Faire un macérât huileux

A base de plantes médicinales

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinales

Faire un macérât huileux est l’une des activités les plus gratifiantes que je connaisse.

C’est en général au mois de juillet que je ramasse les plus belles fleurs de souci. A quatre pattes dans mes bandes, j’anticipe déjà la vision de ces grands bocaux remplis d’huile d’olive, avec ces beaux soleils oranges en suspension. Les macérâts huileux sont extrêmement utiles pour toute la famille. Le macérât de souci par exemple est très efficace pour calmer l’inflammation des brûlures, éraflures et petites coupures de la vie quotidienne.

Le macérât huileux, réparti en petites bouteilles, fera aussi le cadeau idéal pour votre entourage. Ajoutez une belle étiquette calligraphiée à la main pour la touche personnelle, et vous alliez utilité et esthétique. Vos amis vous en remercieront.

Mais nous mettons la charrue avant les boeufs. Revenons à la préparation elle même, et revoyons ensemble la méthode détaillée.


Les huiles

Si vous pensiez avoir laissé la chimie dans un tiroir de bureau d’école, en espérant ne jamais y revenir, je vais hélas devoir vous décevoir. Car pour faire un bon macérât huileux, il faut avant tout choisir la bonne huile, celle qui restera la plus stable au fil des mois.

Les différentes huiles sont en général équivalentes du point de vue de leur pouvoir d’extraction. Elles sont beaucoup moins efficaces que le mélange alcool + eau, mais sont beaucoup plus adaptées à l’application externe. D’abord, leur viscosité en fait le liquide idéal pour le massage. Elles déposent aussi une couche sur la peau, couche qui ne pénètre pas aussi bien que la crème (qui sera le sujet d’un autre article), mais qui protège une zone endommagée.

Toute la discussion va donc se faire sur leur capacité à rester stable, ou à rancir. Et la stabilité est liée à la structure chimique de la molécule d’huile. Si la molécule est ce qu’on appelle « saturée », le stress oxydatif ne pourra pas venir endommager la molécule qui restera stable au fil des mois. Si elle n’est pas saturée, les radicaux libres pourront venir endommager la molécule, la rancissant au passage.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinales

Voici les différents types d’huile à considérer :

  • Les huiles polyinsaturées : huile de colza, de germes de blé, de maïs, de tournesol, de soja, de noix, « isio 4″ et autres mélanges, etc. C’est huiles sont à éviter pour les macérâts huileux. Elles vont rancir relativement vite. Certes, on peut les stabiliser aux huiles essentielles (voir chapitre à ce sujet plus loin). Mais pourquoi ne pas choisir une huile stable à l’origine ?
  • Les huiles monoinsaturées : huile d’olive principalement. Elles sont stables à température ambiante et s’oxydent très peu. Elles s’oxydent si on les chauffe à des températures trop hautes.
  • Les huiles saturées : huile de noix de coco, beurre clarifié, saindoux, beurre de cacao, etc. Ces huiles sont plus dures à travailler car elles sont souvent figées à température ambiante. Par contre, elles ont une stabilité totale.

Le bon compromis : les huiles monoinsaturées, l’huile d’olive en particulier est la reine pour tout macérât huileux.

Il vaut mieux acheter une huile première pression à froid, et une huile bio. Bio parce que les produits chimiques et pesticides sont liposolubles, c’est-à-dire qu’ils se dissolvent dans les lipides. L’huile étant un lipide, elle aura la capacité de stocker une énorme quantité de produits chimiques indésirables. Mieux vaut bien choisir son huile.

L’huile d’olive va rester stable pendant 2 ans ou plus, ceci sans ajout d’huiles essentielles ou autres conservateurs. Il faudra par contre prendre vos précautions et stocker vos huiles dans un endroit qui reste frais et à l’abri de la lumière.

Si vous désirez utiliser une autre huile, je vous conseille de considérer sa stabilité avant toute chose. Ensuite, certains autres paramètres seront important, et dépendent des goûts du préparateur et de l’utilisateur :

  • La viscosité du corps gras. Le beurre de cacao est stable mais solide à température ambiante. L’huile d’olive est fluide. Plusieurs corps gras peuvent être mélangés ensemble afin d’en modifier la viscosité.
  • La pénétration et la sensation sur la peau. Certaines huiles pénètrent mieux que d’autres, ou laissent une sensation plus agréable.

La seule façon de développer vos préférences : l’expérimentation !


Préparation de la plante

Tout macérât huileux se fait à partir de la plante sèche.

Il est impératif de bien faire sécher la plante auparavant, car tout reste d’humidité peut entraîner une fermentation de l’huile, qui fera au long terme rancir le macérât. Et pour certaines parties de plante, ceci n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer.

Les parties les plus problématiques sont souvent les boutons de fleurs, car ils regorgent d’humidité. Prenons pour exemple le millepertuis, qui nécessite la cueillette d’une partie des fleurs en boutons. Les feuilles et fleurs ouvertes vont sécher relativement rapidement, donnant l’impression que la plante est prête à mettre en macérât huileux.

Les boutons par contre sont souvent encore humides. Il faut faire le test suivant : presser le bouton entre ses doigts. Si le bouton n’est pas sec et ne s’effrite pas, la plante n’est pas encore prête. Retournez bien vos plantes plusieurs fois sur vos bacs de séchage, ou si vous les suspendez assurez-vous qu’elles ne soient pas trop serrées, ou que le bouquet ne soit pas trop gros. L’air doit bien circuler autour des différentes parties de la plante.

Sur la photo ci-dessous, des fleurs de marguerite (Leucanthemum vulgare) sortant du bac de séchage. Je vérifie au touché leur état de déshydratation, en écrasant plusieurs boutons entre mes doigts. Les fleurs sont plutôt grosses, je les écrase donc entièrement, en allant voir aussi dans le coeur jaune. Ces jolies fleurs feront une très bonne huile anti-inflammatoire.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinales
Parfois, une récolte peut être infestée de petites chenilles, qui elles même contiennent beaucoup d’humidité. Les mettre dans le macérât huileux est problématique.


Macération simple

Le premier processus de macération consiste à mélanger la plante sèche directement à l’huile d’olive. Nous verrons dans les chapitres suivants des procédés un peu plus complexes mais parfois nécessaires pour maximiser l’extraction.

  • Placez la plante bien séchée dans un bocal (que vous laisserez ouvert pendant la macération) ;
  • Recouvrez la plante d’huile d’olive bio première pression à froid ;
  • Placez un morceau de tissu ou de papier sulfurisé sur le dessus du bocal que vous faites tenir avec un élastique ;
    • Il ne faut pas fermer le bocal. L’huile doit respirer car il reste toujours un peu d’humidité dans la plante, et nous voulons nous assurer que l’humidité puisse s’échapper du bocal.
  • Vérifiez le niveau d’huile le lendemain. Certaines plantes vont absorber beaucoup d’huile, d’autres non. S’il n’y a plus assez d’huile pour recouvrir la plante, en rajouter. Notez bien que parfois la plante flotte et l’huile se retrouve sous la plante (ce qui ne veut pas dire qu’il manque de l’huile nécessairement) ;
  • Mettez le bocal dans un sac en papier épais qui ne laisse pas passer de lumière, et placer le tout devant une fenêtre qui reçoit le soleil, ou dehors à un endroit qui reçoit le soleil plusieurs heures par jour.
    • Placer un macérât huileux au soleil sans la protection du sac est pour moi une erreur, car nous savons aujourd’hui que les UVs du soleil détruisent énormément de composants actifs de la plante. Ces composants sont très fragiles. De plus, avec le soleil, l’huile du macérât va s’oxyder plus vite.
  • Remuez le mélange de temps en temps ;
  • Laissez macérer pendant au moins un mois, plus si vous le désirez ;
  • Placez un morceau de coton ou de tissu non coloré sur un saladier en verre (vous verrez pourquoi en verre par la suite), assurez vous que le coton recouvre bien les parois du saladier ;
  • Versez le mélange plante + huile dans le saladier sur le tissu ;
  • Ramenez les coins du tissu pour former un baluchon contenant le mélange, puis commencez à presser gentiment le mélange au travers du tissu avec vos mains. Prenez votre temps, et essorez par torsion le tissu rempli du mélange, comme lorsqu’on essore un torchon trempé à la main.
    • Notez que les presses hydrauliques ou mécaniques ne feront pas un bon travail, et risquent d’extraire des petites poches d’humidité qui restent coincées dans la plante sèche, ce qui fera tourner l’huile. Mieux vaut les laisser emprisonnées dans la plante, s’il y en a.
  • Laissez décanter une journée. Regardez au travers du saladier en verre, au fond du saladier, afin de voir si de l’eau s’est séparée de l’huile. S’il y en a une couche, vous le verrez vite, et il faudra l’éliminer. Le mieux sera de récupérer l’huile uniquement par le dessus, à l’aide d’une louche. Attention de ne pas trop faire remuer la couche d’eau. Vous pouvez aussi la siphonner à l’aide d’un petite tuyau.
  • Mettez en bouteille et étiquetez avec le nom de la plante et la date.
  • Conservez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière.

Macération à température contrôlée

La température favorise une meilleure extraction. L’huile doit être chaude, mais pas trop chaude. Dans l’idéal, il faut garder l’huile entre 38°C et 40°C, pas plus chaud.

Pour accomplir ceci, j’utilise un auto-cuiseur sur lequel j’ai rajouté un rhéostat sur le fil d’alimentation. Un auto-cuiseur normal chauffe trop, même au réglage le plus bas. Vous pouvez aussi vous procurer une rallonge qui inclue un rhéostat pour réduire l’arrivée d’électricité. Certaines personnes utilisent aussi une yaourtière, qui chauffe à basse température et semble produire d’excellentes huiles.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinalesEnsuite, j’utilise un thermomètre à sonde, la sonde restant constamment immergée dans l’huile et me permettant de garder mon macérât huileux entre 38°C et 40°C. Je place mon autocuiseur dans un coin de ma salle de travail, et je laisse macérer pendant 7 à 10 jours, en vérifiant plusieurs fois par jour que la température se soit bien stabilisée au niveau voulu.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinales

Je ne couvre jamais le cuiseur afin de laisser l’humidité s’évaporer. Par contre, pour éviter que de la poussière ne se dépose sur mon huile, je place un morceau de coton au dessus du récipient du cuiseur.

Voici quelques photos de préparation d’un macérât huileux de camomille allemande (Matricaria recutita), que j’utilise en massage externe pour soulager les enfants qui ont des petits maux de ventre.

La photo ci-dessous montre les fleurs de camomille effritées à la main et placées au fond du bac du cuiseur.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinalesElles sont juste recouvertes d’huile d’olive avant de mettre à chauffer entre 38°C et 40°C.

Fabriquer un macérât huileux de plantes médicinalesAu bout de 7 à 10 jours de cette macération lente, je suis la méthode de pressage décrite dans le chapitre précédent, puis décantation et mise en bouteille.


Macération avec intermédiaire alcoolique

Lorqu’on réfléchit à l’extraction d’un point de vue chimique, on s’aperçoit très vite que l’huile n’est pas le meilleur des solvants. L’huile n’extraira que très peu les résines par exemple.

Pour optimiser l’extraction, on peut utiliser un solvant intermédiaire qui est l’alcool pur. C’est une méthode que j’ai souvent utilisée lorsque j’exerçais aux Etats-Unis vu que je pouvais me procurer de l’alcool à 96° dans le commerce. En France, ceci n’est pas possible. Mais je vous expose tout de même la méthode ici, car elle a fait ses preuves et était utilisée par les pharmaciens du siècle dernier pour préparer de très bonnes huiles.

Pour information, voici une liste de plantes pour laquelle cette méthode sera particulièrement efficace :

Achillea millefolium
Arnica spp
Calendula officinalis
Commiphora myrrha
Cupressus
Echinacea
Geranium
Grindelia
Juglans
Matricaria
Monarda
Rosmarinus
Ruscus aculeatus
Salvia
Scrophularia
Stachys
Symphytum
Thuja
Usnea
Verbascum

Première partie :

  • Placez la plante séchée et broyée dans un grand bol ou un saladier. Supposons que nous avons 200 grammes de plante séchée.
  • Ajoutez la moitié de cette quantité en poids d’alcool pur. Pour notre exemple, ajoutez 100 grammes d’alcool.
  • Mélangez bien et laissez reposer 2 heures dans le saladier couvert.
    • Il n’y aura pas assez d’alcool pour tremper le marc, il sera humidifié tout au plus, ce qui est l’effet recherché – nous ne voulons pas démarrer une macération.
  • Remuez 2 ou 3 fois pendant ces 2 heures, afin que l’alcool soit bien réparti sur tout le volume de la plante.

Dans cette première partie, l’alcool pur commence à extraire les composants de la plante.

Deuxième partie :

  • Au bout de 2 heures, placez la plante humidifiée par l’alcool dans un blender.
  • Rajoutez dans le blender 7 fois le volume de plante en huile d’olive. Pour notre exemple, 200 x 7 = 1400 ml c’est à dire 1,4 L.
  • Faites tourner le blender jusqu’à ce que le mélange devienne tiède ;
  • Pressez comme expliqué dans le chapitre précédent ;
  • Si le mélange a toujours une petite odeur d’alcool, laissez reposer l’huile 24 heures dans un récipient le plus large possible (afin de maximiser le contact avec l’air) en venant remuer de temps en temps. Le reste d’alcool devrait s’évaporer rapidement.
  • Mettez en bouteille, étiquetez et rangez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière.

Macération de plante fraîche

Certaines plantes perdent rapidement leurs propriétés lorsque sèches. Mais comme expliqué précédemment, les risques de fermentation et de rancissement augmentent considérablement. Comment faire ?

Si vous voulez réaliser un macérât huileux de ces plantes là, procédez de la manière qui suit. Ceci s’applique aux plantes telles l’arnica ou le millepertuis.

  • Pour minimiser les risques de fermentation de l’huile, faites d’abord sécher le plus possible la plante mais pas complètement. La plante sera alors frippée, mais toujours humide. Elle ne s’effritera pas au toucher. J’utilise le terme « plante quasi fraîche » pour ce cas de figure.
  • Suivez ensuite la méthode « macération à température contrôlée » expliquée plus haut. La température constante autour des 40°C assure l’évaporation douce mais constante de l’humidité restante pendant la période de macération.

Conservateurs

Certaines personnes rajoutent des conservateurs dans leurs huiles pour les garder le plus longtemps possible. Voici les deux conservateurs les plus utilisés :

  • La vitamine E, qui est un antioxydant protecteur et qui se trouve sur internet en petites capsules de 200 IU ou 400 IU. Vous pouvez rajouter entre 200 IU et 400 IU par litre d’huile si vous le désirez.
  • Les huiles essentielles. Certaines huiles comme l’HE de romarin sont des antioxydants très puissants et quelques gouttes par litre de macérât huileux fournira une protection additionnelle contre le rancissement.

En ce qui me concerne, je ne rajoute pas de conservateurs. D’abord, je garde mes huiles très longtemps sans aucun problème de rancissement. Ensuite, je trouve que les huiles essentielles rajoutent des senteurs (et donc des propriétés) que je trouve parfois indésirables. Je sais qu’elles peuvent être utilisées à bon escient pour renforcer l’effet du macérât. Mais j’aime la simplicité.


Le résultat final

Une bonne huile doit avoir une belle couleur, et surtout un goût et une odeur qui reflète la plante choisie. Une huile de feuilles de consoude sera d’un beau vert foncé. L’huile de millepertuis sera d’un rouge foncé et opaque. L’huile de souci sera d’un beau jaune-orangé.

Faire ses propres macérâts huileux n’est vraiment pas sorcier. C’est une très bonne manière de capturer les propriétés de la plante pour une application externe. Mais n’oubliez pas aussi qu’une infusion ou une teinture diluée appliquée en compresses est très efficace.

Ci-dessous, un macérât huileux de millepertuis (Hypericum perforatum).

Fabriquer un macérât huileux


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112 thoughts on “Faire un macérât huileux

  1. bonjour,
    je vais des macérats hydro glycérinés depuis quelques années et je suis curieuse de comprendre pourquoi la glycérine serait un mauvais solvant est ce que vous pourriez me donner plus de détails s’il vous plait ? juste pour comprendre ^_^ merci

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    • Bonjour Violette,
      La glycérine à un pouvoir déshydratant (elle attire l’eau) qui est intéressant pour l’extraction de plantes fraiches et juteuses, une racine de bardane fraiche par exemple, au taux de 1:2 (200 ml de glycérine pure pour 100 g de plante). Mis à part ce pouvoir de déshydratation (et encore, loin d’être aussi efficace que celui de l’alcool pur), la glycérine ne fournit pas un grand intérêt comme solvant. Je ne suis pas sur de pouvoir vous donner tout l’aspect chimique ici, disons juste que d’une manière empirique, tous les producteurs de produits à base de plante dans le monde (du moins les témoignage que j’ai pu lire) confirment le fait qu’entre macérât hydro-glycériné et alcool pur + eau (alcool dilué), il y a un monde.

      La glycérine peut parfois être utilisée comme véhicule, c’est à dire pour délivrer une quantité de jus de plante, ou de plante pulvérisée par exemple. Mais véhiculer et extraire n’est pas la même chose. Véhiculer de la racine pulvérisée de pissenlit dans de la glycérine est intéressant car la glycérine donne un goût plus agréable à la plante. Mais elle ne va quasiment rien faire d’un point de vue extraction dans ce cas là (et ce n’est pas le but).

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  2. j’ai fait secher lavande cet été..un macerat de lavande (dans de l’huile d’olive) a quoi comme utilisation?autre question car je me lance..peut on utiliser les macerats pour les integrer dans mes savons faits maison?macerat ou huile vegetale?ont elles les même utilisation?genre je me demaquille à l’huile(jojoba macadamia abricot)est ce que je pourrai utiliser macerat de calendula par exemple?merci pour vos reponses!

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    • Oui, le macérât huileux fournit une excellente base pour les savons. J’aime beaucoup les savons faits à partir d’une huile de fleurs de souci par exemple. Pareil pour l’huile de lavande.
      Par contre, les huiles n’ont pas toutes la même viscosité et pénétration dans la peau. L’huile d’olive est relativement épaisse, et pénètre peu par rapport à d’autres (jojoba par exemple). Donc le remplacement ne sera pas 100% le même. Mais à la base, oui, vous pouvez remplacer une huile végétale par un macérât huileux pour beaucoup d’applications cosmétiques.
      Le macérât de lavande : coups de soleil, inflammations de peau, douleurs musculaires en massage.

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    • Je vous que vous vous posez les mêmes questions que moi :) J’ai essayé récemment. Résultat satisfaisant coté couleur/odeur, par contre j’ai trouvé une odeur d’alcool un peu trop omniprésente car je n’ai pas voulu trop chauffer pour faire évaporer. Bilan mitigé. Je préfère passer par une bonne huile essentielle dans ce cas là.

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      • merci Christophe
        ce serait ballot d’avoir des regards suspicieux de mon entourage concernant une hypothétique consommation abusive d’alcool lors de l’application matinale de mon MH de lavande ….

        Du coup , je vais pouvoir économiser mon précieux alcool (enfermé à triple tours dans un placard top secret , mieux protégé que les joyaux de la couronne ) et je vais mettre en route un MH classique !

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    • Bonjour Sabrina,
      Le Yucca est une plante traditionnelle de la pharmacopée Mexicaine (Yucca schidigera). Utilisée historiquement pour les problèmes articulaires et comme antiinflammatoire. C’est une source très riche de saponines stéroidiennes. Voir l’excellent résumé ici (en Anglais) :
      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1440857/
      Certaines de ces saponines peuvent être toxiques en interne ou irritantes en externe. Je ne connais pas assez la plante pour vous donner un conseil informé ici, mieux vaut rechercher le sujet plus en détails.

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  3. Bonjour, tout d’abord merci pour toutes ces infos.
    Voilà j’aimerais faire un MH provençale pour la bronzette
    Huiles d’olives
    Aiguille de pin
    Plusieurs questions me viennent
    Pour la macération des aiguilles, dois je les laisser entière ou les broyer
    Pour l’odeur finale, c’est l’odeur du pin ou de l’huile d’olive?
    Dois je ajouter une HE ?
    Quand pensez vous? Moi je voudrais au finale une odeur de pin.

    Autre question, autre sujet ou presque,
    Si je met de l’huile d’olive et de HE d’eucalyptus par exemple, ça donne une huile de bronzette sans l’odeur de l huile d’olive sans faire de macération ou autre? Si oui qu’elles sont les dosages svp.

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    • Bonjour Raphaël,
      Pour les aiguilles, mieux vaut les couper au ciseau grossièrement avant de les mettre à macérer, afin d’éviter les poches d’air et pour utiliser le moins d’huile possible. Si vous voulez une odeur de pin, ne rajoutez pas d’huile essentielle. La résine rajoute un fort pouvoir antibactérien, antioxydant, et de stabilisation. Par contre, essayez de provoquer une « digestion à température contrôlée », c’est-à-dire pas trop chaude non plus, en laissant le bocal dans un sac en papier au soleil une partie de la journée, cela facilitera l’extraction de la résine.

      Pour masquer l’odeur de l’huile d’olive, les HEs sont efficaces effectivement. C’est assez compliqué de complètement masquer l’odeur de l’huile d’olive, vous la masquerez en grande partie. En général, pour une application sur une grande partie du corps et régulièrement pendant l’été, on ne dépasse pas 1% d’HE dans le mélange. Donc pour 100 gouttes d’huile d’olive, 1 goutte d’HE.
      Utilisez la table de calcul ici :
      http://www.huiles-et-sens.com/calculs-aromatherapie.php

      Qui nous donne : pour faire 100 ml de préparation, 99 ml d’huile d’olive, et 40 gouttes d’HE.

      Répondre
  4. Bonjour,
    A deux reprises, j’ai fait du baume à la grande consoude. En lisant toutes vos explications sur la fabrication de macérât, je me demande si j’ai bien fait les miens. Vous insistez beaucoup sur l’importance du séchage des fleurs, que pensez vous de l’utilisation des racines? Personnellement, je l’épluche, la râpe et la couvre d’ huile d’olive. Je laisse ensuite reposer sur le rebord de la fenêtre pendant 40 jours. Ce qui m’intrigue le plus, c’est l’eau que doit certainement contenir également la racine.

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    • Bonjour Bénédicte.
      Absolument, la racine est riche non seulement en eau, mais aussi en mucilages (un gel). Elle est donc très humide. Pour l’utiliser, il faudrait soit la faire « cuire », à la Maria Treben, dans de la graisse animale par exemple afin de faire partir cette eau, ou la manière plus douce, râper et laisser sécher quasiment à 100% (s’il reste un peu d’humidité, ça passe, trop d’humidité, l’huile tourne).
      Aussi, ne pas refermer le bocal, mettre un tissu avec une élastique afin que l’humidité s’évapore.
      En ce qui me concerne, je n’utilise plus que la feuille, que je transforme par intermédiaire alcoolique, avec une huile vert très foncé, j’en suis très satisfait.

      Ceci étant dit, on peut philosopher des heures sur l’optimisation de la méthode. Votre huile n’a pas tourné ? Votre baume sent bon (et pas le rance) et semble efficace ? C’est tout ce qui compte !

      Répondre
  5. Bonjour Christophe,

    merci pour ces pages où j’apprends plein de choses…!

    Pour les macérats huileux tu recommandes de proteger du soleil les récipients avec du papier.
    Question: au lieu du papier, penses tu que l’on puisse les mettre au soleil dans des bocaux en verre de couleur (ex. vert foncé que l’on trouve facilement)
    Merci encore

    Répondre
    • Bonjour Isabelle,
      Oui le verre de couleur bloque une bonne partie des UVs (je ne saurais pas te dire combien de % par contre). Mais certainement pas tous. Histoire de bien protéger mon huile, je préfère le sac en papier.

      Répondre
        • Bonjour Christophe,
          je reviens sur le sujet de l’exposition au soleil des MH…
          Si les préparations doivent être à l’abri des UV, puis je en déduire que ce n’est pas le soleil qui est important mais la chaleur.
          Si j’avais le chauffage chez moi en juillet, obtiendrais-je les mêmes résultats en posant les bocaux sur les radiateurs, par ex.?

          Répondre
          • Bonjour Isabelle,
            Oui exactement, ce qui importe c’est la chaleur d’un point de vue macération, et pas les rayons du soleil. On appelle se processus une « digestion à température contrôlée », processus qui requiert seulement une certaine température. Le chauffage donnerait les mêmes résultats. Ou l’autocuiseur. Ou la yaourtière.

            Répondre
  6. Bonjour,
    Je suis intéressée par votre idée de macération huileuse avec un intermédiaire alcoolique. Mais je me pose une question.
    Comment est-il possible que des composants polaires, extraits par l’alcool, puissent finalement se dissoudre dans l’huile, solvant apolaire, après l’évaporation de l’alcool ? Si on évapore tout l’alcool, ne s’évaporent-ils pas également ?
    J’ai déjà testé une technique de macérat hydro-alcoolo-glycériné, en évaporant l’alcool au four à 55°C, je me retrouve avec un extrait concentré qui ne nécessite pas d’ajout de conservateur, car contenant beaucoup de glycérine. Mais votre technique m’intéresse car elle permettrait d’obtenir une extraction équivalente (?) sur support huileux.
    Je comptais l’utiliser pour des fleurs de Millepertuis perforé, de Calendula, et des feuilles de Ginkgo biloba et de Centella asiatica, avec du caprylis comme support final. Je dispose d’alcool non dénaturé à 90°.
    Je vous remercie beaucoup pour vos infos.

    Répondre
    • Bonjour Léa,
      Plusieurs questions…
      Seuls les composants volatiles risquent de s’évaporer avec l’alcool. Il faut donc chauffer tout doucement, soit par simple friction avec la lame du blender (vous noterez que l’huile commence à chauffer au bout de plusieurs minutes – laissez vos mains sur le verre du blender), soit par bain marie. La plupart des aromatiques vont finir par rester dans l’huile. La seule explication logique est que l’alcool pur est plus volatile que ces aromatiques. L’expérience pratique confirme le fait que l’huile conserve la plupart des aromatiques.

      La technique décrite ci-dessus donne une préparation largement supérieure, pour deux raisons :
      1. la glycérine est un solvant très médiocre, l’un des pires que nous ayons
      2. la partie « hydro » est très problématique pour une huile, introduisant un risque significant de putréfaction au long terme

      Pour l’hypericum, le macérât huileux simple donne en fait un excellent résultat, pas besoin d’intermédiaire. Utiliser le millepertuis fripé, quasi sec, mais pas complètement sec. Pour le calendula, l’intermédiaire alcoolique est la seule méthode qui vous donnera une huile contenant la plupart des résines du calendula, en se rappelant que les propriétés de la plante viennent en grande partie des résines du capitule. Essayez avec les parties vertes des plantes aussi – définitivement plantain, consoude, ginkgo et centella.

      Par contre, je suis personnellement contre l’utilisation de l’alcool dénaturé. Trop de saletés rajoutées pour le rendre impropre à la consommation. Et connaissant la capacité de notre peau et de nos capillaires à absorber les substances appliquées sur notre peau, je ne m’y aventurerais pas. Une fois l’éthanol évaporé, il restera dans votre huile une bonne partie des cochonneries de l’alcool dénaturé.

      Répondre
      • Merci beaucoup pour votre réponse.
        Grâce à vous j’ai découvert les propriétés très intéressantes et variées du plantain. Je vais attendre d’en récolter et d’en faire sécher avant de me lancer dans la fabrication du mon macérat de Ginkgo, Centella, Calendula, Millepertuis, Calendula, et Matricaire (j’avais oublié que j’en ai !). L’avantage de votre technique est aussi sa rapidité. J’ai hâte d’essayer.
        Je n’ai pas de blender mais un robot mixer, ça marche aussi ? Sinon ça sera au bain-marie.
        PS : mon alcool est bien de l’alcool NON dénaturé ;)

        Répondre
  7. bonjour Christophe
    étant présentement dans les MH ac intermédiaire alcoolique , je je me posais la question : à savoir quels sont les critères / propriétés qui feront dire que telle ou telle plante est plus optimale en MH simple ou plus optimale avec intermédiaire alc. ?

    Par exemple le plantain , est il préférable de le faire en MH simple ou en MH avec intermédiaire et pourquoi ?
    merci d’avance

    Répondre
    • L’expérience tout d’abord. Pour le plantain, j’ai fait, le week-end dernier, une démonstration d’un macérat huileux de plantain avec la méthode alcoolique, avec 20 personnes en face de moi expérimentées dans la fabrication des produits à base de plante. La couleur de l’huile produite a impressionné pas mal de gens, d’un vert épais, très foncé, impossible à reproduire avec le MH simple.
      J’avais passé mon plantain sec au blender, puis j’ai imbibé comme expliqué. 10 minutes plus tard, en touchant ce marc, mes doigts dégageaient une forte odeur de plantain (et d’alcool pas encore évaporé bien sur), avec des doigts verts foncés, un excellent signe.

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  8. Bonjour Christophe,
    très intéressants et instructifs vos articles. J’allais déjà me lancer dans la macération avec intermédiaire alcoolique quand j’ai lu plus bas que vous déconseillez cette méthode pour le gingembre en poudre, est-ce valable pour toutes les plantes en poudres et pourquoi?
    Cette méthode me plait bien, pratique quand on a spontanément besoin d’un mazérat!!
    Merci!

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    • Bonjour Karine,
      C’est un peu du cas par cas. Lorsque l’on utilise une plante pulvérisée finement, la surface de contact avec le solvant est telle que même si l’extraction n’est pas optimale, le produit final sera de qualité acceptable. De plus, ayant déjà fait une huile macérée « simple » de gingembre pulvérisé, je sais pas expérience que le produit fini sera satisfaisant (en démarrant bien sur d’un gingembre de qualité). Le résultat par intermédiaire alcoolique est en général toujours supérieur, mais vu l’impossibilité de trouver de l’alcool pur en France, mieux vaut rester flexible.

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  9. Je suis un peu perplexe avec la « Maceration avec intermediaire alcoolique
    Deuxième partie :
    Au bout de 2 heures, placez la plante humidifiée par l’alcool dans un blender.
    Rajoutez dans le blender 7 fois le volume de plante en huile d’olive. Pour notre exemple, 200 x 7 = 1400 ml c’est à dire 1,4 L.
    Faites tourner le blender jusqu’à ce que le mélange devienne tiède ;
    Pressez comme expliqué dans le chapitre précédent ;
    Si le mélange a toujours une petite odeur d’alcool, laissez reposer l’huile 24 heures dans un récipient le plus large possible (afin de maximiser le contact avec l’air) en venant remuer de temps en temps. Le reste d’alcool devrait s’évaporer rapidement.
    Mettez en bouteille, étiquetez et rangez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière. »

    Cela signifie que le procédé de macération avec intermediaire alcoolique prend seulement 2 heures et quelques minutes au lieu de 7 jours ou un mois avec les autres méthodes de macération ou j’ai raté une étape et je dois laisser le mélange pendant plusieurs jours avant la pressez..
    Merci.
    Elena

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    • Vous n’avez rien raté. L’alcool est un solvant polaire, et crée une affinité pour les molécules polaires de la plante (l’huile est non polaire, et a donc énormément de mal à extraire les composants polarisés, il lui faut beaucoup plus de temps, et souvent n’arrive pas à les extraire du tout). L’effet s’opère rapidement, juste assez pour entrainer les composants qui nous intéressent dans l’huile avant d’être évaporé.

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      • bonjour Christophe , c’est aussi une question que j’allais poser sur la durée du macérât avec intermédiaire alcoolique , merci pour la réponse !
        je vais en faire avec des fleurs de soucis et aussi avec du plantain
        j’ai déjà fait avec du laurier noble et je suis ravie de la qualité , (bonne odeur et belle couleur )je l’ai testé en massage sur une de mes chevilles (en même temps je n’en ai que deux ..!) un peu douloureuse ; j’ai mélangé avec MH de Millepertuis et quelques gouttes HE Hélicryse italienne et c’est très efficace, il faut maintenant que j’essaye en utilisant la MH de Laurier seule pour voir la différence !
        je radote certes , mais chuis toujours aussi fan !!

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        • Pour les douleurs musculaires (courbatures dues à la fatigue), mon macérât favori est celui de gingembre, racines pulvérisées (sans intermédiaire alcoolique, je fais chauffer doucement au cuiseur pendant 2 semaines).

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  10. j’en reviens à mon laurier …(comme le tressage autour de la tête ne me sied pas j’ai décidé qu’il ferait partie de mes huiles ..)
    vous parliez (je ne sais plus où ) d’une association du laurier avec du piment ou du gingembre pour les articulations douloureuses… Faites vous vos macérations séparément et ensuite vous les mélangez ou bien hop tout le monde dans le même bain ?

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  11. bonjour christophe

    je peux utiliser l’huile d’olive et le gingembre en poudre mais quel méthode me conseillez vous de faire?

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  12. bonsoir christophe
    merci beaucoup si vous avez d’autre conseils à me donner je suis preneuse!
    donc que je ne puisse pas être former par un pro comme vous afin de mener à bien mon projet!

    combien de temps pour le macération? je mélange directement gingembre et huile à froid quel est la meilleur méthode????
    merci bcp de votre aide

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    • Il va falloir tester les bonnes proportions. Placez la racine pulvérisée dans un bocal, rajoutez l’huile par dessus, remuez, rajoutez encore de l’huile de façon à bien pouvoir incorporer la poudre. Puis laissez reposer. Revenez le lendemain et voyez comment la poudre a pompé l’huile. Si pas assez d’huile pour recouvrir, rajoutez-en encore un peu. Puis placez le bocal dans un sac en papier épais, et placez le au soleil. Remuez tous les jours. Le but du soleil est d’effectuer une digestion a température douce, mais pas trop chaude non plus. J’utilise personnellement un autocuiseur (voir article). Continuez pendant 3 à 4 semaines. Goutez de temps en temps. Il faut que l’huile chauffe en goût. Puis filtrez, pour cela faites chauffer légèrement l’huile pour lui donner une certaine fluidité, puis passez là dans un filtre à café non blanchi.

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  13. bonjour
    je voudrais savoir quelles fleurs ou plantes fraiches ou séchées peut on utiliser pour les macérats huileux ?

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    • Bonjour,
      Vous avez un énorme choix. Souci, consoude, plantain, camomille, achillée millefeuille, aiguilles de pin, bourgeons de peuplier, etc. Chacune de ces plantes a des propriétés particulières. Certains préparent des huiles à base de fragon et marron d’inde pour les hémorroïdes. D’autre des huiles anti-âge au romarin. D’autre une huile pour masser le vendre des enfants lorsque crampes, à base de camomille. Les choix sont vastes.

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      • bonjour,

        Donc je peux me servir si je puis dire de n’importe quel fleur ou plante selon l’utilisation de je veux faire !!

        Vous me conseillez quoi si je veux faire des macérats pour les massages (courbatures, détente, douleurs ….)

        Je compte passer mon cap esthétique et monter un mini centre esthétique à domicile mais avec des produits bio et naturelles que je pourrais faire moi même

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          • plutôt la fleur ou la racine ? je pose bcp de question mais comme je connais pas tout au niveau des macérats c’est pas très facile peu de gens répondent à mes demandent alors pour une fois que je trouve un pro avec une bonne connaissance dans ce j’aime j’en profite.

            Répondre
            • C’est la racine, celle utilisée en cuisine. Vous trouverez facilement la racine pulvérisée dans les magasins bios ou les herboristeries, la version pulvérisée augmente la surface de contact avec l’huile et permet de faire un bon macérat. La racine fraiche est très bien aussi, mais rajoute de l’humidité, moins facile pour le débutant.

        • Bonjour à tous, bonjour Sabrina,
          J’ai lu que : gratuitement, vendu et surtout utilisé à des fins professionnelles, une composition doit être validée par un laboratoire (voir code de la santé publique) faites bien attention à ce paramètre, aussi super votre projet soit-il. Bonne chance !

          Répondre
  14. bonjour Christophe, un grand merci à toi de partager ton savoir.
    après des heures passées a fouiner sur le net , ton site répond enfin aux questions que je me posais :-).mais comme je suis un peu perfectionniste, il reste un ou deux détails ….
    après avoir lu les différentes méthodes que tu préconises , j’en arrive à la conclusion que la meilleur méthode serait :
    1) d’utiliser des « plantes quasi fraîches »
    2) de faire une macération alcoolique, avec de l’alcool pur ou un alcool plus ou moins dilué
    3) de finir par une macération à température contrôlée afin de laisser l’humidité contenu dans la plante et dans l’alcool (si non pur) s’évaporer. Macération à température contrôlée plus courte (???) puisque quelle ne servirai plus qu’a l’évaporation de l’humidité.

    et voila j’ai des tas de questions
    – j’aimerais savoir si ce procéder te parait cohérent ?
    – l’alcool est-il sans danger pour les substance que l’on veut extraire de toutes les plantes, et quel alcool utiliser , alimentaire ou pharmacie ?
    – Si la macération alcoolique n’est pas réalisé avec de l’alcool pur alors il y a aussi macération aqueuse, quelle conséquence peuvent avoir les extrait de cette macération aqueuse sur la macération huileuse après évaporation ?

    bonne soirée et merci a vous.

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    • Bonjour Eric,
      Le perfectionnisme est un atout lorsqu’on fabrique ses propres produits !
      ** Le procédé décrit me parait en effet cohérent. Et notez que la complexité principale est due au fait qu’on ne peut pas acheter de l’alcool pur en France. Sinon les choses seraient bcp plus facile, avec moins d’eau à faire évaporer, moins de risque que l’huile tourne.
      ** L’alcool, d’une manière générale, est de loin le meilleur solvant qui existe sur cette planète, sans danger pour les substances à extraire. L’alcool à utiliser est toujours de l’alcool alimentaire, car l’alcool de pharmacie (« dénaturé ») a été modifié pour le rendre impropre à la consommation (la forme est donc toxique, et personnellement je n’aime pas me passer sur la peau quelque chose qui est toxique en interne, car la peau absorbe beaucoup, et c’est ensuite le foie qui trinque).
      ** Le risque lorsqu’on n’utilise pas de l’alcool pur (à 96°) est le rancissement de l’huile à cause de la fraction aqueuse. L’huile tourne. Et c’est un risque non négligeable. C’est donc une méthode délicate. Il vaut souvent mieux faire une macération classique, directement dans l’huile, que d’essayer de passer par un intermédiaire alcoolique avec un alcool à 40° par exemple (et donc 60% d’eau). Le degré max que l’on trouve dans le commerce est un rhum à 55°. Avec le rhum, c’est jouable, mais toute l’attention doit être mise dans la phase évaporation, bien remuer régulièrement.
      ** La décantation est une méthode qui marche en fin de macération. Filtrer l’huile, verser dans un plat en verre, observer si liquide au fond. Si oui, décanter et siphonner, et ne pas siphonner trop près de l’eau, laisser un peu d’huile dans le plat, quitte à avoir un peu de perte. Si la phase décantation/siphon est bien faite, quasiment aucun risque.

      La plupart des personnes aujourd’hui réalisent une macération classique dans l’huile directement. Selon la plante, ceci donnera un bon produit final. Le perfectionniste par contre, celui qui essaye d’extraire le maximum de la plante afin de faire une huile plus concentrée, s’intéressera à la méthode par intermédiaire alcoolique.

      Bonne préparation !

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      • génial , merci pour ces réponses claires, je n’ai plus qu’a bricoler un peu pour la macération à température contrôlée…. à ce propos, pourquoi cette température 38-40°?
        encore merci pour toutes ces précision :-)

        Répondre
        • Car la chaleur peut endommager certains composants fragiles de certaines plantes, et n’est pas bonne non plus pour la stabilité de l’huile. Si l’huile est 100% saturée, pas de problème. Mais c’est rarement le cas. L’huile d’olive a par exemple une petite fraction d’acides gras polyinsaturés qu’il vaut mieux ne pas trop chauffer.

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  15. Bonjour,
    Tout d’abord merci, votre site m’a été d’une grande utilité car j’ai pu y apprendre beaucoup. Je vais enfin effectuer mon premier macérât huileux (de bellis perennis), mais j’ai tout de même quelques questions.
    Premièrement quel sont les proportion d’huile à mettre dans notre macérât, j’ai ici 250g de bellis perennis (sèches) par exemple.
    Ensuite, je voudrais effecteur une « macération simple », doit on laisser notre bocal (dans le sac) au soleil pendant le mois qui suit ou uniquement le premier jour ?
    Et finalement, je vais utiliser de la vitamine E naturelle comme conservateur (car je vais utiliser de l’huile de tournesol) Dois-je l’ajouter au début de la macération ou après décantation ? Et quel proportion de vitamine E par litre d’huile ?

    Merci d’avance pour vos réponses, Marie.

    Répondre
    • Bonjour,
      Le tout est de mettre assez d’huile pour recouvrir toute la plante, mais pas plus. Placez les fleurs dans un bocal, puis verse l’huile jusqu’à recouvrir les fleurs. Laissez reposer un ou deux jours, puis vérifier le niveau d’huile (la fleur va pomper l’huile). Rajouter un peu d’huile si nécessaire pour recouvrir la plante.
      Puis placez dans un sac en papier au soleil pendant toute la durée de la macération. Il ne faut pas que le soleil chauffe trop non plus (pas en plein soleil au mois de juillet). Nous avons juste besoin d’une température douce qui cuise lentement le plante. Dans le doute, ouvrir le sac et toucher le bocal, s’assurer que cela ne soit pas trop chaud non plus.
      Pour la vitamine E, vu que l’huile est polyinsaturée et donc fragile, je la rajouterais au début. Pour un litre d’huile de tournesol, je ferais personnellement 800 IU.

      Répondre
  16. Bonjour,

    Novice dans les macérats, avec le printemps, je souhaite faire des macérats avec mes jonquilles(narcisses), les fleurs de pêchers, de cerisiers, de pommiers (ou feuilles) et plus tard avec les noyaux et pépins, mais je ne sais pas si cela et judicieux et surtout comment faire : huile, alcool, glycérine végétale? Pouvez vous m’aider?

    Cordialement

    Marie

    Répondre
    • Bonjour,
      Ce sont des macérats originaux, très floraux, que je n’ai jamais réalisé moi même. Mais la recette reste la même. D’abord on fait sécher quasiment complètement (flétrir) mais pas tout à fait afin de garder les aromes le plus possible. Après on met en macération huileuse en suivant les quantités de l’article. La macération huileuse se fait dans une huile. Sinon on parle de teinture ou macérat alcoolique, voir article à ce sujet :
      http://www.altheaprovence.com/blog/faire-une-teinture-mere-maceration/

      Le macérat huileux est utilisé pour fabriquer des crèmes ou onguents, pour application locale (sur la peau ou muqueuses). La teinture mère est plutôt faite pour usage interne, ou diluée pour appliquer sur la peau (pas pour la nourrir, mais pour faire pénétrer la plante, si par exemple ecchymose ou nerf endommagé, etc).

      La glycérine végétale est l’un des pires solvants que nous ayons. Il n’extrait quasiment rien.

      Répondre
  17. Bonjour Christophe :)

    Je souhaite faire un macérât huileux de roquette. On trouve (quelquefois) de « l’huile de roquette » dans le commerce, mais l’huile de macération est toujours du Tournesol…
    Que pensez vous de l’huile de Coco fractionnée (Caprylis ) ? Ou de l’huile de Sésame ?
    Macération à froid ou à chaud ?
    Est il préférable de laisser les feuilles intactes ou hacher ?
    Des précautions ou des suggestions ? ;)

    Merci par avance !

    Stéphanie

    Répondre
    • Bonjour Stéphanie,
      Je n’ai jamais fait cette huile, et cela me parait un peu délicat vu le taux d’humidité de la roquette.
      – D’abord faire déshydrater en partie, utiliser la roquette flétrie mais pas complètement sèche, afin de laisser partir le plus d’eau et d’éviter les problèmes de fermentation
      – Une fois flétrie, la couper en petit morceau. Un bon vieux hachoir de grand-mères est l’idéal. Sinon ciseaux.
      – Pour l’huile, oui pour coco fractionnée car acide caprylique et caprique sont des acides gras saturés donc stables. Mieux que sésame qui contient une fraction assez importante de polyinsaturées.
      – Macération à chaud, je pense, à température contrôlée si possible, au bain marie, pas trop chaud non plus (ne pas faire cuire).

      Répondre
  18. Bonjour,
    je voudrais faire un onguent pour appliquer à mon jars il a une plaie qui saigne environ tous les quinze jours. Je l’ai amené au vétérinaire qui m’a répondu de le laisser finir sa vie tranquillement. Il a 8 ans. Il me faudrait un onguent qui sécherait sa plaie en profondeur. Pourriez-vous m’aider.
    Merci

    Répondre
    • Bonjour Rose,
      Tout d’abord, si c’est une plaie, pas d’onguent – pas de corps gras sur la plaie qui a besoin de respirer. Si c’était moi, j’utiliserais une combinaison de plantain lancéolé pour faire sortir les saletés, et de consoude pour stimuler la plaie à se refermer. Par contre, attention à la consoude qui peut faire fermer une plaie en surface sans pour autant avoir laissé le temps aux tissus de se fermer en profondeur. Si la plaie est de type coupure, donc fine mais en profondeur dans les tissus, il y a un risque. Si la plaie est bien ouverte, pas très profonde et large pour avoir accès à la base de la plaie, alors la consoude est tout à fait indiquée.

      La meilleure application de ces deux plantes se fait sous forme de cataplasme. On ramasse les plantes, ou on les achète en herboristerie. Puis on verse de l’eau bien chaude dessus, pas bouillante mais presque, puis on les pile à l’aide d’un pilon. On applique cette pâte sur l’animal. Si pilé bien fin, il y a toujours assez de pâte qui reste en place. Mais c’est à voir. S’il enlève la pâte tout de suite avec son bec, il vaudra mieux appliquer une infusion concentrée de la plante, à l’aide d’une compresse, plusieurs fois par jour si possible.

      – Si plaie de type coupure, fine et en profondeur : plantain lancéolé et fleurs de souci (fleurs entière, avec capitule), broyer le tout au pilon avec eau quasi-bouillante, et soit faire le cataplasme, soit récupérer le jus pour appliquer en compresse. Une fois que la partie profonde semble soignée, passer à la consoude pour finir le travail.
      – Si plaie plus large et plus en surface : plantain lancéolé et consoude, même méthode au pilon, et soit cataplasme, soit jus en compresse.

      Répondre
      • Merci pour vos bons conseils, je vais aller mardi chercher le nécessaire pour lui faire un cataplasme.
        Je suis également très contente d’ avoir trouvé ce site et je ne manquerai de le recommander à mes amies.
        Merci

        Répondre
  19. Bonjour Sieur Christophe,

    Permettez-nous tout d’abord de vous remercier et vous félicitez pour votre site web et vos nombreux et judicieux conseils !…

    …avec mon épouse nous nous apprêtons, sans grande expérience (mais avec un jardin potager et dit « de curé » généreux) à concocter quelques onguents…

    …pour ma part, j’ai rassemblé les ingrédients (43) pour une formule « magique » assez conséquente… en revanche, je n’ai pas le mode d’emploi quand à l’ordre avec lequel procéder… pourrais-je dans un second temps vous produire la liste afin d’être guidé dans les étapes à franchir ?…

    Bien à vous, et peut-être à plus!…

    Christian & Magdalée

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      • Bonjour Sieur Christophe,

        … et merci pour votre réponse !…

        … oui, ce n’est pas toujours évident par écrit, mais enfin… voici la liste en question :

        Ingrédients :

        A) SUBSTANCES À FAIRE chauffer au bain-marie
        1. Huile d’olive pure (pressée à froid) 1 l.
        2. Vin rouge « astringent » (Bordeaux ou Chianti) 0, 285 l.
        3. Eau de fleur d’oranger (celle du citrus vulgaris)200 ml
        4. Eau de rose 200 ml
        5. Mastic (résine pistacia lentiscus) 7,2 gr.
        6. Benjoin amygdaloïde (aliboufier/teinture) 7,2 gr.
        7. Bois d’aloès (aloès Barbadensis) 1,4 gr. 200 ml / 34.90 frs
        8. Poivre long 1,6 gr. 20 gr. / 5.90 frs
        9. Noix de muscades 2,1 gr. 10 gr. / 3.50 frs
        10. Styrax liquide (liquidambar oriental) 1,4 gr.
        11. Myrrhe pure 4,3 gr. 10 gr. / 3.50 frs
        12. Poivre noir 3.6 gr.
        13. Bois de baumier (résine sapin / Baume du canada) 0,5 gr.
        14. Baies de myrte 0,7 gr.
        15. Nard celtique (Valériane) 1,4 gr. 10 gr. / 3.35 frs
        16. Girofle (huile essentielle) 4,32 gr. 10 ml / 6.30 frs
        17. Cannelle (huile essentielle écorce) 4,32 gr. 10 ml / 6.20 frs
        18. Térébenthine de Venise / Briançon (mélèze) 5,04 gr.
        19. Marjolaine 1,44 gr. 5 ml. / 20.- frs 
        20. Encens libanais blanc (grains) 7.20 gr. 10 gr. / 4.40 frs
        21. Gingembre blanc (poudre) 4,32 gr. 10 gr. / 3.40 frs
        22. Curcuma (poudre de gingembre sauvage) 1,80 gr. 10 gr. / 3.20 frs


        B) ESSENCES À MÊLER AUX PRÉCÉDENTS APRÈS LEUR CUISSON :
        23. Huile de Girofle 0,5 gr. 10ml. / 6.30 frs
        24. Huile de Cannelle de Ceylan 0,5 gr. 10ml. / 6.20 frs
        25. Baume de la Mecque /Galaad 5 gr.
        26. Huile essentielle de Rose     1 ml 85 frs
        27. Huile de Citron 0,25 gr. 10 ml. / 5.80 frs
        28. Huile de Marjolaine 20,12 gr.
        29. Huile de Laurier 0,25 gr. 5 ml. / 18 frs
        30. Huile de Romarin 0,125 gr. 10 ml. / 5.10 frs
        31. Huile de Lavande 0,125 gr. 10 ml. / 6.15 frs
        32. Musc de Chine ou musc du Tonkin 0,14 gr. ml. / frs
        33. Ambre gris (Vrai Ambre) 0,23 gr. ml. / frs
        34. Cinnamome … gr. ml. / frs
        35. Roseau Aromatique (Acore Odorant) … gr. ml. / frs
        36. Casse (Cassia fistula) … gr. ml. / frs
        37. Cannabis (Kaneh-bose … gr. ml. / frs
        38. Safran …gr. ml. / frs
        39. Eucaliptus … gr. ml. / frs
        40. Opium … gr. ml. / frs
        41. Camphre (al kafur) … gr. ml. / frs
        42. … … gr. ml. / frs
        43. Cire d’abeilles … gr. ml. / frs

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        • Déjà, nous avons un petit problème avec le mastic, la térébenthine, la myrrhe, le camphre, l’encens : insolubles dans l’eau. Soluble dans l’alcool pur. Et ce n’est pas vraiment la quantité présente dans le vin qui va faire une extraction significative.

          Ensuite, il y a une fraction aqueuse (0,3 l de vin pour 1 l d’huile) – qui me pose un petit problème, sauf si chauffage jusqu’à l’évaporation totale de la partie aqueuse (nécessaire pour éviter les fermentations). Ce sont les 2 gros points qui m’interpellent. Dans l’ensemble, mélange extrêmement compliqué d’un point de vue constitution – jamais fais aussi complexe personnellement, donc dur de dire comment bien combiner les choses…

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  20. comment on prepare un macerat a laurier?( feuille + fruit?)
    Une autre question encore comment on prepare le macerat a l’ achillea?Merci beaucoup

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    • Pour le laurier : utiliser les feuilles récemment séchées et les pulvériser au moulin à café. Si possible, utiliser méthode d’intermédiaire alcoolique – macération à température contrôlée en second choix.
      Pour l’achillea : idéalement feuilles et fleurs quasi sèches ou même fraiches (elles n’ont pas beaucoup d’eau), macération à température contrôlée. Si sec, macération si possible avec intermédiaire alcoolique (sinon simple en dernier recours).

      Répondre
  21. Bonjour,
    Je me permet de revenir vers vous, car hier le 3/01/14, je vous ai laissé un message concernant le le macérat/huileux et je ne le vois pas sur le blog. Est-ce-normal ?
    A bientôt de vous lire
    Cordialement

    Répondre
    • J’essaye de répondre d’une manière rapide, mais c’est vrai qu’en fonction de mes journées ce n’est parfois pas immédiat. Mais je réponds en général à tout commentaire posté, et à tout email qui m’est envoyé.

      Répondre
  22. Bonjour,
    J’ai découvert votre site par l’intermédiaire du magazine « Plantes & Santé ». Une vraie mine d’or. Merci pour votre passion.
    Pour la réalisation de cosmétique maison, je souhaite faire des macérats/huileux à base de fleurs (ex mauve : pour son action adoucissante, apaisante des peaux sensibles, irritées et sèches) ou de plantes.
    Puis-je utiliser une autre huile que principalement l’huile d’olive, comme vous l’indiquez plus haut ? Si oui, laquelle ?
    Que pensez-vous de la glycérine végétale pour un macérat ? Sur les sites internet, on parle pour 1L d’huile mettre 200 à 300 grs de plantes séchés ? Qu’en pensez-vous ?
    Peut-on faire sécher les feuilles de plantain ?
    Merci pour votre aide

    Répondre
    • Bonjour Nicolas,
      Oui vous pouvez utiliser d’autres huiles. Regardez la proportion d’huiles polyinsaturées par rapport aux monoinsaturées et saturées. Au plus vous avez de polyinsaturées, au plus l’huile rancira vite. D’où mon choix pour l’huile d’olive. Mais je reconnais que d’autres huiles ont des propriétés plus fluides par exemple, plus pénétrantes. A vous d’étudier tout cela et de choisir celle qui vous convient.

      La glycérine végétale est le pire solvant. Il n’extrait quasiment rien. Notez que les macérats glycérinés vendus dans le commerce sont en fait une teinture mère qui a été transférée dans de la glycérine, et non une macération dans la glycérine (grosse différence). Si la macération se fait directement dans la glycérine, vous obtiendrez un produit final quasiment inerte.

      Pour la quantité de plantes séchées par rapport à l’huile, j’essaye en principe de saturer mon huile lorsque je veux obtenir une huile bien concentrée (voir la photo tout en bas de mon article sur la camomille par exemple). Pour le taux proposé, cela me semble correct pour la plupart des huiles – mais là encore in faudra expérimenter avec chaque plante pour arriver aux proportions qui vous conviennent le mieux. J’ai tendance à mettre plutôt plus que moins pour les huiles, la quantité d’huile le permettant bien sur (elle doit recouvrir toute la quantité de plante).

      Les feuilles de plantain se sèchent très bien, quoi qu’elles ont parfois tendance à noircir si on les laisse se re-gorger d’humidité puis re-sécher.

      Répondre
  23. bonjour Christophe
    petites questions techniques concernant l’auto cuiseur
    vous avez vous même installé la rallonge avec le rhéostat ? Est-ce compliqué à faire ? , faut il s’y connaitre en électricité?
    l’auto-cuiseur c’est la même chose que le rice cooker?
    je serais assez preneuse de vos conseils « techeuniques »
    merci d’avance

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    • Oui auto-cuiseur = rice cooker je pense.
      L’installation n’est vraiment pas compliqué, mais il faut tout de même un homme sous la main en principe :) Cet homme n’a pas besoin d’avoir de connaissances en électricité en principe, c’est un branchement facile à faire.
      – acheter rhéostat dans magasin de bricolage, cela a la taille d’un bloc interrupteur, avec un bouton que l’on peut tourner au milieu
      – couper la rallonge, connecter le rhéostat
      Moi, je l’ai installé directement sur le cable d’alimentation de mon cuiseur, donc pas besoin de rallonge. On m’a aussi dit qu’on pouvait acheter une rallonge toute faite avec rhéostat, mais je n’en ai jamais vu.

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  24. bonjour Christophe
    je viens de filtrer un MH de lavande, et je me demandais si avec ce qui reste de lavande (bien huilée) je pouvais en rajoutant de l’alcool extraire d’autres principes actifs ? question d’optimiser la plante, qu’en pensez vous ?

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    • Excellente question – j’aime votre curiosité ! Logiquement l’huile aura extrait une bonne partie des HEs. Ce qu’il reste dans ce marc – une partie (mineure ?) des HEs, les tanins et les composants amers de la lavande. Je ne pense pas que cela donne qque chose de très intéressant…

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      • bon alors voilà ce que je vais faire pour ne pas gâcher ce marc qui sent encore bon:
        je vais le mettre dans le blender, une fois broyé je le mettrais en macération alcoolique (40°) quelque temps, puis je le filtrerai comme pour une macération normale et si l’alcool récupère l’odeur …. je m’en servirai comme désodorisant wc !
        et je vous dirai si ça le fait « oupas » !

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        • bonjour Christophe
          la suite de ma petite expérience
          la préparation obtenue avec la macération de mon reste de lavande dans l’alcool ayant gardé une très bonne odeur, de couleur foncée, j’ai l’ai mise dans un flacon pulvérisateur pour m’en servir comme désodorisant wc …très efficace. avec des wc sentant la lavande..mais ( forcément il y a toujours un mais avec moi !!)
          depuis quelque temps je trouvais que mes toilettes se salissaient à vitesse grand V ! avec des tâches partout : par terre, sur la cuvette des wc, aussi sur les murs…là je commence à regarder mon mari d’un air suspicieux , en me disant , ça y est , il vieillit mal, (forcément c’était lui le premier suspect…) lui innocent offensé , me dit que pas lui ..hum hum
          après une enquête digne d’Hercule Poireau j’ai fini par comprendre que c’était les particules de mon produit miracle qui se déposaient partout (car tout corps jeté en l’air même tout pitit et bien retombe ..!)
          Du coup, j’ai donné une autre fonction ….à mon produit (je ne capitule pas si vite !
          je me suis dit ..puisque mon produit tâche …que ce n’est pas forcément mauvais j’ai décidé de m’en servir pour peaufiner ma coloration henné et donc je m’en mets de temps à autre sur les cheveux (pour l’instant je ne vois pas grand chose de nouveau mais on ne sait jamais ..!
          si d’ici quelque temps je deviens chauve , je vous le dirai
          bonne soirée

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  25. bonjour Christophe

    après un essai de traduction ou l’art de se remettre à l’anglais …donc si je résume le peu que j’ai compris :
    KatieLynne demanderait des précisions sur la terminologie du mot « feuille » se référant à la plante ? mais le rapport avec l’écorce ou l’aubier ?
    ou bien la traduction du mot « sheet » ne serait pas feuille ?

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  26. Thank you Christophe so much for such informative articles with invaluable wisdom. I and just learning to heal myself and my husband naturally with plants and your website here is a fantastic resource. I have a question as to the meaning of a word of terminology : ‘sheet’ when referring to the part of a plant to use. Does it refer to bark? Again, thank you for your efforts.

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    • Hello KatieLynne,
      Thank you for your encouragements. Regarding terminology, I never encountered the term ‘sheet’ for describing a plant part. It is either ‘bark’ (for oak for instance) or ‘inner bark’ (for linden for instance). Sometimes, the bark comes in sheets, it is the case with birch for instance. In that case, I guess one might use the term ‘sheet’ – but again, it is not a standard term in herbalism, as far as I know.

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      • Christophe, Thank you for such a fast answer!
        I should have said where I found this term . . . it is in the reply you gave to Danielle25 above–the list of herbs that should not be wilted or dried before infusing (maceration) in oil. For Hamamelis, Plantago, Rumix crispus, and Scrophularia the translator gives « (sheet) ». All of the other plant parts I believe translated okay (i.e. flowering tops, heads, buds, or whole plant). So I think it is the Google translator that has given an odd translation.

        And so, could you maybe use another word that might translate better? Thank you so much!

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        • Oh now I see – the term « feuille » was indeed translated to « sheet » – problematic !
          So the true translation was indeed « leaf » and not « sheet ». In french, there is only one choice and one word used for both « a leaf » and « a sheet ».

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          • Ahh….. Leaf! I should have known! I am usually a better mystery solver than that. :o)
            You’re the best Christophe. Have a lovely day.

            Répondre
  27. Bonsoir Christophe
    concernant les feuilles de consoude, faut-il les couper voire les broyer avant des les mettre dans l’huile ou bien les laisser entières ?

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    • Il est toujours préférable d’augmenter la surface de contact le plus possible lorsque nous n’avons pas affaire à des aromatiques. Pour la consoude, effectivement, broyer serait désirable avant de mettre en macération. Au minimum, couper finement au ciseau.

      Répondre
  28. Bonjour,
    et d’abord merci pour ce partage de votre savoir, vos articles sont très nourris et très intéressants.

    Je souhaite faire un baume de consoude à partir d’un macérât de racines,
    j’ai trouvé différentes recettes,
    alors je me pose des questions sur la macérât:
    faut-il utiliser la racine séchée?
    Une fois lavée la racine ayant pris de l’humidité, il faut donc sûrement la faire sécher un moment.
    Faut-il peler la racine ou s’utilise-t-elle avec la peau?
    La recette du baume de Maria Treben propose de faire cuire la racine dans du saindoux,
    la chaleur intense n’abime-t-elle pas les propriétés de la plantes?
    Et d’autre part, que pensez vous de l’application du baume de consoude sur une plaie ouverte?
    merci d’avance

    Répondre
    • Bonjour Murielle,

      En ce qui concerne la consoude :
      – la feuille est quasiment aussi efficace que la racine pour le macérât, et plus pratique à utiliser car sèche très vite
      – si racine, racine doit être coupée finement et séchée d’abord, sinon macérât va tourner
      – racine s’utilise avec la peau
      – l’allantoine, composant actif de la consoude, est à peu près stable jusqu’à 80°C, donc attention à ne pas trop faire chauffer, et de contrôler la température
      – attention pour application sur plaie ouverte. La consoude a tendance à refermer très efficacement en surface, sans pour autant résoudre la plaie en profondeur. c’est le piège, et je me suis fait piéger moi-même. Pas de baume ou d’huile si plaie encore à vif, car la partie huileuse empêche de respirer.
      – beaucoup de discussion sur le fait que l’allantoine est soluble dans l’eau et pas dans l’huile. Certaines méthodes préconisent une première extraction dans l’eau, puis une lente évaporation pour obtenir un produit sec, qui sera mélangé à l’huile. D’un autre coté, l’expérience de ces dernières décennies nous dit que le macérât huileux est efficace, signifiant que comme toujours, la plante est complexe et ne peut être réduite à un composant actif. Mais le débat existe bel et bien.

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  29. Un grand merci pour ce partage , c’est le reflet d’une âme généreuse !
    c’est le meilleur article que j’ai glané jusqu’à présent, et je vais bientôt pratiquer .

    Je pensais utiliser des fleurs séchées de camomille achetées en boutique bio, qu’en pensez vous ?
    je souhaite réaliser un baume à partir de cette base.

    Répondre
    • Merci pour ce commentaire, cela fait toujours plaisir à entendre !

      Oui le macérât de fleurs de camomille donne une huile sympathique, traditionnellement utilisée pour masser le ventre des enfants lorsqu’il y a crampes et douleurs. C’est aussi une huile adoucissante et anti-inflammatoire, pour les petites égratignures et érythèmes. Cela donnera un baume qui devrait avoir un bon parfum si les fleurs ont été récemment séchées (ce qui n’est pas toujours le cas – les fleurs doivent toujours dégager une forte odeur).

      Répondre
  30. Bonjour Christophe,
    Merci pour cet article bien detaille, c’est tout a fait ce que je cherchais!
    J’aimerais fabriquer une huile d’ecorce de grenade a laquelle la medecine ayurvedique prete des vertus raffermissantes. Pensez-vous qu’il faille utiliser l’ecorce fraiche ou sèche? Je n’ai malheureusement pas trouve d’infos sur le net…
    Merci :)

    Répondre
    • Bonjour Emma,
      Il faudra utiliser l’écorce sèche, car tout apport d’humidité dans une huile est en général néfaste. Afin d’améliorer la macération, passez l’écorce au moulin à café et cassez-là aussi finement que possible. Ceci augmentera la surface de contact.
      Si vous avez accès à de l’alcool à 90, vous pouvez aussi essayer la méthode avec intermédiaire alcoolique afin de voir si cela améliore la qualité de l’huile (basé sur sa couleur, son odeur et son goût).
      Bonne préparation !

      Répondre
  31. bonjour
    j’ai dans mon jardin de la lavande,de la citronnelle,de l’eucalyptus,du thym,de la sauge,de la menthe,stachys officinal

    je voudrai faire des macerat huileux comme je fais déjà pour le calendula,bellis,arnicas mais je ne sais pas comment faire pour ses plantes la et je voudrais savoir aussi pourquoi les utiliser d’avance je vous remercie

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    • Bonjour,
      Pour ces plantes, vous pouvez suivre la méthode traditionnelle, bien que pour l’eucalyptus, la méthode avec intermédiaire alcoolique donnera de bien meilleurs résultats. Lavande simplement pour son odeur, mais aussi pour ses propriétés antiinflammatoires et réparatrices de la peau. Eucalyptus pour appliquer sur les bronches pendant l’hiver, en particulier si bronchite. Le thym et la sauge sont antispasmodiques, donc massage du bas du ventre lorsque spasmes digestifs, ou spasmes dus aux cycles féminins.

      Répondre
  32. Merci beaucoup pour cette réponse Christophe. Je vais essayer avec du calendula et du millepertuis. Puis je ferai votre recette de pommade.

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  33. Merci pour cet article. Jusqu’à présent je faisais beaucoup d’erreurs en utilisant des plantes fraîches, et surtout en exposant le bocal hermétiquement fermé au soleil ! Tout ce qu’il ne faut pas faire.
    Il s’agissait de souci et de millepertuis.
    Puisqu’en France nous n’avons pas d’alcool pur, est-il néanmoins possible d’utiliser la méthode de macération avec intermédiaire alcoolique avec de l’alcool à 55 ° ? Cela présenterait-il un intérêt ?
    D’autre part, avez-vous établi une liste des plantes que l’on doit sécher mais pas complètement avant macération ?
    Merci pour votre aide précieuse.

    Répondre
    • Bonjour Danielle,
      La réponse est : oui, avec un peu d’expérience. Il y aura l’introduction de pas mal d’eau à cause des 45% d’eau dans l’alcool (55% d’alcool, le reste c’est de l’eau). Il vaudra donc mieux basculer le mélange huile + plante + alcool dans un autocuiseur afin de chauffer doucement mais surement pour faire évaporer l’eau. Ne pas couvrir l’autocuiseur. Pour moi, ceci présente un grand intérêt pour les résineuses (souci, arnica, etc). Mais attention, on augmente tout de même les risques de moisissures si la partie autocuiseur est mal faite.

      Voici la liste des plantes qui, pour moi, doivent être flétries et non séchées pour donner la meilleure huile :
      • Arnica (sommités fleuries)
      • Calendula officinalis (capitules)
      • Dicentra formosa (sommités fleuries)
      • Filipendula (fleurs)
      • Grindelia (fleurs)
      • Hamamelis (feuille)
      • Hypericum (sommités fleuries)
      • Monarda (sommités fleuries)
      • Plantago (feuille)
      • Populus (bourgeons)
      • Rumex crispus (feuille)
      • Scrophularia (feuille)
      • Stellaria media (plante entière)
      • Verbascum (fleurs)

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  34. vraiment un super article sur les macerats huileux!
    Je suis en train de faire mon 1er macérât, et j’ai choisi de l’huile d’olive , seulement je pense ne pas avoir assez fait sécher mes bellis, seulement 2 jours, mais elles me paraissaient sèches .
    J’espère qu’elles ne contenaient pas trop d’humidité encore…
    En tout cas, maintenant ,je saurais pour l’astuce de frotter le bouton centrale de la fleur entre ses doigts :)

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