire avec de l’alcool à 70 ou 80°.
Merci beaucoup Christophe pour vos précieux conseils. Je démarre la macération dès ce soir !!! C’est toujours un régal de vous lire. Merci pour votre site et le partage de votre savoir. Belle soirée
Bonjour,
J aimerais faire une teinture de calendula par percolation.. Dois je utiliser que les pétales ou je peux pulveriser la fleur complète?
Qu utilisez vous pour pulvériser?
En vous remerciant d avance pour votre réponse et merci pour cette vidéo sur la percolation juste geniale!
Bonne soirée!
Valérie
Bonjour Valérie,
Fleurs entières surtout, il nous faut le capitule vert pour les résines. Attention pour la perco, ça risque de trop coller justement à cause des résines. Je ferais une macération. Pour la pulvérisation, voir ma vidéo ici :
https://www.altheaprovence.com/blog/pulveriser-les-plantes-medicinales/
Bonjour et merci pour votre reponse!
Du coup j étais partie pour une percolation histoire d avoir un concentré d actifs superieur… et puis je n’ ai que de l alcool à 50°.. il ne faut pas plus pour une macération de ces plantes?
En vous remerciant encore!!!
Pour la macération de souci en principe il faudrait monter à 60°, justement à cause des résines, mais un 50° fera très bien l’affaire et vous donnera un produit final très satisfaisant.
Bonsoir,
Encore un dernière question, puis je tout de meme pulveriser les fleurs sechées pour augmenter la surface de contact si je fais une macération? (je vais avec vos conseils plutot mettre de coté la percolation…)
Merci!
Absolument, toujours mieux, du coup une pulvérisation grossière est largement suffisante, pas besoin de tamiser, etc.
Merci! J ai lancé la macération. J ai du mettre plus d alcool étant donné le faible poids de mes plantes sinon le marc absorbait tout.. belle soirée à vous 🙂
Bonjour Christophe, me revoilou avec mes questions…
– Je vais aller récolter la racine de gentiane…sur vos conseils, teinture en vue, donc proportion 1:2 avec racines fraîches, c’est ça ?
– J’ai croisé dans mes notes que c’était ok pour la racine de cardère sèche mais c’est mieux si elle est fraîche avec un alcool à 96, n’est-ce pas ?
– je reviens également sur la cataire en infusion pour les coliques pour les nourrissons…je voulais votre avis sur le dosage, j’ai trouvé : 1 tasse d’eau bouillante sur 2 cc de feuilles séches 15 mn à infuser et pour les – de 2 ans : 30 ml 1 ou 2 fois par jour….j’ai lu votre fiche sur la cataire et j’ai été surprise, car j’en avais mis au jardin, mais elle n’est pas du tout blanche, elle fleurit bleu-violet…variété hybridée vous pensez ?..du coup j’ai racheté la bonne mais je dois lui laisser le temps de s’étoffer maintenant…
– Toujours concernant les bébés (j’ai une amie qui vient d’accoucher), j’ai bien vu votre article qui préconise le sirop de sureau après 1 an…Pourquoi pas avant ? J’ai croisé ailleurs que c’était ok pour les nourrissons, qu’est-ce qui peut poser problème ?
Et pour la formation, je serais devant mon ordi lundi matin sans faute !!!!
Bon week-end, merci !
Caroline
Bonjour Caroline,
1- Pour la gentiane, vous pouvez faire une teinture de plante sèche, aucun problème et même mieux car vous allez descendre le taux d’alcool tout en gardant toutes les propriétés de la plante. Sinon, si vous voulez faire racine fraiche, oui 1:2.
2- Pareil pour le cardère, si vous le faites sécher vous-même, la teinture sèche est excellente. Vous pouvez faire frais, mais la racine n’est pas très juteuse, donc l’alcool pur va faire monter la concentration en alcool, pas nécessaire.
3- Il y a de nombreux types de cataire différents sur le marché. Certains ont des aromes plus typés que d’autres, certains plus camphrés, d’autres plus mentholés. Pour les jeunes enfants, le cataire se donne dans de petites quantités d’infusion peu concentrée, pas de dosages standards, 1 à 2 cc par tasse selon le cataire employé.
4- Car le contexte aujourd’hui est compliqué, le principe de précaution nous fait prendre des positions très prudentes en ce qui concerne les jeunes enfants par exemple, même si dans le passé certaines plantes étaient utilisées. C’est pour cela que n’étant pas docteur, je préfère laisser parler un docteur sur le sujet. Je botte donc un peu en touche pour votre question 🙂
Bonjour Christophe
j’ai ramassé aujourd’hui du marron d’Inde et du paliure. Je voudrais préparer une teinture mère de chaque.
1. faut-il les passer en entier au blender avant de les faire macérer?
2. est ce la meilleure préparation à faire pour bénéficier de leurs vertus?
3. je peux les considérer frais jusqu’à quand?
Merci d’avance
Bonjour Audrey,
1. Non. Pour le marron, casser les marrons d’abord au marteau le plus petit possible. Puis macérer 1 semaine, et passer au blender, puis remettre à macérer une semaine.
2. Oui pour marron, non pour paliure qui est plutôt une plante à décoction.
3. Tant qu’il reste un minimum d’humidité. Mais cela dépend pour quoi faire. Si vous voulez teinturer à frais, n’attendez pas trop car sinon votre alcool pur sera trop fort pour l’humidité restante.
Bonsoir Christophe,
Merci de votre site clair et précis, et qui m’a tout de suite donné envie d’essayer de faire certaines « potions »!
J’ai un petit souci avec la TM d’achilée millefeuille. En respectant les 1:5, les fleurs ont absorbé rapidement l’alcool, je les ai donc passé au mixeur puis remises et rajouté un peu d’alcool pour que cela soit juste au dessus de la surface des fleurs. Mais elles ont déja absorbé de nouveau quasiment tout l’alcool! Je dois remuer et retasser fortement pour que l’alcool revienne à la surface. Est ce normal?
Je précise que j’ai fait une toute petite quantité (20gr de fleurs) pour démarrer.
Merci et bonne soirée à vous,
Barbara
Bonjour Barbara,
Oui normal. Si vous n’utilisez que très peu de fleurs, il est compliqué de bien les compresser dans la bouteille car vous ne bénéficiez pas de l’effet « élastique » si je puis dire que l’on a lorsqu’on met une bonne quantité de plante dans un bocal. Au plus on en met, au plus il est facile de les compresser. J’utilise personnellement un pierre ou un galet propre de la taille du bocal afin de faire un poids sur la plante et de respecter, plus ou moins, les quantités d’alcool requises.
Merci de votre réponse rapide Christophe, je vais essayer avec un petit galet alors! Bonne journée
je viens de parcourir ce merveilleux site mais je ne trouve rien sur le ginko biloba, j’ai ramassé cet aprés midi les première feuilles qui commencent à jaunir, je voudrais faire une TM , mais dois je les faire sécher ou les faire fraiches ?
merci de vos conseils
Bonjour, teinture des feuilles sèches dans l’alcool à 60° (rhum à 55° du supermarché fera très bien l’affaire) – 1:5 comme d’habitude.
Bonsoir Christophe !
J’envisageais de faire une teinture avec de l’erigeron (vergerette du canada), mais j’ai croisé dans vos commentaires que vous conseillez la feuille en infusion (et idem sur materia medica), j’ai vu sur des sites de vente qu’elle était vendue sous forme de teinture, j’aimerais donc avoir de plus amples renseignements, que contient-elle et pourquoi pas de teinture ? et autre question que je me pose (et que l’on va surement me poser au village), pourquoi est-ce si important que les baies de sureau sèchent avant de faire le sirop ? j’ai essuyé plusieurs echecs côté séchage (j’en ai perdu beaucoup et j’ai meme vu des petits vers sortir des baies, bouh !) . Bon, je lache pas l’affaire, il y en a encore quelques grappes dans les arbres…et concernant vos vidéos, pas de changement pour moi, j’adore, j’attends le feu vert !
Bonne soirée.
Bonsoir Caroline,
Pour le sureau, sujet controversé. On parle de composants cyanogéniques, mais on mélange souvent les différentes espèces, le hièble en particulier qui peut provoquer vomissements et diarrhées. Voir l’opinion du CHU de Lille sur le sujet :
http://cap.chru-lille.fr/GP/magazines/93326.html
Baies fraiches laxatives à forte dose, mais sinon comestible, on peut en faire des confitures par exemple. Je l’utilise personnellement aussi bien frais que sec. Question de choix personnel.
Pour la vergerette, la plante doit être prise en quantité pour les grosses ulcérations digestives, 30 à 40 g par litre en infusion. Il faut donc en récolter ou en acheter beaucoup. La teinture ne délivre pas assez de punch, pour une quantité d’alcool qui va irriter les muqueuses. L’extrait fluide est beaucoup mieux, mais quasi introuvable de nos jours. La plante est surtout utile pour ses huiles essentielles (peu mais bel et bien là) et ses composants astringents et antiinflammatoires, le tout relativement bien extrait par l’eau chaude.
Merci pour les éclaircissements, pour l’extrait fluide, j’étais un peu paumée, j’ai trouvé ça : Si l’on concentre par évaporation une teinture alcoolique, on obtient un « extrait fluide », titre 1/1 qui correspond à 100 gr de plante sèche dans 100 gr d’extrait fluide (beaucoup plus concentré en principes actifs). vous confirmez ? On peut donc le faire soi-même ?
Pas du tout. L’extrait fluide requiert une double perco + evaporation.
Voir la fin de ce message :
https://www.altheaprovence.com/blog/faire-une-teinture-mere-percolation/#comment-17525
Bon d’accord,j’abandonne…on en reparlera quand j’aurais fait mes premières perco….d’ailleurs impossible de trouver des bouteilles de periers en verre, j’ai fait le tour de tous les magasins, ça n’existe plus, je vais essayer avec autre chose…et pour en revenir à l’erigeron, ok pour les hydrolats, du coup ?
Oui effectivement, on m’a dit plusieurs fois que les bouteilles en verre de perrier ne se font plus. Une bouteille de vin devrait faire l’affaire. Pas convaincu que l’hydrolat d’erigeron soit la solution non plus car les HEs ne sont plus présentes (ou disons sous forme de trace).
Bonjour,
Un grand merci pour votre site qui est une mine d’informations précieuses et accessibles !
Ma question concerne le calendula. J’en ai récolté pour faire un macérat. J’adore l’odeur de cette fleur et j’aurais voulu savoir s’il y avait un moyen de faire du parfum avec ! Et dans ce cas, comment puis-je procéder ?
Merci par avance de votre réponse
Bonjour Valérie,
En général, vous avez deux manières de capturer un parfum :
1. la distillation, qui va extraire les composants volatiles et aromatiques
2. la macération dans de l’alcool
Par contre, connaissant bien le macérat alcoolique de calendula, je ne peux pas dire que j’y trouve un parfum marqué, mais je n’ai probablement pas votre sensibilité. A essayer, donc macération simple en suivant les conseils de l’article.
Merci pour votre réponse si rapide !
Pour le macérat alcoolique, il est en cours, il me reste une semaine à attendre… Pour la distillation, je laisse cela aux professionnels, trop compliqué pour moi.
J’ai remarqué que ce parfum est plutôt fort lorsque je coupe les fleurs et s’estompe assez vite après et je crains de ne pas retrouver cette odeur assez addictive pour moi… 🙂
La solution est peut-être de frotter quelques fleurs coupées (enfin, jusqu’à la fin de la saison) 🙂
Merci encore pour votre disponibilité et vos précieuses information
Belle fin de journée
Bonjour Christophe,
tout d’abord un grand merci pour votre site auquel je me réfère depuis quelques temps tant en matière de connaissance que pour les préparations. Je commence tout doux, tatonne tutti!
J’ai moulte question à vous poser…
Je viens de réaliser une teinture mère de calament et j’y ai mis la plante entière fraîche (préfanage 48h). Or, j’ai vu après coup, qu’il fallait n’utiliser que les sommités fleuries; aussi, j’aimerai savoir si les principes contenus dans la tige et les feuilles basales vont interférer avec ses propriétés reconnues.
Puis comme le volume en est devenu important, je suis arrivée à un rapport plante/alcool de 1:5 au lieu de 1:2 afin de l’immerger (alcool à 96°). Cela va-t-il changer quelque chose?
Je me demandais aussi si il fallait après une extraction à 96° diluer le résultat obtenu pour sa consommation ou si on l’utilise tel quel dilué dans le verre d’eau?
J’ai fait aussi la découverte en herborisant, de la sauge verveine (salvia verbenaca) la connaissez vous? Je ne trouve pas d’info en français sur le net. J’ai vu qu’on en faisait une huile essentielle. J’aurai aimé savoir comment on peut l’utiliser. Je m’apprête à la teinturer. Merci encore. J’attends impatiemment votre réponse!
Bonjour,
Pour le cataire, les tiges sont relativement pauvres en composants aromatiques, vous pouvez vous en tenir aux feuilles, et pas de gros problème si vous n’avez pas les sommités fleuries, mieux vaut capturer ce que vous avez aujourd’hui plutôt que de devoir attendre le printemps prochain. La feuille est riche en aromatiques et devrait donner une bonne teinture.
Vous ne pouvez pas utiliser de l’alcool pur pour un taux de 1:5, beaucoup trop élevé. Les deux choix qui se présentent à vous :
– Plante fraiche, 1:2, alcool pur
– Plante sèche, 1:5, alcool à 40° à 50°
Si vous n’arrivez pas à immerger la plante en utilisant 1:2, c’est à cause des tiges et autres parties que vous n’avez pas coupé finement. Pensez aussi à placer un lourd galet sur la plante afin de la lester et de la faire descendre. Rajouter un peu plus d’alcool, ça passe. Mais passer de 1:2 au 1:5, cela va donner une teinture très élevée en alcool et aussi très diluée.
Je connais Salvia verbenacea, j’en ai autour de chez moi. Une petite lamiacée qui peut rendre service – les catégories classiques : digestive, légèrement antispasmodique, etc. Rien de trop notable.
Merci beaucoup de votre réponse. Je parlais du calament, clinopodium nepeta si je l’ai bien identifié! Me voilà embétée! Qu’est ce que cela signifie: « alcool trop élevé et composants trop dilués » au niveau de l’usage? Je comprends qu’il faudrait en prendre davantage pour bénéficier des propriétés de la plante et que du coup ce serait « pénible » pour le foie par exemple??? Ai-je bien compris…? et maintenant qu’elle mâture!! comment me conseilleriez vous de l’utiliser au niveau posologie je veux dire?
Côté sauge verveine a -t elle des propriétés préférable en infusion?
Ah oui, et je voulais vous faire part de ma cueillette récente d’achillée… rose!!!??? mais pas rose complètement, rose petit à petit comme si elle muait! Qu’en pensez vous? Serait-ce un dépôt de quelque chose, genre toxique, ou une mutation naturelle? J’hésite à l’utiliser, mais elle est tellement belle!!! Merci encore et belle journée à vous.
Pour l’achillée rose, pas de problème (c’est une variété décorative) tant qu’elle a l’arôme riche et le gout amer de l’achillée. J’en ai eu utilisé de la rose avec de bons résultats.
Sauge verveine, oui en infusion, mais là encore relativement douce, en digestive ou accompagnement d’un petit rhume par exemple.
Pour votre teinture, tout simplement trop diluée avec une concentration en alcool trop forte. Il faudrait au moins doubler la dose, ce qui n’est pas très intéressant vu la quantité d’alcool. Bref, vous pouvez l’utiliser, mais effectivement il faudra prendre du style 2 ou 3 cuillères à café au lieu d’une, d’un produit très fort en alcool.
D’accord.
Qu’en pensez vous si je la dilue après coup? En utilisant la table de titrage, puis-je rajouter une infusion de clament (avec 10% de glycérine) de manière à la faire tomber en alcool? Dans ce cas, est-ce possible de conserver la posologie que vous m’avez indiquée (2/3 cuillère à café/jour?) et cette sur-dilution garantirait-elle un joyeux remède?
Un petit quelque chose qui me turlupine encore, pourquoi la plante fraîche teinturée à 1:5 serait davantage diluée que la plante sèche teinturée à 1:5 elle aussi. J’avoue ne pas comprendre cette subtilité. J’espère que vous trouverez mes questions claires. Au plaisir de vous relire…
Je pense effectivement que vous pouvez l’utiliser sous différentes formes, diluée en particulier afin de ne pas gâcher cette préparation.
Petite explication des dilutions. La plante fraiche contient environ 80% d’eau. Imaginons que vous ayez 100 g de plante – 20 g de plante sèche, 80 g d’eau.
Vous rajoutez 200 ml d’alcool pur (ou pour être plus exact, à 96°). Vous rajoutez donc 8 ml d’eau, et 192 ml d’alcool « vraiment pur ».
Donc au total, nous avons 8 + 80 = 88 ml d’eau pour 192 ml d’alcool. Ceci nous donne une concentration de 68°.
Maintenant, si vous faites une teinture de plante sèche au 1:5, vous avez :
– 100 g de plante sèche, pas d’eau dans la plante.
– 500 ml d’alcool à 50° (et pas pur), donc 250 ml d’eau, 250 ml d’alcool. La concentration finale est de 50°.
Donc première chose, 2 préparations différentes, 2 taux d’alcool différents.
Toute plante fraiche apporte en général autour des 80% d’humidité en particulier pour les parties aériennes. Cette eau va diluer l’alcool pour les préparations faites à partir de plante fraiche, et bien sur pas de dilution coté plante sèche, mais un alcool de départ beaucoup moins fort.
Merci beaucoup pour ces précisions. Belle journée à vous
Bonjour Christophe !
Je me demandais si vous aviez utilisé l’eupatoire chanvrine (pourpre). J’avais croisé dans un bouquin écrit par un véto que la teinture d’eupatoire était souvent utilisé pour les chevaux pour stimuler le systeme immunitaire. Il y en a beaucoup ici à l’état sauvage, elle a l’air d’avoir des points communs avec l’échinacea, savez vous si elle contient les fameux isobutylamides et mucopolysaccharides comme elle, et si une teinture par percolation serait bienvenue ? Je tenterais bien car je n’ai pas beaucoup de plants d’échinacée.
Bonjour Caroline,
Je ne l’utilise pas personnellement, mais les études montrent qu’effectivement il contient une fraction de polysaccharides qui stimule le système immunitaire. Gary Singh, dans son livre « How to Boost Your Immune System Naturally », mentionne que Eupatorium cannabinum améliore la phagocytose de 22%, alors que l’échinacée l’augmente de 45%. Pas d’isobutylamides à ma connaissance. Pas aussi élevé que l’échinacée, mais pas mal pour une plante locale. C’est définitivement à tenter.
ok, merci d’avoir cherché, c’est intéressant…je vais poursuivre mes recherches de mon côté et je vais tenter l’expérience..affaire à suivre. Merci Christophe !
Alors une autre question qui à sa place ici. Je vais également faire de la teinture de propolis mais en poussant jusqu’à l’extrait mou. Quand mon fils était bébé, je faisais un mélange de propolis sans alcool (présence de sel marin apparemment pour la conservation) avec du miel et je badigeonnais ses gencives le soir (il adorait ça) et je pense que ça lui a évité quelques douleurs dentaires. Je n’ai jamais trouvé (à l’époque) comment réaliser la propolis sans alcool, je me dis maintenant qu’ils ont du faire évaporer l’alcool de la teinture et rediluer l’extrait mou avec de l’eau et du sel. Qu’en pensez-vous et auriez vous une idée des dosages (proportion extrait de propo et sel) ? Sinon je garderais l’extrait mou tel quel, je pense que ça ne devrait pas poser de problèmes.
– je me disais également que l’association sirop de baies de sureau et sirop de cynhorrodons (vit C), ça doit être top pour les enfants, non ?
Après évaporation vous allez obtenir un extrait riche en résines qui ne sera pas miscible avec l’eau. Je ne pense pas que la glycérine puisse marcher mais il faudrait essayer. Une huile végétale fournit de meilleures possibilité, mais on se retrouve avec une huile. Bref, je ne suis pas sur, mais faites moi savoir ce que vous concluez de vos expérimentations.
Et pour le sirop sureau + cynorrhodon, une excellente idée. La vitamine C n’est en principe pas stable à la chaleur. Mais François Couplan raconte cette histoire :
« Durant la seconde guerre mondiale, en grande Bretagne, on distribua régulièrement à la population du sirop de cynorrhodon à fin d’éviter les carences en vitamine C dues à la pénurie d’agrumes. Des directives avaient été données pour préparer du sirop avec peu de cuisson afin de préserver le maximum de vitamine. Mais des élèves d’un lycée décidèrent avec leur professeur de préparer du sirop avec une longue cuisson, puis d’en analyser la teneur en vitamine C. Elle se trouva être équivalente à celle du sirop officiel ».
Voir : http://www.plantes-et-sante.fr/encyclopedie/le-cynorrhodon-le-fruit-du-froid
Bonjour Christophe!
J’espère que vous avez eu de belles vacances bien méritées!
J’aimerais lancer quelques teintures-mères « d’automne ». Je me heurte à deux questions…:
– Finis les pots entourés de Kraft qui chauffent devant la fenêtre… Il y fait tout au plus 20°C ! Alors, comment élever la t°C à la veille de l’hiver? Sur le chauffage? Dans ce cas, il y aura de grands écarts entre la t°C de la nuit et du jour… Quelle t°C idéale préconises tu?
– Ensuite… Quelles racines teinturer en automne? Car je constate qu’étrangement, même pour des bisannuelles, on conseille souvent la racine du printemps de la 2ème année plutôt que la racine d’automne de la 1ère année… Mais pourquoi?
Dois-je attendre le printemps pour mes racines d’aunées, bardanes, pissenlits, consoudes, échinacées?
Milles mercis pour tes précieux conseils!
Bonjour Charlotte,
– Pour le processus de teinturation, pas besoin d’élever la température, température ambiante suffit, l’alcool fait un bon travail d’extraction à cette température là. Pour le macérât huileux par contre, il faut élever la température car l’huile n’est pas un solvant très efficace.
– A l’automne, toutes les racines vraiment – bardane, échinacée, grande aunée, primevère, consoude, pissenlit, ashwagandha, patience crépue, bouillon blanc, fragon, etc. Pour les bisannuelles, la récolte est meilleure au printemps de la première année, et les anciens écrits sont en accord avec cela. L’automne de la deuxième année utilisée lorsque l’on a manqué l’opportunité de l’automne.
Bonjour Christophe!
Super, je vais donc me lancer dans les TM d’hiver, puisqu’une t° ambiante suffit à la teinturation! J’ai encore quelques petits obstacles…
– Sur la date de récolte… Car je suis en altitude (1200m); début octobre te semblerait trop précoce? Car les échinacées et consoudes (annuelles) sont encore en fleurs… Par contre, les aunées (vivaces) sont bien en graines et fanées. Quel est l’état préférentiel de la plante pour récolter ses racines?
– Ensuite, j’ai de l’alcool à 40° et à 95°C; conseilles tu l’alcool pur pour les racines d’échinacées, aunées, pissenlit, consoude, bardane, etc ?
– Et enfin, je lis qu’avec de l’alcool à 95°C et des plantes fraîches, tu conseilles un rapport plantes/alcool de 1:2. Mais si les racines sont fraîches, saurai-je les réduire en poudre assez fine avec un blender de sorte à parvenir au rapport 1:2 ? Car j’ai bien visionné ta vidéo de pulvérisation via blender et moulin à café; mais elle se réfère à des plantes préalablement séchées? Que fais tu pour les fraîches?
– Ne serait-ce pas plus simple de sécher les racines et lamelles, pour ensuite passer à un taux plantes/alcool de 1:5, qui me semble plus réalisable que 1:2 pour éviter de risquer l’oxydation des parties à l’air?
Bref… Comment procèdes-tu, toi, pour maximiser les chances de réussite des TM de racines?
Milles mercis à toi !
Charlotte aux plantes
Bonjour Charlotte,
– Pour récolter les racines, en principe tu dois attendre que les parties aériennes soient complètement mortes. Pour l’aunée, ça a l’air bon. Pour les autres, trop tôt encore. Pour la consoude, garde aussi en tête que les feuilles sont excellentes, pas aussi riches en mucilages, mais de bonnes propriétés régénératrices des cellules de peau, os et cartilage.
– Pour l’échinacée, il faut absolument que tu essayes la teinture de racines fraiches. Tu vas voir l’effet en bouche est assez détonnant. Tu ne les passe au blender qu’une fois qu’elles ont macéré dans l’alcool pur pendant une semaine. Pour les racines, vu la nature compacte de la plante, tu verras le 1:2 est très faisable. Bardane, la teinture de racines fraiches est aussi excellente, mais tu peux faire du quasi-frais « presque complètement sec ». Pissenlit, une plante à décoction dans mon humble opinion, mais teinture de plante sèche bonne aussi. Consoude, teinture de plante sèche, feuilles en particulier, est bien bonne.
– Si tu fais sécher tes plantes, tu fais une teinture de plante sèche. On perd l’avantage d’utiliser le frais. On perd un petit quelque chose. Mais à toi de voir ce qui te plait. Certains préfèrent la teinture de plante sèche car plus prévisible coté concentration (le facteur humidité de la plante rajoute un coté imprévisible en ce qui concerne la dilution finale).
Pour résumer, pour les teintures de racine, vu la nature compact du matériel végétal, que ce soit du frais 1:2 ou du sec 1:5, pas de problème pour le volume et le compactage de la plante dans l’alcool. A condition de couper finement.
Quelle belle réponse, merci de prendre cette peine!
ça me donne tout l’enthousiasme de lancer la teinture-mère d’aunée, et bientôt pour l’échinacée… détonnant dis tu.. j’ai hâte de voir ça!
Pour la consoude, j’ai encore des feuilles fraîches, je vais tenter une TM de feuilles fraîches alors! J’avais compris que l’allantoïne était surtout présente dans les racines.
Mais pour consolider fractures, cartilages et tendons, comment utiliser une T.M. de consoude? Diluée en externe? Pas en interne quand même? (si je me rappelle bien, il y a des composés toxiques dans la racine de consoude qui empêche l’absorption en interne?)
Merci encore!
Oui teinture diluée en externe fonctionne très bien. Ou cataplasme de feuilles écrasées, ou de racines.
L’allantoine est présente dans les feuilles aussi. Par contre, ce sont les mucilages qui sont surtout présents dans les racines.
J’ai assisté à des discussions récentes au sujet de la consoude ou finalement l’allantoine ne serait peut être pas responsable des effets de la consoude, mais plutôt son contenu riche en silice. Bref, comme d’habitude, impossible d’épingler les propriétés de la plante sur un seul constituant, et c’est tant mieux 🙂
En prise interne, les alcaloides pyrrolizidiniques sont problématiques pour le foie, quelque soit ce que vous avez pu entendre. La science est claire est nette sur le sujet. Ils créent un stress oxydatif au niveau du foie qui provoque si utilisation continue des problèmes veino-occlusifs.
Bonsoir Christophe
je désire faire de la teinture mère de thuya que me conseille tu nous n’avons que les thuyas locaux , à notre disposition???
Si possible teinture des feuilles fraiches avec alcool pur, c’est la seule préparation que je connaisse pour le thuya. Il faut en principe Thuja occidentalis. Parfois on trouve Thuja plicata dans les haies, je suppose que interchangeable mais pas 100% sur.
Bonjour,
Je voudrais faire de la TM de Cardère, j’ai de l’alcool à 90 qu’il faudra que diluer pour faire 55°, mais à quelle époque je peux ramasser les racines et mieux vaut-il la cultiver ou la prendre au bord des routes ?? car j’ai vu qu’elle existait en culture d’ornement mais est ce la même ?
Merci
Bonjour,
Le cardère est une bisannuelle, la racine se ramasse au printemps de la première année. Je la cultive certaines années, j’en ai eu ramassé dans le sauvage, je trouve que la teinture est équivalente. Je ne sais pas si celle d’ornement est la même, il vous faut Dipsacus sylvestris ou fullonum.
Re-bonjour ici 🙂
Je discutais l’autre jour avec une amie des teintures-mères, et elle me disait que selon Ducerf, on peut teinturer des plantes fraîches dans de l’alcool à 70°.
Beaucoup de personnes dans mon entourage pratiquent de la sorte et ont l’air de dire que cela fonctionne, j’avoue ne pas trop savoir quoi penser.
Ça m’arrangerait car l’alcool qu’on distille soi-même avec deux repasses est à 70° et les plantes fraîches ont plus de propriétés, or pour l’instant, je suis vos recommandations et donc je teinture des plantes quasi-fraîches, dans de l’alcool à 55° ou 45° en fonction des plantes (je dilue mon alcool à 70 du coup, histoire de l’économiser).
Oui bien sur ça marche et c’est satisfaisant. On peut même faire une teinture de plante fraiche avec un rhum à 55° en supposant que la plante ne soit pas trop chargée en humidité (je n’irais pas macérer une racine bien juteuse par exemple comme une aunée juste sortie de terre). La question est, quel alcool donne un résultat optimal. Et la réponse est, dans la plupart des cas, l’alcool pur.
En conclusion, son vous n’avez que de l’alcool à 70°, pas d’hésitation à avoir. Pareil si vous n’avez que de l’alcool à 40° pour une plante sèche et que les taux optimaux sont 50°. Cela donnera toujours un bon résultat. Pas optimal mais satisfaisant.
Merci beaucoup 🙂 Excellente nouvelle, tout le monde est d’accord alors 🙂
Bonjour,
Puis-je faire une teinture mère de grand pétasite pour contrer les allergies saisonnières (herbe à poux et graminées) ?Serait -il préférable de faire macérer les racines ou des feuilles? Merci!
Diane, Québec
Bonjour Diane,
Le grand pétasite a fait beaucoup parler de lui ces dernières années. Il est riche en alcaloïde pyrrolizidiniques qui sont toxiques pour le foie. Les dernières préparations « acceptables » sont des préparations de laboratoire dans lesquelles on a enlevé ces alcaloïdes. Je ne recommande pas de préparer une teinture directement à partir de la plante. Notre foie se fait déjà assez bombarder comme cela. Autant utiliser d’autres plantes pour contrer les allergies (plantain lancéolé, solidage, etc). C’est la racine qui est utilisée, parfois racine + feuilles.
Bonjour,
Je découvre avec délices votre livre et votre site. Avant de vous découvrir j’ai fait une teinture-mère de thym: plante fraîche non coupée et non mesurée dans de la vodka à 40%.
Je n’ai pas agité. Au bout de 9 jours, j’ai ouvert le bocal et ai vu qu’une branche dépassait: elle était noircie et cela m’a fait paniquer. J’ai immédiatement filtré. Je me demande si ma teinture est «acceptable»: a-t-elle des propriétés? est-elle gâchée par la branche noircie? est-ce que je peux l’utiliser en interne ou dois-je la cantonner à des usages externes?
Merci de vos conseils avisés.
Bonjour Isabelle,
Ne noircissement de la branche est une oxydation à l’air. Une oxydation va impartir une couleur et un goût spécifique à la teinture qui n’est pas désirable, mais n’est pas non plus catastrophique. Si c’était l’histoire d’une seule petite branche, je dirais qu’il n’y a pas de problème. Goutez – si la teinture a un bon goût de thym, alors no problem. Mais c’est sur que le puriste ne sera pas satisfait 🙂
Bonjour
Puis ajouter quelques gouttes d huiles essentielles dans mes flacons de 100ml de teinture mère ?
Merci par avance pour votre reponse
Bonjour Eric,
D’une manière générale, oui absolument. Vous pouvez créer certaines synergies intéressantes. Le fameux « neutralizing cordial » des pays anglophone, par exemple, mélange digestif par excellence et bon pour toute digestion difficile, contient des teintures (rhubarbe, cannelle, hydraste) ainsi que quelques gouttes d’HE de menthe. Les possibilités sont vastes… Tout en restant dans les % acceptable des HEs bien sur, toujours avoir la main légère lorsqu’il s’agit de consommer les HEs en interne.