Faire une teinture de plantes médicinales : la macération

La teinture de plantes médicinales est une préparation classique très utilisée pour son coté pratique. Dans cet article je vous explique en détails les étapes pour la réaliser chez vous.

La macération est la méthode la plus longue, mais la plus facile à réaliser. C’est aussi la plus ancienne, car les hommes ont préparé leurs propres potions depuis des millénaires, infusant les plantes dans du vin, du vinaigre ou de l’alcool.

Nous allons utiliser la méthode standard pour préparer une macération à partir de la plante fraîche ou sèche. Dans un autre article, j’explique une méthode un peu plus avancée : la percolation, une méthode qui me tient à coeur pour sa supériorité lorsque la plante en question est sèche.

Je vous guide aussi dans toutes ces préparations lorsque vous suivez ma formation en-ligne.


Le solvant

Le type d’alcool

Pour faire une teinture, notre but est d’extraire les composants de la plante médicinale le plus efficacement possible, et si possible d’une manière peu coûteuse.

Le meilleur solvant reste un mélange d’alcool et d’eau. Il y a bien sûr d’autres solvants que vous rencontrerez dans différentes recettes ici et là – le vin blanc, le vinaigre – mais dans l’ensemble, aucun n’accomplit un travail aussi efficace que l’eau et l’alcool.

Un alcool acheté dans le commerce est automatiquement un mélange d’eau et d’alcool car il est quasi impossible aujourd’hui de se procurer de l’alcool pur dans le commerce en France. Un litre d’alcool de fruit à 45° par exemple est un mélange de 450 ml d’alcool pur et de 550 ml d’eau.

Voici les 3 principaux types d’alcool qui peuvent être utilisés pour faire une teinture :

  1. La vodka, bon marché, avec un taux d’alcool entre 40° et 45°, et en général fabriquée à partir de céréales. Les alcools de céréales fournissent le goût le plus neutre possible, ce qui fera mieux ressortir le goût de la plante. Les alcools de fruits vendus en supermarché aujourd’hui sont souvent eux aussi des alcools de céréales. Attention aux vodkas les moins chères de supermarché, elles sont souvent à 37,5°, un taux trop bas pour une macération efficace.
  2. Le rhum, alcool de sucre, un peu plus cher, avec des taux d’alcools qui montent plus haut jusqu’à 55°, ce qui est très avantageux pour fabriquer une teinture de plante fraîche (ou disons, comme nous le verrons plus bas, « quasi fraîche »). Le goût doux et sucré du rhum n’est bien sûr pas neutre, mais pourra bien se marier avec certaines médicinales douces et nutritives comme la bardane ou les ginsengs.
  3. Le marc, alcool de raisin, souvent retrouvé dans les caves, ou gentiment donné par un ami producteur, qui souvent tourne autour des 50°. Le goût est un peu plus brut.

Choisissez en fonction du taux d’alcool dont vous avez besoin, et en deuxième selon vos goûts. D’un point de vue efficacité d’extraction, c’est le taux d’alcool qui compte.

La concentration

Pour la plante sèche, il faudra consulter les ouvrages spécialisés qui vous diront quel pourcentage d’alcool utiliser pour les différentes plantes. En général, si la plante n’est pas trop riche en résines, un alcool à 45° suffira. Si la plante est riche en résines (ex : le souci), il faudra monter à 55°, un taux d’alcool qui se trouve dans le commerce sous la forme de rhum.

L’ouvrage essentiel : la Materia Medica de Michael Moore (fondateur de la Southwest School of Botanical Medicine), un ouvrage qui reste la référence aujourd’hui aux Etats-Unis. J’ai traduis cet ouvrage en Français avec la gracieuse permission de la Southwest School of Botanical Medicine. Cliquez-ici pour avoir accès à la materia medica.

Pour faire une teinture de plante fraîche, il faut en théorie un alcool pur (à 96°), car le processus d’extraction se fait par déshydratation, l’alcool exerçant une force osmotique sur la cellule de la plante gorgée d’eau. La cellule est alors forcée de se rompre et de laisser échapper ses précieux constituants. En pratique, nous allons voir dans le chapitre suivant que cela n’est pas nécessaire et que nous pouvons contourner ce point avec une astuce.

Une fois la teinture terminée, le taux d’alcool sera redescendu à 50 à 60°. Pour information, si vous prenez une dose traditionnelle de 1 c-à-café 2 fois par jour (10 ml), cela représente la même quantité d’alcool qu’un tiers de verre de vin.

Si la personne a un gros problème de foie, ou refuse l’alcool pour des régions religieuses par exemple, alors il faudra considérer une forme commerciale où l’extraction s’est faite d’abord par l’alcool, mais l’alcool et l’eau ont été ensuite évaporés et la poudre résultante transférée dans de la glycérine végétale.

Les autres solvants

Vous trouverez de nombreuses recettes maison de macération dans le vin blanc, le vinaigre, ou la glycérine végétale. Ceci donne des résultats intéressants d’un point de vue gustatif et même parfois culinaire (ex : un vinaigre de sureau est exquis). D’un point de vue médicinal par contre, les résultats sont médiocres. Car il n’y a pas de meilleur solvant qu’une combinaison eau + alcool.

Certes, il y a quelques exceptions, comme la macération des amères dans le vinaigre (le vinaigre d’absinthe est efficace pour le démarrage du processus de digestion et pour redonner du tonus aux muscles lisses digestifs). Dans la majorité des cas par contre, on ne peut guère se tromper avec l’eau + l’alcool. Dans le doute, c’est le solvant à choisir.


Préparation de la plante

Certaines plantes se teinturent très bien sèches. La racine ou la feuille de pissenlit par exemple, l’aubépine, l’agripaume, et bien d’autres… voir l’article https://www.altheaprovence.com/faire-secher-les-plantes-medicinales/ Une fois sèche et juste avant de les faire macérer :

  • Coupez la plante le plus finement possible en utilisant un sécateur. Cette méthode est adaptée pour la plupart des parties aériennes de plante.
  • Pour certaines plantes un peu plus dures, les branchettes d’aubépine par exemple, vous pouvez les broyer grossièrement au blender, puis plus finement par la suite au moulin à café si nécessaire.
  • Pour les racines (les éléments les plus durs), découpez les d’abord en petits tronçons avec un sécateur solide de type sécateur enclume. Pour les broyer plus finement, commencez au blender puis finissez au moulin à café, ou passez directement au moulin à café à partir des tronçons.

Si l’on désire faire une teinture de plante fraîche (pour la mélisse par exemple qui est morte au séchage), et si vous n’avez pas accès à de l’alcool pur à au moins 80°, il faudra utiliser l’astuce suivante :

  • On la fera d’abord sécher le plus possible mais pas complètement. La plante sera alors frippée, mais toujours humide. Elle ne s’effritera pas au toucher. J’utilise le terme « plante quasi fraîche » pour ce cas de figure.
  • Lorsque la plante est la plus sèche possible sans être complètement séchée, on la transférera dans le solvant en la coupant finement auparavant.

Pourquoi faire une teinture avec certaines plantes quasi fraîches plutôt que sèches ? Car certaines plantes perdent quasiment toutes leurs qualités au séchage. Beaucoup sont stables, mais certaines ne le sont pas. Cette information figure dans les ouvrages de référence mentionnés plus haut. En voici deux : la mélisse, le millepertuis. Il y en a bien d’autres.

Pour ceux qui sont sensibles à l’alcool :

Vous avez peut-être accès à l’alcool pur, mais vous trouvez que la teinture de plante fraiche est trop forte pour vous. Vous vous posez la question suivante : puis-je faire évaporer une partie de cet alcool avant la prise en la chauffant ?

Quelques commentaires à ce sujet :

  • Bien que les pharmacopées traditionnelles exigent de l’alcool à 90° pour la plante fraiche, on peut décider au cas par cas, en fonction de la quantité d’humidité dans la plante fraiche. Pour la racine d’échinacée pourpre par exemple, que je trouve relativement juteuse, un alcool fort à 80° ou 90° est souvent utile. Pour d’autres contenant moins d’humidité, prenons l’hysope par exemple, ou le thym, un alcool à 60° ou 70° fera l’affaire.
  • Faire chauffer une teinture est risqué car effectivement, il peut y avoir évaporation des composants volatiles, et destructions de certains composants sensibles à la chaleur. Donc là encore, c’est du cas par cas. Si la plante est résineuse, comme myrrhe (Commiphora myrrha) ou la grindelia (Grindelia integrifolia), aucun problème. Si la plante a des composants aromatiques, comme la valériane ou la grande aunée (ou pire, les aromatiques de type monarde ou hysope) – problème.

En conclusion, pour faire une teinture : il est largement préférable d’utiliser un alcool moins fort à la base et de macérer dans cet alcool, plutôt que de risquer la destruction de votre teinture.

Sur la photo ci-dessous, nous préparons la verveine officinale (Verbena officinalis) https://www.altheaprovence.com/verveine-officinale/ pour réaliser une teinture de plante fraîche. Les feuilles sont d’abord retirées des tiges, puis coupées grossièrement aux ciseaux. Elles seront ensuite mises en macération.

Faire une teinture mère de plantes médicinales


La teinture par macération

1. Pour faire une teinture de plante sèche :

  • Préparez la plante comme indiqué ci-dessus ;
  • Pesez la plante. Pour notre exemple, nous supposons que nous avons 150 grammes de plante sèche ;
  • Déterminez le taux d’alcool approprié à partir des ouvrages de références mentionnés ci-dessus ;
    • Dans le doute, utilisez un alcool à 40° ou 45° ;
  • Préparez 5 fois la quantité d’alcool correspondante au poids de la plante, en millilitres. On dit qu’on utilise un taux de 1:5 pour la macération de plante sèche. Dans notre exemple, nous préparons 150 g x 5 = 750 ml d’alcool ;
  • Placez la plante au fond d’un bocal à fermeture hermétique ;
  • Versez l’alcool par dessus ;
  • Remuer bien, étiquetez avec le nom de la plante et la date, et placez dans un endroit obscur ;
  • Remuez bien tous les jours ;
  • Pressez et filtrez au bout de 15 jours, mettez en bouteille et étiquetez avec nom de la plante et date.
    • Voir commentaire plus bas en ce qui concerne la durée optimale d’extraction
Faire une teinture mère de plantes médicinales : millepertuis
Teinture de millepertuis (Hypericum perforatum)

2. Faire une teinture de plante « quasi fraîche »

  • Préparez la plante comme indiqué ci-dessus, en la faisant sécher le plus possible mais pas complètement. Veillez à ce qu’elle puisse se « ratatiner », se friper, se déshydrater le plus possible.
    • Mais attention : la plante doit rester encore souple. Pour ce faire, le séchage ne doit pas se poursuivre jusqu’au point où la plante va s’effriter lorsqu’on écrase une feuille, ou devenir cassante pour une racine.
    • Le nombre de jours de séchage va dépendre de la saison et du climat. Parfois, la plante sera prête au bout de 48 heures, d’autres fois, il faudra attendre plusieurs jours. Retournez la plante régulièrement et touchez-la deux fois par jour.
  • Lorsque la plante est fripée au maximum sans pour autant devenir croustillante ou cassante, placez-la en macération en suivant la méthode de la macération de plante sèche ci-dessus.

Conseils pratiques

Durée optimale d’extraction

J’ai mentionné une durée moyenne de 2 semaines. Pour le puriste, cela n’est pas aussi simple que cela.

Pour les plantes aromatiques, l’extraction des huiles essentielles se fait dès les premiers jours. Ensuite, on atteint un pic où le goût et le parfum de la macération seront optimaux. Les jours qui suivent, les tanins de la plante vont commencer à prendre le dessus. Si l’on attend trop, le produit final sera certes aromatique, mais il sera aussi âpre, tannique, et brut en bouche. Si la propriété médicinale de la plante se trouve dans ses huiles uniquement, il vaudra mieux arrêter la macération au bout de quelques jours afin d’obtenir une teinture beaucoup plus subtile.

Seule l’expérience vous dira combien de jour attendre pour atteindre le résultat voulu. Pour une aromatique comme l’hysope par exemple (Hyssopus officinalis), la durée optimale de macération se situe entre 5 et 7 jours. Expérimentez, goûtez tous les jours, et familiarisez vous avec l’évolution de la macération.

Et puis sinon, si vous n’avez pas le temps, ou si vous avez oublié le bocal dans un placard pendant quelques mois, ne vous inquiétez pas, il y aura toujours du bon dans votre teinture.

L’alcool doit recouvrir complètement la plante

Si des parties de plante sont à l’air, elle vont s’oxyder et noircir, donnant à votre teinture une couleur et un goût qui n’est pas désirable. Ceci m’est déjà arrivé, et je ne dirais pas que la teinture est gâchée. Par contre, elle n’est pas optimale.

Le problème est le suivant : il est souvent compliqué, voire impossible de recouvrir la plante en suivant les taux plante/alcool recommandés (1:5 pour la teinture de plante sèche, 1:2 pour la teinture de plante fraîche). Comment faire ?

Voici deux astuces qui fonctionnent bien : utilisez soit un galet de rivière bien propre, soit un bocal plus petit à l’intérieur de votre bocal pour la macération afin de lester la plante et faire pression dessus. Ceci poussera la plante vers le bas et permettra à l’alcool de bien recouvrir le marc. Voici deux photos pour illustrer cette astuce.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : bacopa
Méthode 1 : un bocal fin et long est inséré à l’intérieur du bocal principal et fait pression sur la plante (parties aériennes de bacopa).
Faire une teinture mère de plantes médicinales : échinacée
Méthode 2 : un galet propre de rivière fait pression sur la
plante (racines d’échinacée)

Augmenter la surface de contact

Il est parfois difficile de couper la plante assez finement. Certaines racines sèches par exemple sont difficilement pulvérisables. Faites de votre mieux, puis laissez la plante macérer dans l’alcool pendant quelques jours. Une fois la plante bien imbibée, passez le mélange plante + alcool au blender. Ceci va broyer le mélange plus finement, donc augmenter la surface de contact entre alcool et plante et favoriser une meilleure extraction des composants de la plante.

Voici un exemple ci-dessous pour la racine de patience (Rumex crispus), broyée quelques jours après avoir été imbibée dans l’alcool.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : rumex crispus

Pressage

Une fois la macération terminée, je recommande de presser le marc, car il contient une quantité non-négligeable de liquide. Il serait dommage de perdre ce précieux liquide. J’ai personnellement une presse hydraulique pour accomplir cela. Mais une presse coûte plusieurs centaines d’euros, et n’est pas à la portée de tous le monde.

Une manière plus simple est d’utiliser une petite presse manuelle (voir image ci-dessous) que vous trouverez dans des magasins de cuisine, sur internet, ou à Ikea pour un prix dérisoire. Cette petite presse ne sera certes pas aussi efficace qu’une presse hydraulique qui presse à 10 tonnes. Mais pour faire un travail à petite échelle, je la trouve très pratique. Notez tout de même que vous ferez un travail convenable avec feuilles et fleurs, mais un travail très limité avec les racines. On fera avec.
Faire une teinture mère de plantes médicinales : mini presse

Filtration

Votre macération contient toujours une certaine quantité de terre et autres impuretés provenant de la plante. Il faut donc la passer au filtre à café non-blanchi. Insérez tout simplement un entonnoir sur une bouteille assez grande pour contenir tout le liquide, placez un filtre à café, et passez la macération après l’avoir pressé. Voir photo ci-dessous.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : filtrage

Quel type de bocal utiliser ?

Munissez-vous d’une bonne collection de bocaux de toutes tailles. Je travaille en général avec des bocaux de 1 L, 1,5 L, 2 L et 3 L pour les plus grosses quantités. En général, 1 litre est suffisant pour une consommation familiale. Choisissez le bocal le plus petit possible pour la quantité de teinture à faire, car nous voulons minimiser la quantité d’air présente dans le bocal. Si par exemple vous avez 250 g de plante sèche, qui nécessitera 250 x 5 = 1,25 litre d’alcool, choisissez un bocal de 1,5 L et non 2 L.

Faire une teinture mère de plantes médicinales : bocaux

Monsieur, j’ai trouvé une chenille dans mon bocal

Aussi méticuleux que vous puissiez l’être, vous allez teinturer une certaine quantité de petits insectes. Je ne vois vraiment pas comment on peut éviter cela. Même si vous utilisez de grandes clayettes de séchage et que vous donnez aux petites bêtes le temps de s’échapper, certaines distraites finiront toujours par rester cachées sous une feuille. Alors ne vous inquiétez pas, suivez le processus sans vous laisser impressionner par ce petit désagrément.

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1 663 réponses

  1. Bonjour
    En croisant différentes sources sur les alcoolatures et les Teintures mères (que l’on peut qualifier d' »alcoolature de précision » car respectant les standards de la Pharmacopée française) donc issus de plante fraiche, je vois différents rapport :
    – 1 part de plante franche / 5 part d’alcool ,
    – 1 part de plante sèchée (de mes plantes fraiches qui seront macérées) / 10 part d’alcool (plus pour les Teintures mères mais apparemment calcul utilisé par des paysans herboristes pour être
    – 1/2 (comme souvent avec M Moore) ce qui m’interroge sur la possibilité de faire tremper toutes les plantes dans l’alcool
    Cela fait de grosses différences de concentration et du coup questionne sur la posologie à utiliser
    Pourquoi tant d’écarts et qu’est ce qui les justifie ?

    La même question se pose par rapport au degré d’alcool ; j’ai bien compris qu’il fallait prendre en compte la part d’humidité de la plante, mais d’où vient le choix de la concentration finale ? du type de plante mais pourquoi pour telle plante cela sera 60 °c , d’autres 55, 70 °C

    Bref beaucoup de questions merci beaucoup si vous pouvez encore m’éclairer un peu
    Damien

    1. Bonjour Damien
      voici la réponse de Christophe
      sur plante sèche, le ratio 1:5 est assez classique dans différents pays. Sur plante fraiche, le 1:2 aussi, qui donne, au final, à la louche du 1:10 sur plante sèche. Cela dit, on trouve des variations en fonction des pays, et il n’y a rien de justifiable, juste des traditions différentes, des générations de pharmaciens des années 1800 qui ont énormément expérimenté avec les ratios et titrages d’alcool pour arriver à ce qu’ils pensaient être un optimal. Pourquoi 70°C pour le calendula, 60° pour l’acore odorant et 50° pour le marronnier d’Inde ? Des concentrations de constituants qui diffèrent (teneur en terpène du calendula par ex) et là encore beaucoup d’empirisme et d’expérimentation. Pas de consensus hélas, c’est ce qui est un peu frustrant, ni dans les ratios, titrages ou dosages. Les plages sont larges et on fait du mieux possible avec cela. Pour le trempage intégral, c’est toujours un challenge, et il faut couper la plante très petit, passer au blender parfois pour faciliter la tâche…

  2. Bonjour
    Quand on lit le Material Medica de M Moore que vous cité beaucoup de plantes sont indiqués comme devant être macéré dans le l’alcool à 95 voir 96 °c ; je ne comprends pas car comme c’est de l’alcool quasi pur il n’y a quasiment pas d’extraction par l’eau alors que je crois comprendre que l’intérêt des alcoolatures (et globalement des macérations hydro – alcooliques) est de bénéficier de la spécificité de l’extraction permise par l’alcool et celle permise par l’eau (certes variables mais pas quasi nulle ?)
    Est ce que c’est la part d’eau de la plante fraiche qui suffit ?

    Merci beaucoup pour votre éclaircissement et votre travail en général !
    Damien

    1. Bonjour Damien
      la majorité des plantes fraiches contiennent environ 70% d’eau , donc oui l’alcool va, par effet osmotique » tirer l’eau de la plante et diluer l’alcool
      pour connaitre exactement la quantité d’eau d’une plante , vous pesez une portion de votre récolte , vous la faite sécher, vous repesez la différence est la quantité d’eau de la plante

  3. Bonjour, quelle est la durée de conservation moyenne d’une teinture de plante sèche ou fraîche (j’utilise de l’alcool a 96° non denaturé) ?
    merci beaucoup

    1. bonjour Anthony
      Tout dépend de la plante, des conditions de fabrication et de conservation , j’en ai qui ont plus de ans et sont toujours nickelles et j’en ai donc les constituants se sont précipités au fond du bocal , il faut surveiller de temps en temps , parfois on peut rajouter de la glycérine au moment de la préparation (si très tannique ou si tanins et alcaloïdes se côtoient, ça va éviter certaines précipitation

  4. Bonjour,

    J’ai réalisé des alcoolatures de plantes fraiches dans un alcool à 96 degré.
    je souhaiterais mesurer le taux d’alcool pour pouvoir ensuite le descendre au degré approprié pour la consommation.
    Pareil pour la gemmothérapie je souhaiterais mesurer le taux d’alcool de mes macération après filtration.
    Comment puis je mesurer le taux d’alcool?
    Faut il un alcoomètre classique?
    merci de votre réponse
    Leslie, productrice de simples pour les femmes.

    1. Bonjour Seyve
      votre alcoolature de plante fraiche ne sera pas à 96° car il va y avoir l’eau de la plante d’une part et ensuite vous ne prenez jamais de teinture pure , on dilue toujours la prise dans de l’eau , idem pour la gemmo
      ensuite si vous voulez connaitre le degré exact pour la plante fraiche il va y avoir des petits calculs à faire , en règle générale on part sur la base que les plantes fraiches contiennent environ 70% d’eau , sinon vous prenez un échantillon de la cueillette vous la pesez fraiche puis vous faites sécher et vous repeser et là vous avez le pourcentage
      une fois le % défini il vous faut faire les calculs (l’eau de la plante + l’eau de l’alcool (96° = 4% d’eau) une fois qu’on a déterminé le total d’alcool pur et le total de liquide , on les divise pour avoir le titrage final

  5. Bonjour, avant tout merci pour votre article!
    J’ai préparé plusieurs teintures mères dernièrement en prenant soin d’utiliser les belles parties de chaque plante, mais certaines poussaient à proximité de parcelles de vigne (millepertuis perfolié, valériane officinale et bourgeons de ronce notamment). J’étais distrait et n’y ai pensé qu’après coup.
    Pensez-vous qu’elles peuvent être utilisables quand même ou qu’elles risquent d’avoir absorbé certains produits phyto, par le vent ou par le sol?

    1. Bonjour Thibaut
      Tout dépend de quelle proximité, je ne sais pas quoi vous dire , et tout dépend aussi de la fréquence des traitements , il y a de plus en plus (enfin je crois) de viticulteurs qui se tournent vers du raisonné

  6. Bonjour,
    Je voudrais réalisé un TM de Chanvre CBD pour avoir les mêmes avantages que l’huile.
    est ce que la technique du 1:5 dans une cafetière à piston fonctionne pour extraire les principes actifs du CBD?
    je n’ai à ma disposition que de la gnôle de mes grands parents, je n’ai pas le degré d’alcool exact, y a t il un moyen de le savoir?
    merci pour votre travail!

    1. Bonjour Pericard
      voici la réponse de Christophe:
      « pour obtenir le CBD, en principe il faut décarboxyler le chanvre. Voir sur d’autres sites, ceci n’est pas ma spécialité. Cela dit, sans décarboxyler, on obtient d’autres molécules intéressantes comme le CBDA (forme acide et non transformée, présente avant décarboxylation). Il faut monter le titrage d’alcool pour toute macération. Voir Materia Medica de Michael Moore sur le site : 1:5, alcool à 90°, donc un titrage aussi élevé que pour la plante fraiche, mais sur plante sèche, dû à la teneur très élevée en constituants solubles uniquement dans l’éthanol. »

  7. Bonjour,

    Merci pour vos précieuses explications à ce sujet !
    Concernant la myrtille (Vaccinium myrtillus) et en me référent à l’ouvrage de Michael Moore, je vois qu’elle n’est recommandée qu’en infusion.
    Pourrait-on néanmoins en faire une teinture-mère et quel serait alors le degré d’alcool adapté svp?

    Merci d’avance à vous,

    Julie

    1. bonjour Julie
      Oui vous pouvez faire de la teinture des feuilles, étant donné que les constituants des feuilles de myrtillier
      sont majoritairement hydrophiles , je dirais entre 45 et 65°
      étant donné qu’il y a des alcaloïdes (quinolizidiniques) il est judicieux de rajouter de la glycérine (entre 10 et 20%) sachant aussi que l’utilisation sur du long terme n’est pas conseillé , wikiphyto conseille teinture des fruits (mais je n’ai jamais fait)

  8. Bonjour, j’ai réalisé une teinture mère de sauge mais à la surface la plante s’est oxydée, puis-je quand même la consommer ?
    Combien de temps de macération pour cette plante?
    (plante fraîche dans de la vodka).
    Merci

    1. Bonjour Réjane
      vous n’aviez pas lesté votre sauge ? si des feuilles sont restées au dessus de l’alcool , vous les ôtez en premier , je ne pense pas que la préparation soit gâchée
      le temps de macération est de 15 jours , et pour la conservation tout dépend du degré d’alcool de la vodka si trop faible , la teinture risque d’être trop diluée , mais difficile de donner un avis sans voir

      1. Bonjour, merci pour la réponse.
        Non je n’ai pas lesté la sauge.
        c’est une vodka a 45°, la préparation macéré depuis presque 1 mois.
        Je peux l’utiliser sans risque?

  9. Bonjour Sabine, le 1/2 avec l’alchémille est délicat car la plante est volumineuse même coupée, j’ai donc recouvert d’alcool le rapport est de 60g de plante fraîche pour 750ml d’alcool. il s’agit de laisser macérer plus longtemps dans ce cas ?

    1. Bonjour Simon
      alcool pur ?
      disons que si on fait le calcul ,au lieu d’avoir la proportion 1:2 (le rapport déterminé par la tradition éclectique américaine, qui rend la teinture efficace
      en mettant 750 ml ça fait un rapport de 1:12,5; c’est beaucoup d’alcool pour peu de matière donc trop diluée et trop alcoolisée
      même en laissant plus longtemps je ne pense pas que ce soit mieux , et en tout cas ça risque de gâcher les constituants autres que les tanins de l’alchémille , si vous ne voulez que les tanins , prenez plutôt des plantes comme les feuilles de noisetier , marron d’inde , feuilles de chêne par exemple

      1. Effectivement je me suis rapidement rendu compte que cela risquait bien de cramer la plante, j’ai du coup ajouté (moyennant calculs) de l’eau pour diluer le taux d’alcool et obtenir une solution finale qui avoisinera les 70 degrés. Je ne veux pas extraire que les tanins, je souhaite juste qu’ils soit bien extraits étant donné que c’est le constituant principal d’alchemilla. Cela vous semble plus juste ? Merci !

        1. Bonjour Simon
          Vous ne risquez pas de « cramer » la plante mais de saturer l’alcool
          si vous avez la plante fraiche l’alcool fort est correct mais avec les bonnes proportions car la plante fraiche contient de l’eau dont il faut tenir compte , si c’est plante sèche alors il faut diluer (selon la table de gay lussac) pour obtenir le degré optimal

  10. bonjour, je souhaite réaliser une TM d’ alchémille vulgaire (plante fraîche) en 1/1 et environ 3 semaine de macération histoire d’avoir une bonne extraction des tanins. qu’en pensez vous ? merci !

    1. Bonjour Simon
      je pense que le 1:1 risque de saturer l’alcool trop vite, je pense que le 1:2 reste nécessaire pour une bonne extraction, oui avec 3 semaines les tanins vont prendre le dessus, la moyenne étant de 15 jours de macération généralement

  11. Bonjour Sabine,
    Je suis sans doute lente à la comprenette, mais comment se fait la proportion 1:2? En poids sans doute?
    Merci d’avance pour votre explication!

    1. Bonjour Danielle
      1:2 = pour 100g de plantes fraiches on rajoute 200ml d’alcool (on multiplie par 2)
      1:5 pour 100g de plantes sèches on rajoute 500ml d’alcool (le degré dépend de la plante)(on multiplie par 5)

  12. Bonjour,
    Un grand merci pour tous ces éléments précieux ! C’est grâce à vos nombreux articles que je me suis lancée dans l’aventure ! j’ai une question concernant la teinture de millepertuis: si je vous suis bien, il faut donc: plante quasi-sèche, et proportions 1:2. Mais pour la teneur en alcool je ne suis pas sûre d’avoir bien compris : est-ce que vous pourriez me conseiller ? 80 ? 45 ? Sous la main, j’ai de l’alcool à 95 degrés (acheté en Italie), et un alcool artisanal (par un ancien), je ne sais pas trop sa teneur en alcool, vraisemblablement autour de 40 degrés. Je vous remercie de votre aide

    1. Bonjour Anne
      Vous pouvez (le mieux) plante fraiche et alcool fort (95° 96°) 1:2
      ou éventuellement très récemment séchée (pas complètement sèche/craquante )1:5 alcool 75°

  13. Bonjour, merci pour votre article très utile, je suis tout à fait novice au sujet de la réalisation de teinture mère, et je me demandais si on pouvait mélanger des plantes. En fait, j’ai des problèmes d’allergies saisonnière a partir de mars et je voudrais dés maintenant récolter et faire macérer des feuilles d’ortie et de plantain qui semblent bonnes pour ce problème. Cependant, je ne suis pas sûre que ce soit la bonne saison pour récolter ces feuilles et je ne sais pas non plus si elles pourraient « bien s’entendre » réunies dans une seule teinture mère….
    Que preconiseriez-vous?
    Merci, bonne journée.

    1. bonjour Elsa
      feuilles ortie plantain si vous en avez , vous pouvez cueillir , concernant la teinture , il vaut mieux les faire séparément et une fois filtrées vous pouvez les mélanger

  14. bonjour,

    je me dansais si cela avait du sens de mélanger qq gouttes d une teinture mere dans de l huile pour une application cutanée pour des rhumatisme par expemple car les molécules polaires extraites avec la teinture mère vont elles passer la barrière cutanée si j utilise de l huile qui est un solvant polaire ?

    merci

    1. bonjour Haziel
      pas sûre de bien comprendre votre question (de polarité et de pénétration )
      mais mettre quelques gouttes de teinture dans de l’huile et faire un massage avec peut rendre service

  15. Bonjour,

    J’ai plusieurs teintures que j’ai un peu oublié au fond du placard… A la filtration, la teinture a une belle couleur et une bonne odeur mais la plante à de petits points noirs un peu partout… c’est arrivé notamment à la mélisse,la menthe et la sauge sclarée.
    Peut-il d’agir de moisissures ?y a-t-il un risque à consommer la teinture ?
    Merci beaucoup !

    1. Bonjour Marie
      Difficile de vous répondre sans voir
      les plantes étaient bien immergées? plantes fraiches et alcool fort? (le fait qu’elles soient restées plus longtemps que prévu n’est pas un problème « sanitaire » elles seront plus riches en tanins , maintenant je ne sais pas quoi dire pour les points noirs.

  16. bonjour, merci pour votre réponse, j’ai lu cet article…
    donc une teinture 1 pour 1 donne un extrait fluide , ok
    mais pourquoi exclusivement par percolation ??
    pourquoi ne peut on faire une macération en 1 pour 1 ??
    ça donnerait quoi ?? vous n’expliquez pas…

    1. bonjour Baru
      je pensais que la lecture de l’article vous éclairerait !
      si vous faites une macération simple 1:1 , votre alcool serait très vite saturé et n’extraira pas l’ensemble des constituants contrairement au principe de percolation (il faut aller « lire » l’article sur la percolation , il y a les explications!

  17. Bonjour, j’ai rencontré un herboriste qui utilise des billes en verre à la place de galets pour garder la plante bien immergée. il laisse les billes dans le filet en plastique dans lequel elles sont vendues. je trouve l’idée bonne, car ça peut s’adapter facilement à toutes les formes de contenants, et le fait de laisser le filet en plastique empêche qu’elles ne coulent car elles restent groupées.Cependant, je me demande si mettre du plastique dans l’alcool à 96° ne risque pas de transférer des micro-particules dans l’alcool. y a-t-il des études à ce sujet ?
    La question m’intéresse car je trouve cette solution très pratique et j’ai des billes à ma disposition, et cela intéressera peut -être d’autres personnes. Un grand merci d’avance et bravo pour ce site formidable

    1. Bonjour Dominique
      ha mais ça me parait une bonne idée, effectivement il vaut mieux oublier le plastique, mais on peut remplacer par des petits sacs en tissu, il va falloir que je teste 🙂

  18. Bonjour , je suis curieuse de savoir pourquoi on ne concentre que 1 pour 5 de plantes…. Pourquoi pas un pour un , on obtiendrait qqch de plus concentré et on prendrait moins de gouttes…?? ça m’intrigue bcp . Merci

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