Syndrome de fatigue chronique : bâtir un programme avec les plantes : (abonnez-vous au podcast ici)
Bonjour. On va aborder un sujet assez complexe qui est le syndrome de fatigue chronique. (N.B. que l’on nomme maintenant, comme nous le signale gentiment un de nos lecteurs: » le syndrome de fatigue chronique (SFC) se nomme aussi maintenant « encéphalomyélite myalgique » (EM) ».
Mon but ici n’est certainement pas de vous donner l’impression que l’on comprend bien la situation. Ce n’est pas le cas. Mon but, en revanche, est de vous proposer des pistes et vous aider à structurer votre réflexion. On va faire un tour d’horizon de ce que la science nous dit, de ce que la pratique et l’expérience nous dit aussi.
Et je vais bien sûr vous proposer des stratégies à base de plantes dans une deuxième partie. Et aussi essayer de simplifier les choses car on va voir pas mal d’information dans la première partie. Donc première partie, les hypothèses, deuxième partie, comment simplifier et mettre en pratique.
Au passage, je vous rappelle que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de santé. Le but de cet épisode est purement éducationnel et ne se substitue pas à un conseil médical.
J’aimerais aussi vous dire que ces conditions sont complexes. Il m’a fallu plusieurs années pour me décider à vous en parler, car c’est vraiment pas facile de vous faire un topo en moins de 30 minutes, sachant que nous, praticiens, passons parfois plusieurs heures à personnaliser une approche.
Je reconnais que c’est aussi un peu botter en touche. C’est facile de vous faire l’épisode sur le thym, le romarin et la sarriette. Par contre parler de ces conditions, ça demande largement plus de préparation. Mais je sais que ça vous aide à structurer votre réflexion, donc je vais de temps à autre m’attaquer à ce genre de sujet.
Ceci dit, je le fais en toute humilité, loin de moi l’idée de vous dire que la plante miracle existe, ou que j’ai la solution, le mélange parfait, etc. Point du tout. Par contre j’aimerais ne pas perdre de vue le but ultime, qui est d’améliorer la qualité de vie de la personne qui souffre de fatigue chronique. Et ça, avec de la patience, on arrive toujours à faire une différence.
Définition de la fatigue chronique
Allez, je vous propose de démarrer avec une tentative de définition de ce qu’on appelle le syndrome de fatigue chronique. On ne parle pas de n’importe quel type de fatigue ici. On ne parle pas d’une fatigue passagère due à une période de travail intense ou de stress, ou la fatigue d’une convalescence.
Ici, on parle d’une situation chronique et invalidante. La fatigue est profonde. Certaines personnes vous disent que la fatigue s’est installée dans toutes les cellules, les fibres de leur corps. La fatigue est accompagnée de difficultés cognitives, c’est-à-dire qu’on a du mal à réfléchir, à se concentrer, à mémoriser. Il y a souvent une situation de dépression, parce que c’est dur de vivre constamment avec énergie zéro.
Il y a parfois des douleurs musculaires et articulaires associées, des maux de tête. Le sommeil n’est pas réparateur, la personne a beau dormir de nombreuses heures, ceci n’améliore pas la situation.
Du coup, c’est compliqué de garder un travail, ou de faire des études, ou de faire n’importe quel type d’activités journalières ou d’activités physiques.
En ce qui concerne les statistiques, 25% de la population est sujette à une fatigue chronique (alors déjà faut faire une pause et se dire qu’on a un problème ici, ce qui n’est pas étonnant vu nos hygiènes de vie). Mais attention, seul 0,5% de la population, c’est-à-dire 1 personne sur 200 présenterait un syndrome de fatigue chronique d’après les manuels médicaux.
Hypothèses au sujet des causes
La grande question, c’est pourquoi ? Pourquoi certaines personnes sont-elles touchées ? Quelles sont les causes ? Et là encore, je me répète, mais on ne parle pas de fatigue secondaire à une situation au travail ou à un stress familial ou autre. Parce que là, on est beaucoup plus dans un domaine connu.
Là, on parle d’une situation qui n’a pas de cause médicale évidente. C’est-à-dire que le médecin a fait faire différents types d’examens et de bilans sanguins, et n’a rien trouvé d’apparent. C’est pour ça qu’il est important d’aller consulter, parce qu’on est peut être très fatigué à cause d’une maladie qui est en train de se développer. Mais là, lorsqu’on parle de syndrome de fatigue chronique, ce n’est pas le cas.
Ensuite, c’est une situation qui doit durer depuis plus de 6 mois pour qu’on utilise le terme « syndrome de fatigue chronique ». Pourquoi 6 mois et pas 4 mois ou 8 mois ? Je ne sais pas, je pense que le médecin veut juste s’assurer que ce n’est pas une fatigue passagère et donc on a tiré le trait à 6 mois.
Donc rien de visible, d’accord, mais la science et les chercheurs nous ont tout de même fourni de nombreuses hypothèses, et je vais vous donner les principales ici. Je vous mets les références sur mon site si vous voulez remonter jusqu’à la source.
Fatigue chronique : infection virale et bactérienne
La première hypothèse, c’est celle d’une infection virale non résolue. On a des pistes du côté de la famille des herpès virus. Il y a différents types de virus dans cette famille qui sont codés avec les lettres HHV et un chiffre. Par exemple HHV-3 est responsable de la varicelle et du zona. HHV-2 est responsable de l’herpes génital, etc. Spécifiquement pour le syndrome de fatigue chronique, on a des données intrigantes autour du HHV-6 (1), responsable de la roséole. On a aussi des données du côté du virus d’Epstein-Barr (2) qui est le HHV-4 et qui est à l’origine de la mononucléose.
Que se passe-t-il exactement avec ces infections ? Eh bien cette famille de virus est connue pour rester latente à l’intérieur du corps. Enkystée, dormante si vous voulez. Et de temps à autre, lorsque l’immunité baisse à cause d’une situation difficile dans la vie ou d’un gros coup de stress, le virus en profite pour s’exprimer à nouveau. C’est bien connu pour l’herpes labial par exemple, le fameux bouton de fièvre.
Là, dans le contexte de la fatigue chronique, on suspecte qu’il y a peut-être un impact beaucoup moins évident qu’une poussée de bouton de fièvre ou de zona par exemple, parce que là, on est plutôt dans une manifestation aiguë. Ce n’est pas le cas. Il y aurait une action plus diffuse au niveau immunitaire, inflammatoire et cellulaire. Et donc tout ceci taxe le système.
Notez que cette situation n’est pas l’exclusivité des virus. On a aussi de nombreuses observations impliquant la maladie de Lyme ainsi que ses co-infections (babésiose, bartonellose, etc). On a une étude sur les similarités entre un syndrome post-Lyme et un syndrome de fatigue chronique (3). Et là, on est dans le monde bactérien et parasitaire.
Du coup, basé sur cette hypothèse d’infection virale ou bactérienne, certains médecins vont faire des recherches d’anticorps pour voir si c’est une direction de travail. La partie diagnostic est bien sûr hors contexte de cette discussion et relativement complexe, en particulier pour des sujets controversés comme une maladie de Lyme chronique.
De notre côté, on va simplifier. Cette hypothèse nous donne 2 pistes :
- Soutien de l’immunité avec certaines plantes. Exemples : échinacée, astragale de Chine, sureau, les plantes adaptogènes, etc.
- Et une action antivirale, antibactérienne, antiparasitaire directe avec certaines plantes spécifiques. Exemples : sureau, réglisse, thym, andrographis, renouée du Japon, etc. Oui, je sais, le vitalisme nous dit que si la personne est assez forte, le système immunitaire devrait être capable de faire ce travail. Mais là, elle n’est pas dans un état de vitalité optimale. Donc, faut donner un coup de pouce.
Notez que le but de cette vidéo n’est pas de rentrer dans les plantes spécifiques mais de présenter des stratégies, des plans d’action. Ensuite, pour les détails derrière toutes ces plantes ainsi que les formes, quantités, précautions, etc. – ça, c’est ailleurs dans mes vidéos ou sur mon site ou sur d’autres sites. Donc là, on va rester avec les leviers d’action. Ceci dit, je vous donnerai un ou deux exemples de programmes en fin de vidéo.

Fatigue chronique : état intoxiqué
La 2e hypothèse concerne une intoxication qui peut-être liée aux métaux lourds ou d’autres types de toxines chimiques. D’où vient cette hypothèse ? Eh bien, par exemple, d’une étude publiée en 2012 par une équipe italienne (4) soulève la question : « le cadmium pourrait-il être responsable de certains symptômes neurologiques du syndrome de fatigue chronique ? » Le papier reste néanmoins purement spéculatif.
D’autres papiers scientifiques existent basés sur cette hypothèse, je vous en mettrai en référence sur mon site (5), mais rien qui puisse faire basculer de la suspicion au lien de causalité. Du moins d’après ce que je peux lire.
On trouve aussi parfois ce fil conducteur dans les témoignages et les études de cas des personnes qui souffrent du syndrome et qui semblent avoir été en contact avec certains métaux lourds ou polluants, ou à qui on a détecté des niveaux trop élevés dans des analyses. Et là, bien sûr, on reste dans l’anecdotique, c’est ce qu’on appelle un échantillon de taille 1. Mais ce n’est pas pour ça qu’on va ignorer non plus.
Mais bon, au final, si on y réfléchit bien, ça reste tout de même une hypothèse plausible lorsqu’on sait que les métaux lourds, par exemple, ont un impact neurologique assez important, donc pourrait provoquer ce genre de manifestations.
Je ne vais pas développer les plantes et micronutriments qui pourraient aider à éliminer certaines toxines et métaux lourds, c’est un peu trop complexe et spécifique pour l’épisode d’aujourd’hui.
Fatigue chronique : état inflammatoire
On passe maintenant à la 3e hypothèse très souvent mentionnée dans les papiers scientifiques ou médicaux, c’est la présence d’un état inflammatoire chronique. On arrive à mesurer la présence de cytokines pro-inflammatoires chez les personnes souffrant de syndrome de fatigue chronique. Et les niveaux de marqueurs inflammatoires semblent corrélés avec la sévérité des symptômes (6).
On voit aussi que l’inflammation cérébrale est corrélée avec la sévérité des symptômes cognitifs, donc incapacité à se concentrer, à réfléchir.
Donc ces personnes sont fatiguées, OK, mais elles sont aussi bien enflammées, tout le temps, constamment, inflammation à bas bruit, donc qui ne se manifeste pas par rougeur, douleur, chaleur, gonflement. Mais qui perturbe le bon fonctionnement du corps.
Et si on y réfléchit, on se dit que c’est peut-être un peu normal basé sur l’hypothèse virale ou bactérienne, ou basé sur l’hypothèse de toxicité dont on a parlé précédemment. Ces microorganismes, ou ces substances, sont de nature inflammatoires, et le corps va réagir s’ils sont présents. L’inflammation n’est pas mauvaise en soi, je pense que vous le savez. C’est un outil qui mène à la réparation et à la guérison.
Mais y a un problème. Eh oui, c’est jamais aussi simple. Le problème c’est que si le corps n’arrive pas à déloger l’intrus, il va continuer à dégrader des cellules et du tissu fonctionnel et à propager l’inflammation. Dit d’une autre manière, parfois, l’inflammation ne mène à rien car la situation n’est pas réparable là, tout de suite. Dans ces situations, il est bon de moduler cette inflammation. Les plantes sont excellentes pour ça.
De très nombreuses plantes sont anti-inflammatoires. Certaines bien de chez nous comme le romarin, la feuille de cassis, la feuille de frêne, les sommités fleuries de reine des prés, etc. Certaines un peu plus exotiques : le curcuma et le gingembre sont excellents. Du coup, dans le programme, on va rajouter une partie modulation de l’inflammation, en particulier de l’inflammation neuronale et cérébrale. Là encore vous avez le curcuma, le romarin, le safran aussi et d’autres.

Conséquences du syndrome de fatigue chronique
Bon, maintenant qu’on a parlé des causes, j’aimerais parler de ce qu’on pourrait peut-être appeler conséquences du syndrome, ou tout simplement symptôme. Car il va falloir accompagner ces manifestations aussi, elles contribuent à saper la qualité de vie de la personne.
On a :
- La grande fatigue bien évidemment ;
- Une qualité de sommeil souvent très mauvaise ;
- Des troubles cognitifs, brouillard mental, difficultés à se concentrer et à mémoriser.
Comment peut-on aider ces 3 parties ?
Conséquence 1 : grande fatigue
Pour la grande fatigue, vous avez le choix entre une approche un peu plus locale, et une approche qui n’est pas locale, avec des plantes qui ne sont pas de chez nous, mais qui peuvent parfois être cultivées chez nous, donc ça va un peu être du cas par cas.
Les plantes de chez nous : ce sont celles qu’on appelle « toniques ». Elles permettent de peu à peu redonner des forces à la personne, à reconstruire un certain niveau de vitalité. Elles n’agissent pas rapidement, elles ne sont pas miraculeuses, il faut être patient avec elles.
En voici trois qui sont excellentes :
- L’angélique archangélique (Angelica archangelica), la racine spécifiquement.
- La gentiane (Gentiana lutea ou autres gentianes médicinales)
- Le romarin (Salvia rosmarinus)
Pour les plantes qui ne sont pas de chez nous, on va piocher dans les plantes dites « adaptogènes ». Dans mon expérience, elle sont très adaptées à ce genre de situation de fatigue chronique. Elles sont aussi anti-inflammatoires, immunostimulantes. Parmi mes favorites :
- L’ashwagandha (Withania somnifera) ;
- L’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus) ;
- Le ginseng asiatique (Panax ginseng).
On commence à en cultiver certaines localement, mais on n’est pas encore au point où on en trouve facilement en production locale dans le commerce. Donc c’est importé d’autres pays, très souvent de Chine ou d’Inde pour certaines plantes. Personnellement, je cultive l’ashwagandha depuis plus de 10 ans, j’ai même quelques pieds de ginseng, mais bon, si on ne cultive pas, il faut se rabattre sur les formes du commerce. Sachez que certains producteurs français commencent à cultiver ces plantes, donc j’ai bon espoir pour une production locale future.
Il y a une autre catégorie de plantes qui peut être bénéfique aussi pendant les périodes de fatigue, ce sont les plantes qui nous reminéralisent. On pensera à la grande ortie (Urtica dioica) par exemple, les parties aériennes de l’avoine sauvage (Avena fatua) ou cultivée (Avena sativa), le trèfle rouge (Trifolium pratense) si pas de contrindication, etc.
Conséquence 2 : qualité du sommeil
Pour la qualité du sommeil, on a pas mal de plantes qui peuvent bien aider à fournir un sommeil plus stable. J’aime beaucoup le pavot de Californie (Eschscholtzia californica), la passiflore (Passiflora incarnata), le houblon (Humulus lupulus). Parfois on peut faire simple avec de simples infusions de tilleul ou camomille matricaire ou fleur d’oranger, si ça ne provoque pas trop d’aller-retours aux toilettes la nuit.
Donc cette partie-là, je fais rapide car on reste ici dans un contexte classique d’utilisation des plantes.

Conséquence 3 : troubles cognitifs
Pour les troubles cognitifs, vous avez plusieurs choix possibles. Si vous voulez rester local, j’aime beaucoup le romarin (Salvia rosmarinus). Si vous écoutez mes épisodes depuis pas mal de temps, vous avez probablement remarqué que c’est l’une de mes plantes favorites parce qu’elle est polyvalente et qu’elle est bien adaptée à de nombreux déséquilibres actuels. Là encore, pas une plante miracle, la plante miracle n’existe pas. Mais avec de la patience, dans le contexte des troubles cognitifs de la fatigue chronique, elle peut apporter un bon coup de pouce.
Dans notre pharmacopée, vous avez aussi la petite pervenche (Vinca minor) qui agit sur la circulation cérébrale. Pas forcément un super choix en premier lieu car il n’y a pas lieu de penser que la circulation cérébrale soit nécessairement entravée. Vous avez la sauge (Salvia officinalis) aussi, elle est très peu connue pour ses propriétés toniques cérébrales mais elle est bel et bien indiquée ici.
Si vous envisagez des plantes de médecine ayurvédique, j’en connais deux qui sont excellentes. Le brahmi (Bacopa monnieri) et le gotu-kola (Centella asiatica). Et notez que ces plantes sont très facilement cultivables au jardin. Ca fait des années que je cultive du bacopa monnieri comme plante aquatique, et que j’ai de la centella qui se propage dans certains de mes bacs de plantation.
Donc ici, ne pas confondre l’origine de la plante d’un point de vue tradition. Et l’origine de la plante d’un point de vue capacité à faire une production locale. On a vite tendance à tout mélanger aujourd’hui. Après tout, le tulsi, ou basilic sacré, n’est pas de chez nous, et pourtant on commence à voir une production locale naissante. D’ailleurs, au passage, merci à vous, producteurs et cultivateurs français, on sait la passion et tout l’effort que vous mettez dans ces jolis petits sachets.
Autre point : digestion
Autre point important. Lorsque vous ferez le tour d’horizon de votre situation, si c’est vous qui êtes concerné, vous verrez qu’il faut vraiment avoir une approche globale. Le terrain digestif est extrêmement important pour regagner des forces, mais aussi dans son impact sur la situation inflammatoire. Si les intestins sont enflammés, le corps est enflammé.
Et là, dans mon expérience, il y a parfois de nombreuses intolérances alimentaires et difficultés à digérer certains groupes d’aliments, donc faire un travail de ce point de vue là. Garder un journal des repas, se renseigner sur les intolérances les plus classiques aujourd’hui, faire des tests de retrait et réintroduction si nécessaire, en particulier si vous souffrez d’un certain inconfort digestif et que votre médecin n’a pas pu diagnostiquer de cause particulière.
Autre point : activité physique
Un autre point important, c’est l’activité physique. De nombreuses personnes qui souffrent du syndrome de fatigue chronique n’ont même pas l’énergie pour démarrer un semblant d’activité physique. Et pourtant, on sait que c’est clé pour la santé immunitaire, circulatoire, nerveuse, etc.
Alors, on fait comment ? Eh bien, pas facile. On va se rappeler du processus d’hormèse. C’est quoi l’hormèse ? C’est le concept sur lequel on se base pour expliquer les bénéfices de l’activité physique, du jeûne, du froid avec les bains froids, du chaud avec sauna, hammam et compagnie. C’est créer un stress afin de provoquer un phénomène adaptatif qui va nous rendre plus fort. Mais attention, il faut que notre système ait assez d’énergie pour encaisser ce stress et s’adapter. S’il n’y a même plus d’énergie pour s’adapter, on continue de s’épuiser plutôt que de se reconstruire.
Donc l’activité physique, ça peut être réintroduit à pas de fourmis. Tout doucement, au fil des mois. Ça, c’est la personne qui va pouvoir dire comment piloter ce processus, à quelle vitesse.
Fatigue chronique : tout mettre ensemble
Bon, du coup, on vient de faire un gros travail de défrichage, on a passé pas mal de choses en revue. Comment utiliser toutes ces informations pour mettre en place un programme ? Eh bien, c’est un processus très itératif qui demande que l’on démarre quelque-part, qu’on observe, qu’on note, et qu’on ajuste au fil des mois.
Est-ce qu’on mettrait la priorité ici sur l’hypothèse virale ou bactérienne ? Peut-être, et il est possible que votre médecin puisse vous aider avec certains bilans.
Est-ce qu’on mettrait la priorité sur l’hypothèse inflammatoire ?
Sur l’état intoxiqué ?
Je ne peux pas répondre à ces questions, mais il faut bien démarrer quelque part. Donc, si c’était moi, je partirais sur programme assez générique, qui prend en compte les hypothèses principales, les conséquences aussi, car il faut pouvoir améliorer la qualité de vie de la personne. C’est le seul paramètre qui compte ici.
Personnellement, j’ai très souvent placé les plantes adaptogènes au cœur du programme. Donc déjà, ce que je conseillerais ici, c’est de choisir une adaptogène. Je choisis l’ashwagandha pour les raisons que j’ai déjà présenté. C’est aussi une très bonne antiinflammatoire et stimulante de l’immunité. Et elle améliore souvent la qualité du sommeil. Donc elle joue de multiples rôles ici.
Puis pour accompagner, je rajouterais probablement un mélange à infusion, car c’est une forme que j’affectionne tout particulièrement, et que je trouve bien adapté aux périodes de fatigue et froideur, boire un liquide chaud, ça fait du bien, en supposant bien sûr qu’on ne soit pas en période de canicule.
Ici par exemple, je pourrais faire un mélange avec du romarin comme tonique des fonctions cognitive, de la racine d’angélique comme tonique général et stimulant des fonctions digestives, en particulier si difficultés à digérer, et je rajoute peut-être de l’ortie pour la partie minéralisation.
Si troubles du sommeil, il est possible que je rajoute une teinture ou autre extrait liquide, de pavot de Californie par exemple, ou un mélange passiflore-aubépine, ou autre, tout va dépendre du contexte.
Donc vous voyez, ça peut paraître un peu lourd comme programme, mais parfois, il faut bien ça. Ici on aurait :
- Une poudre dans de l’eau ou lait végétal ou autre – c’est mon adaptogène ;
- Un mélange à infusion, et je prendrais probablement 2 à 3 tasses par jour ;
- Et un extrait liquide.
Et puis ensuite ? Mission accomplie, travail terminé ? Oh que non, c’est juste le début. Apprendre à se connaître, à voir ce qui fonctionne ou pas sur nous, c’est un travail qui se fait sur le long terme. On teste un programme sur plusieurs semaines. Puis on fait le point. Puis on ajuste. On enlève des choses. On en rajoute d’autres. Et on repart pour un tour.
J’aimerais bien vous dire que c’est un processus rapide. Mais je vous mentirais. Par contre, je vous dirais que c’est probablement la seule méthode qui tienne la route lorsqu’on veut évaluer l’efficacité des plantes sur nos propres déséquilibres.
C’est tout pour aujourd’hui. Merci pour votre écoute. Si vous souffrez de fatigue chronique, je vous envoie tous mes encouragements, j’espère que vous finirez par trouver du soulagement.
Fatigue chronique : références
(1) Pantry SN, Medveczky MM, Arbuckle JH, Luka J, Montoya JG, Hu J, Renne R, Peterson D, Pritchett JC, Ablashi DV, Medveczky PG. Persistent human herpesvirus-6 infection in patients with an inherited form of the virus. J Med Virol. 2013 Nov;85(11):1940-6. doi: 10.1002/jmv.23685. Epub 2013 Jul 25. PMID: 23893753; PMCID: PMC3779660.
(2) Hickie I, Davenport T, Wakefield D, Vollmer-Conna U, Cameron B, Vernon SD, Reeves WC, Lloyd A; Dubbo Infection Outcomes Study Group. Post-infective and chronic fatigue syndromes precipitated by viral and non-viral pathogens: prospective cohort study. BMJ. 2006 Sep 16;333(7568):575. doi: 10.1136/bmj.38933.585764.AE. Epub 2006 Sep 1. PMID: 16950834; PMCID: PMC1569956.
(3) Gaudino EA, Coyle PK, Krupp LB. Post-Lyme syndrome and chronic fatigue syndrome. Neuropsychiatric similarities and differences. Arch Neurol. 1997 Nov;54(11):1372-6. doi: 10.1001/archneur.1997.00550230045015. PMID: 9362985.
(4) Pacini S, Fiore MG, Magherini S, Morucci G, Branca JJ, Gulisano M, Ruggiero M. Could cadmium be responsible for some of the neurological signs and symptoms of Myalgic Encephalomyelitis/Chronic Fatigue Syndrome. Med Hypotheses. 2012 Sep;79(3):403-7. doi: 10.1016/j.mehy.2012.06.007. Epub 2012 Jul 12. PMID: 22795611.
(5) Bjørklund G, Dadar M, Pivina L, Doşa MD, Semenova Y, Maes M. Environmental, Neuro-immune, and Neuro-oxidative Stress Interactions in Chronic Fatigue Syndrome. Mol Neurobiol. 2020 Nov;57(11):4598-4607. doi: 10.1007/s12035-020-01939-w. Epub 2020 Aug 6. PMID: 32761353.
(6) Montoya JG, Holmes TH, Anderson JN, Maecker HT, Rosenberg-Hasson Y, Valencia IJ, Chu L, Younger JW, Tato CM, Davis MM. Cytokine signature associated with disease severity in chronic fatigue syndrome patients. Proc Natl Acad Sci U S A. 2017 Aug 22;114(34):E7150-E7158. doi: 10.1073/pnas.1710519114. Epub 2017 Jul 31. PMID: 28760971; PMCID: PMC5576836.
(7) Nakatomi Y, Mizuno K, Ishii A, Wada Y, Tanaka M, Tazawa S, Onoe K, Fukuda S, Kawabe J, Takahashi K, Kataoka Y, Shiomi S, Yamaguti K, Inaba M, Kuratsune H, Watanabe Y. Neuroinflammation in Patients with Chronic Fatigue Syndrome/Myalgic Encephalomyelitis: An ¹¹C-(R)-PK11195 PET Study. J Nucl Med. 2014 Jun;55(6):945-50. doi: 10.2967/jnumed.113.131045. Epub 2014 Mar 24. PMID: 24665088.





50 réponses
Bonjour, je souhaiterais savoir, d’après vous, s’il existe des analyses que l’on peut faire en laboratoire qui vont orienter un peu le programme de plantes (les analyses basiques demandées par le médecin sont bonnes). Nous avons un médecin réfractaire aux plantes, donc on ne peut rien lui demander à ce sujet. Ce n’est absolument pas un traitement que je vous demande, c’est simplement si vous savez quoi mesurer et demander au labo. Merci par avance, si vous pouvez me répondre.
Bonjour Muriel
voici la réponse de Christophe
« Le syndrome de fatigue chronique se diagnostique en général cliniquement, pas biologiquement. Les bilans sanguins sont utilisés pour exclure d’autres maladies : infections, troubles thyroïdiens, troubles inflammatoires, cancers, carences particulières, etc. C’est un long parcours, et notre position est très délicate ici, vu que nous ne sommes pas médecins. Nous ne pourrons hélas pas aller bien plus loin à ce stade. »
Bonjour,
Je suis atteinte d’EM/SFC, ma version personnelle de la maladie est que j’attrape des rhumes, qui m’obligent à rester couchée environ deux mois à chaque fois, et cela arrive souvent. Entre-temps, des hauts et des bas, beaucoup de fatigue et autres symptômes associés… évidemment.
Ma question est : pensez-vous que l’argent colloïdal par voie orale pourrait aider pour ces infections récidicantes et traînantes ? Sachant que la muqueuse intestinale est fragilisée dans cette maladie (et c’est bien mon cas). Je prends des infusions de thym, romarin, menthe poivrée, origan, etc, et bien dosées, mais cela ne suffit pas, d’où ma question.
Merci d’avance de votre réponse, et un immense merci pour les précieux conseils sur votre site.
Claire
bonjour Claire
Désolée ,mais là on entre clairement dans un conseil d’ordre médical ce qui nous est strictement interdit
Oui je comprends. Merci de votre réponse, même si elle ne résoud pas ma question.